Par
Tonton Ben
(Août 2004)
Art
of Fighting 3 – The Path of the Warrior (Ryuko-no
Ken Gaiden – The Art of Fighting)
Année : 1996
Systèmes : NeoGeo |
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Attention,
effets spéciaux garantis pour le troisième
volet ! |
Le
dernier volet de la trilogie Art of Fighting
nous plonge cette fois-ci dans une intrigue se déroulant
à Grasshill Valley, en Amérique du Sud, et centrée
sur Robert Garcia : une de ses amies, Freia, semble avoir disparu
; l’évènement serait lié à
une expérimentation de son frère Wyler sur une
drogue particulièrement dangereuse qui décuple
la force physique. Robert part à sa recherche, contre
l’avis de son père, qui mandate son assistant Karman
Cole de le récupérer. Changement d’ambiance,
donc, au pays des cactus et de la téquila.
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L’Art
du Combat, troisième volume ! |
Changement
radical de design et de casting. |
Art
of Fighting 3
veut absolument casser avec ses prédécesseurs
: après le changement de lieu, voici le changement de
casting avec, sur huit personnages sélectionnables (et
deux boss), seulement deux revenants : Ryo et Robert. Même
Yuri, qui apparaît dans les scènes cinématiques
de nos deux héros principaux, ne participe pas à
la fête. Seul lien avec le passé : la présence
de Kasumi Todo, la fille du premier adversaire d’Art
of Fighting, et qui cherche à laver l’affront
subi par son père. Le reste de la sélection est
plus hétéroclite, avec, pêle-mêle,
un voyageur bedonnant accompagné d’un pélican,
une force de la nature, un blondinet adepte de la tonfa, une
spécialiste du fouet, une perfectionniste du sabre, un
expert-comptable, et une espèce de monstre dopé
à la créatine.
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Robert,
tout en souplesse ! |
Jin,
la force à l’état brut. |
Une
chose est sûre : le potentiel de la NeoGeo est
insoupçonnable et c’est, à mon avis, ce
qui lui a valu une telle longévité. Alors que
l’on croyait qu’Art
of Fighting 2 avait poussé la machine dans
ses derniers retranchements, voici que ce jeu propose des graphismes
en haute résolution, avec des sprites d’une finesse
exceptionnelle, dans des décors qui sont le résultat
manifeste d’un travail de qualité. Mais le plus
fort concerne les animations : époustouflantes ; Art
of Fighting 3, sorti en 1996, est mieux animé
que la référence de la console, Garou
– Mark of the Wolves. C’est bien simple,
on a du mal à croire que ce titre tourne sur une NeoGeo
! La réalisation met une claque à tous les autres
prétendants dans la catégorie, aucun autre soft
ne pouvant rivaliser face à des sprites aussi gros, aussi
détaillés, avec autant de mouvements.
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Ryo aussi sait faire le grand écart ! |
Fini
South Town, bienvenue à Grasshill Valley. |
Et
l’on ne s’arrête pas là dans l’excellence,
puisque les voix des personnages sont omniprésentes,
et les protagonistes n’hésitent pas à pousser
de petites réflexions en plein combat accordant encore
plus de réalisme aux affrontements ; on est bien loin
des voix nasillardes et mal doublées du premier volet.
Les musiques sont sublimes, tantôt dans le thème
sud-américain, tantôt sur des variantes acid-jazz
novatrices et bien choisies pour ce genre de jeu. Si le nombre
de personnages est assez faible, c’est pour laisser la
place à une réalisation démentielle, du
jamais vu. J'irais presque jusqu’à affirmer que
c’est du ‘jamais revu’…
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Kasumi la japonaise, incapable d’aligner correctement
plus de trois mots en anglais. |
Mais
elle sait aligner les tatanes sans faire de fautes ! |
Même
la maniabilité a été améliorée,
et sincèrement il y avait tout de même de quoi
: les coups sortent facilement, la barre de ki se consume moins,
bref, une contrebalance a été opérée
entre le close-combat et les pouvoirs spéciaux. Mais
en l’occurrence, peu de personnages bénéficient
de coups ‘surnaturels’. Les scènes semblent
presque même avoir gagné en réalisme. Dans
le registre des nouveautés, le personnage qui se retrouve
dans le rouge va clignoter de la même couleur, et pourra
donc effectuer sa furie. Ce n’est pas très gracieux,
mais au moins, c’est visible. À ce propos, finir
l’adversaire avec ce genre de coup sera la seule façon
de le démolir visuellement, sur le plan vestimentaire,
puisque les dégâts physiques ont disparu, et le
sang se fait très rare. Dommage.
