
Lorsque
Batman Arkham Asylum (2009, Rocksteady Studios)
sortit durant l'été 2009, les critiques furent
unanimes : le titre édité par Eidos était
à coup sûr l'un des meilleurs jeux de l'année.
Il est évident que les aventures de l'homme chauve-souris
dans l'asile psychiatrique d'Arkham contituent l'une des plus
brillantes adaptations du comics de Bob Kane en jeu vidéo.
Alors oui, on ne peut qu'être d'accord avec les journalistes
qui encensèrent à juste titre le soft de Rocksteady
Studios, mais il est cependant difficile d'acquiescer quand
certains d'entre eux virent en ce Batman Arkham Asylum le premier
grand jeu vidéo faisant du Chevalier Noir son héros
principal (comme ici
par exemple). En effet, Batman n'a pas attendu 2009 et son 70ème
anniversaire pour tenir la vedette de très bons jeux
vidéo, et l'histoire vidéoludique est parsemée
de grands titres proposant de l'incarner. On se souvient par
exemple des années 80 où le jeu sobrement intitulé
Batman (1986, Ocean Software) exploitait la
3D isométrique de manière fort convaincante dans
un titre qui fit sensation à l'époque. Difficile
également de passer sous silence deux fantastiques jeux
16 bits qui mirent en scène l'homme chauve-souris, à
savoir le fameux The Adventures of Batman and Robin
(1994, Konami) sur Super Nintendo, inspiré de la série
animée culte du début des années 90, ainsi
que le jeu sorti sur Megadrive et portant le même nom
(1995, Clockwork Tortoise), véritable vitrine technologique
de la machine de Sega. Plus récemment, on peut également
citer le très sympathique Lego Batman
(2008, Traveller's Tales) qui proposait un excellent jeu coopératif
mettant en scène toute la petite ménagerie de
Gotham City dans des décors faits de briques de Lego...
Alors
certes, Batman Arkham Asylum est un excellent
jeu, mais ce n'est en aucun cas la seule utilisation réussie
de la licence de DC Comics dans le monde vidéoludique.
Il existe d'ailleurs une autre adaptation de Batman qui a marqué
bien des esprits de par le passé. Un jeu centré
sur le Chevalier Noir sorti en 1990 en Europe, soit environ
vingt ans avant le bébé de Rocksteady Studios.
Ce titre, c'est le célèbre jeu de Sunsoft tout
simplement nommé Batman, l'un des grands
incontournables de la Nintendo 8 bits. Deux décennies
avant sa virée dans l'asile d'Arkham, Bruce Wayne était
déjà le héros de l'un des meilleurs jeux
de l'année.


Environ
25 ans de jeu vidéo vus au travers de l'évolution
de quelques uns des jeux estampillés Batman. De gauche
à droite, et de haut
en bas : Batman (ZX Spectrum, Amstrad CPC, MSX), Batman (NES),
The Adventures of Batman and Robin (Super Nintendo), The Adventures
of Batman and Robin (Megadrive), Lego Batman (Wii, XBox 360,
PS2, PS3, PSP, DS, PC), Batman Arkham Asylum (XBox 360, PS3,
PC).
C'est
en 1990 que Sunsoft sortit en occident le jeu Batman
pour la console la plus en vogue du moment, à savoir
la NES. Sunsoft est une compagnie japonaise fondée en
1971, à la fois développeur et éditeur
de jeux vidéo, et qui existe toujours à l'heure
à laquelle cet article est écrit. Certes, Sunsoft
n'est pas forcément le nom le plus connu auprès
des joueurs européens, mais certains des titres développés
et/ou édités par cette société jouissent
d'une belle réputation sur notre continent. Parmi ceux-ci,
on pense bien sûr aux jeux de la série Blaster
Master, dont le premier volet sortit en 1988 sur NES,
aux deux épisodes de Aero the Acro-Bat
(sortis respectivement en 1993 et 1994 sur Super Nintendo et
Megadrive), ou encore à Clock Tower 3
sur Playstation 2, arrivé dans nos boutiques en octobre
2003. De nos jours, Sunsoft n'édite presque plus de jeux
en dehors du Japon, la compagnie ayant préféré
concentrer ses activités autour du développement
et de l'édition de RPG, de jeux de pachinko ou de jeux
de mahjong sur l'archipel. La dernière production Sunsoft
à avoir pu quitter les terres japonaises est d'ailleurs
Blaster Master Overdrive, téléchargeable
sur le Wiiware américain depuis le 8 février 2010...
