

Et un, et deux, Zool c’est pas
une tapette !
Un écran titre qui confirme qu’on ne s’est pas trompé
de jeu.
Bwon alowrs pouh
liwre che techte dwans les meiweures condichions, collez wous une chwoupa-chwoups
dwans la bwouche, genwre les XXL qu’won pweut meme plous la rwetirwer aprwès.
Wouh ça cwolle aux dwents.
Pfou, bon, on
va laisser tomber la sucette, ça va pas être pratique. Tiens, le
chien, c’est bon pour les toutous, ça. Bon chien. Coucouche panier.
Je vous voir venir, vous vous dites « ouiiiii, c’est encore un vieux
test tout bidon, le gars il a rien à raconter, alors faut qu’il colle
des intros bien longues pour meubler le texte ». Et bien pas du tout, encore
une fois, on s’attaque à un mythe, alors ça vaut bien une
mise en condition.


Un petit bonjour au sponsor...
Cherchez bien les passages secrets !
1991. Dans un
monde divisé en deux superpuissances, avec à l’Ouest la nation
Sega, gouverné par le président Sonic, et le bloc de l’Est,
dirigé d’une main de fer par le camarade Mario, un seul héros
des temps modernes peut sauver le joueur de cette lutte sans merci : Zool, la
fourmi ninja, venu tout droit de la Nième Dimension, venu faire le plein
de sucettes à la frontière espagnole du Perthus (c’est là
qu’elles sont le moins cher !). Le manuel du jeu ne précise pas s’il
a fait le plein de bouteilles d’apéro anisé et de cartouches
de clopes. Eh oui, cette grande première de sponsoring de la part d’un
fabricant de sucreries a permis à ce jeu de plates-formes de faire grand
parler de lui, puisqu’on trouvait même dans la boite (Amiga, seulement
il me semble) une sucette en cadeau. L’idée sera d’ailleurs
reprise plus tard par Psygnosis pour le jeu Bill’s Tomato Game, avec
un flacon de ketchup, et pour MacDonald’s Land, avec à l’intérieur
du jeu un Big M… Non, cette idée n’a pas été
retenue, ça risquait d’attirer les animaux et les insectes dans les
points de vente de jeux.


Trop fort, ce ninja !
En garde contre les abeille-boulons !
Donc, disais-je,
Zool se vante d’être un jeu de plates-formes ultrarapide composé
de 6 niveaux retraçant le retour du ninja dans la Nième Dimension
après avoir fait ses courses dans les duty-free espagnols. Il visitera
donc le monde des friandises, saturé de logos bonus de la marque partenaire,
puis il ira se faire plaisir au rayon hifi-musique, un p’tit tour chez Mr.
Bricolo, quelques emplettes au rayon des fruits et légumes, pour finir
au rayon jouets et enfin à la fête foraine. Et après ça,
on s’étonne qu’il galère à rentrer chez lui,
le ninja ?
Alors, évidemment,
lorsqu’on va faire le plein de bonnes choses à moitié prix
pendant la haute saison, et bien c’est bondé de touristes, tous plus
hargneux les uns que les autres. Ca vous pousse, vous balance des bonbons à
la figure, vous jette des bananes sous les ninja-pieds, bref ça énerve,
et ça donne envie de tout latter. Dans Zool, on ne se privera donc pas
de sauter sur tout ce qui bouge, ou de leur tirer dessus grâce au flingue
de la Nième Dimension, ou encore, dans les airs, de sortir des katanas.
Zool a du répondant, et il le fait savoir !


La grimpette ? Pas de problème.
Une gratte bien agressive.
Et quand il ne
peut pas atteindre la boite de sucettes qui est tout là-haut, oui c’est
ça sur la dernière étagère, il ne s’embarrasse
pas, il grimpe sur le mur ! Oui Môssieur, dans la Nième Dimension,
les murs sont faits pour être escaladés, c’est comme ça.
Cette super habilité, bien qu’elle ne soit pas très facile
à utiliser (il faut re-sauter à chaque fois que l’on veut
grimper, ce qui n’est pas très évident), a permis aux développeurs
de créer des niveaux gigantesques partant dans toutes les directions, avec
une non linéarité sur les parcours. Cela donne une progression chaotique
pour le joueur, qui ne sait jamais trop par où continuer. En y ajoutant
des décors au design très colorés, des fonds d’écran
de même facture (spécialement pour les versions Amiga 1200, CD32
et SNES), et un champ visuel plutôt rapproché pour ce genre de jeu
(Mario et Sonic ont un sprite plus petit et un champ de vue plus large, permettant
de mieux appréhender les niveaux et les pièges), on a vite fait
de se paumer. Et c’est très embêtant lorsqu’on est mis
sous pression par un temps limite.


La position du ninja zen...
Roi de la glisse !
Pour ajouter à
la difficulté, sachez que les ennemis, nombreux et variés, au graphisme
farfelu (l’agression par des rouleaux de réglisse est traumatisante),
et à la hargne caractéristique, réapparaissent continuellement
lorsque vous repassez dans leurs secteurs, que le ninja ne possède que
trois vies (il est possible d’en récupérer sur les ennemis),
et qu’il n’y a ni sauvegardes ni mots de passe de fin de niveau, seul
la présence de checkpoints permettent d’éviter de tout se
cogner à nouveau à chaque vie perdue. Avec ses boss de fin de niveau
(il y a trois parties dans chaque niveau) complètement fous (la guitare
électrique !!) et très difficiles, autant dire que Zool est un challenge
pour acharnés du joystick. Un petit mot sur la vitesse du jeu, elle est
démesurée au point de faire passer Sonic pour un grabataire.


Comment ça, ridicule mon bateau ?
De la musique légère.
La musique, quant
à elle, est fantastique. Il n’y a qu’un thème, celui
qu’on retient des années après, mais la bonne idée,
c’est qu’elle se décline au choix sur le style rock, funk,
techno ou pop. Les compositions sont terribles, toute la puissance du chipset
son Amiga est sollicitée pour un rendu qui chatouille les oreilles. Deux
bémols, tout de même : il aurait été sympa d’avoir
tout de même des variations, car entendre le même thème tout
au long du jeu finit par devenir lassant ; de plus, dans Zool, c’est fromage
ou dessert, entendez par là que l’on doit faire son choix entre les
bruitages ou la musique.
Il n’empêche
que Zool, par toutes ces qualités comme par ses défauts, s’est
forgée une réputation de briseur de hérisson, car Gremlin
Interactive a réussi le pari de sortir un jeu dans un domaine saturé
par la concurrence, et d’en faire un titre référence. C’était
pourtant pas gagné, mais le résultat est à la hauteur de
ses ambitions. A savoir qu’une suite est sortie, Zool 2, où notre
ninja revient aux vacances suivantes avec bobonne, pour refaire le plein de sucettes.
Cet opus sera malheureusement passé plus inaperçu, sûrement
parce qu’il ne proposait pas assez de nouveautés.
Tonton Ben, 5ème dan de sucettes.