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Kid Icarus
Année : 1986
Système : NES
Développeur : Nintendo
Éditeur : Nintendo
Genre : Plate-forme / Labyrinthe
Par chatpopeye (03 octobre 2011)

Noël 1988 fut une période bien particulière pour moi. Ce fut cette année-là que je reçus ma toute première console, la NES. Obligé jusque-là de me faufiler dans les salles d'arcade plus ou moins bien fréquentées pour m'adonner à ma passion, je pouvais désormais goûter aux joies du jeu vidéo chez moi.
Le choix de la NES ne fut pas un hasard. C'est cette console que j'avais découverte chez un ami, un an auparavant. C'est également grâce à lui que j'ai pu découvrir un jeu étonnant, envoûtant, nommé Kid Icarus. Mon ami l'avait en effet reçu à ce même Noël, en compagnie de Metroid, The Legend of Zelda et Punch-Out. Un quarté gagnant en somme.

Les plus lettrés d'entre-vous auront fait le rapprochement entre le titre du jeu et le personnage de la Mythologie grecque, Icare. Pour rappel, Icare était le fils de Dédale, l'architecte ayant construit le labyrinthe du Minotaure sur l'île de Crête. Enfermé en compagnie de son fils par le roi Minos à l'intérieur de son propre ouvrage, Dédale construisit des ailes en utilisant de la cire et des plumes afin de s'échapper du labyrinthe. Malheureusement, faisant fi des conseils de son père qui lui enjoignait de ne pas s'élever trop haut dans les cieux, Icare, jeune et insouciant, voulut s'approcher du soleil. La chaleur, augmentant à mesure qu'Icare s'envolait toujours plus haut, fit fondre la cire maintenant les plumes. Icare chuta dans la mer désormais connue sous le nom de Mer Icarienne.
Alors donc, on incarne Icare dans ce jeu ? Eh bien non. Le héros de ce jeu se nomme Pit. Il s'agit d'un angelot qui, armé d'un arc, doit quitter les Enfers afin d'aller secourir la déesse de la lumière Palutena.

Scénario

(traduit de la notice par mes soins)

Retournons vers un passé lointain, une époque où les dieux et les hommes vivaient en harmonie. Dans un royaume nommé « Terre des Anges ». Ce royaume était régi par deux magnifiques déesses, Palutena, qui s'occupait de la Lumière, et Medusa, qui régnait sur les ténèbres. Palutena vivait dans le Palais Céleste et faisait en sorte que la Lumière permette aux hommes de vivre dans le bonheur. Baigné par cette Lumière, l'Homme cultivait et vivait en paix. Cependant, Medusa, déesse des ténèbres, était différente. Elle détestait les humains. Elle prenait grand plaisir à assécher les plants que les hommes tentaient avec peine de faire croître, ainsi qu'à changer les gens en statues de pierre. Palutena, en colère, changea Medusa en un monstre repoussant et la bannit pour les profondeurs obscures des Enfers. Medusa se jura de prendre possession du Palais Céleste, dans lequel vivait Palutena. La colère de Medusa était telle qu'elle décida de joindre ses forces à celles des monstres et esprits démoniaques des Enfers, et l'armée de Medusa surpassa bientôt en forces celle de Palutena. Une guerre éclata entre les deux déesses. Medusa lança une attaque-surprise sur l'armée de Palutena qui put à peine la parer.

L'armée de Palutena subit de lourdes pertes avant de perdre la bataille finale. Pour couronner le tout, l'armée de Medusa s'empara des trois trésors sacrés : le bouclier-miroir, la flèche de lumière et les ailes de Pégase. Presque tous les guerriers de l'armée de Palutena furent changés en statues de pierre. Quant à Palutena, elle fut emprisonnée dans les tréfonds du Palais Céleste. Le paisible royaume de la Terre des Anges se peupla alors de créatures aussi horribles que démentes, et devint une terre de Ténèbres, sur laquelle règna la perverse Medusa. Enfermée dans les profondeurs du Palais Céleste, les forces de Palutena la quittaient peu à peu. Dans un dernier effort, elle demanda l'aide d'un angelot, Pit, retenu prisonnier dans un donjon des Enfers.