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Les
animations de ce volet sont folles, aussi bien pour les
sprites que pour les décors. |
Les
coups ne sont pas en reste, le réalisme est impressionnant. |
Mais
le gros défaut, car il y en a un, et c’est ce qui
me fait enrager dans ce jeu quasi-parfait, c’est un ajout
qui se révèle insupportable : les chutes.
Nouveauté du troisième volet, emprunté
aux jeux de baston troidé, c’est la possibilité
de frapper l’adversaire au sol. Dit comme ça, cela
a l’air très intéressant, et c’est
vrai, puisqu’on y gagne en réalisme, surtout que
certains personnages n’y vont pas de main morte dans ce
domaine. Le problème vient du temps passé au sol,
beaaaaaauuuucoup trop long, et, de manière encore plus
fréquente que dans les épisodes précédents,
les chutes interviennent quasiment après chaque coup
porté. Résultat : les combats sont cassés
dans leur rythme, à un point que ça en devient
pénible. Hélas, trois fois hélas, alors
que tout le reste tenait la route : des combos ont même
été intégrées, les zooms se comportent
de façon moins brutale, en un mot, tout y était.
Ah non, la difficulté, rabaissée par rapport au
volet précédent ; ceci dit, on ne pouvait pas
faire pire.
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Wyler
le monstre... |
Profitez
de Yuri, elle n’apparaît que dans les cinématiques. |
Épisode
mal distribué en arcade, sûrement à cause
de la réputation des deux premiers épisodes sur
lesquels peu de joueurs osaient se frotter, Art of Fighting
3 n’aura pas percé sur la scène
baston alors qu’il bénéficie d’une
réalisation sans faille. Mais le constat est là,
la jouabilité est un élément fondamental,
inséparable du fun, et en l’occurrence, il s’avère
qu’Art
of Fighting 2, par sa plus grande sélection
de participants et ses règles de combats mieux dosées,
s’en sort un peu mieux. Cet épisode reste néanmoins
un pilier incontournable de la NeoGeo, surtout si vous
avez accroché aux deux premiers. Très bon en solo,
un peu moins fun à plusieurs, où l’on en
fait un peu trop vite le tour.
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Quelques
exploits de Ryo pour finir, l’uppercut… |
…
et le sacro-saint ‘Haoh-sho-ko-Ken’ ! |
Deuxième
partie : Adaptations et apparitions
De
part ses spécificités techniques, la saga Art
of Fighting n’a pas vraiment pu être adaptée.
En fait, seules deux conversions du premier volet, sorties simultanément
sur Megadrive et Super Nintendo, ont vu le
jour. Evidemment, les zooms, ainsi que les gros sprites, et
la vitesse de jeu, ont disparu ; ces versions n’ont plus
grand-chose à voir avec l’original. Quant aux deux
autres épisodes, ils n’ont jamais connu, pour notre
plus grand soulagement, de conversion bancale.
Par
contre, il existe un domaine où Art of Fighting
a brillé, c’est son omniprésence dans les
productions SNK : en effet, les personnages emblématiques
de la série sont devenus incontournables, si bien qu’on
les retrouve régulièrement dans les productions
SNK, et même au-delà… Pour résumer,
il s’avère que Ryo et Yuri Sakazaki apparaissent
dans tous les jeux à vocation de cross-over ; de là
à croire que l’avenir des personnages d’Art
of Fighting se trouve au-delà de leur série
initiale, il n’y a qu’un pas…
The
King of Fighters
Année : 1994-2003
Systèmes : NeoGeo / PSX / Saturn
/ Dreamcast / PS2 |
Ce
dossier n’aurait pas été complet sans
la mention de la série King
of Fighters, qui consacre initialement, en 1994,
la confrontation entre l’équipe Fatal
Fury et la Team Art of Fighting,
composée de Ryo, de Robert, et de Takuma ; en prime,
une collaboration entre Mai Shiranui de Fatal
Fury, King et Yuri Sakazaki est proposée.
En
1995, Eiji Kisaragi, présent dans Art
of Fighting 2, fera équipe avec Billy
Kane de Fatal
Fury, et un nouveau venu… Iori Yagami.
À noter que les finishs en petite tenue pour les demoiselles
sont présents en ’94 et en ’95.
Enfin,
en 1996, ce sera au tour de Kasumi Todo de remplacer Yuri,
parti rejoindre la team de Ryo et de Robert ; Kasumi reviendra
régulièrement en 99, 2001, et 2003. Quant à
l’équipe des boss, elle sera composée
de Geese Howard, Wolfgang Krauser, et de… Mr. Big, qui
aura pris un peu de poids pour l’occasion !
