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Galerians
Année : 1999
Système : Playstation
Développeur : polygon Magic
Éditeur : Crave Entertainment
Genre : Survival Horror
[voir détails]
Par RainMakeR (26 août 2013)

Comme chaque été, je profite de mes vacances pour pondre des articles (ou essayer de les finaliser) mais aussi pour rattraper un peu de retard dans ma pile de jeux non ouverts ni finis.
Je pense qu'on est tous passés par là, une fois trouvé un boulot et la paye qui va avec, on rattrape le temps perdu. C'est-à-dire que l'on (r)achète les hits à côté desquels nous sommes passés parce qu'à l'époque on n'avait pas eu le temps ou l'argent. Et une fois ce retard comblé, on se jette sur les bacs à soldes pour élargir ses connaissances, et parfois les deux en même temps.

N'aie plus honte toi qui me lis, je suis passé aussi par là, et depuis je suis guéri !

Mais il faut bien dire qu'avec le travail, la famille et le reste, on a moins de temps. Et à un moment, il faut se rendre à l'évidence : OUI on peut jouer pendant les vacances, mais NON à la retraite on n'aura jamais le temps de jouer à tout.
Il y a déjà des pépites auxquelles je n'ai pas rejoué depuis longtemps (oui je pense à toi mon petit Godhand), mais au rythme où l'on accumule, il y aura un moment où il faudra carrément une deuxième vie pour jouer à tout.

Pourquoi une introduction aussi longue, allez-vous me dire ? Eh bien parce qu'aujourd'hui, je vais vous parler d'un de ces jeux que j'ai achetés dans ces bacs à soldes. Bon, techniquement c'était sur Amazon, mais l'idée est la même, et après des années passées à l'abri dans son blister (oui, je suis psychopathe aussi), je me suis décidé à y jouer.

Galerians, heureusement, est compatible avec la PS3, la PS2 et surtout la PSTwo, car ma Playstation est devenue capricieuse avec l'âge.

La jaquette et le dos de la boîte, car il y a des gens qui lisent le dos des boîtes et les notices (Les gens sont dingues.). Il faut dire que quand on n'a jamais entendu parler d'un jeu, c'est souvent la première source d'informations disponible.

Je ne vous cache pas que j'ai eu une légère petite appréhension, il était rare à l'époque qu'un grand jeu soit très vite bradé (10€ ici en l'occurrence), mais après la consultation des quelques rares tests sur le net et mes premières minutes de jeu, j'ai été très vite rassuré.
D'ailleurs, je m'excuse pour la qualité de certaines images, j'ai pris en photo ma télévision (oui, je sais, c'est mal) pour pouvoir illustrer un peu cet article. De même, il y a quelques images en anglais, mais le jeu est intégralement en français (texte et voix).

La boîte du jeu est assez imposante. C'était souvent le cas à la grande époque Playstation, mais bien souvent le jeu ne contenait qu'un CD, ce fut par exemple le cas pour Doom, Ridge Racer, et quelques autres titres que je n'ai plus en tête. Avec Galerians, vous allez en avoir pour votre argent car le jeu contient pas moins de 3 CD !

Normal pour un RPG, allez-vous me dire, sauf qu'ici nous sommes en face d'un survival horror !
Seconde petite appréhension, 3 CD, ça risque de faire long. Mais un rapide tour sur gamefaqs m'apprendra que le jeu contient quatre chapitres et est même plutôt court.

Faisant fi de cette bizarrerie (en plus ce n'est même pas un jeu Square), je me lance dans l'aventure.

Commençons par le scénario.

