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Metal Gear Solid: Ghost Babel
Année : 2000
Système : GBC
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Action / Aventure
Par Tama (30 septembre 2013)
La boite japonaise du jeu. Le sous-titre « Ghost Babel » disparaîtra mystérieusement lors de la localisation...

Le passage d'une plate-forme à une autre est un procédé bien connu pour un jeu vidéo. Et puisqu'on migre vers une technologie supérieure, on gagne en nombre de polygones, en mémoire, les développeurs peuvent faire beaucoup plus de choses, implémenter de nouveaux concepts avec plus de liberté (encore que ce point est à débattre)... bref, l'idéal est de faire des jeux meilleurs que ceux de la génération précédente.

Mais le procédé inverse qui consiste à faire un jeu sur une plate-forme inférieure fait bien moins parler de lui, et ça se vérifie quand on parle d'une série de jeux. Pourtant, nombreux sont ceux qui ont vu naître des suites ou des spin-off sur des consoles portables comme la Game Boy, alors qu'ils étaient issus des consoles de salon ! Zelda, Metroid et même Rayman, par exemple, ont eu droit à leurs séquelles - ou adaptations - sur des consoles plus limitées avec pourtant un certain succès.
Il me semble qu'il existe une sorte de consensus mou qui consiste à penser que ces jeux sont des versions « inférieures » comparées à leurs parents, comme si leur technique était un handicap. Nombreux sont donc les jeux ignorés, de manière parfaitement injuste, que les joueurs ne considéreront que d'un œil distrait, quand même ils les considèrent !

On a tendance l'oublier, mais la saga Metal Gear Solid est elle aussi passée par là. Le troisième épisode de la série, sorti sur Playstation en 1998, a été un véritable coup de tonnerre. Beau avec une esthétique réussie, un gameplay bourré de bonnes idées, des passages cultes qui se succédaient à un rythme effréné et une narration proche d'un blockbuster, Metal Gear Solid avait tout pour plaire à un large public et s'est imposé très vite comme une référence du jeu d'infiltration, du jeu vidéo tout court - et ce quels que soient les défauts qu'on peut lui trouver, comme des dialogues dignes d'un nanar et une tendance à la philosophie de comptoir assez lourdingue par exemple. Ainsi, comme toujours avec un hit, on se demande sur quelles plates-formes il va être adapté... mais la situation est pour le moins unique. La Saturn est hors course depuis plusieurs années et Konami ne semble pas vouloir de son jeu sur Dreamcast (et Bleem est loin d'être officiel !) ; quant à Nintendo, aucun plan ne semble prévu pour la Nintendo 64.
Reste le PC... et la Game Boy Color qui cartonne. Autant un portage sur le premier semble évident, autant voir le titre sur la vénérable portable fait lever très haut bon nombre de sourcils tant on a du mal à voir ce qu'un jeu pareil viendrait faire là-bas. Et pourtant : en 2000, le PC aura le droit à son propre portage et la portable, elle, à son épisode inédit, sous-titré « Ghost Babel » (dont les initiales sont les mêmes que celles de la console) ! Si l'on se fie à certaines sources, ce serait en fait la division européenne de Konami qui aurait demandé à l'équipe de Hideo Kojima de produire un épisode unique à la Game Boy Color (en tous cas, c'est ce qui transpire de l'article de Gamespot)...

Idée originale si il en est, mais qui va poser de nombreux problèmes pratiques. Il est impensable de reproduire les effets cinématographiques d'un tel jeu sur une telle console... et plusieurs éléments, comme la vue subjective, ne sont pas réalisables. Mais ça ne va pas arrêter les développeurs qui ont un atout de choix : l'héritage de la série. Puisque reprendre Metal Gear Solid sur console portable est impossible (ou alors, avec un résultat décevant), ils vont s'appuyer sur les deux premiers épisodes, Metal Gear et Metal Gear 2 Solid Snake, sortis auparavant sur MSX2, soit un hardware autrement plus proche de la portable de Nintendo. Il est désormais plus facile pour l'équipe de Kojima de programmer avec un tel point d'accroche.

Snake dans l'avion qui le conduit à Gindra. Au diable les congés payés en Alaska...

À partir de maintenant, l'article va contenir des spoilers - que je tenterai de limiter le plus possible, vous êtes donc prévenus. J'utiliserai aussi librement les abréviations des différents jeux de la série, par souci de concision.