Pit était un vaillant soldat, responsable de la garde personnelle de Palutena. Armé d'un arc et de flèches parvenus jusqu'à lui grâce à la magie de Palutena, Pit tenta de s'échapper des Enfers. Les gardiens étaient alors en nombre restreint car l'armée de Medusa s'était avancée jusqu'au Palais Céleste. Pit réussit son évasion et ainsi débute sa longue aventure pour sauver Palutena. Cependant, pour terrasser Medusa, il lui faut d'abord mettre la main sur les trois Trésors Sacrés.
Pit sera-t-il à même de rétablir la lumière de Palutena et de la rapporter vers la Terre des Anges ? Vous seul pouvez répondre à cette question...

C'est parti mon Kidi !

Pit commence donc son long parcours. Tout d'abord, les trois premiers niveaux se déroulent aux Enfers (« The Underworld » dans la langue des Beatles) sur un plan uniquement vertical, et Pit doit sauter de plateformes en plateformes, au rythme d'une marche militaire. Il est possible de passer d'un côté de l'écran à l'autre, mais en revanche, impossible de redescendre, le scrolling vertical ne marche que dans un sens. Tel Icare, les cieux vous attirent irrésistiblement... Quelques plateformes mobiles doivent être utilisées de temps en temps pour grimper plus haut, certains sols sont recouverts de glace et donc un peu plus ardus à arpenter... Notez qu'il est également possible de passer à travers les nuages, voire d'y marcher, renforçant la légende populaire qui veut que les nuages ne sont que de vastes coussins sur lesquels on peut confortablement s'asseoir.

L'aventure débute.
Ces marteaux seront utiles plus tard.

Durant ces trois premiers niveaux, il est possible de pénétrer dans des salles. Certaines renferment une escouade de créatures qui, en mourant, laissent chacune à Pit un gros cœur. D'autres sont tout simplement des boutiques de marchands plus ou moins honnêtes. Dans les salles d'entraînement, Zeus (rien que ça) vous soumet à une épreuve de tir, durant laquelle des cibles mouvantes se précipitent sur vous. Si vous tenez suffisamment longtemps, Pit gagnera un objet bien précieux... D'autres salles, d'un intérêt plus ou moins important, sont à découvrir. Prenez garde cependant, il est impossible de revenir dans une salle déjà visitée.

Chacune de ces créaturesrapportera un gros cœur.
Envie de dépenser vos cœurs?

Une fois les trois niveaux des Enfers passés, Pit se retrouve dans une première forteresse. L'atmosphère change alors, de même que la musique, lancinante et entêtante, à l'instar de certains morceaux de Metroid. Cela n'est guère étonnant, le compositeur de la musique de Kid Icarus, Hirokazu Tanaka, ayant composé celle de Metroid.

Cette forteresse est composée de 64 salles, regorgeant d'ennemis et de pièges, principalement des pieux qui se lèvent ou s'abaissent au passage de notre héros. Pour se repérer dans cette forteresse, Pit peut utiliser trois objets : une carte qui, employée seule, ne lui sera d'aucune utilité car elle n'affiche qu'un quadrillage, une flamme qui indique la position de Pit sur la carte, et un crayon qui indique quelles sont les salles déjà visitées.

C'est également dans cette forteresse que Pit va pouvoir se servir de ses marteaux. Ils ne servent pas à se débarrasser d'ennemis, mais à libérer les centurions changés en statues de pierre. Ces derniers viendront vous épauler lors du combat contre le boss de la forteresse.

Libérez nos camarades !!
Une seule issue possible.

On n'est pas sorti de l'aubergine...

