CASTLEVANIA
: Un
voyage au pays des chasseurs de vampires...
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Annexes / 2ème Partie : Le point de vue de Tonton Ben
sur Castlevania : Rondo of Blood -
DRACULA
X : RONDO OF BLOOD (DRACULA X : CHI NO RINNE) : PC Engine Super
CD-ROM (1993)
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L'intro
animée, à couper le souffle. |
Arrêtons-nous
quelques instants sur l'épisode le plus mystérieux
de la série, afin de mieux comprendre son poids et son
impact. Rarement un jeu n'aura connu un succès et une
estime si forte, alors que, au bout du compte, peu de joueurs
auront eu l'occasion de s'y essayer. Alors, aujourd'hui, pour
toutes celles et ceux qui s'interrogent sur les tenants et aboutissants
de Dracula X : Rondo of Blood,
nous allons plonger au cœur de ce titre fantastique.
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Cet
écran titre en a fait baver plus d'un ! |
Le
menu principal. |
Par
une nuit sans lune, un groupe de fanatiques sacrifient une jeune
vierge sur le cercueil de leur maître, le comte Dracula.
Avec sa résurrection séculaire, des hordes de
monstres s'abattent sur les villages avoisinant le château.
En tant que descendant de la famille Belmont, et héritier
du fouet béni, Richter part à l'assaut, avec pour
objectif de libérer quatre jeunes filles retenues prisonnières :
Tera, l'une des nonnes du couvent local ; Iris, la fille
du docteur ; Annette Renard, la promise de Richter ;
et Maria Renard, sa petite sœur. Dracula X : Rondo
of Blood se présente donc comme le premier épisode
sur support cédé, et bénéficie des
avantages de la galette. Ainsi, toute l'histoire est résumée
par une superbe introduction animée dans le plus pur
style japonais, avec, comble du raffinement, une narration des
évènements en allemand, le tout sous-titré
en japonais. Je ne me rappelle pas avoir connu une autre expérience
semblable.
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Rendez-vous
avec la Mort ! |
La
ville en flammes... et ce n'est pas le boss ! |
Et
le jeu démarre sur un prologue, la première rencontre
entre Richter et la Mort, une excellente mise en condition :
rien de tel qu'un boss d'entrée pour se chauffer les
doigts ! Une fois cet incident de parcours passé,
Richter débarque dans la ville d'Ajiba en flammes, en
proie aux légions du seigneur des ténèbres.
L'aventure peut vraiment commencer. Elle va se dérouler
sur sept niveaux, ce qui pourrait paraître faiblard, comparé
aux quatorze de Super Castlevania
IV sur Super Nintendo ; il n'en est
rien, puisque quatre niveaux secrets sont à découvrir.
C'est là que se trouve le génie de cette version :
contrairement à Castlevania
III : Dracula's Curse sur NES qui proposait
un choix de parcours, ici, dans chaque stage, un chemin alterné
caché mène à une version prime du niveau
suivant. Cette particularité est valable également
pour les niveaux secrets, puisque là aussi, si vous souhaitez
poursuivre le chemin alternatif, il faudra découvrir
le passage secret ; sinon, vous retournerez au parcours
normal.
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Donne
la papatte ! |
Le
hall d'entrée, un grand classique. |
Les
passages en question ne sont pas trop difficiles à trouver,
mais demanderont un minimum d'attention et d'exploration, car
certains d'entre eux sont multiples : il ne faut pas oublier
que quatre jeunes filles sont à secourir, elles sont
toutes retenues dans quatre cellules, fermées à
clé (qu'il faudra trouver et conserver), et dispersées
dans le jeu. Non seulement leur libération permettra
d'admirer la véritable fin du jeu, mais la première
des jeunes filles secourues, Maria, viendra se joindre à
Richter dans sa quête ! Il est en effet possible,
à partir de ce moment, de sélectionner Maria ou
Richter, qui possèdent tous deux des caractéristiques
différentes. Première constatation : avec
Richter, l'on revient aux sources de Castlevania
en matière de jouabilité. Comprenez par là
que notre vaillant héros possède une démarche
assez lente, que son fouet n'est plus dirigeable, qu'il ne peut
plus avancer à genoux, qu'il ne peut plus s'accrocher
à certains anneaux, et qu'enfin, les sauts sont bien
moins contrôlables qu'avec Simon dans Super
Castlevania IV. En contrepartie, Richter peut se
servir de ses sous-armes d'une nouvelle façon :
une pression sur Start, et l'on provoque un "Item Crash',
une espèce d'effet spécial et spécifique
à chaque sous-arme. Terriblement efficace. Richter conservera
cette possibilité dans Symphony
of the Night. À noter l'apparition d'une
nouvelle sous-arme : la bible, qui sert de champ de protection.
