1992,
l’année de la sucrerie. Dans un monde vidéoludique
en proie à la guerre pour l’épice (Dune),
voire même à la seconde guerre mondiale tout court
(Wolfenstein 3D),
des héros se battent pour la suprématie de la
friandise. Oui, 1992 est une date où les puissants lobbies
du dentifrice alliés aux contructeurs de fraises de dentistes
(ces derniers étant eux-mêmes partisans de la conspiration)
financent la promotion de jeux tels que Magic Pockets,
Zool et... Nicky
Boom.
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Le
fils spirituel de Charles Manson. |
Et
on laisse un fou pareil en liberté... |
Encore
un coup des Américains, ça !!!
Même
pas, Nicky Boom est un pur produit français
de chez Microïds, déjà responsables du jeu
de plates-formes (enfin, plates n’est peut-être
pas le terme exact) Carlos. Ca sent l’endoctrinement
de la jeunesse, tout ça. Et le p’tit Nicky, dans
l’histoire ? Hé bien pour prétexter l’empiffrement
frénétique et éhonté du jeune bambin,
ce dernier a inventé une vague affaire de grand-père
enlevé par la sorcière du coin, qui a transformé
tout le voisinage en ménagerie. Pfffou, j’en ai
raconté des bobards quand j’étais mioche,
mais des comme ça... Ça relève plus de
la méchante et prohibée hallu que du mensonge.
Je crois avoir eu des trips comme ça, mais j’étais
un peu plus grand... enfin, passons. Rassurons-nous, Carlos
n’est plus impliqué dans l’affaire (du moins
en apparence), le jeu est donc pour tout public. Enfin, c’est
ce qu’on croyait.
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Des
environnements très colorés. |
Cherchez
les passages secrets ! |
Manque
de sport et sucreries : une jeunesse décadente.
Alors
Nicky le Psychopathe, ni une ni deux, il part à la recherche
de grand-papy, qui comme toutes les personnes de son âge,
attire les jeunes avec des pelletées de bonbons (parce
que pour le faire bouger de devant la télé, faut
VRAIMENT le motiver). Tel le petit poucet, Nicky le Glouton
suit la piste toute fraîchement semée de friandises
qu’il s’empressera d’engouffrer. Note aux
lecteurs : techniquement, dans l’édition originale,
le petit poucet ne gobe pas les cailloux dans la forêt,
il ne fait que les ramasser. On imagine aisément les
conséquences douloureuses de l’ingestion d’éléments
comme des cailloux dans l’estomac du pauvre garçonnet.
Notre héros, lui, se moque complètement du fonctionnement
de son appareil digestif, et se goinfre joyeusement de cochonneries
pâtissières en tout genre, tant pis pour les conséquences.
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Même
les plantes s’y mettent. |
On aura enfin trouvé une utilité aux méduses. |
Un
modèle de honte pour les enfants d’aujourd’hui.
Non
content de casser le moral de curistes au régime sévère
à la Bourboule, Nicky le Sanguinaire persévère
dans le mauvais esprit puisqu’il s’en prend à
la faune locale en leur sautant dessus (et on imagine à
quel point cela peut être fatal après absorption
de quelques quintaux de douceurs). Escargots, fourmis, grenouilles,
lapins... Tout y passe, un vrai bulldozer. Je vois d’ici
les membres de la protection s’offusquer d’une telle
apologie de violence sur des animaux, je me joins à leurs
protestations. Mais s’il n’y avait que ça...
Nicky le Boucher prend un malin plaisir à leur balancer
divers détritus, ses projectiles préférés
étant des trognons de pomme, mais aussi des bûches
(servant accessoirement à former des ponts au-dessus
de précipices), ou des bouboules en plastique, participant
ainsi activement à la dégradation de l’environnement.
Éloignez les enfants de ce jeu qui peut causer de sévères
troubles comportementaux. Tout au moins, n’achetez plus
de pommes, ces fruits qui déciment notre jeunesse (trop
de morts par trognons de pomme, stop la violence !). Comme si
ce n’était pas suffisant, Nicky l’Artificier
doit son nom aux bombes qu’il fait sauter (lorsqu’il
en trouve) pour révéler des passages obstrués,
et aux grenades qu’il peut lancer afin de faire tomber
la confiserie suspendue hors de sa portée.
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Des
pâtisseries plus grosses que le bonhomme. |
Le
lapin ninja veille sur les bonbons ! |
Arrêtons-là
le massacre !
Et
non, Madame, il faut pourtant bien parler des graphismes. Big
Fat Nicky est aisément reconnaissable à sa bedaine
largement mise en valeur, et à son visage joufflu. Il
sème la terreur dans huit niveaux aux couleurs chatoyantes,
et au parcours labyrinthesque. Pièges, portes à
clés, tout est bon pour le freiner. Pire que Hulk, Nicky
la Brute est même capable de détruire certains
murs pour révéler des pièces secrètes.
Un carnage, je vous dis. Le sadisme est à son comble
lorsqu’il signe ses méfaits en jetant des ‘Youpi’,
voire même dans quelques cas des ‘Yahoo’.
En plus, il est agile le bougre, et n’a, chose surprenante,
aucune difficulté à se mouvoir, sautant tel le
cabri (avant qu’il ne l’abatte) pour atteindre les
plates-formes les plus élevées. Rien ne l’arrête.
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Un
petit air de Shadow of the Beast ? |
Ou
peut-être même de Gods ? |
J’espère
que cet exemple de production amorale, qui conduit à
créer une génération sacrifiée sur
l’autel du marketing bucco-dentaire, exécutée
contre le mur de l’obésité encouragée,
et brûlée sur le bûcher de la violence gratuite
envers les animaux vous amènera à choisir les
bons jeux, ceux qui prônent une vraie morale ! Non mais
des fois.
Tonton Ben,
parti jouer à GTA : Vice City pour se changer les idées.