On rencontre également dans cette forteresse les terribles sorciers-aubergines, dont la particularité est de lancer en l'air des graines d'aubergines qui, si elles touchent Pit, le transforment en aubergine sur patte. Il ne peut alors plus utiliser son arc. S'il ne veut pas finir en moussaka, son salut viendra de la salle d'infirmerie car c'est bien connu, toutes les forteresses démoniaques disposent d'une infirmerie tenue par une charmante infirmière qui vous guérit de la malédiction de l'aubergine avec le sourire et les compliments de la maison. La présence de ces sorciers-aubergines, pour insolite qu'elle soit, peut être extrêmement handicapante et vous dégoûter à jamais de ce légume. Il est réellement frustrant, alors que l'on approche de la salle du boss, de se voir ainsi transformer en Solanum Melongena et d'être obligé de rebrousser chemin vers l'infirmerie la plus proche. L'aubergine est à ma connaissance un des légumes les plus répandus dans les jeux Nintendo, puisqu'on le retrouve dans des jeux aussi divers qu'Ice Climber, Wrecking Crew, Adventure Island IV, ainsi que dans Captain N: The Game Master, série télévisée qui reprenait de nombreux éléments de l'univers Nintendo.

Les terribles sorciers-aubergines.
La malédiction de l 'aubergine...

Une fois la première forteresse passée, Pit doit parcourir trois niveaux se déroulant sur un plan uniquement horizontal, mais avec les mêmes contraintes que les niveaux des Enfers (pas de retour en arrière possible, trous dans le sol, présence de sols glissants par endroits...). Puis, une nouvelle forteresse attend Pit, avant de pouvoir traverser les trois niveaux du monde céleste. Une troisième et dernière forteresse doit être parcourue avant que Pit ne puisse partir affronter Medusa qui se terre au fond du Palais Céleste.

Avec mon arc et mon couteau ?

Au début de l'aventure, vous ne possédez qu'un arc et des flèches (en nombre illimité, heureusement), dont la portée est assez courte. N'espérez pas dégommer des créatures situées à l'autre bout de l'écran. Cela-dit, la plupart des ennemis disparaissent après avoir reçu une seule flèche. Vous possédez également une paire d'ailes (évidemment, vous êtes un ange...), mais ces dernières sont d'une utilité toute relative. En effet, vous ne pouvez pas voler, ni planer. La hauteur et la durée de vos sauts se situent dans la moyenne. Vous n'auriez pas d'ailes, le résultat serait le même. Et si par malheur, vous chutez au bas de l'écran (à la suite d'un mauvais saut, par exemple), vous n'aurez pas la possibilité d'en réchapper (enfin presque, mais j'y reviendrai plus tard).

Fort heureusement, au bout de quelques niveaux, Pit peut se voir octroyer jusqu'à trois armes supplémentaires, en remportant une épreuve de tir sur cibles mouvantes dans une salle d'entraînement. Pour peu qu'il possède une barre de vie suffisamment grande, Pit pourra ainsi récupérer le pouvoir de lancer des flèches enflammées, un arc avec une portée beaucoup plus longue, ou bien deux cristaux qui, en tournant autour de Pit, lui offrent une protection contre les ennemis qui le touchent. Cependant, attention là encore, dès que la barre de vie de Pit est trop basse, l'arme cessera de fonctionner et ne sera à nouveau opérationnelle que lorsque la barre de vie sera remontée à un niveau correct. Pit se verra également octroyer des flèches plus puissantes au cours de ses aventures.

Enfin, les trois trésors sacrés (le bouclier-miroir, la flèche de lumière et les ailes de Pégase), ne seront utilisables que dans le dernier niveau.

Et hop, une flèche un peu plus puissante.
Un niveau horizontal, pour changer.