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Un
équilibre précaire. |
Exemple
d'Item Crash avec le crucifix ! |
Si
Richter est lent, il encaisse bien les coups, et se bat avec
le fameux fouet ; Maria, elle, se montre moins résistante
aux attaques, mais pratique le double saut, avance plus rapidement
et se sert de la nature pour occire l'ennemi. Son attaque de
base consiste en un lâcher de colombes, façon boomerang,
très efficace. Les sous-armes classiques sont remplacées
par quatre animaux divins dans la mythologie chinoise :
le phœnix, le dragon, le chat et la tortue. La bible est
devenu un livre de chant, et la montre, un œuf. En outre,
là où Richter peut effectuer une espèce
de salto arrière d'esquive, Maria peut rouler et glisser
à terre, très pratique pour passer très
rapidement dans certaines pièces ; elle possède
en plus une attaque secrète où elle projette un
double d'elle-même en armure. Étrange. Maria se
révèle très efficace, et facilite énormément
la progression dans le jeu. Une espèce de mode facile,
terriblement bien pensé.
Le
bestiaire n'est pas en reste, et l'on assiste à une variété
impressionnante de bestioles à vaincre ! Tous les
ennemis classiques sont présents (goules, squelettes,
hommes-mouches...), et des petits nouveaux ont fait leur apparition,
parfois en un exemplaire. Certains sont même assez gros
et violents pour constituer une espèce de sous-boss.
La plupart d'entre eux seront de retour dans Symphony
of the Night. Les boss, quant à eux, sont
magnifiques ! Grands, fourbes, résistants, là
encore, Richter et Maria devront affronter les classiques et
quelques petits nouveaux. Selon le chemin emprunté, la
confrontation sera différente ! Méfiez-vous,
certains d'entre eux ont la fâcheuse habitude de porter
un coup décisif juste avant de trépasser :
si la barre de vie du héros est trop limite, le coup
est fatal. Vicieux.
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Des
décors de toute beauté ! |
Oups,
le pont s'effondre ! |
Alors
que Super Castlevania IV
avait donné un sérieux coup de fouet, pardon,
de jeune à la série avec des graphismes colorés,
des sprites énormes, et des effets sensationnels, Konami
a rehaussé ses critères de qualité avec
une version PC-Engine CD-ROM démentielle, à
la réalisation époustouflante, et qui va lui tailler
une réputation de jeu culte. Premier choc visuel, les
graphismes sont d'une finesse fort appréciable, là
où Super Castlevania
IV présentait une pixellisation encore assez
marquée. Les sprites sont très bien dessinés,
et bénéficient d'une animation parfaite :
de la démarche déterminée de Richter, aux
mouvements rapides des boss, tout n'est que souplesse et volupté.
Le scrolling est parfait, et dessert des décors sublimes
aux effets multiples : effets parallaxes, effets de distorsion,
changements de couleurs... Si l'on n'assiste pas à la
même débauche technique qu'avec la version Super
Nintendo (qui avait servi de démonstration des capacités
du mode 7 de la machine), c'est tout simplement parce que la
qualité et la beauté des décors se suffisent
à elles-mêmes ! Chaque niveau présente
jusqu'à trois à quatre variétés
d'environnements visuels (ce qui rappelle un peu la découpe
classique des niveaux en sous-sections), si riches de détails...
La conception artistique du jeu est à son apogée,
et l'ambiance gothique qui s'en dégage touche le joueur
au plus profond de sa sensibilité.
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La
libération de Maria... tout en cinématique !
