Le
WRC, c’est sympa, mais cela devient vite un peu monotone.
Du goudron, de la boue, Sébastien Loeb qui gagne à
la fin… Non, vraiment, c’est comme la F1, ça
manque de crasses, de vilaineries, de carambolages et de mitraillettes.
Allez, les enfants, histoire d’assouvir vos plus bas instincts,
allez donc vous installer Death Rally, vous
m’en direz des nouvelles !
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Apogee
Software, la boite qui a ensoleillé mes nuits ! |
C’est
pas un bel écran titre qui pète le feu ça
madame ? |
Ahhhh,
Apogee Software. Vous voyez tout de suite de quoi je veux parler.
Non ??? Voyons ! Allez, pêle-mêle : Rise
of the Triad, Duke
Nukem, Commander Keen, Wolfenstein
3D... Vous saisissez tout de suite dans quel créneau
on se place ? Le meilleur du Pécé, tout
simplement. Ces mecs se lancent dans n’importe quel genre,
et nous proposent avec Death Rally la réhabilitation
de ce bon vieux Super Off-Road, mais croisé
avec Carmageddon. Cool !
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Le
menu qui résume tout : la caisse, la couleur,
les options et les réparations. |
Et hop ! On s’inscrit vite fait pour une course
!
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Pas
de scénario dans Death Rally, juste
de l’ambiance. L’atmosphère alternative du
monde pourri où le seul défouloir vient de ces
courses ultra-violentes à base de quatre concurrents
qui cherchent à passer la ligne d’arrivée
de 19 circuits fermés, et ce par tous les moyens. Et
comme toute organisation « sportive », celle-ci
propose un classement à long terme, les victoires remportées
influençant la position des vingt participants au classement
général. Évidemment, en jeune c…
débutant, l’on commence au bas de l’échelle…
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Sur
la grille de départ, mieux vaut ne pas être
devant. |
Bonjour
l’embuscade en plein virage ! |
…avec
une caisse toute naze. À peine 60mph. Tout juste bon
à concourir dans la catégorie facile, les plus
doués ou les mieux équipés allant s’inscrire
dans des courses de catégorie moyenne ou difficile. Pour
le talent, cela ira s’acquérir par l’expérience
; mais pour l’équipement, seul l’argent gagné
par les courses pourra financer le tuning du bolide. Trois axes
d’améliorations sont possibles : le moteur, pour
gagner en vitesse ; les pneus, pour maîtriser le contrôle
du véhicule notamment dans les virages en épingles
à toute blinde, et le blindage, pour ne pas fracasser
son engin au bout de trois murs ou carambolages.
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Les
éléments troidés du décor
sont astucieusement placés et apportent une profondeur
visuelle très réussie.
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Et
l’argent, comment le gagne-t-on ? Très simple.
Principalement, en gagnant chaque course sélectionnée.
Selon le niveau de difficulté choisi, et en fonction
de sa place à l’arrivée, les brouzoufs peuvent
être engrangées très vite. Mais d’autres
moyens de faire la culbute sont possibles : sur le parcours
sont dispersés des dollars à ramasser en passant
dessus, dont parfois un gros qui vaut vraiment le coup, et qui
viennent s’ajouter au pécule gagné en fin
de course. Attention, ceci n’est valable que si l’on
ne termine pas dernier, sinon adieu les bonus.
Le
« sponsor » s’en mêle aussi, en distribuant
de temps en temps un bonus pécuniaire pour excellents
résultats. Et puis, parfois aussi, un objectif pas super
glorieux vous sera proposé contre rémunération
: il s’agira soit de ramasser des stéroïdes
(© Duke Nukem),
et de finir premier, soit d’éliminer un concurrent
spécifique de la course (il ne doit pas franchir la ligne).
Attention, rater la mission vous attirera des ennuis.
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Le
marché noir, une étape incontournable
pour mettre toutes les chances de son côté. |
Il
faut apporter ses stéroïdes au Duke…
« Hmmm, that’s better » ! |
Car
des crasses, dans Death Rally, il va en être
largement question. Après le menu du garage, vient celui
du marché noir, beaucoup plus rigolo, où l’on
vous proposera quelques agréments pas fair-play du tout
: achat de mines (à larguer dans les virages où
dans les roues d’un concurrent trop proche), turbo amélioré
(mais qui attaque la carrosserie), pare-chocs éperonnant
pour infliger le max de dégâts au contact, et sabotage,
pour réduire l’armure d’un concurrent au
hasard au début de la course. C’est payant, mais
ça paie !
