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Overblood
Année : 1997
Système : Playstation
Développeur : Riverhill Software
Éditeur : Electronic Arts
Genre : Survival Horror
Par RainMakeR (23 mars 2009)

À l'origine, ce texte devait se retrouver dans la section Groblog du forum, mais vu le peu d'informations disponibles sur le net, il me semblait normal de me fendre d'un petit article. Bon, je tiens à vous prévenir d'avance, trouver des images de ce jeu est quasi impossible. Du coup comme je joue sur PS2, j'ai fait avec les moyens du bord. Vous trouverez donc deux types de photo, celles trouvées sur le net, belles est bien cadrées, et les miennes pour illustrer quelques points, beaucoup moins belles et avec quelques reflets.

Overblood est sorti un an et 2 jours après Resident Evil. Pourquoi je parle déjà de RE ? Eh bien parce qu'Overblood lui doit beaucoup et que forcément on a tendance à les comparer, même si au final le jeu de Riverhill Software (studio japonais fondé en 1989 qui a beaucoup travaillé sur MSX et PC Engine) a son identité propre. Si je devais le comparer avec un jeu récent, ce serait volontiers SOS The Final Escape : pas ou peu d'ennemis sont présents et il faut lutter contre son environnement, résoudre des énigmes pour s'enfuir. Je classerais donc Overblood comme un héritier des jeux de labyrinthe d'antan plutôt qu'un jeu où on dézingue à tout va. Pour tout dire, je crois que dans toute la progression on doit tuer 5-6 monstres, et il y a qu'un seul boss, à la fin du jeu.

En pyjama dans une salle cryogénique, tu m'étonnes aussi...
Une image de l'intro.

L'histoire illustre un thème classique de la science-fiction des années 90 : vous vous réveillez d'un caisson cryogénique sans savoir qui vous êtes et ce que vous faites là. Le but du jeu est de découvrir votre passé et vous enfuir de cet horrible laboratoire. Au cours de l'aventure vous rencontrerez des compagnons d'infortune avec qui vous devrez collaborer pour vous sortir de ce mauvais pas. En fait ça ne sera pas des personnages mais un seul, féminin de surcroît. Petit aparté avant de continuer : si vous avez le jeu, ne lisez pas toute la notice. En effet celle-ci contient une accroche qui en raconte trop à mon gout, notamment un élément qui arrive très tard dans l'histoire. Et du coup tout le suspense tombe à l'eau... Mais revenons-en à notre test : le gameplay d'Overblood est assez spécifique et il faut dire qu'il a introduit de nombreuses bonnes idées dans le genre survival.

Pipo, votre 1er compagnon.

Tout d'abord, le jeu ne propose pas un, mais 3 modes de vues : caméras fixes à la Resident Evil, à la 3eme personne, ou carrément en vue FPS. Je vous avouerai que, à part pour le boss final, je n'ai utilisé que la vue fixe, mais la vue FPS est vraiment saisissante. Comme le jeu est presque entièrement en vraie 3D, ce qui explique sa relative laideur, on s'y croirait vraiment. Par contre si vous avez quelques soucis de mal de mer, ça risque de rapidement vous poser problème.

Ensuite le personnage peut s'agenouiller, courir, sauter et même frapper des monstres à mains nues. La voilà, la grosse différence avec RE ! Ici il faudra souvent raisonner en 3D pour passer certaines énigmes. Le jeu proposera même des passages de saut de plates-formes. Et bien évidemment gare à vous si vous ratez un saut, le game over tombe comme un couperet. Pour le reste, c'est comme RE : haut pour avancer, bas pour reculer, gauche/droite pour tourner sur place.

Un passage plates-formes.
La vue subjective.

Il y a une vraie interaction entre les personnages. Bien évidemment ce n'est pas aussi développé que ce qu'offrira plus tard Resident Evil Zero, néanmoins à certains moments de l'aventure vous serez amené à diriger vos personnages indépendamment pour résoudre des énigmes.

Pour finir, la gestion des objets : le jeu n'impose presque aucun aller-retour, sauf si vous vous perdez bien entendu. Ça risque d'être rapidement le cas vu que vous ne disposez pas de carte pour vous repérer. Mais étant donné que le jeu est découpé en zones, avec retour arrière impossible, cela ne devrait pas arriver souvent. Pas d'inventaire avec places limitées à gérer non plus. On trouve un objet et on le prend, POINT. Par contre la recherche de ces objets est assez pénible vu que la plupart n'est pas mise en valeur. Pas de scintillement à la RE, en fait les objets n'apparaissent pas à l'écran ! Du coup, à moins de fouiller chaque recoin, impossible de savoir s'il y a quelque chose à ramasser ou pas. De plus le jeu gère deux niveaux haut/bas, c'est-à-dire que si vous êtes debout vous ne trouverez pas un objet qui est pourtant en face de vous, mais plus bas. Il faudra donc vous accroupir pour pouvoir le trouver. Eh oui, il n'y a pas non plus d'indication vous avertissant qu'il y a bien un objet mais qu'on ne peut pas l'atteindre.... Voici un des rares défauts du jeu.