Le dernier niveau

Parlons-en donc, de ce dernier niveau. Pit se trouve alors dans le palais de Medusa et, équipé des ailes de Pégase, peut enfin voler de ses propres ailes (enfin, pas vraiment les siennes, mais bon.). Ce dernier niveau se présente sous la forme d'un Shoot'em Up. Pit décoche des flèches de lumière (qui ressemblent furieusement à des rayons laser) sur le dernier carré de l'armée de Medusa. Le scrolling défile automatiquement, jusqu'à ce que l'on soit face à face avec Medusa, représentée sous la forme d'une gigantesque tête, qui envoie de gros serpents sur Pit. Une fois un nombre suffisant de flèches envoyées dans son œil, elle trépasse et Pit peut enfin délivrer Palutena.

Ce dernier niveau n'est à mon sens pas des plus réussis. Le maniement de Pit n'est pas très intuitif : on a l'impression qu'il change de direction par à-coups, ce qui semble bien singulier et détonne en regard de la maniabilité excellente du reste du jeu. Par ailleurs, ce niveau est vraiment facile à terminer, et le combat contre Medusa est vite expédié. Il est même possible de se placer à un certain endroit pour être sûr de ne jamais se faire toucher, pour autant que l'on tire au bon moment. Ceci fait qu'à l'époque, ce dernier niveau m'a plutôt déçu. Je m'attendais à quelque-chose de beaucoup plus épique pour terminer le jeu.

Medusa, me voilà !
Ce n'est pas un rayon laser,mais une flèche de lumière voyons !

Ennemis

La plupart des ennemis auxquels Pit est confronté sont assez facilement éliminables, comme dirait Dieudonné. Entre une et quatre flèches suffisent la plupart du temps à s'en débarrasser. Certains sont assez croquignols, tels la faucheuse qui, si elle aperçoit Pit, s'affole et appelle à la rescousse toute une escouade de mini-faucheuses. Celles-ci se précipitent alors sur Pit au son d'une musique de cavalerie, et tant que notre héros ne se sera pas débarrassé de la faucheuse, il en arrivera sans cesse. D'autres ont l'apparence de méduses volantes, et sont bien sûr une référence aux Métroïdes du célèbre jeu, ce qui n'est guère étonnant puisque de nombreuses personnes ont participé au développement des deux jeux. Enfin, les specknoses, qui ont l'apparence d'un gros nez surmonté de lunettes et que l'on trouve dans certaines salles, ressemblent furieusement au compositeur de la musique du jeu, Hirokazu Tanaka.

Les ennemis sont suffisamment variés dans leur apparence pour qu'aucune lassitude ne pointe son nez à mesure que l'on progresse dans le jeu. Les trois boss des forteresses, quant à eux, ne font pas montre d'une combativité extraordinaire, et, pour peu que l'on possède quelques centurions pour nous aider et que notre barre de vie soit bien remplie, en venir à bout est assez facile. Quant à Medusa, boss final du jeu, il suffit de se placer à un endroit précis pour l'anéantir sans subir le moindre dommage, ainsi que je l'ai indiqué plus haut.

Quelques spécimens d'ennemis que l'on est amené à rencontrer...

Durant son périple, Pit a la possibilité d'acquérir plusieurs items qui lui seront d'un secours certain le moment venu. Tout d'abord, on retrouve les classiques potions qui restaurent de l'énergie, et que l'on peut trouver sous la forme d'un verre ou d'une bouteille, cette dernière s'utilisant automatiquement dès que Pit perd toute son énergie, à l'instar des fées capturées dans Zelda. Il est possible de stocker plusieurs bouteilles si Pit se procure un tonneau.
Ensuite, nous trouvons les marteaux, qui n'ont d'utilité que dans les forteresses, de même que la carte, la torche et le crayon. La plume permet à Pit de voler un court instant si par malheur il tombe au bas de l'écran, afin de regagner une plateforme. Comme les potions ou les marteaux, celle-ci est à usage unique.