L'histoire de Ghost Babel se déroule entre les événements de Metal Gear 2 et Metal Gear Solid, dans un scénario non-canonique (les exégètes de la série en seront pour leurs frais !) impliquant encore une fois l'agent Solid Snake, qui n'arrivera décidément jamais à prendre ses vacances en Alaska, et le Metal Gear, un tank bipède surpuissant capable de lancer une attaque nucléaire de n'importe où. Snake avait détruit cette arme par deux fois (les deux épisodes précédents, donc), mais les plans d'un prototype, le GANDER, ont été récupérés par un groupuscule armé nommé le GLF, l'armée de la nation de Gindra. Ce petit pays d'Afrique centrale, sous le joug du « Général » Augustine Eguabon a clamé son indépendance et exige des États-Unis sa reconnaissance officielle et le retrait des militaires des Nations Unies sous 24 heures... sans quoi ils utiliseront le Metal Gear pour lancer une attaque sur la Maison Blanche. Les autorités estiment qu'il est trop dangereux d'intervenir en public, et font donc appel une nouvelle fois à Solid Snake, l'agent le mieux placé pour cette mission... parce qu'il y est déjà allé pour une mission cruciale : la destruction du Metal Gear à Zanzibar.

Le « Général » Augustine Eguabon, un dictateur assez... nerveux.

Car Gindra est le nouveau nom de Zanzibar. Et la forteresse de Galuade, siège du Général et du Metal Gear, a été construite sur les ruines d'Outer Heaven, le paradis des soldats construit par Big Boss, le propre père de Solid Snake. Ce dernier connaît donc les lieux et l'environnement et va donc devoir empêcher le lancement du Metal Gear. Il doit opérer en secret, sans connaître tous les tenants de l'affaire... notamment le « Projet Babel » qui semble englober les événements.
Une unité d'élite a déjà été envoyée par les Nations Unies, la Delta Force, mais elle semble avoir été balayée comme un fétu de paille par un groupe de cinq mercenaires sur-entraînés, la Black Chamber, qui travaille en coopération avec la GLF.

Les joueurs ont l'habitude de voir en ces groupes d'ennemis récurrents, tels que Fox-Hound de MGS, la Dead Cell de MGS2 ou l'unité Cobra de MGS3, des personnages charismatiques et redoutables. Il n'y a aucune raison que cette fine équipe fasse exception, alors présentons-les sans plus tarder :

Black Arts Viper : le chef de la Black Chamber. C'est un spécialiste des pièges et autres explosifs, et il sait se livrer à des joutes psychologiques de haute volée : bien que vous ne le rencontrerez qu'assez tard, sa présence se fait déjà sentir dès le début du jeu. Il ne recule devant rien (et ce n'est pas un poncif, vous le constaterez bien assez tôt !) pour vous mettre des bâtons dans les roues, et lorsque l'heure du combat arrivera, il faudra être attentif aux pièges qu'il posera pour ne pas finir en pièces...

Slasher Hawk : le premier membre du groupe que vous combattrez. Guerrier australien élevé parmi les Aborigènes, il se bat avec un Wilgi, un boomerang géant traditionnel. Il est également accompagné d'un faucon, ce qui ne manque pas de rappeler Vulcan Raven de MGS par son côté quelque peu mystique... Une seule arme fonctionnera contre lui, et il faudra être sur le qui-vive pour ne pas se prendre des coups de boomerang en pleine figure.

Marionette Owl : un tueur psychopathe recherché par toutes les polices du monde. Il confectionne des marionnettes à taille humaine à partir des restes de ses victimes... Spécialiste du combat nocturne, il est admis qu'il a planifié l'embuscade qui a pulvérisé la Delta Force. Il faudra composer avec de nombreux éléments lorsque vous l'affronterez : l'infériorité numérique, mais aussi l'obscurité totale...

Pyro Bison : préfigurant The Fury de MGS3, Pyro Bison est un pyromane obsédé par la pureté du feu, qu'il aime surnommer « le Grand Nettoyeur » ou « l'Égaliseur ». Un combat des plus éprouvants vous attend puisque vous n'aurez que très peu de cachettes pour échapper à ses flammes, et il dispose d'attaques efficaces à toutes les distances.