Les
références à la série y sont également
nombreuses, aussi bien dans les décors, que dans des
intros, ou strikers… Les fins de l’équipe
Art of Fighting mettent en scène,
quasiment chaque année, une altercation parodique entre
Mr. Karate et nos joyeux compères…
Les
personnages d’Art of Fighting font
indéniablement partie intégrante de KOF
: lorsque King a été évincé du
2002, les fans ont crié au scandale…
Fatal
Fury Special
Année : 1994
Systèmes : NeoGeo / Snes / Megadrive
/ Game Gear |
Aussi
surprenant que cela puisse paraître, Ryo participe à
cet épisode spécial de Fatal
Fury pour un Dream Match spécial, dans
un décor totalement original. Pour l’affronter,
il suffit de ne pas perdre un seul round durant la partie
; Ryo intervient alors après la défaite de Krauser.
Samurai
Shodown II
Année : 1994
Systèmes : NeoGeo / PSX / PC |
Moins
explicite que la présence de Mai dans la fin de Samurai
Shodown, le juge Kuroko, personnage secret dans
le deuxième épisode, semble maîtriser
l’art délicat du Haoh-sho-ko-Ken…
Quiz
King Of Fighters
Année : 1995
Systèmes : NeoGeo |
Tout
comme Samurai
Shodown, Art of Fighting a eu
droit à son hommage dans le très obscur Quiz
King of Fighters sur Neogeo : Ryo et Robert y font leur apparition,
et se frottent à des ennemis bien connus pour aller
sauver Yuri.
Garou
– Mark of The Wolves
Année : 1999
Systèmes : NeoGeo / Dreamcast |
Le
septième volet de la série Fatal
Fury compte dans ses rangs un adepte du dojo
Kyogenryu, et qui répond au nom de Khushwood Butt (ou
Marco Rodriguez).
Fatal
Fury – Wild Ambition
Année : 1999
Systèmes : Hyper NeoGeo 64 /
PSX |
Mr.
Karate fait également partie, en tant que personnage
secret, du casting de cette version troidé de la célèbre
série. Mais ne vous y trompez pas, il ne s’agit
pas de Takuma affublé de son masque ; c’est bien
Ryo qui s’y colle.
Buriki
One
Année : 1999
Systèmes : Hyper NeoGeo 64 / PSX |
L’Hyper
NeoGeo 64 ne fait pas exception, et le jeu de baston
réaliste Buriki One propose un Ryo vieilli, mais toujours
aussi vigoureux. Son aspect et sa tenue seront réutilisés
en 2004 pour King of Fighters :
Maximum Impact, la version troidé.
Capcom
Vs SNK
Année : 2000,
2001, 2003
Systèmes : NeoGeo / NeoGeo Pocket
Color / Arcade / PSX / Dreamcast / PS2 / Gamecube /
Xbox |
Comment
concevoir un clash entre Capcom et SNK sans intégrer
les vaillants héros d’Art of Fighting
? En l’occurrence, Capcom, dans le premier volet, a
inclus Ryo, Yuri, et King ; dans le second, Todo a fait son
apparition.
Côté
SNK, la version NeoGeo Pocket Color de SNK
Vs Capcom inclut, comme d’habitude, Ryo et
Yuri ; dans SVC Chaos, on y trouvera, à
la place de Yuri, Kasumi, ainsi que Mr. Karate…
Quant
au Card Fighters Clash, bien évidemment,
l’ensemble des personnages y figure.
Et
puis…
Pour
finir ce dossier, il reste à évoquer le cas de
Dan, ce personnage apparu dans Street
Fighter Zero, qui n’est ni plus ni moins
que la réponse de Capcom au plagiat plus ou moins avoué
de la part de SNK pour la création de Ryo.
En
effet, étant donné la ressemblance troublante
entre Ryu et le héros de la série d’Art
of Fighting, Capcom a répliqué sous la
forme de Dan, une espèce de parodie mélangeant
Ryo et Robert en karategi, avec la queue de cheval, les provocations,
la gagne, et même les Ryoken, mais avec une toute pitite
boule de feu. On est railleur, chez Capcom…
Certaines
versions particulièrement délurées de Dan
montrent mêmes une espèce de double portant un
masque au long nez rouge…
Conclusion
Voilà,
Art of Fighting, c’est tout simplement
l’esprit de la NeoGeo, et la capacité
de SNK à proposer des concepts innovants à la
réalisation impeccable. Le revers de la médaille
consiste en une jouabilité élitiste qui a vite
fait d’en dégoûter plus d’un. Mais
les connaisseurs vouent un grand respect à cette trilogie
à laquelle une série comme King
of Fighters doit beaucoup.
Il
y a malheureusement peu de chances de connaître un quatrième
volet des aventures de Ryo et de Robert : rien n’a été
annoncé dans ce sens par SNK Playmore sur Atomiswave,
le support post-NeoGeo. Mais ne jurons de rien, après
tout, dans le milieu, tout est possible… Croisons les
doigts !
Tonton
Ben