«
Page précédente (2/3)
 |
 |
Une
intrigue pleine de suspense, et tout en français
! |
Dernier
volet des aventures de l’homme le plus affamé des
jeux vidéo made in Titus, Prehistorik Man
ressemblait à s’y méprendre, au vu des photos
de tests dans les magazines spécialisés à
Prehistorik 2,
sorti deux ans plus tôt, mais cette fois-ci sur SNES
: décors similaires, sprite du héros à
priori réutilisé, seule la résolution et
un plan de scrolling modifié paraissaient différents…
Si j’avais su lire à l’époque (je
n’étais qu’au lycée, en Première
L), j’aurais vite compris que ces clichés m’enduisaient
d’erreur.
 |
 |
Un
casting touffu. |
Et
un écran titre qui donne le ton ! |
La
vie étant, selon certains, un éternel recommencement,
voici donc le retour du fils de la vengeance de l’histoire
du ventre qui crie famine. Non, attendez, il semble y avoir
du nouveau cette fois-ci. Mais oui, je ne rêve pas…
Une intro ! Des dialogues ! De nouveaux protagonistes ! Serait-ce
le dernier épisode d’une trilogie néolithique
? Ou bien un simple habillage d’une tentative de recyclage
du dernier opus ? Car Prehistorik Man nous
présente le chef du village où réside notre
désormais célèbre héros, qui parle
correctement et couramment le français, l’anglais,
l’allemand et l’italien (vive les cartouches SNES
européennes), et qui mandate l’ami Sam (il a un
vrai prénom, désormais) pour une mission périlleuse
de… récolte d’os !
 |
 |
Les
décors sont familiers… |
…
mais tellement plus colorés ! |
Cette
monnaie d’échange préhistorique permet d’acheter
de la nourriture pour le village entier, qui a les crocs. Or,
selon l’ancien, une légende mentionne un cimetière
gigantesque où les dinosaures viennent finir leurs jours.
Rassurez-vous, le scénario n’a pas radicalement
évolué, puisque la nourriture reste un élément
prépondérant du jeu. On se disait aussi, que Prehistorik
Man ne cachait pas une quelconque histoire d’expérience
scientifique qui tourne mal, ou de syndicat du crime à
infiltrer.
 |
 |
Les
animations sont toujours aussi hilarantes. |
Gaffe
au piaf ! |
On
est donc repartis pour la quête ultime, celle qui à
elle seule justifie l’existence du héros : la bouffe,
et en plusieurs exemplaires si possible. Si la dégaine
du héros n’a pas trop changé depuis l’épisode
précédent, il semble avoir appris de nouveaux
tours : il peut désormais courir à quatre pattes,
telle la panthère, très pratique pour les grands
sauts ; il sait également hurler, afin de virer tous
les ennemis présents à l’écran, et
grimpe aux lianes avec habileté. Bon, ok, il ne sait
toujours pas parler, mais après tout, en a-t-il vraiment
besoin ? Car il sait très bien se faire comprendre de
ses congénères, dont certains vont lui filer un
coup de main au cours de ses pérégrinations :
le forgeron du village, l’inventeur, le chasseur, le chef
du village et sa fille.
 |
 |
On
remercie le gentil sponsor… |
Sam,
quand il a faim, faut pas le chercher ! |
Plus
de possibilités, cela signifie également plus
de tâches à accomplir. En effet, Prehistorik
Man place la barre à vingt-trois niveaux, rien
que ça. Les environnements sont récurrents, puisque
l’on retrouve les sempiternelles montagnes, la jungle,
les glaciers, et enfin le fameux cimetière. L’architecture
des niveaux est encore plus alambiquée qu’auparavant,
et une fois de plus, le deltaplane simplifiera un peu la recherche,
pour peu que l’on arrive à s’en servir correctement,
ce qui n’est pas une mince affaire dans ce volet. Grosse
nouveauté, les personnages présents ne sont pas
là pour faire simplement joli, mais vont solliciter le
héros à travers des objectifs, comme ramener une
peau de léopard, ou encore rassembler les pages d’un
livre. Ils vont aussi lui filer un coup de main, en lui donnant
des lances pour grimper, façon Donald dans
Quackshot, le long d’arbres gigantesques
; ou encore une roue de pierre pour prendre de la vitesse ;
ou même, dans les sombres grottes de glace, un radeau
afin de franchir les rivières souterraines. Quand je
vous disais que l’on nage en pleine évolution de
l’humanité.