« Nous sommes en l'an 2522 à Michelangelo City. Le Dr Steiner et le Dr Pascale, deux éminents chercheurs, ont mis au point un super-ordinateur capable de penser par lui-même et d'améliorer ses circuits tout seul. Ils le nommèrent "Dorothy". La mission de Dorothy était de gérer les besoins en énergie de Michelangelo City et de ses habitants, leur assurant une vie paisible et harmonieuse.
« Mais, à force de voir le crime, la violence et la délinquance s'accroître dans la ville, Dorothy remit en doute les règles qui composaient son système, "Pourquoi dois-je protéger les humains ? Pourquoi ne puis-je pas attenter à leur vie alors qu'ils se détruisent entre eux ?".
« Alors que ces questions plongeaient Dorothy dans un doute de plus en plus profond, le Dr Steiner, pensant régler le problème, apprit à Dorothy l'existence de Dieu. Il lui expliqua que toutes les personnes avaient un destin tracé par Dieu et qu'elles étaient obligées de le suivre car Dieu les avaient créées. Dorothy sembla accepter cette explication et se remit à servir la ville. Mais, en secret, elle fit main basse sur tous les systèmes électroniques de la ville et fit des tests sur le génome humain et les possibilités d'un dieu.
« Ces conclusions prirent la forme du "Programme Famille", un programme consistant à cloner de jeunes adolescents afin d'en faire des Galerians, des clones génétiquement modifiés ayant des pouvoirs psychiques et de leur implanter de faux souvenirs de façon à ce qu'ils croient que Dorothy est, à la fois, leur mère et leur Déesse et que, par conséquence, ils lui devaient respect et obéissance. Les Galerians peuvent utiliser leurs pouvoirs psychiques grâce à l'ingestion de médicaments spécialement fabriqués à cette utilité, appelés "P.P.E.C.". Dès que le Dr Steiner eut vent de cette nouvelle, il essaya de désactiver Dorothy à partir du terminal situé dans sa maison, mais Dorothy avait déjà sécurisé tous ses systèmes.
« Cependant, le Dr Steiner et le Dr Pascale avaient prévu une telle éventualité en laissant une "faille" dans le disque dur central de Dorothy, faille qui pouvait faire s'auto-détruire le système qui constituait Dorothy grâce à un virus informatique et que, même elle, ne pouvait pas effacer.
« Malheureusement, Dorothy s'était déjà mise à l'abri dans la Mushroom Tower, une tour surplombant Michelangelo City munie d'un système de sécurité quasi-impénétrable.
« Alors, le Dr Steiner prit la décision d'implanter le virus dans le cerveau de la fille de son confrère, Lilia Pascale, ainsi que le programme de lancement du virus dans le cerveau de son propre fils, Ryan Steiner (NDA : appelé Rion Steiner au Japon, en Allemagne, en Italie, au Royaume-Uni et aux U.S.A.). Dès que Dorothy prit connaissance d'un tel virus, elle envoya ses Galerians pour tuer le Dr Steiner à son domicile. Cependant, Lilia avait déjà fuit, mais, son père, ainsi que les parents de Ryan furent tués et Ryan fut emmené à l'Hôpital de Michelangelo City pour y subir une "galerianisation".

« Le jeu commence à votre réveil. Vous êtes Ryan et avez plus ou moins perdu la mémoire. Après avoir réussi à vous détacher, vous partez explorer le labo... »

Naaaaaaaaan !
Et après, on se demande pourquoi Ryan est amnésique...

Le début du jeu rappelle très fortement celui d'un autre jeu sur la même machine : Overblood (1996). Et les ressemblances/hommages ne s'arrêtent pas là, mais j'y reviendrai au cours de l'article.

Le jeu se présente comme un bon vieux survival à l'ancienne, c'est-à-dire avec des sprites 3D sur des décors en 2D et changement de caméra pour accentuer la tension. Le jeu est assez souple, il y a même un bouton pour avancer en courant (pas besoin de maintenir la direction).

L'essentiel du gameplay repose sur les pouvoir psychiques, et c'est pourquoi le jeu avait été désigné à l'époque comme un hommage à Akira, en plus des inspirations pour le scénario. Mais plus que simplement remplacer des armes, l'utilisation de la pyché apporte un réel plus.
L'utilisation des pouvoirs fait augmenter votre jauge de tension. Une fois à fond, vous devenez invincible, les monstres qui vous entourent meurent comme si vous leur tiriez dessus (ça marche aussi sur certains boss) mais en contrepartie votre vie descend assez vite, l'affichage du jeu est brouillé, et vos déplacements sont beaucoup plus lents. Pour arrêter cet état de démence, il vous faudra avaler un certain type de cachets (appelés Delméter) sinon c'est la mort assurée.
Évidemment, vous vous doutez bien que ces médicaments sont plutôt rares, surtout que la jauge se remplira imperceptiblement même si vous ne faites rien.

La psyché donc sert à la fois d'arme (pouvoir de feu, d'impact, gravité) mais aussi à résoudre des énigmes ! Une porte est fermée à clé ? Hop, un petit scan et vous aurez une vision de l'emplacement de la solution ! Ce scan sert aussi à vous remémorez des souvenirs et voir des scénettes cachées.

Le pouvoir de feu.
En « scannant » une porte fermée, voici le genre de vision que vous aurez.