Pour acquérir ces objets, Pit devra la plupart du temps les acheter auprès de marchands. Certains pratiquent des tarifs raisonnables, d'autres sont de vulgaires rapaces dont les descendants vendront des jeux vidéo sur Ebay. Il est cependant possible de se la jouer marchand de tapis et de négocier les prix à la baisse en effectuant une petite manipulation : en appuyant sur les boutons A et B de la deuxième manette, le marchand baissera éventuellement ses prix. Mais il peut aussi se vexer et les augmenter substantiellement. Ça passe ou ça casse...

Quel escroc...
Pit est temporairement sauvé de la chutegrâce à la plume.

Les verres peuvent néanmoins se trouver gratuitement au cours de l'aventure, mais leur nombre est assez restreint. Les marteaux, quant à eux, peuvent aussi être dénichés dans des pots que l'on aura cassés. Enfin, il existe des harpes qui une fois attrapées, transformeront pendant quelques instants tous les ennemis présents à l'écran en marteaux. Rappelons-le, ces marteaux permettront, une fois dans les forteresses, de libérer les Centurions transformés en statues de pierre. Ils viendront épauler Pit lors du combat contre le boss de la forteresse.

Dans le monde de Kid Icarus, la monnaie d'échange est le cœur. Chaque ennemi, en mourant, laisse un cœur plus ou moins gros, ayant donc plus ou moins de valeur. Ces cœurs servent de monnaie d'échange dans les boutiques. Il sont également utilisés dans certaines salles ornées de pots. Chaque pot renferme un gros cœur ou un marteau. Casser un pot coûte cinq cœurs. Mais attention, à l'intérieur de l'un de ces pots se trouve le dieu de la pauvreté, qui, s'il est révélé, confisque à Pit les objets qu'il a trouvés dans cette salle. Pit se retrouve alors Gros-Jean comme devant, obligé de payer les pots cassés, dépité d'avoir gaspillé des cœurs, et jurant, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. Toutefois, si Pit arrive à briser tous les pots, le dernier révèle alors un objet : plume, bouteille et surtout la carte de crédit, qui permet à Pit de s'endetter auprès d'un marchand afin d'acheter un objet.

La salle des pots.
Tous les pots ont été cassés dans l'ordre.

Immortel, moi ? Jamais.

Il existe deux manières de mourir dans Kid Icarus. Tout d'abord, Pit possède une barre de vie qui diminue dangereusement chaque fois qu'il est touché. Il est possible de la remplir à nouveau en buvant du Nectar qui peut être acheté (au verre ou à la bouteille) ou trouvé ça et là, ou bien en faisant trempette dans un bassin régénérateur. Évidemment, lorsque la barre de vie est totalement vide, Pit a perdu la partie. De même, si Pit tombe en bas de l'écran, il disparaît. Lorsque Pit meurt, un code sacré s'affiche, composé de 24 chiffres et lettres, majuscules et minuscules, comparable à ceux de Metroid. Ce code permet de reprendre sa partie au niveau où l'on était alors. Ces codes sont néanmoins assez fastidieux à noter et à entrer, et le joueur occidental regrette alors de ne pas posséder une version Famicom Disk System et son système de sauvegarde. À noter que Pit ne possède pas plusieurs « vies ». Une fois qu'il a perdu, on recommence le niveau depuis le début.

Rapport à la Mythologie

Certes, Kid Icarus évoque de nombreux points de la Mythologie grecque, ne serait-ce que par les décors ou les noms des ennemis. Cependant, le joueur non-féru de Mythologie ne doit absolument pas prendre pour argent comptant les éléments présents dans ce jeu. Ainsi, Pandora, l'un des boss du jeu, n'était absolument pas une créature monstrueuse, mais simplement la femme d'Épiméthée, le frère de Prométhée, qui a juste eu la curiosité d'ouvrir la jarre dans laquelle étaient enfermés les maux de la Terre. Uranos n'était pas une vilaine petite créature rougeaude, mais le Ciel lui-même, c'est quand même autre-chose. Pluton était le dieu des Enfers (dans la Mythologie romaine qui plus est) et non une espèce de gobelin ridicule. Enfin, il ne me souvient pas que l'existence d'un sorcier-aubergine ou d'un bonhomme de neige soit attestée dans la Mythologie grecque... Je pourrais fournir ainsi de nombreux exemples. Il semble tout simplement que les développeurs aient préféré utiliser des noms célèbres de manière tout à fait fantaisiste.

