Noël
1988 fut une période bien particulière pour moi. Ce
fut cette année-là que je reçus ma toute première
console, la NES. Obligé jusque-là de me faufiler
dans les salles d’arcade plus ou moins bien fréquentées
pour m’adonner à ma passion, je pouvais désormais
goûter aux joies du jeu vidéo chez moi.
Le choix de la NES ne fut pas un hasard. C’est cette
console que j’avais découverte chez un ami, un an auparavant.
C’est également grâce à lui que j’ai
pu découvrir un jeu étonnant, envoûtant, nommé
Kid Icarus. Mon ami l’avait en effet reçu
à ce même Noël, en compagnie de Metroid,
The Legend of Zelda
et Punch-Out. Un quarté
gagnant en somme.
Les
plus lettrés d’entre-vous auront fait le rapprochement
entre le titre du jeu et le personnage de la Mythologie grecque, Icare.
Pour rappel, Icare était le fils de Dédale, l’architecte
ayant construit le labyrinthe du Minotaure sur l’île de
Crête. Enfermé en compagnie de son fils par le roi Minos
à l’intérieur de son propre ouvrage, Dédale
construisit des ailes en utilisant de la cire et des plumes afin de
s’échapper du labyrinthe. Malheureusement, faisant fi
des conseils de son père qui lui enjoignait de ne pas s’élever
trop haut dans les cieux, Icare, jeune et insouciant, voulut s’approcher
du soleil. La chaleur, augmentant à mesure qu’Icare s’envolait
toujours plus haut, fit fondre la cire maintenant les plumes. Icare
chuta dans la mer désormais connue sous le nom de Mer Icarienne.
Alors donc, on incarne Icare dans ce jeu ? Eh bien non. Le héros
de ce jeu se nomme Pit. Il s'agit d'un angelot qui, armé d'un
arc, doit quitter les Enfers afin d'aller secourir la déesse
de la lumière Palutena.
Scénario

(traduit de la notice par mes soins)
Retournons
vers un passé lointain, une époque où les dieux
et les hommes vivaient en harmonie. Dans un royaume nommé «
Terre des Anges ». Ce royaume était régi par deux
magnifiques déesses, Palutena, qui s'occupait de la Lumière,
et Medusa, qui régnait sur les ténèbres. Palutena
vivait dans le Palais Céleste et faisait en sorte que la Lumière
permette aux hommes de vivre dans le bonheur. Baigné par cette
Lumière, l'Homme cultivait et vivait en paix.
Cependant,
Medusa, déesse des ténèbres, était différente.
Elle détestait les humains. Elle prenait grand plaisir à
assécher les plants que les hommes tentaient avec peine de
faire croître, ainsi qu'à changer les gens en statues
de pierre. Palutena, en colère, changea Medusa en un monstre
repoussant et la bannit pour les profondeurs obscures des Enfers.
Medusa
se jura de prendre possession du Palais Céleste, dans lequel
vivait Palutena. La colère de Medusa était telle qu'elle
décida de joindre ses forces à celles des monstres et
esprits démoniaques des Enfers, et l'armée de Medusa
surpassa bientôt en forces celle de Palutena. Une guerre éclata
entre les deux déesses. Medusa lança une attaque-surprise
sur l'armée de Palutena qui put à peine la parer.
L'armée
de Palutena subit de lourdes pertes avant de perdre la bataille finale.
Pour couronner le tout, l'armée de Medusa s'empara des trois
trésors sacrés : le bouclier-miroir, la flèche
de lumière et les ailes de Pégase. Presque tous les
guerriers de l'armée de Palutena furent changés en statues
de pierre. Quant à Palutena, elle fut emprisonnée dans
les tréfonds du Palais Céleste. Le paisible royaume
de la Terre des Anges se peupla alors de créatures aussi horribles
que démentes, et devint une terre de Ténèbres,
sur laquelle règna la perverse Medusa. Enfermée dans
les profondeurs du Palais Céleste, les forces de Palutena la
quittaient peu à peu. Dans un dernier effort, elle demanda
l'aide d'un angelot, Pit, retenu prisonnier dans un donjon des Enfers.