Les pilules sont à peu près les seuls objets que vous pourrez récupérer. Elles servent à recharger votre barre de mana (une différente par pouvoir), votre barre de vie, votre puissance de tir ou arrêter la démence.
Bien évidemment vous n'aurez pas tous les pouvoirs dès le départ : ceux-ci s'acquièrent tout au long du jeu.

Mais attention, car de ce côté-là, le jeu est assez radin. D'une part les cachets pour arrêter la démence sont assez rares, et de plus l'inventaire est limité en taille.
Cerise sur le gâteau, les objets à trouver ne clignotent pas, il n'y a aucun indice visuel pour les trouver. Il faudra utiliser la bonne vieille méthode du « je martèle le bouton dans tous les coins du décor », comme dans Overblood.

Là, par exemple, l'objet est facile à trouver.
Tandis que là, sans martèlement, on peut passer à côté.

Heureusement, il y a quand même quelques endroits « logiques » où chercher des objets, mais il faut dire que même pour l'époque, ce parti-pris était assez déroutant. On est bien loin des clignotements d'un bon vieux Resident Evil.

Pour le jeu en lui-même, je ne peux que vous conseiller de jouer comme un Silent Hill, c'est-à-dire garder vos augmentations de niveau (temporaires malheureusement) pour les boss, et surtout sauvegarder régulièrement et sur plusieurs blocs, car on a vite fait de se retrouver sans pilules.
Heureusement, en visant bien et surtout en achevant les ennemis, on a une petite marge pour finir le jeu.

Au sujet des sauvegardes, l'endroit pour sauvegarder change en fonction du niveau et même à l'intérieur de certains niveaux. Ici, nulle machine à écrire ou autre objet du genre puisque l'on utilisera des espèces d'ordinateurs futuristes. Comme pour les objets, essayez de marteler les écrans qui traînent un peu partout, certains servant en effet de sauvegarde.


Là, par exemple, je n'avais pas compris au début que c'était une station de sauvegarde. Je pensais que c'était une sorte d'horloge qu'il fallait régler pour ouvrir une porte.

Côté bonnes nouvelles, il y a des innovations que je trouve excellentes pour l'époque.
Par exemple, on peut afficher la carte en surimpression en permanence, pratique pour ne pas se perdre, même si c'est un peu gênant par moment. Mais pas de panique, on peut l'enlever ou la remettre à volonté via un simple bouton de la manette.

Carte.
Pas carte.

L'autre fonctionnement inédit pour l'époque vient de ce qu'on pourrait appeler un « souci de game design ». En effet, on ne sait jamais quand on va affronter un boss car il n'y a pas vraiment de repères scénaristiques ou visuels.
Du coup quand on tombe dessus et qu'en plus on perd le combat, il y a toujours ce fameux stress du « Mais bon sang, où j'ai sauvegardé ? ».
Et c'est là que l'on rencontre le truc génial dans ce jeu, on recommence directement le combat. Bien évidemment avec le même niveau de santé et les objets que vous aviez au début du combat, mais c'est tout de même fort appréciable. Qui n'a jamais râlé après avoir revu pour la dixième fois la cinématique de l'ascenseur de Resident Evil ?
À noter aussi que cela n'existe que pour les boss : si vous mourez dans une autre phase du jeu, ce sera directement le game over.

Avant de revenir au gameplay, disons un petit mot concernant les musiques que je n'ai pas vraiment appréciées. Les nappes sont sympathiques, certes, mais le problème vient des percussions omniprésentes qui sont très énervantes à la longue.
Au début, je pensais que c'était le bruit des pas qui était trop fort, mais non, c'était bel et bien la musique. Le bruit des pas, en revanche, est très bizarre, l'on dirait des bruitages d'ordinateurs d'antan. D'ailleurs, je ne sais pas si c'est dû à l'émulation sur PSTwo, mais j'ai rencontré quelques bugs sonores, dont une espèce de bruit de tronçonneuse et des cris en continu tout le long des niveaux 2 et 3.

Puisqu'on parle de son, voici la grosse surprise : le jeu est intégralement en version française, textes et voix comprises ! Et puisque le jeu déborde de cinématiques, vous comprenez aisément pourquoi il prend 3 CD. En plus, concernant le doublage d'un très bon niveau par ailleurs, vous reconnaîtrez quelques comédiens connus tel que l'éternel Songoku, ou, plus près de nous, la doubleuse d'Eva Longoria dans Desperate Housewife. Pour la liste complète des acteurs, je vous renvoie vers la page Wikipedia dédiée au jeu.