Oui, j'ai bien mentionné cinq membres quelques lignes auparavant, mais je n'en ai présenté que quatre... le cinquième membre n'a pas été retrouvé et très vite, Snake se demandera s'il n'y a pas une taupe au sein de l'équipe qui l'accompagne par radio ! Ainsi va démarrer le jeu des suspicions : Roy Campbell n'était-il pas censé être à la retraite ? La jeune Mei Ling n'est-elle pas justement trop jeune pour ce genre de mission ? Et McBride, cet agent de la CIA venu pour « superviser » les opérations ? Et que dire de Weasel, ce mercenaire bourru et pour le moins pragmatique engagé pour donner des renseignements à Snake, sans parler de Chris Jenner, qui se dit agent rescapé de la Delta Force ? Et si on ajoute les forces de la GLF, on peut tout de même se demander comment Snake va pouvoir mener sa mission à bien ! Mais rassurez-vous, on ne vendra pas la peau du serpent - même après sa mue - avant de l'avoir tué.

Les chiens, LES CHIENS ! Et ils ne rapportent même pas, en plus !

GB, puisque ce sont ses initiales, se présente donc comme un jeu d'infiltration vu du dessus. Le but est de s'infiltrer au cœur de la forteresse de Galuade et de neutraliser la menace Metal Gear dirigée par l'État de Gindra. Les soldats de la GLF sont nombreux et lourdement armés, sans compter les pièges mortels et les caméras de surveillance, il est donc hors de question de repeindre les murs en rouge en se livrant à quelque massacre digne des films d'action HK. La prudence est de mise et la discrétion votre meilleure alliée : tant qu'il ne croise pas le champ de vision de l'ennemi ou qu'il ne produit pas un bruit trop fort, Snake pourra mener sa mission à bien. En revanche, s'il est repéré ou s'il produit un son trop puissant (comme un explosif), l'alerte est donnée et les soldats ennemis arrivent par paquets, et le joueur ferait mieux de trouver une planque en attendant que l'orage passe. Les habitués de la série connaissent déjà le topo des trois étapes : l'Alerte est donnée pendant un temps limité, et si le joueur reste discret, le jeu passe alors en phase d'Évasion, où les ennemis le recherchent activement. Puis, tout rentre dans l'ordre et les soldats reprennent leur ronde. Il faudra donc observer attentivement les trajets des gardes et les positions des caméras, faire attention aux sols grillagés qui font du bruit quand on court dessus et se méfier par dessus tout de ces satanés chiens de garde. Mais Snake n'est pas démuni puisqu'il est tout de même équipé d'un radar, en haut à droite de l'écran, qui lui signale la position de l'ennemi et ses déplacements, et ce même si il ne les voit pas à l'écran, radar qui se coupe en cas d'alerte ou en cas d'interférences (où il affichera le mot « Jamming »)... mais attention : il n'y a pas de cônes de vision comme dans MGS ! C'est à vous d'estimer le champ de vision et d'ouïe de l'ennemi, et la moindre erreur se paie chère, d'autant que le jeu se révèle plutôt difficile, et ce pour plusieurs raisons que j'aborderai plus tard.

Il va donc falloir traverser 13 niveaux (là aussi, plus de précisions sur ce découpage plus tard) jusqu'à arriver à terrasser la menace terroriste.

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas un seul bouton, ni un seul périphérique de la console qui ne soit pas utilisé. Vous contrôlez Snake avec les flèches directionnelles, et pouvez vous appuyer contre un mur en pressant longuement la direction voulue. La touche Start sert à vous allonger et à vous relever, l'utilité étant de ramper : vous êtes bien plus lent mais vous ne faites aucun bruit, et pouvez vous cacher dans des conduits d'aération ou des hautes herbes, par exemple. B, lui, est attribué à l'utilisation de l'arme en cours, et au passage rapide des dialogues. A sert à mettre des coups de poings, à taper dans les murs pour faire du bruit afin d'attirer un garde (ou sonder si une paroi est creuse...) et à appeler les ascenseurs. Select, lui, met le jeu en Pause et ouvre une sorte de menu déroulant qui permet au joueur de sélectionner son objet, son arme et d'accéder à ses contacts par radio (Codec) afin d'obtenir de l'aide, des renseignements ou même de sauvegarder.