On peut dire que le jeu qui nous intéresse aujourd'hui,
à savoir Batman, fut développé
et édité par un Sunsoft alors dans sa période
la plus faste. On signalera d'ailleurs qu'une grande partie
de l'équipe ayant œuvré sur Batman
travaillera par la suite sur un autre soft de qualité,
à savoir le jeu d'aventure Gremlins 2
La nouvelle Génération sorti
NESet en 1992 sur Game Boy.

Bien des années après,
Batman est encore à ce jour l'une des plus grandes réussites
de l'histoire de Sunsoft.
«
Dis moi, petit... As-tu déjà dansé avec
le diable au clair de lune ? »
Réplique
mythique du fantastique Joker interprété par Jack
Nicholson, cette citation est issue du film Batman
de Tim Burton sorti en juin 1989 dans les salle obscures. Michael
Keaton y incarnait un Batman aux prises avec son ennemi de toujours,
celui qui a assassiné ses parents devant ses yeux, le
Joker. Véritable blockbuster de cet été-là,
le film de Tim Burton engendra un grand nombre de produits dérivés,
provoquant une véritable « batmania » qui se répandit
très rapidement au travers le monde. Le jeu Batman
de Sunsoft, sorti en septembre 1990 en Europe (soit à
peu près un an après sa sortie japonaise), est
l'adaptation officielle de ce long-métrage mettant en
scène le Chevalier Noir. Le jeu vidéo Batman
est un titre d'action / plates-formes dans la plus pure tradition
de ce genre si populaire sur la 8 bits de Nintendo. Des pièges
à éviter, des ennemis à combattre et des
précipices à franchir... La NES est en terrain
connu, ce Batman se situant dans la directe lignée de
certains des plus grands classiques de la ludothèque
de la machine, à commencer par les Megaman
de Capcom. Le joueur incarne l'homme chauve-souris tout au long
d'une petite vingtaine de niveaux reprenant plus ou moins la
trame du long-métrage, Sunsoft ayant pris quelques libertés
avec le scénario original. Tout au long de l'aventure,
le joueur pourra donc se déplacer, sauter et attaquer.
En ce qui concerne les attaques, Batman aura à sa disposition
quatre moyens de se défendre : ses poings, les batarangs
(les fameux boomerangs ayant la forme de la chauve-souris qui
sert d'emblème au héros), un lance-harpons, ainsi
qu'une arme tirant trois projectiles à la fois (appelée
« Dirk » en version originale). Cependant, le Chevalier
Noir devra gérer son arsenal avec parcimonie étant
donné que chaque arme (excepté ses poings) consomme
des munitions, les batarangs, le lance-harpons et le Dirk consommant
respectivement une, deux ou trois munitions à chaque
utilisation. Bien sûr, Batman pourra en récupérer
au cours de son périple mais dès que ces dernières
viennent à manquer, le héros ne pourra plus compter
que sur ses poings pour se frayer un chemin au travers des endroits
les plus malfamés de Gotham City.

Le film Batman de Tim Burton demeure
encore aujourd'hui l'un des meilleurs films de super héros
jamais
tournés. Le réalisateur retrouvera une seconde
fois l'homme chauve-souris et son univers si particulier
dans Batman Le Défi, sorti en 1992, avec cette fois-ci
Danny DeVito dans le rôle du Pingouin et Michelle
Pfeiffer en Catwoman.

De gauche à droite, le batarang,
le lance-harpons et le Dirk. Batman devra jongler d'une arme
à l'autre (en appuyant sur la touche SELECT) afin de
progresser dans les niveaux des cinq mondes qui composent le
jeu, tout en gérant ses munitions.