Pit
était un vaillant soldat, responsable de la garde personnelle
de Palutena. Armé d'un arc et de flèches parvenus jusqu'à
lui grâce à la magie de Palutena, Pit tenta de s'échapper
des Enfers. Les gardiens étaient alors en nombre restreint
car l'armée de Medusa s'était avancée jusqu'au
Palais Céleste. Pit réussit son évasion et ainsi
débute sa longue aventure pour sauver Palutena. Cependant,
pour terrasser Medusa, il lui faut d'abord mettre la main sur les
trois Trésors Sacrés.
Pit
sera-t-il à même de rétablir la lumière
de Palutena et de la rapporter vers la Terre des Anges ? Vous seul
pouvez répondre à cette question...
C'est
parti mon Kidi !
Pit
commence donc son long parcours. Tout d'abord, les trois premiers
niveaux se déroulent aux Enfers (« The Underworld
» dans la langue des Beatles) sur un plan uniquement vertical,
et Pit doit sauter de plateformes en plateformes, au rythme d'une
marche militaire. Il est possible de passer d'un côté
de l'écran à l'autre, mais en revanche, impossible de
redescendre, le scrolling vertical ne marche que dans un sens. Tel
Icare, les cieux vous attirent irrésistiblement... Quelques
plateformes mobiles doivent être utilisées de temps en
temps pour grimper plus haut, certains sols sont recouverts de glace
et donc un peu plus ardus à arpenter... Notez qu'il est également
possible de passer à travers les nuages, voire d'y marcher,
renforçant la légende populaire qui veut que les nuages
ne sont que de vastes coussins sur lesquels on peut confortablement
s'asseoir.
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 |
L'aventure
débute. |
Ces
marteaux seront utiles plus tard. |
Durant
ces trois premiers niveaux, il est possible de pénétrer
dans des salles. Certaines renferment une escouade de créatures
qui, en mourant, laissent chacune à Pit un gros cœur.
D'autres sont tout simplement des boutiques de marchands plus ou moins
honnêtes. Dans les salles d'entraînement, Zeus (rien que
ça) vous soumet à une épreuve de tir, durant
laquelle des cibles mouvantes se précipitent sur vous. Si vous
tenez suffisamment longtemps, Pit gagnera un objet bien précieux...
D'autres salles, d'un intérêt plus ou moins important,
sont à découvrir. Prenez garde cependant, il est impossible
de revenir dans une salle déjà visitée.
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 |
Chacune
de ces créatures
rapportera un gros cœur. |
Envie
de dépenser vos cœurs? |
Une
fois les trois niveaux des Enfers passés, Pit se retrouve dans
une première forteresse. L'atmosphère change alors,
de même que la musique, lancinante et entêtante, à
l'instar de certains morceaux de Metroid.
Cela n'est guère étonnant, le compositeur de la musique
de Kid Icarus, Hirokazu Tanaka, ayant composé
celle de Metroid.
Cette
forteresse est composée de 64 salles, regorgeant d'ennemis
et de pièges, principalement des pieux qui se lèvent
ou s'abaissent au passage de notre héros. Pour se repérer
dans cette forteresse, Pit peut utiliser trois objets : une carte
qui, employée seule, ne lui sera d'aucune utilité car
elle n'affiche qu'un quadrillage, une flamme qui indique la position
de Pit sur la carte, et un crayon qui indique quelles sont les salles
déjà visitées.
C'est également dans cette forteresse que Pit va pouvoir se
servir de ses marteaux. Ils ne servent pas à se débarrasser
d'ennemis, mais à libérer les centurions changés
en statues de pierre. Ces derniers viendront vous épauler lors
du combat contre le boss de la forteresse.
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Libérez
nos camarades !! |
Une
seule issue possible. |
On
n'est pas sorti de l'aubergine...
On
rencontre également dans cette forteresse les terribles sorciers-aubergines,
dont la particularité est de lancer en l'air des graines d'aubergines
qui, si elles touchent Pit, le transforment en aubergine sur patte.