Il y a quelque chose là en bas.
Une charmante rencontre ?

Pour aller plus vite et éviter de rater des choses, j'ai fait le jeu avec une soluce, mais même comme ça il m'est arrivé de chercher un peu avant de trouver un objet. Heureusement qu'il ne faut pas être pile-poil au bon endroit et qu'il y a une zone de tolérance, sinon ça deviendrait vraiment énervant.

Voici les grandes lignes du jeu, et maintenant partons à l'aventure ! Le jeu souffre un peu des ravages du temps et surtout de son support, la vénérable Playstation première du nom, PSX comme on l'appelait parfois (jusqu'à ce que Sony utilise ce nom pour une version multimédia de la PS2). Si vous n'avez jamais essayé de relancer un jeu PSX, surtout les premiers, il se peut que vos yeux piquent. Les textures sont assez grossières et les personnages carrés. D'ailleurs, pour une raison inconnue, tous les personnages se baladent comme des robots avec l'index tendu (!). Mais bon, si seuls les graphismes comptaient, beaucoup de bons jeux passeraient à la trappe. De plus ces graphismes assez sommaires s'expliquent facilement : vu que l'on peut jouer en mode FPS, il fallait un moteur qui tienne la route côté framerate, et donc limiter les effets. Mais là où les développeurs auraient pu faire un effort, c'est sur les environnements. OK, on est dans un labo, mais les couloirs à force ça use. Heureusement que sur la fin ça change un peu...

Can't touch this!
Si même les zombis se mettent à vous pointer du doigt...

Au niveau ambiance sonore, rien de flagrant à signaler. Les quelques musiques sont sympathiques et mettent dans l'ambiance. Les bruitages sont eux aussi discrets, à part les ennemis qui font un bruit bizarre quand on les frappe. Pour le doublage, c'est français intégral : textes et cinématiques. Pas de problème de synchro des lèvres vu qu'elles ne bougent pas :) En plus ils n'ont pas pris des manches. Vous trouverez, entre autres, comme doubleurs :

  • Françoise_Cadol qui double notamment Sandra Bullock.
  • Jean-Pierre_Leroux (Vegeta, Liederman dans la série Heroes...)
  • Michel Tugot-Doris. Notamment la voix française de Doc Brown dans Retour vers le futur).

Le jeu dans son ensemble n'est pas extrêmement dur ni tordu, mais il faudra quand même penser à sauver régulièrement. Les sauvegardes sont gratuites et se font avec le dictaphone que vous avez dû récupérer au départ. Comme je le soulignais plus tôt, si vous l'avez raté la suite risque d'être problématique. Pourquoi sauver régulièrement ? Tout simplement parce que comme je le signalais certaines phases de plates-formes sont un peu délicates, même si le seuil de tolérance est énorme. Les cinématiques ne sont pas zappables et il est donc toujours bien lourd de devoir s'en retaper quelques unes bien longues sous prétexte qu'on est mort juste après. De plus, il y a un passage dans le jeu qui contient un QTE non indiqué. Heureusement que j'avais la soluce, parce que face à cette situation on ne sait pas quoi faire.

Les objets jouent un rôle important dans le jeu car ils permettent de débloquer des situations. La plupart du temps ce sont des cartes magnétiques, mais il peut arriver de ramasser d'autres types d'objet : arme, medikit, puce etc. Au final il n'y en a pas tant que ça, et de toutes façons si vous n'avez pas trouvé le bon objet vous serez vite bloqué. Pour les munitions et medikit, conservez-les pour le boss de fin, les rares ennemis que vous rencontrerez se battant à mains nues. En plus la barre de vie se recharge toute seule à la fin de chaque affrontement victorieux ! Le reste sert en général dans la pièce où on les trouve, ou quelques écrans plus loin.

Regardez-le bien, vous ne le verrez pas souvent malheureusement.
Le célèbre passage des ventilateurs.

Pour tout dire, j'ai acheté ce jeu car il avait bonne réputation et que je suis fan de survival, et je n'ai pas été déçu. Je le conseillerai à ceux qui veulent changer un peu de RE et Silent Hill. Le scénario n'est pas très recherché, on flaire assez rapidement la fin, mais il y a tout de même quelques éléments inattendus. Au final j'ai mis 4h pour le finir, 3h de temps effectif d'après la sauvegarde. Dernier détail agréable : le jeu se permet le luxe de très peu charger. Si vous avez une PSX ou PS2 à l'agonie vous serez donc aux anges. La cinématique de fin est beaucoup trop courte, mais le passage qui la précède devrait rappeler des souvenirs aux fans de Resident Evil 4. À noter qu'une suite à ce jeu est sortie en 1999, mais impossible de trouver de test sur le net. Un épisode 3 était aussi prévu mais fut annulé, certainement à cause de la fermeture du studio Riverhillsoft qui n'a plus donné signe de vie depuis 1999.

Pipo veux tu m'épouser ?
Pipooooooooo !
RainMakeR
(23 mars 2009)
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