Au
cours de l'aventure, Batman traversera plusieurs décors
très variés. Ainsi, après s'être
baladé dans les rues de Gotham City, l'homme chauve-souris
se rendra dans une usine de produits chimiques, dans des conduits
souterrains, dans une sorte de laboratoire et enfin dans la
fameuse cathédrale de la ville, sublime décor
de l'affrontement entre Michael Keaton et Jack Nicholson lors
du dénouement du film. Tous les endroits que visitera
Batman partagent le même aspect tortueux et sinueux, les
niveaux du jeu ne se limitant pas à une simple progression
de la gauche vers la droite. En effet, les différents
lieux sont pour la plupart bâtis de manière à
exploiter au mieux une spécificité du héros,
à savoir sa capacité à rebondir sur les
murs. Véritable caractéristique clé du
jeu, ce mouvement permet à Batman de sauter sur une paroi
et de rebondir dans la direction opposée, ce qui lui
donne la possibilité d'atteindre des plates-formes en hauteur
par exemple. Cette capacité à rebondir sur les
murs a une double vertu : d'une part, elle apporte beaucoup
de richesse au gameplay de plates-formes (tout en étant
une vraie originalité par rapport aux autres jeux d'action
de l'époque) et d'autre part, elle permet d'ouvrir le
level design à une autre dimension, à savoir celle
de la hauteur. Ce qui frappe d'ailleurs quand on s'essaie à
ce Batman, c'est la verticalité du level design. Ici,
le joueur devra progresser de manière latérale
(de gauche à droite, et certaines fois de droite à
gauche), mais également de manière verticale (de
haut en bas, pour une ascension de plate-forme en plate-forme
par exemple, mais aussi de bas en haut). Du coup, les niveaux
ont cet aspect tortueux dont on parlait plus tôt, le joueur
passant autant de temps à se défaire de ses ennemis
qu'à essayer de progresser dans le niveau, à rebondir
à droite ou à gauche pour atteindre une plate-forme
haut perchée. On constatera par ailleurs que les game
designers de Sunsoft ont fait le choix de proposer une vue assez
éloignée du personnage, quitte à avoir
de petits sprites à l'écran, afin de donner de
l'espace au joueur, pour que ce dernier puisse évoluer
dans les décors et voir précisément où
il doit aller. La dimension « plates-formes » du titre s'en trouve
fortement enrichie, le gameplay gagnant avec cette capacité
de rebond sur les murs beaucoup de possibilités au niveau
érents stages.

Quelques exemples de passage jouant
sur cette fameuse capacité de rebond du héros.
Un peu avant Batman, on trouve déjà cette possibilité
de rebondir sur les parois dans Ninja Gaiden de Tecmo, sorti
en 1988 au Japon sur NES (et en août 1991 chez nous, sous
le nom de Shadow Warrior). Cependant, Batman tire nettement
plus profit de cette capacité du héros dans la
conception de ses niveaux, contrairement au titre de Tecmo où
cette caractéristique semble un peu sous-exploitée.
Cliquez
ici pour afficher le plan complet du dernier niveau du jeu,
la cathédrale de Gotham City. Ce niveau est très
représentatif du level-design tout en verticalité
de ce Batman. Ici, le joueur devra rebondir sur les murs et
les plates-formes pour grimper dans cette cathédrale tout
en évitant les rouages mortels. Une fois arrivé
tout en haut de la bâtisse, Batman affrontera le Joker
dans un tête-à-tête final.

La faculté de Batman à
rebondir sur les murs permet aux level designers de chez Sunsoft
de laisser libre court à leur cruauté lors de
la conception des différents niveaux. Par exemple si
Batman veut franchir ce passage sans subir de dégât,
il devra se laisser tomber du bloc où il se trouve (et
surtout ne pas sauter pour ne pas toucher aux arcs électriques
au plafond) et se faire rebondir au tout dernier moment sur
la plate-forme de gauche, pour que le rebond soit suffisamment
long afin qu'il évite le sol électrifié.
Beau
comme un bat-camion
Batman
est un jeu qui tire toute sa richesse de la finesse de son gameplay
et de l'ingéniosité de son level design. Contrôler
le Chevalier Noir dans les différents niveaux de ce jeu
de plates-formes est un réel plaisir, le héros répondant
au doigt et à l'œil. De plus, le soft bénéficie
d'une réalisation technique de haute volée - Batman
est très souvent considéré comme l'un des
plus beaux jeux de la NES, ainsi que l'un des jeux les plus
techniquement impressionnants sortis sur cette machine. Par
exemple, contrairement à bon nombre de titres tournant
sur la machine de Nintendo, Batman ne souffre
pas du problème récurrent de la NES, à
savoir le problème des sprites qui clignotent. Ici, tout
est peaufiné, et aucun problème technique ne vient
gâcher le plaisir des yeux. Car il s'agit bel et bien
d'un véritable régal visuel, tant le titre propose
des graphismes d'une qualité jamais vue sur cette machine.