Alors,
comme si la vitesse et la conduite ne suffisait pas, la problématique
des dégâts du véhicule devient un élément
primordial du jeu : 100% de dégâts, et c’est
l’élimination pure et simple de la course. Mais
passé les 50%, la facture devient salée en réparations
à la sortie ! Et des dommages, on en prend rapidement.
Ne vous retrouvez jamais devant les autres en début de
course (les moins bien classés au championnat général
ont les premières places sur la ligne de départ),
c’est un coup à se faire sortir en 20 secondes.
Généralement, il faut se mettre en retrait, avoiner
un max à la mitraillette, et reprendre le lead de la
course à coups de turbo, dont les recharges se trouvent
aisément sur le parcours, comme pour les munitions de
la mitraillette. En parlant des bonus de course, attention à
ne pas ramasser un champignon hallucinogène, l’effet
est garanti ! L’écran part en sucette pendant 5
secondes à coups de superbes distorsions visuelles, bonjour
le contrôle.
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Les
effets de distorsion dus aux champignons hallucinogènes
sont impressionnants, et handicapent réellement
la conduite, c’est un coup à finir dans le
mur à chaque prise.
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Parce
que techniquement, Death Rally, il claque sévère.
Quelle démonstration de la part de nos amis de Remedy
! Au-delà d’un design général très
bien senti, tout le sel du titre prend forme lors des courses.
Avec une vue verticale plongeante extrêmement lisible,
l’on peut apprécier l’effort graphique de
chaque niveau : des villes de béton de Suburbia à
la jungle de Bogota, en passant par les canyons de Hell’s
Road, c’est superbe. De nombreux effets de troidé
très bien intégrés transcendent l’expérience,
et donnent un volume saisissant aux parcours, également
très variés dans leur conception. Il y en à
littéralement pour tous les goûts.
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Avec
mon pare-chocs amélioré, les carrosseries
adverses
ne vont pas tenir longtemps. |
Le
must : finir une course seul. Le bonus en vaut la peine
! |
Que
dire des contrôles ? Ils se révèlent excellents.
Le jeu se veut très véloce, mais jamais les contrôles
ne prennent le joueur en défaut, c’est du tout
bon. L’anticipation est la règle, la connaissance
des circuits est impérative. C’est rapide, ça
part à 100 à l’heure, les sensations répondent
présentes. La musique, très techno, colle parfaitement
à l’ambiance, le tout formant, avec des voix et
des bruitages très bien sentis, un environnement homogène.
Bravo !
Et
si le jeu ne propose pas un mode deux joueurs, ce qui n’est
jamais très facile pour ce genre de titre du point de
vue de la lisibilité dans l’action, le mode réseau
est là pour combler les attentes de celles et ceux qui
veulent du massacre en groupe : jusqu’à huit joueurs
peuvent se connecter en même temps pour s’affronter
en répartissant dans différentes courses. Néanmoins,
même en solo, c’est du plaisir à l’état
pur, pas forcément très long, le jeu en soi étant
assez court à retourner avec un bon entraînement
(trois modes de difficulté globaux sont disponibles,
bonne chance pour le mode Hard), mais demeure intense. Un certain
défi vous attend, il vous arrivera régulièrement
de vous faire retourner sur de nombreuses courses, car l’IA
est bonne, très bonne.
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Le
circuit Complex porte très bien son nom !
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Le
Duke, c’est le meilleur, il truste toutes les victoires.
« Come get some ! » |
Death
Rally, avec l’ensemble du catalogue Apogée
Software (et Epic Megagames, voire du monde du shareware Pécé
en général), se montre parfaitement représentatif
de la qualité proposée par ces ténors du
jeu vidéo sur le support longtemps réputé
pauvre dans le domaine. Je radote beaucoup sur ce sujet, mais
j’insiste pour l’avoir particulièrement vécu
: c’est avec ce genre de titre que le monde du shareware
a supplanté les éditeurs dits classiques sur Pécé,
alors que le rapport de force financier était totalement
déséquilibré, les équipes du shareware
étant généralement 4/5 types maximum bossant
quasiment de façon amateur sur ce genre de projet. Comme
quoi, le talent et la passion…
Il
est amusant de constater, une décennie plus tard, ce
que ces expérimentations videoludiques ont pu engendrer.
Si le nom de Remedy vous dit quelque chose, c’est sûrement
parce que vous avez vu le logo de cette petite boite finlandaise
sur deux autres monuments sortis depuis : l’excellentissime
Max Payne, et sa
suite culte The Fall of Max Payne.
Mise
à jour : le jeu est désormais librement téléchargeable
depuis de nombreux sites, y compris celui de Remedy.
Tonton
Ben, adepte du Rally de la mort.