Il ne peut alors plus utiliser son arc. S'il ne veut pas finir en
moussaka, son salut viendra de la salle d'infirmerie car c'est bien
connu, toutes les forteresses démoniaques disposent d'une infirmerie
tenue par une charmante infirmière qui vous guérit de
la malédiction de l'aubergine avec le sourire et les compliments
de la maison. La présence de ces sorciers-aubergines, pour
insolite qu'elle soit, peut être extrêmement handicapante
et vous dégoûter à jamais de ce légume.
Il est réellement frustrant, alors que l'on approche de la
salle du boss, de se voir ainsi transformer en Solanum Melongena
et d'être obligé de rebrousser chemin vers l'infirmerie
la plus proche. L'aubergine est à ma connaissance un des légumes
les plus répandus dans les jeux Nintendo, puisqu'on le retrouve
dans des jeux aussi divers qu'Ice
Climber, Wrecking
Crew, Adventure Island IV, ainsi que
dans Captain N: The Game Master, série télévisée
qui reprenait de nombreux éléments de l'univers Nintendo.
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Les
terribles sorciers-aubergines. |
La
malédiction de l 'aubergine... |
Une
fois la première forteresse passée, Pit doit parcourir
trois niveaux se déroulant sur un plan uniquement horizontal,
mais avec les mêmes contraintes que les niveaux des Enfers (pas
de retour en arrière possible, trous dans le sol, présence
de sols glissants par endroits...). Puis, une nouvelle forteresse
attend Pit, avant de pouvoir traverser les trois niveaux du monde
céleste. Une troisième et dernière forteresse
doit être parcourue avant que Pit ne puisse partir affronter
Medusa qui se terre au fond du Palais Céleste.
Avec mon arc et mon couteau ?
Au
début de l'aventure, vous ne possédez qu'un arc et des
flèches (en nombre illimité, heureusement), dont la
portée est assez courte. N'espérez pas dégommer
des créatures situées à l'autre bout de l'écran.
Cela-dit, la plupart des ennemis disparaissent après avoir
reçu une seule flèche. Vous possédez également
une paire d'ailes (évidemment, vous êtes un ange...),
mais ces dernières sont d'une utilité toute relative.
En effet, vous ne pouvez pas voler, ni planer. La hauteur et la durée
de vos sauts se situent dans la moyenne. Vous n'auriez pas d'ailes,
le résultat serait le même. Et si par malheur, vous chutez
au bas de l'écran (à la suite d'un mauvais saut, par
exemple), vous n'aurez pas la possibilité d'en réchapper
(enfin presque, mais j'y reviendrai plus tard).
Fort
heureusement, au bout de quelques niveaux, Pit peut se voir octroyer
jusqu'à trois armes supplémentaires, en remportant une
épreuve de tir sur cibles mouvantes dans une salle d'entraînement.
Pour peu qu'il possède une barre de vie suffisamment grande,
Pit pourra ainsi récupérer le pouvoir de lancer des
flèches enflammées, un arc avec une portée beaucoup
plus longue, ou bien deux cristaux qui, en tournant autour de Pit,
lui offrent une protection contre les ennemis qui le touchent. Cependant,
attention là encore, dès que la barre de vie de Pit
est trop basse, l'arme cessera de fonctionner et ne sera à
nouveau opérationnelle que lorsque la barre de vie sera remontée
à un niveau correct. Pit se verra également octroyer
des flèches plus puissantes au cours de ses aventures.
Enfin,
les trois trésors sacrés (le bouclier-miroir, la flèche
de lumière et les ailes de Pégase), ne seront utilisables
que dans le dernier niveau.
 |
 |
Et
hop, une flèche un peu plus puissante. |
Un
niveau horizontal, pour changer. |
Le
dernier niveau
Parlons-en
donc, de ce dernier niveau. Pit se trouve alors dans le palais de
Medusa et, équipé des ailes de Pégase, peut enfin
voler de ses propres ailes (enfin, pas vraiment les siennes, mais
bon.). Ce dernier niveau se présente sous la forme d'un Shoot'em
Up. Pit décoche des flèches de lumière (qui
ressemblent furieusement à des rayons laser) sur le dernier
carré de l'armée de Medusa. Le scrolling défile
automatiquement, jusqu'à ce que l'on soit face à face
avec Medusa, représentée sous la forme d'une gigantesque
tête, qui envoie de gros serpents sur Pit. Une fois un nombre
suffisant de flèches envoyées dans son œil, elle
trépasse et Pit peut enfin délivrer Palutena.