La finesse des décors est exemplaire, avec par exemple
de superbes effets (en particulier la transparence des cascades
et le rendu de l'eau), et surtout une profusion de détails
dans les endroits traversés. Sunsoft a profité
de la noirceur de l'univers de Batman pour proposer un graphisme
jouant sur le « clair-obscur », avec de larges portions de décor
entièrement noires et sans aucun pixel éclairé
qui côtoient des zones beaucoup plus riches en détails.
Du coup, les contrastes sont nettement plus forts, les ombres
ressortent d'autant mieux, et l'univers ténébreux
du Chevalier Noir est ici brillamment mis en valeur. De plus,
le jeu reprend en partie certains décors du film original,
et du coup Sunsoft a pu appuyer la direction artistique du titre
sur l'aspect très gothique du Gotham City de Tim Burton.
Tout ceci donne au titre une patte visuelle très marquée,
mettant parfaitement en valeur la vision très noire,
très sombre, que Burton a de l'univers de Batman. Ce
soft est certainement l'un des jeux NES les plus agréables
à regarder, et ce même aujourd'hui, le jeu ayant
particulièrement bien résisté aux affres
du temps. Enfin, tout ceci est encore sublimé par les
superbes animations d'un Batman se déplaçant avec
grâce et aisance, ainsi que par les incroyables musiques
de Naoki Kodaka et de Nobuyuki Hara, les deux compositeurs attitrés
de Sunsoft,
dont les mélodies restent encore dans la mémoire
de nombreux joueurs. Difficile alors d'attaquer ce Batman au
niveau de sa réalisation technique et de sa direction
artistique, tant l'ensemble paraît maîtrisé
et inspiré.

Quelques-uns des plus beaux décors du jeu. Sur l'image
en bas à droite, on remarquera également le combat
contre le premier boss du jeu,
Killer Moth, devant l'hôtel de ville de Gotham City.

Entre
chaque niveau, une petite cinématique fait avancer la
trame principale en reprenant certains plans célèbres
du film initial.
Aujourd'hui,
quand on pense aux jeux culte qui ont accompagné la
riche histoire de la NES, on se souvient immédiatement
de Super
Mario Bros (1987, Nintendo), de The
Legend of Zelda (1987, Nintendo) ou encore de Metroid
(1988, Nintendo). À cette liste de classiques indémodables,
il parait juste de rajouter Batman, le titre
de Sunsoft faisant clairement partie des incontournables de
la petite 8 bits de Big N. En effet, comme nous l'avons vu,
le jeu est à la fois techniquement au summum de la machine,
artistiquement très réussi, ainsi que très
inspiré au niveau de son gameplay. Faire sauter le Chevalier
Noir de plate-forme en plate-forme, rebondir sur les différentes
parois et éliminer les ennemis rencontrés grâce
à l'arsenal complet du Batsuit (le costume du héros)...
Une formule qui fonctionne admirablement bien et qui a fait
la renommée de Batman sur NES. La formule
marchait d'ailleurs tellement bien que certains jeux essayèrent
de reprendre ce gameplay avec plus ou moins de réussite.
Parmi les titres sur lesquels l'influence du jeu de Sunsoft
est évidente, on pense bien évidemment à
Kabuki Quantum Fighter (1992, Human Entertainment),
un excellent soft sur NES dont le gameplay rappelle fortement
celui de Batman. Sunsoft signe avec Batman
l'une des meilleures productions de son histoire et également
l'une des meilleures adaptations de film en jeu vidéo,
alors que très souvent ce genre de titre est synonyme
de produit de mauvaise qualité. Ici, il n'en est rien
et cette cartouche côtoie le sans-faute. On pourra uniquement
lui reprocher une difficulté assez élevée
(surtout lors des combats contre les boss, très difficiles
à vaincre), rendant le jeu particulièrement délicat
dans les deux derniers mondes. Rares sont en effet les joueurs
qui ont réussi à terrasser le Joker lors de l'affrontement
final au sommet de la cathédrale de Gotham City... Que
cela ne vous effraie pas pour autant, et si vous ne connaissez
pas encore ce titre, il pourrait être judicieux de vous
y essayer prochainement. Vous serez surpris de voir à
quel point le jeu a bien vieilli, car vingt ans plus tard, il
se parcourt encore avec plaisir et revêtir le costume
du Chevalier Noir est toujours aussi amusant. Comme quoi, que
ce soit en 1990 sur une bonne vieille NES qui toussote, ou alors
en 2010 sur une Xbox 360 ou une Playstation 3 crachant du polygone
à tour de bras, incarner Batman a toujours été
éel plaisir dans le petit monde du jeu vidéo.