Papa.
Maman.

Après cette petite digression, revenons-en au jeu. Comme je l'ai dit, on retrouve pas mal d'éléments d'Overblood : le réveil avec la mémoire en vrac, le complexe scientifique dont il faut s'échapper, mais aussi la construction de ce premier monde assez avare en ennemis. D'ailleurs, je ne sais pas si c'était le personnage par défaut fourni dans les librairies graphiques, mais certains ennemis semblent tout droit sorti du jeu d'EA. Heureusement dans Galerians, il y a quand même quelques variations des monstres rencontrés. En voici quelques exemples :

Des scientifiques.
Des gardes.
Le fameux ennemi qui semble sorti d'Overblood.

À noter que vous rencontrerez moins de monstres que dans un Resident Evil, mais comme lui, une fois le ménage fait, ils ne réapparaîtront que dans de très rares cas.

Car oui, il faudra bien souvent faire un peu de backtracking volontaire. Non pas pour forcément débloquer des indices, mais plutôt pour récupérer des pilules. Souvenez-vous, elles sont plutôt rares, et l'inventaire est limité : il est donc préférable de laisser de côté certaines pilules quitte à revenir les chercher après. Croyez-moi, il est rare de passer un niveau sans encombre.

Le jeu est structuré en quatre niveaux indépendants, chacun se concluant par un boss. Une fois un niveau terminé, il sera impossible d'y revenir. Voici le détail de ceux-ci :

Stage A : Michaelangelo Memorial Hospital. C'est ici que vous démarrez. Ce sont des laboratoires scientifiques où vous rencontrerez beaucoup de murs grisâtres.

Stage B : Your House. Retour à la maison, un niveau qui rappelle un peu Resident Evil, mais qui se joue à la fois à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments.

On attaque alors le deuxième CD avec le Stage C : Babylon Hotel, un niveau hommage aux point & click. Ici, l'on trouve assez peu de combats puisqu'il faudra aller à la rencontre des différents PNJ qui vous proposeront différentes missions dont la complétion est nécessaire afin d'affronter le boss et donc voir la fin du niveau.

Cette fille est spécialisée dans la télékinésie.

Dernier changement de CD pour le Stage D : Mushroom Tower, le dernier niveau. Ici, vous allez être confronté à de la survie dans le plus pur sens du terme : une tour à monter, beaucoup de combats et d'énigmes. C'est ici que je me suis le plus servi de l'invincibilité ; et accrochez-vous, car après avoir tué des tonnes de monstres vous n'aurez pas un, mais deux boss à affronter. Pensez à sauvegarder souvent et sur différents emplacements.

Je ne vous cache pas que le dernier boss est particulièrement coton : mieux vaut avoir fait un bon stock de pilules et ne pas l'avoir gaspillé contre le premier patron. C'est surtout là que vous bénirez les fameux checkpoints !

Avant d'affronter l'avant-dernier boss, vous assisterez à un twist scénaristique plutôt bien vu, et qui vous laissera ensuite quelques doutes quant à la fin du jeu.

Cette fin laissait le champ ouvert à une éventuelle suite, qui sortira finalement en 2003 exclusivement sur PS2 : Galerians Ash.

Comme pour le premier Galerians, les tests sont plutot rares sur le net. Si vous voulez en savoir un peu plus, voici 2 liens en particulier, sur jeuxvideo.com et ign.com.

En conclusion, j'ai vraiment été agréablement surpris par ce « petit » jeu qui ne payait pas de mine. Je vous avouerai que sans son prix modique, je serais totalement passé à côté.
J'imagine d'ailleurs que peu de gens parmi ceux qui me liront ont entendu parler de ce jeu, et encore moins y ont joué.
Mais malgré tout, il mérite vraiment le coup d'oeil pour son ambiance, sa version française intégrale (et non charcutée comme pour Metal Gear Solid), et surtout pour son côté novateur pour l'époque. Bien sûr, il n'est peut-être pas du niveau d'un Resident Evil ou d'un Silent Hill ; néanmoins, si vous êtes fan de survival horror à l'ancienne, je ne peux que vous le conseiller.

RainMakeR
(26 août 2013)
Sources, remerciements, liens supplémentaires :
Gamekult & Gamefaqs pour certaines des images de l'article.
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