Ce
dernier niveau n'est à mon sens pas des plus réussis.
Le maniement de Pit n'est pas très intuitif : on a l'impression
qu'il change de direction par à-coups, ce qui semble bien singulier
et détonne en regard de la maniabilité excellente du
reste du jeu. Par ailleurs, ce niveau est vraiment facile à
terminer, et le combat contre Medusa est vite expédié.
Il est même possible de se placer à un certain endroit
pour être sûr de ne jamais se faire toucher, pour autant
que l'on tire au bon moment. Ceci fait qu'à l'époque,
ce dernier niveau m'a plutôt déçu. Je m'attendais
à quelque-chose de beaucoup plus épique pour terminer
le jeu.
 |
 |
Medusa,
me voilà ! |
Ce
n'est pas un rayon laser,
mais une flèche de lumière voyons ! |
Ennemis
La
plupart des ennemis auxquels Pit est confronté sont assez facilement
éliminables, comme dirait Dieudonné. Entre une et quatre
flèches suffisent la plupart du temps à s'en débarrasser.
Certains sont assez croquignols, tels la faucheuse qui, si elle aperçoit
Pit, s'affole et appelle à la rescousse toute une escouade
de mini-faucheuses. Celles-ci se précipitent alors sur Pit
au son d'une musique de cavalerie, et tant que notre héros
ne se sera pas débarrassé de la faucheuse, il en arrivera
sans cesse. D'autres ont l'apparence de méduses volantes, et
sont bien sûr une référence aux Métroïdes
du célèbre jeu, ce qui n'est guère étonnant
puisque de nombreuses personnes ont participé au développement
des deux jeux. Enfin, les specknoses, qui ont l'apparence d'un gros
nez surmonté de lunettes et que l'on trouve dans certaines
salles, ressemblent furieusement au compositeur de la musique du jeu,
Hirokazu Tanaka.
Les
ennemis sont suffisamment variés dans leur apparence pour qu'aucune
lassitude ne pointe son nez à mesure que l'on progresse dans
le jeu. Les trois boss des forteresses, quant à eux, ne font
pas montre d'une combativité extraordinaire, et, pour peu que
l'on possède quelques centurions pour nous aider et que notre
barre de vie soit bien remplie, en venir à bout est assez facile.
Quant à Medusa, boss final du jeu, il suffit de se placer à
un endroit précis pour l'anéantir sans subir le moindre
dommage, ainsi que je l'ai indiqué plus haut.
Durant
son périple, Pit a la possibilité d'acquérir
plusieurs items qui lui seront d'un secours certain le moment venu.
Tout d'abord, on retrouve les classiques potions qui restaurent de
l'énergie, et que l'on peut trouver sous la forme d'un verre
ou d'une bouteille, cette dernière s'utilisant automatiquement
dès que Pit perd toute son énergie, à l'instar
des fées capturées dans Zelda. Il est possible de stocker
plusieurs bouteilles si Pit se procure un tonneau.
Ensuite,
nous trouvons les marteaux, qui n'ont d'utilité que dans les
forteresses, de même que la carte, la torche et le crayon. La
plume permet à Pit de voler un court instant si par malheur
il tombe au bas de l'écran, afin de regagner une plateforme.
Comme les potions ou les marteaux, celle-ci est à usage unique.
Pour
acquérir ces objets, Pit devra la plupart du temps les acheter
auprès de marchands. Certains pratiquent des tarifs raisonnables,
d'autres sont de vulgaires rapaces dont les descendants vendront des
jeux vidéo sur Ebay. Il est cependant possible de se la jouer
marchand de tapis et de négocier les prix à la baisse
en effectuant une petite manipulation : en appuyant sur les boutons
A et B de la deuxième manette, le marchand baissera éventuellement
ses prix. Mais il peut aussi se vexer et les augmenter substantiellement.