La disposition des boutons est assez surprenante, mais on se fait très vite au caractère « compact » des actions disponibles, d'autant que Snake répond au quart de tour. Tout a été calibré pour que la maniabilité tombe littéralement dans la main, et ce malgré les suppressions de certains mouvements tels que la strangulation ou les projections. En fait, l'équipe de développement a même fait un pari : puisqu'ils se réfèrent aux deux premiers épisodes, ils ont été jusqu'à en reprendre la construction et la progression. Ainsi, tout comme MG et MG2, on a tout autant affaire à un jeu d'action/infiltration qu'à un jeu d'exploration et d'énigmes, dans lequel il va falloir chercher les passages secrets, revenir sur ses pas pour trouver les bonnes cartes d'accès, voire contourner toute une zone. Si l'épisode Playstation se voulait linéaire, avec deux phases de backtracking (la recherche du fusil PSG-1 et la carte PAL) encadrées et un brin pénibles, cet opus portable fait la part belle à la réflexion. Vous devrez très souvent naviguer entre les différentes salles et puisque les ennemis réapparaissent, vous vous direz très vite que ça ne vaut pas la peine de dépenser des munitions et de prendre le risque de se faire repérer. Prudence, discrétion et gestion rationnelle de l'inventaire sont ici primordiales.

Ici, les dangers sont multiples : la salle est remplie de flaques d'eau, dont certaines sont électrifiées. Les gardes patrouillent, et pour couronner le tout il y a des trappes sans fond. De là à dire qu'on vous en veut...

J'ai parlé d'énigmes, ce qui peut sembler étrange pour un jeu d'infiltration, et pourtant GB leur taille une belle part. Les architectes de Galuade ont l'air de s'être beaucoup amusés et quand vous ne serez pas occupé à chercher les bons objets, vous planquer dans des boites en carton ou éviter les chiens de garde, vous allez vous servir de votre sens de la déduction. Labyrinthes de rayons infra-rouges (avec gaz toxique à la clé, sinon c'est pas drôle), couloirs si étroits qu'il faut glisser entre les parois, portes qui ne s'ouvrent qu'après avoir tapé une bonne combinaison ou sols électrifiés à désactiver en faisant exploser un panneau d'alimentation planqué à l'autre bout du niveau... vous allez être servi.

Le dédale des cartons a marqué beaucoup de joueurs. Le principe est simple : les tapis roulants amènent les cartons à la destination indiquée par la couleur indiquée sur les points de passage. Si vous vous cachez dans un carton jaune, vous serez « acheminé » dans la direction jaune. Le truc, c'est qu'il y a trois couleurs, et que vous n'avez au début qu'un seul carton... à vous de déduire le bon itinéraire et de changer de carton en cours de route. Un calepin et un stylo sont vos meilleurs alliés !

Loin de s'être reposés sur leurs lauriers, l'équipe de Konami a pris en compte le format de la console et s'est adapté à la perfection, ce qui signifie plusieurs choses. C'est un épisode plus « malin », qui effectue avec maestria un mélange entre action et réflexion, mais c'est aussi un jeu qui coupe quelque peu avec certaines habitudes de la série (qui se manifestent déjà avec MGS et qui se feront bien plus présentes dans les opus suivants)... en fait, GB a choisi sciemment de perdre deux choses : son côté grand spectacle et sa dimension « méta ». Il n'y a plus de cinématiques à rallonge, et même si le jeu prend le temps d'instaurer certains dialogues et situations critiques, il ne s'étale jamais, sans compter qu'il ne perd plus de temps à discuter philosophie et sens de la vie - du moins, il le fait pendant une dizaine de secondes avant de revenir au sujet de préoccupation principal : le Metal Gear GANDER et le Projet Babel.
Ensuite, GB ne perd pas d'énergie à tenter l'impossible puisqu'il ne peut pas refaire des phases de jeu comme le débranchement de manette contre Psycho Mantis (quoiqu'il aurait été comique de demander au joueur d'éteindre sa console en plein combat !)... alors il a choisi là aussi de laisser tomber ce concept. C'était un pari risqué, d'autant que ce côté « je brise le quatrième mur » a beaucoup plu aux joueurs, et on pourrait dire que GB perd un peu de charme... mais ce qu'il perd, il le rattrape en concision en se concentrant sur l'essentiel : être un jeu. Cela se ressent aussi pour ce qui est des musiques, bien moins orchestrales et plus « chiptunes », même si elles sont pour la plupart inspirées de l'opus MG2, ainsi que pour les graphismes, très beaux au demeurant. Bref, le jeu prend le parti du jeu épuré, et en profite pour proposer du contenu, beaucoup de contenu. Sur ce point, il n'a pas à rougir !

L'intérieur de certains camions sont des planques idéales en cas d'alerte.
Le lance-missiles Nikita est de retour, et est loin de ne faire que de la figuration.

J'ai écrit un peu plus haut que le jeu était divisé en 13 stages, ce qui a dû vous mettre la puce à l'oreille. Pas de panique, la complétion d'un stage ne signifie pas que son accès soit interdit. Quelques explications s'imposent.