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Mais
tout ceci ne serait rien si l'ambiance musicale n'était
pas à la hauteur... Et là, le support cédé
prend tout son sens. Non seulement les thèmes sont toujours
aussi envoûtants, et les nouveaux sont particulièrement
réussis, mais la qualité symphonique élève
le plaisir de jeu à un stade jamais atteint jusqu'ici
dans la série. Le tout est entrecoupé de bruitages
convaincants, et surtout de voix qui accompagnent les nombreuses
scènes cinématiques du jeu. Un régal pour
les yeux, et du bonheur pour les oreilles. La PC-Engine
possédant une unité de sauvegarde, Dracula
X : Rondo of Blood propose, à travers un menu
principal, de conserver sa progression. Tout niveau découvert
est accessible par la suite, rendant plus facile la quête
aux passages secrets pour atteindre le 100% de recherche, et
pour amasser également suffisamment de pièces
d'or, afin de débloquer les techniques, ces parties enregistrées
qui dévoilent la meilleure façon de vaincre un
boss. Des petits plus qui rallongent la durée de vie
du jeu, et qui seront également repris dans Symphony
of the Night.
Alors
que Dracula X : Rondo of Blood se classe déjà
aisément, par tous ses atouts, dans le top trois de la
série Castlevania, le titre va acquérir
son aura mystique et son statut quasi divin par un phénomène
finalement assez trivial : le problème de l'exportation
du support, et, accessoirement, du jeu. Alors que la console
de Nec et ses déclinaisons font un carton monstre au
pays du soleil levant, jusqu'à avoir leur émission
télévisée exclusive hebdomadaire, les machines
s'exportent très peu, à cause de leur prix, d'erreurs
de marketing, et, il faut bien le dire, d'un catalogue de jeu
élitiste, car très peut de titres sont traduits.
Ami lecteur, tu veux en savoir plus sur le sujet ? Cours
vite dévorer le dossier
système de la PC-Engine !
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Gaffe
à l'armurerie volante ! |
Un
autre exemple d'Item Crash, avec Maria. |
Quelles
sont les conséquences pour Dracula X - Rondo
of Blood ? Le jeu n'est tout simplement jamais
sorti des frontières du Japon, et étant donné
que la console s'est éteinte l'année suivante,
il est très rapidement devenu impossible, pour nous autres
européens, de se procurer un exemplaire de la console,
et surtout du jeu qui va avec. Je vous rassure, les américains
ont connu les mêmes déboires. Ce qui signifie que
la plupart des joueurs de la série Castlevania
ne connaît Rondo of Blood qu'à
travers quelques photos distillées dans des magazines
de jeux vidéo d'import de l'époque. C'est un constat :
l'un des plus beaux titres de la saga se trouve être l'un
des plus rares, tous jeux confondus. Pour ne rien arranger,
le jeu ayant été pressé à un nombre
assez restreint d'exemplaires, il est également devenu
collector dans son pays d'origine. J'ai entendu dire qu'il avait
un moment compté parmi les dix titres les plus recherchés
au Japon.
Avec
les prodiges de l'émulation, et la réussite d'un
émulateur en particuler, Magic Engine, la demande du
jeu s'est accrue ; les rares exemplaires à disposition
sur les sites d'enchères dépassent aujourd'hui
allègrement les 120 euros. Des copies circulent, mais
sont ardues à trouver ; qui plus est, Konami a fait
en sorte d'entretenir le mythe et s'est attelé à
ce qu'aucune ne soit directement disponible sur le net. Avec
la sortie sur PSX de Castlevania
Chronicles, c'est-à-dire la réédition
de la version X68000, les espoirs quant à une
nouvelle sortie internationale de Rondo of Blood
se sont manifestés (Igarashi avait suggéré
cette possibilité, ainsi qu'une nouvelle édition
de Castlevania III : Dracula's
Curse) ; les fans attendent toujours...
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Duel
au sommet avec la Mort... |
Attention
au dragon squelette ! |
Dracula
X : Rondo of Blood
se caractérise donc non seulement par une réalisation
impeccable, mais aussi par un plaisir de jeu incroyablement
riche ; sa rareté en fait en quelque sorte l'épisode
secret, une espèce de Saint Graal de la série.
J'ai eu l'immense plaisir de la découvrir récemment ;
je n'ai pas été déçu. Et contrairement
aux idées reçues, Dracula XX
sur Super Nintendo n'a absolument rien à voir avec cette
version. Les niveaux ne sont pas du tout les mêmes, aussi
bien sur le plan graphique que sur leur architecture. Seule
la suite directe de Rondo of Blood a su transcender
cette expérience : Symphony
of the Night.
Afin
de ne pas trop en dévoiler sur ce titre, des éléments
ont été volontairement omis ; pour les plus
curieux, la page suivante du dossier dévoile l'ensemble
des niveaux du jeu (ATTENTION SPOILER).
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