Ça passe ou ça casse...
 |
 |
Quel
escroc... |
Pit
est temporairement sauvé de la chute
grâce à la plume. |
Les
verres peuvent néanmoins se trouver gratuitement au cours de
l'aventure, mais leur nombre est assez restreint. Les marteaux, quant
à eux, peuvent aussi être dénichés dans
des pots que l'on aura cassés. Enfin, il existe des harpes
qui une fois attrapées, transformeront pendant quelques instants
tous les ennemis présents à l'écran en marteaux.
Rappelons-le, ces marteaux permettront, une fois dans les forteresses,
de libérer les Centurions transformés en statues de
pierre. Ils viendront épauler Pit lors du combat contre le
boss de la forteresse.
Dans
le monde de Kid Icarus, la monnaie d'échange
est le cœur. Chaque ennemi, en mourant, laisse un cœur plus
ou moins gros, ayant donc plus ou moins de valeur. Ces cœurs
servent de monnaie d'échange dans les boutiques. Il sont également
utilisés dans certaines salles ornées de pots. Chaque
pot renferme un gros cœur ou un marteau. Casser un pot coûte
cinq cœurs. Mais attention, à l'intérieur de l'un
de ces pots se trouve le dieu de la pauvreté, qui, s'il est
révélé, confisque à Pit les objets qu'il
a trouvés dans cette salle. Pit se retrouve alors Gros-Jean
comme devant, obligé de payer les pots cassés, dépité
d'avoir gaspillé des cœurs, et jurant, mais un peu tard,
qu'on ne l'y prendrait plus. Toutefois, si Pit arrive à briser
tous les pots, le dernier révèle alors un objet : plume,
bouteille et surtout la carte de crédit, qui permet à
Pit de s'endetter auprès d'un marchand afin d'acheter un objet.
 |
 |
La
salle des pots. |
Tous
les pots ont été cassés dans l'ordre. |
Immortel,
moi ? Jamais.
Il
existe deux manières de mourir dans Kid Icarus.
Tout d'abord, Pit possède une barre de vie qui diminue dangereusement
chaque fois qu'il est touché. Il est possible de la remplir
à nouveau en buvant du Nectar qui peut être acheté
(au verre ou à la bouteille) ou trouvé ça et
là, ou bien en faisant trempette dans un bassin régénérateur.
Évidemment, lorsque la barre de vie est totalement vide, Pit
a perdu la partie. De même, si Pit tombe en bas de l'écran,
il disparaît. Lorsque Pit meurt, un code sacré s'affiche,
composé de 24 chiffres et lettres, majuscules et minuscules,
comparable à ceux de Metroid.
Ce code permet de reprendre sa partie au niveau où l'on était
alors. Ces codes sont néanmoins assez fastidieux à noter
et à entrer, et le joueur occidental regrette alors de ne pas
posséder une version Famicom Disk System et son système
de sauvegarde. À noter que Pit ne possède pas plusieurs
« vies ». Une fois qu'il a perdu, on recommence le niveau
depuis le début.
Rapport
à la Mythologie
Certes,
Kid Icarus évoque de nombreux points de la
Mythologie grecque, ne serait-ce que par les décors ou les
noms des ennemis. Cependant, le joueur non-féru de Mythologie
ne doit absolument pas prendre pour argent comptant les éléments
présents dans ce jeu. Ainsi, Pandora, l'un des boss du jeu,
n'était absolument pas une créature monstrueuse, mais
simplement la femme d'Épiméthée, le frère
de Prométhée, qui a juste eu la curiosité d'ouvrir
la jarre dans laquelle étaient enfermés les maux de
la Terre. Uranos n'était pas une vilaine petite créature
rougeaude, mais le Ciel lui-même, c'est quand même autre-chose.