Jika
Épilogue
Vous
lisez encore cet article, même après le point final
? Je vois que le sujet vous intéresse... Alors suivez-moi,
je vais vous donner quelques informations supplémentaires
ainsi que quelques anecdotes sur ce jeu.
Direction la Batcave !
•
En France, Batman connut les honneurs d'une
campagne de publicité à la télévision.
Ce spot de 1991 peut être vu ici.
•
Une version légèrement différente du jeu
que nous connaissons circule également sur Internet.
Ce prototype diffère du jeu final essentiellement au
niveau des cutscenes : en effet, dans cette version inédite
du titre, les cutscenes font parfaitement le lien d'un niveau
à l'autre alors que dans la version commercialisée
du jeu, les stages s'enchaînent plus maladroitement. La
fin du jeu diffère également beaucoup, vu que
le combat contre le Joker n'était pas présent
dans ce prototype. Une page très intéressante
à propos des différences entre les deux versions
est disponible ici.
•
Batman fut testé par Patrick Giordano
(alias Matt Murdock) dans le Player One numéro 2 de octobre
1990. Il fut noté 95 %.
« Ok, c'est sans problème. Vous pouvez y aller,
les yeux fermés. Batman, c'est du tout
bon. Mais n'oubliez pas de les réouvrir, pour admirer
les graphismes magistraux de ce jeu. Les couleurs ont cette
touche sombre qui lui donne un look gothique. Les murs suintent,
les cascades semblent couler au travers de l'écran...
Sans oublier une bande son et des bruitages irréprochables
(hhuuff ! Le bruit de la cape), et de superbes séquences
animées, en guise de générique ou de récréation,
entre les stages. C'est du très bon, parole de Matt!
»
•
Le jeu fut adapté sur Game Boy en 1990. La version pour
la portable de Nintendo est également de très
bonne facture mais elle diffère très fortement
de celle qui nous intéresse ici, à savoir celle
sur NES. Sur Game Boy, le héros est amputé de
sa capacité de rebond et du coup, le jeu paraît
moins riche au niveau de son level design. Notons cependant
la présence de stages à bord du Batwing pour des
équences de shoot them up assez sympa.
•
Sunsoft sortira une autre version du jeu, toujours basé
sur le film de Burton, mais cette fois-ci sur Megadrive. Cette
version sortira cependant un peu plus tard à cause d'un
problème de droits. Le jeu est encore plus éloigné
de la version NES, vu qu'il s'agit ici d'un titre beaucoup plus
orienté beat them all. Signalons enfin que l'on peut
également voir dans cette version des niveaux de shoot
, comme sur Game Boy.
•
On précisera également pour l'anecdote qu'un autre
jeu Batman estampillé Sunsoft verra
le jour en 1990, cette fois-ci sur PC-Engine. Cette version,
complètement différente des précédentes
vues ici, est un jeu de labyrinthe faisant intervenir l'homme
chauve-souris dans une sorte de Pac-Man vaguement scénarisé.
Nettement moins marquante que la version NES du même éditeur,
cette version demeure relativement inconnue aujourd'hui.
•
Enfin, Sunsoft fera revenir Batman sur NES
quelque temps après dans un jeu appelé Batman
Return of the Joker (1992, Sunsoft). Le titre est très
diffèrent du premier opus, tant au niveau du gameplay
(beaucoup moins plates-formes ici) qu'au niveau de la direction
artistique (ce deuxième volet étant basé
sur le comics plutôt que le film de Burton, le jeu est
nettement plus coloré). Tout comme son ainé avant
lui, Batman Return of the Joker impressionnera
par ses graphismes de qualité mais le jeu restera beaucoup
moins dans les mémoires que le premier titre de Sunsoft.
Le jeu sera porté par la suite sur Game Boy, ainsi que
sur Megadrive (malheureusement, la version pour la 16 bits de
Sega ne connaîtra pas les honneurs d'une sortie européenne).
Signalons enfin que la musique du jeu dans sa version Megadrive
sera signée Tommy Tallarico, le célèbre
compositeur des bandes originales d'Earthworm Jim
(1994, Shiny Entertainment) ou de Cool Spot
(1993, Virgin Interactive), et à présent à
la tête du show Video Games Live.
