
Taito, féerie pixelisée.
J'ai
une grande affection pour les cute-games ("jeu mignon",
un genre typiquement japonais) et Taito peut se féliciter d'être
le leader du genre. L'éditeur japonais a enchanté (et continue de
le faire) les joueurs des années 8/16 bits, que ce soit sur micros,
consoles ou en salle d'arcade. Je reste admiratif envers ces jeux
qui invitent au rêve éveillé, qui vous transportent dans un monde
féerique et drôle à la fois tout en se payant le luxe de vous proposer
un fun immense. Pourvus d'un concept original et d'une prise en main
immédiate, d'une adorable (et inoubliable) bande-son, ces titres sont
intemporels. Il est d'ailleurs fort regrettable qu'aujourd'hui, les
cutes-games de Taito ne se limitent qu'aux puzzle-games (Puzzle
Bobble, mon "puzzle" favori, est un des derniers
succès de la firme) alors qu'il y avait encore tant à explorer. Liquid
Kids est considéré comme la suite du génial The New Zealand
Story et je peux vous assurer qu'il est tout aussi bon. Allez,
c'est parti !

Hipopo à la rescousse !
Woody
Lake est un monde merveilleux peuplé d'adorables créatures. Mais
comme tout lieu paisible, il faut toujours qu'une âme vile et menaçante
y mette son nez. Fire Devil, voilà le nom du gros méchant du
l'histoire. Ce cher monsieur s'est mis à kidnapper tous les animaux
de Woody Lake, tous sauf un, un volatile ayant réussi à échapper au
démon de feu. Eh oui, ce héros porte le doux nom de Hipopo (lui
et ses congénères sembleraient être de la race des platypus, en français
les ornithorynques, une sorte de canard, extrêmement rare, vivant
en Australie. Eh oui, ça c'est de l'investigation !).

Mais
ce n'est pas tout. Vous vous doutez bien qu'un winner comme Hipopo
est épris d'une gente dame. Eh bien la miss fait bien évidemment partie
des kidnappés. Pas facile d'être la petite amie d'un héros de jeu
vidéo mais on ne m'ôtera pas de l'idée que ces gourdasses se font
toujours enlever bêtement comme des grosses naïves qu'elles sont.
Pas futée la copine d'un héros pixelisé... Hipopo doit faire le sale
boulot bien évidemment. Une sacrée chance qu'il soit capable d'utiliser
la légendaire magie de l'eau qui trouve sa source dans l'esprit
de Woody Lake. Pour l'aider à travers son périple (sept stages décomposés
en plusieurs rounds), l'ami pélican lui permettra d'accéder à toutes
les zones du jeu. Avoir un pélican comme meilleur pote, voilà
de quoi se la jouer dans les soirées mondaines ! Bref, tout comme
The New-Zealand Story, après chaque bestiole délivrée, le
joueur passe au round suivant.


Hipopo, aidé de sa fidèle monture, va parcourir toute la carte afin de sauver ses ami(e)s.
La magie, c'est super cool quand même !
À
quoi peut donc bien servir la "magie de l'eau" ? Et bien
grâce à celle-ci, Hipopo peut lancer des bulles remplies d'eau
(les "Water Bomb" ou "mizubakus" en version originale
^_^) dont le pouvoir est dévastateur. Les ennemis deviennent immobiles
au contact de l'eau et à la simple collision avec notre zozio, ils
disparaissent à jamais. Balancées sur une plateforme, les bulles se
transforment en courant de flotte destructeur (tout comme les bulles
d'eau de
Bubble Bobble). Les possibilités sont donc nombreuses,
et un ennemi lancé sur d'autres créatures vous fera faire une sorte
de combo ou de "chain", par exemple, une tuerie en série
quoi ! Plus la "chain" est importante, plus les bonus le
seront. À vous de vous améliorer pour gagner des récompenses
dignes de ce nom. Plus la bulle lancée est grosse, plus ses effets
seront gigantesques. Notez que sans options particulières, vous pouvez
déjà augmenter la taille de votre bulle en laissant le doigt appuyé
sur le bouton de shoot. N'oubliez pas que seules quatre d'entre-elles
peuvent être lancées simultanément.

Les décors du premier niveau restent mes préférés, super "cute" !
Les
bonus apportent un soutien de tous les instants : Le pistolet qui
vous permettra de lancer des bulles en rafale et sans aucune limite,
le sceau qui grossira allégrement la taille de celles-ci (combiné
avec le pistolet, c'est un bonheur !), et la pompe qui les chargera
rapidement. Un bonus magique peut aussi vous donner ces trois options
directement ! N'oublions pas le petit train pour marcher rapidement,
les éclairs qui paralysent tous les ennemis à l'écran, l'option d'invincibilité
et tellement d'autres ! Je vous laisse le soin de découvrir tous les
bonus restants. Les "Water Bomb" servent aussi à faire fonctionner
le mécanisme de certaines machines délirantes ou de faire pousser
des plantes à la taille démesurée. Il y a de quoi faire.

Les joies de "l'aqua-splash".
L'univers bucolique de Liquid Kids.
Le
jeu est finalement plus court que The New-Zealand Story
mais les niveaux n'en restent pas moins diversifiés et bien conçus
dans leur architecture. Car, en plus des bestioles (tordantes comme
à l'accoutumée) à degommer, les pièges et autre mécanismes
farfelus sont légions. Comment rester insensible devant les décors
enchanteurs du jeu, la poésie est présente à chaque coin
de pixel. Vous verrez aussi que l'éditeur n'a pas lésiné sur les
détails qui font les grand jeux.

Contrairement
à Tiki (héros de The New-Zealand Story), Hipopo ne sait pas nager.
Mais rassurez-vous, il ne sort jamais sans sa petite bouée.
Les
warp zones abondent dans Liquid Kids et il va falloir
tirer dans le vide, dans les endroits les plus incongrus, pour les
dénicher (encore un point commun avec The New Zealand Story).
Mais ce n'est pas tout : à chaque fin de niveau, Hipopo devra faire
le choix entre deux sorties différentes. Chacune d'entre-elles l'emmène
à un endroit différent du niveau suivant. Pour connaître le jeu dans
son intégralité, le joueur est obligé de le refaire maintes et maintes
fois. De toutes manières, même en connaissant le titre par coeur,
on y revient toujours avec bonheur tant il est amusant. Le
principe même des bons jeux d'arcade.


Les boss et les ennemis sont tous bien délirants.
Liquid
Kid's connut les joies de la conversion sur consoles. Nous retiendront
une excellente version
Saturn et une sympathique sur PC-Engine.
Une version
Amiga, quasiment finalisée, devait se retrouver dans les
bacs mais le projet resta en stand-by. Dommage. Bien évidemment, je
vous conseille d'y jouer sous Mame. L'émulation procure des sensations
pures.

Une version PC-Engine qui perd un peu au niveau du visuel.
Que
dire de plus sur ce bon cru de Taito ? Ah oui, je n'ai pas encore
parlé du niveau de difficulté. Rien d'insurmontable mais certains
passages restent coriaces, même pour les habitués ! Le tout est assez
progressif finalement, ils ont pensé à tout, les bougres. Je vous
invite vivement à vous laisser bercer pas ce conte vidéoludique. Rejoignez
Hipopo sans hésiter.

Bruno, l'ami des bêtes.