Pluton était le dieu des Enfers (dans la Mythologie romaine
qui plus est) et non une espèce de gobelin ridicule. Enfin,
il ne me souvient pas que l'existence d'un sorcier-aubergine ou d'un
bonhomme de neige soit attestée dans la Mythologie grecque...
Je pourrais fournir ainsi de nombreux exemples. Il semble tout simplement
que les développeurs aient préféré utiliser
des noms célèbres de manière tout à fait
fantaisiste.
Par
ailleurs, les Enfers sont encore représentés comme un
endroit regorgeant de créatures démoniaques, alors que
c'est tout simplement l'endroit où se rendaient les âmes,
après leur passage sur Terre. Elles pouvaient alors être
dirigées vers trois endroits différents : les Champs
Élysées pour les héros et les gens vertueux,
le pré de l'Asphodèle pour ceux dont la conduite sur
Terre n'avait été ni bonne, ni mauvaise, et enfin le
Tartare, pour les criminels et les dieux déchus. Non, les Enfers
ne méritent donc pas la réputation qu'ils se traînent
depuis fort longtemps, et qui est désormais bien ancrée
dans la culture populaire ! Nom de Zeus !!
 |
Voici
ce que sont réellement les Enfers. C'est quand même
autre-chose...
Cliquez sur l'image pour une version plus grande. |
Et
après ?
Malgré
toutes les qualités de Kid Icarus, Nintendo
n'a pas cru utile de développer la licence avec autant d'entrain
que d'autres. En 1991 est sorti sur Game Boy un opus intitulé
Kid Icarus : Of Myths and Monsters. Ce jeu reprend
grosso-modo les mécanismes de son prédécesseur
sur NES, avec une différence qui pour ma part a été
assez rédhibitoire. Dans cette mouture, Pit peut se déplacer
dans quatre directions, revenir sur ses pas, aller vers la droite
ou la gauche de manière « infinie » (évidemment,
on retrouve très vite les lieux que l'on vient de traverser...).
Je n'ai à l'époque pas accroché à cet
aspect du jeu, et ai même trouvé le jeu assez difficile.
Le fait que l'écran soit monochrome y est sans doute pour beaucoup,
car j'avais alors du mal à me repérer dans l'environnement.
Enfin,
si l'on excepte l'apparition de Pit dans le jeu Super Smash
Bros Brawl, on ne retrouvera notre héros que sur 3DS,
dans un style de jeu visiblement radicalement différent.
Et
le plaisir de jeu dans tout cela ?
Kid
Icarus est un modèle de plaisir de jeu. Pit est parfaitement
maniable, la trajectoire de ses sauts peut être légèrement
modifiée si l'on se rend compte que l'on a « mal visé
» (à l'inverse d'un Castlevania
par exemple), et si l'on prend garde à ne pas se précipiter,
la progression dans le jeu sera naturelle. Cependant, il faut signaler
que contrairement à la plupart des jeux, les premiers niveaux
sont bien plus difficiles que les suivants. De fait, une fois passé
les trois premiers, seules les forteresses pourront donner du fil
à retordre, principalement à cause des sorciers-aubergines
qui obligent à retourner vers l'infirmerie. Ceci est peut-être
dû au fait qu'une fois le système de jeu et la maniabilité
de Pit maîtrisée, le joueur comprend comment réagissent
les ennemis, et fait moins d'erreurs comme sauter au mauvais endroit
et au mauvais moment, beaucoup de morts étant en effet dues
à une chute en bas de l'écran. Une autre raison possible
et probable est que Pit gagne en puissance, en endurance, et possède
au bout d'un moment les boules de feu, l'arc et les cristaux. Il devient
par là même redoutable, et arriver au bout du jeu devient
beaucoup plus facile.
 |
Enfin,
bien que les développeurs aient pris le parti d'utiliser l'univers
de la Mythologie grecque de manière totalement fantaisiste,
celle-ci est tellement fascinante que l'on n'en tiendra pas rigueur
à Nintendo Resarch and Development 1, et que l'on se plongera
encore et encore dans ce fabuleux jeu.
Chatpopeye