 |
 |
Le
deltaplane, quel pied ! |
Gare
à vos fesses ! |
Les
rangs ennemis ont encore grossi, et cet épisode propose
un nombre impressionnant de bestioles, dont si beaucoup proviennent
des deux premiers opus, certains nouveaux pointent le bout de
la corne, tels les rhinocéros fous, les piranhas, des
choses gluantes mauves, et même des fantômes. Mais
Sam sait se défendre, à coups de gourdin, de lances
ou mêmes de ptérodactyles voraces. Le système
de vengeance, instauré dans Prehistorik
2, fait son retour, mais pour plus de clarté,
il faudra cette fois-ci ramasser quatre petits cœurs pour
récupérer le point de vie. Les adversaires occis
lâchent toujours des os, mais ils servent de monnaie si
l’on tombe sur une boutique, où il est possible
d’acheter des vies, et bien d’autres bonus…
 |
 |
Des
effets spéciaux en pagaille, entre mode 7… |
…et
transparence, la réalisation est impeccable ! |
Mais
Prehistorik Man, c’est aussi une débauche
d’effets comme la SNES sait si bien le faire
: scrollings (fluides !!!) différentiels, mode 7 pour
le boss final ou de simples rendus de forêt en flammes
ou de mouvements de glaciers, jeux de lumière, on est
régulièrement surpris par toutes ces bonnes idées.
Le tout est servi par des graphismes léchés, complètement
refaits, qui certes ont un peu perdu en couleurs, mais tellement
gagné en finesse. Les contrôles ont atteint un
niveau de qualité fort appréciable, et Sam se
manie grâce à une exploitation judicieuse des nombreux
boutons du pad de la console, même si on a parfois tendance
à s’y perdre un peu dans les possibilités.
Je pense en particulier au fait d’avoir collé la
course sur les diagonales haut, ce qui ne s’avère
pas forcément judicieux lors des passages délicats.
L’ambiance sonore reste dans les tons des autres jeux
de plates-formes SNES, sans originalité. Au
moins, elle sait ne pas taper sur le système. Les bruitages
sont, quant à eux, quasi inexistants.
 |
 |
Le
cimetière des éléphants se veut lugubre. |
Et
un boss en mode 7, un ! |
Loin
des préjugés d’une adaptation facile, Prehistorik
Man ne cesse de renouveler le challenge à chaque
niveau, avec des principes certes connus voire éclusés
dans le domaine (qui a dit Donkey
Kong Country ?), mais qui fonctionnent toujours
: scrolling forcé, progression dans le noir, recherche
d’objets disséminés, tout est bon pour éviter
la routine. Attention, la difficulté, comme d’habitude
dans les productions Titus, est relevée, il ne faut pas
s’attendre à une balade pliée au bout de
deux parties. Mais pour mettre le joueur en confiance, en plus
des vies supplémentaires à dénicher et
des checkpoints à valider, des continues sont proposés,
et même un mot de passe sera délivré pour
reprendre la progression.
 |
 |
Passage tendu, du niveau des X-Games… |
La
boutique planquée, un grand classique des jeux
de plates-formes ! |
Avec
une réalisation impeccable, Prehistorik Man
conclut une trilogie qui a traversé les supports, au
point de débarquer en 2001 sur Gameboy Advance,
pour une conversion toute aussi réussie. Un titre qu’il
fait bon redécouvrir sur la portable de Nintendo, les
amateurs de plate-forme seront comblés et en auront pour
leur argent.
 |
 |
On
sait pourquoi les inventeurs fous ont un accent allemand
et un air d’Einstein… |
Carnet
rose pour les crédits de fin ! Morgane et Léa,
si vous nous lisez… Faites-le nous savoir ! |
Trois
épisodes aux qualités respectives pour un même
plaisir, merci Titus !
Tonton
Ben, qui n’est jamais sorti de l’âge
de pierre (Grumpf !).