 |
 |
|
Vous ne trouvez pas qu’il a une bonne tête
de vainqueur ? |
En
tout cas, lui, il roule en Ferrari. |
Flair
Software, les psychopathes de la couleur flashy, les terroristes
du rose bonbon et du bleu turquoise, avaient déjà
traumatisé les frêles esprits des joueurs, pourtant
habitués à de saines occupations comme Moonstone
ou Mortal
Kombat, avec leur première grosse production
: Trolls. Un an après, Flair remet le
couvert avec Oscar, enrichie en couleurs baveuses
qui piquent les yeux.
 |
 |
|
Il
fait le mariole pour l’instant,
mais dès qu’il aura choisi un niveau… |
Coucouche
panier ! Non mais ! |
Je
pourrais vous évoquer, à coup de magnifiques
tirades piquées à Humphrey Bogart, comment le
héros a perdu les prestigieuses récompenses du
cinéma américain. Je ne le ferai pas. Même
les programmeurs ne l’ont pas fait, alors qu’ils
auraient bien pu nous raconter tout ça dans une belle
introduction en couleur ! Alors voilà, je boycotterai
l’intrigue, na. Mais après tout, a-t-on besoin
d’un scénario pour justifier le développement
d’un bon gros jeu de plates-formes ? L’objectif
proposé consistera donc à récupérer,
au sein de sept niveaux de taille conséquente, un certain
nombre de statuettes d’Hollywood perdues dans les sept
décors de cinéma. Cela vous rappelle-t-il quelque
chose ? Amiga ? Cinoche ? Core Design ? Allons ! Premiere,
bien sûr ! Néanmoins, seul le thème des
deux titres est en commun, puisque leurs déroulements
et leurs réalisations sont radicalement opposés.
 |
 |
|
La
ruée vers l’or attire beaucoup de monde… |
Oscar
est un objecteur de conscience, et il le montre. |
En
effet, Oscar se joue exactement comme Trolls.
En fait, on peut même affirmer qu’il s’agit
du même moteur de jeu, à tel point que même
l’arme principale, le yo-yo qui dégomme tout le
monde et qui peut même s’accrocher au décor
pour servir de balancier, a été conservé,
ainsi que l’éléphant de checkpoint et le
lapin qui file des continues ! Flair Software, une bande de
flemmards ? Sûrement, mais en 1994, c’était
encore la mode des suites à peine retravaillées
(Doom II
? Qui a dit Doom
II ?). Vous vous demandez sûrement, à
ce stade, si Oscar présente un quelconque
intérêt, étant donné l’ambiguïté
des points énumérés jusqu’ici. Allez,
on en a terminé avec les aspects négatifs. Car
au-delà de tout ça, Oscar se
évèle être un excellent jeu de plates-formes !
 |
 |
|
Face
à la répression aveugle, je reste fier
et stoïque. |
Oups
! Mauvais passage… |
Sept
bons gros niveaux bien longs sont à parcourir, construits
avec une certaine complexité, étant donné
qu’il faudra les parcourir dans les quatre directions
à la recherche des statuettes. Mémorisation et
cartographie sont donc au rendez-vous. Bien évidemment,
les tableaux sont truffés d’ennemis à l’aspect
farfelu mais toujours en rapport avec le thème en cours
; le bestiaire se montre ainsi aussi varié que les environnements
graphiques, un détail important pour un jeu de cette
catégorie, dont les principales menaces se nomment répétitivité
et monotonie.
 |
 |
|
Ambiance
Philippe Risoli pour ce niveau
visuellement très chargé. |
Au
pied ! L’alien n’est décidément
pas très obéissant. |
Un
soin particulier a été apporté aux animations,
nombreuses et variées, très cocasses, ainsi qu’à
leur qualité. Oscar se montre souple, malgré la
vitesse de jeu, assez faible ; cet aspect se trouve renforcé
par l’inertie constante du héros, dont les mouvements
sont légèrement handicapés par un poil
de retard dans les réactions, et par ses sauts à
forte amplitude, souvent interminables. Les niveaux doivent
être appréhendés calmement, et méthodiquement.
En général, commencer par nettoyer le terrain
de toute menace, une par une, s’avère être
une technique payante.
 |
 |
|
C’est
parti pour la chasse aux sorcières ! |
Mon
pote l’éléphant, il gère
les checkpoints. |
La
difficulté est au rendez-vous, ce qui s’avèrera
être un avantage ou un inconvénient selon les goûts
: les ennemis, aux parcours totalement précalculés,
sont toujours placés de façon à toucher
le joueur, et leurs sprites, dans le fourmillement visuel de
l’écran de jeu, se confondent souvent avec le décor
ou les innombrables objets bonus à grappiller. Trouver
toutes les statuettes demande pas mal d’efforts, les passages
se montrant souvent difficiles à atteindre ; étant
donné que les niveaux comportent un fond fatal qui sanctionne
le joueur par la perte d’une vie, il n’est pas rare
de louper un saut et d’y partir directement.
 |
 |
| La
version Gameboy ? Tout à fait. Pour remettre
l’écran normalement, trouvez la Game Gear ! |
Admirez
le reflet de l’eau ! |
Avec
sa réalisation impressionnante, Oscar
est parvenu à faire sa place dans la jungle des jeux
Amiga, déjà fort pourvue de titres équivalents
(Nicky Boom,
Doodlebug…). Mais c’est surtout
sur Pécé où Oscar
va se distinguer : en effet, Flair va totalement exploiter le
VGA 256 couleurs, pour sortir une version fabuleuse ! Les images
de cet article proviennent du support Pécé,
qui se paie le luxe de supplanter visuellement la version Amiga,
limité par ses 32 couleurs. Seule la version AGA,
qui sera offerte avec les Amiga 1200, et qui ouvrira
le bal des trop rares sorties sur CD32, sera à
même de la concurrencer graphiquement, un comble ! Évidemment,
la qualité sonore entre les versions n’est pas
comparable, l’avantage revient toujours à l’Amiga,
tout comme la qualité du scrolling, élément
qui pêche toujours un peu sur Pécé.
 |
 |
|
Attention
aux poissons ! La déformation aquatique
est très bien rendue. |
Méfiez-vous
de tout ce qui bouge ! |
De
bonne facture sur la machine de Commodore, Oscar
devient incontournable sur Pécé, tant
il brille par sa réalisation hors pair sur ce support
d’habitude si sinistré dans le domaine de la plate-forme.
|
|
Pour finir, un aperçu de la boîte d’origine
sur Pécé.
Oui, je l’ai acheté, et j’en suis
fier ! |
Tonton
Ben, nominé aux Oscars pour la plus
belle tirade de signature en bas d’un article Grospixels.