Par ailleurs, les Enfers sont encore représentés comme un endroit regorgeant de créatures démoniaques, alors que c'est tout simplement l'endroit où se rendaient les âmes, après leur passage sur Terre. Elles pouvaient alors être dirigées vers trois endroits différents : les Champs Élysées pour les héros et les gens vertueux, le pré de l'Asphodèle pour ceux dont la conduite sur Terre n'avait été ni bonne, ni mauvaise, et enfin le Tartare, pour les criminels et les dieux déchus. Non, les Enfers ne méritent donc pas la réputation qu'ils se traînent depuis fort longtemps, et qui est désormais bien ancrée dans la culture populaire ! Nom de Zeus !!

Voici ce que sont réellement les Enfers. C'est quand même autre-chose...

Et après ?

Malgré toutes les qualités de Kid Icarus, Nintendo n'a pas cru utile de développer la licence avec autant d'entrain que d'autres. En 1991 est sorti sur Game Boy un opus intitulé Kid Icarus : Of Myths and Monsters. Ce jeu reprend grosso-modo les mécanismes de son prédécesseur sur NES, avec une différence qui pour ma part a été assez rédhibitoire. Dans cette mouture, Pit peut se déplacer dans quatre directions, revenir sur ses pas, aller vers la droite ou la gauche de manière « infinie » (évidemment, on retrouve très vite les lieux que l'on vient de traverser...). Je n'ai à l'époque pas accroché à cet aspect du jeu, et ai même trouvé le jeu assez difficile. Le fait que l'écran soit monochrome y est sans doute pour beaucoup, car j'avais alors du mal à me repérer dans l'environnement.

Enfin, si l'on excepte l'apparition de Pit dans le jeu Super Smash Bros Brawl, on ne retrouvera notre héros que sur 3DS, dans un style de jeu visiblement radicalement différent.

Et le plaisir de jeu dans tout cela ?

Kid Icarus est un modèle de plaisir de jeu. Pit est parfaitement maniable, la trajectoire de ses sauts peut être légèrement modifiée si l'on se rend compte que l'on a « mal visé » (à l'inverse d'un Castlevania par exemple), et si l'on prend garde à ne pas se précipiter, la progression dans le jeu sera naturelle. Cependant, il faut signaler que contrairement à la plupart des jeux, les premiers niveaux sont bien plus difficiles que les suivants. De fait, une fois passé les trois premiers, seules les forteresses pourront donner du fil à retordre, principalement à cause des sorciers-aubergines qui obligent à retourner vers l'infirmerie. Ceci est peut-être dû au fait qu'une fois le système de jeu et la maniabilité de Pit maîtrisée, le joueur comprend comment réagissent les ennemis, et fait moins d'erreurs comme sauter au mauvais endroit et au mauvais moment, beaucoup de morts étant en effet dues à une chute en bas de l'écran. Une autre raison possible et probable est que Pit gagne en puissance, en endurance, et possède au bout d'un moment les boules de feu, l'arc et les cristaux. Il devient par là même redoutable, et arriver au bout du jeu devient beaucoup plus facile.

Enfin, bien que les développeurs aient pris le parti d'utiliser l'univers de la Mythologie grecque de manière totalement fantaisiste, celle-ci est tellement fascinante que l'on n'en tiendra pas rigueur à Nintendo Resarch and Development 1, et que l'on se plongera encore et encore dans ce fabuleux jeu.

chatpopeye
(03 octobre 2011)
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