Les joueurs ont l'habitude, à la fin d'une partie de MGS, d'être notés en fonction de leurs performances. Temps de jeu, nombre d'ennemis tués/neutralisés, alertes données, rations utilisées et j'en passe, tout ceci rentre en ligne de compte pour le classement final au terme duquel il vous est attribué un titre, souvent un nom d'animal comme « Panther », « Leopard », « Scorpion », etc. Le fin du fin étant le titre « Fox-Hound » !
Dans GB, le fonctionnement est un peu différent : encore une fois en fonction de vos prouesses, vous êtes noté de « Terrible » à « Excellence » à la fin de chaque stage, mais bien que cela représente un sacré objectif (essayez d'obtenir un rang au-dessus de « Poor » du premier coup, pour voir !), ce n'est qu'une mise en bouche car le vrai défi commence après la fin du jeu. Il vous sera proposé de refaire chaque stage séparément, sans aucun dialogue d'ordre scénaristique, mais avec des défis supplémentaires :

  • En temps limité, on vous fixera un temps maximum à ne dépasser sous aucun prétexte. C'est une invitation au speedrun tant il faudra aller vite. Pour donner une exemple, vous devrez compléter le premier stage en seulement 45 secondes !
  • En distance limitée, vous devrez réussir le stage en un nombre limité de pas. Dans les faits, ce mode fait quelque peu une redite du précédent bien que la manière de l'aborder soit différente, puisque vous pouvez vous permettre d'attendre.
  • « No Damage » vous ordonne, comme son nom l'indique, de ne prendre strictement aucun dégât. Plus facile à dire qu'à faire, surtout lors des passages où vous manquez d'oxygène à cause du gaz toxique ! Il faudra connaître sur le bout des doigts les patterns des attaques et ce qui peut vous blesser dans votre environnement immédiat afin d'éviter de se prendre un coup bêtement.
  • « No Alert » est assez simple : ne vous faites jamais repérer ! Évitez les soldats et les caméras comme la peste, et faites attention aux bruits que vous pourriez produire... Ces missions ne sont pas disponibles pour les stages exigeant que vous donniez l'alerte à un moment ou à un autre, bien sûr.
  • D'autres auront des objectifs pour le moins originaux, comme la recherche d'emblèmes Fox-Hound ou de personnes précises, très bien cachées dans le niveau. Ou pire, l'interdiction totale de rester immobile sous peine d'exploser !

Le mode VR Training, disponible dès le début, est un ensemble de missions en environnement virtuel où il est demandé au joueur d'accomplir des objectifs précis. J'ai toujours beaucoup apprécié l'add-on Missions Spéciales de MGS parce qu'il proposait du jeu pur et dur, sans aucun gras, avec seulement le gameplay pour argument. Ça tombe bien, puisque le VR Training de GB s'inspire grandement de celui-ci ! Au programme, 180 missions à effectuer dans moult catégories, que ce soit à mains nues, en infiltration ou avec différentes armes, ce qui représente bien plus que l'épisode Playstation, et un peu moins que l'add-on, soit pas mal de travail.

Les énigmes ont une place bien plus importante que dans l'opus Playstation. Sur le premier écran, Snake doit se plaquer contre les bons murs pour trouver le chemin vers la porte, sachant qu'il ne peut pas changer de trajectoire en route. Sur le deuxième, il faut prendre le bon itinéraire sans marcher dans les rayons, sachant que certains sont intermittents, d'autres non. Et encore, c'est avec les lunettes thermiques, imaginez sans !

Et pour finir, le mode Link. GB propose en effet un mode 2 joueurs : en connectant leurs consoles via le cable Link, les joueurs peuvent s'affronter dans une arène. Le but est de récupérer 3 Data Disks cachés dans le niveau, puis de les ramener à un endroit précis, le tout avant la fin du temps limite et sans que votre adversaire ne vous les vole... Parce qu'il est bien entendu hors de question qu'il vous laisse faire ! Chaque joueur est muni de quatre armes (le Five-SeveN, les mines et deux objets de son choix) tout en ne voyant qu'à une certaine distance. Si vous blessez l'adversaire, il laisse tomber les Disks éventuels qu'il portait sur lui et il vous perd de vue pendant un instant, alors qu'il reste visible pour vous pendant 5 secondes. Pire encore, il existe des faux « goals », et si vous vous trompez, le vrai peut très bien se déplacer à nouveau ! On peut gagner de trois manières, soit en ramenant les 3 Disks, soit en tuant l'adversaire trois fois, ou bien en étant celui qui détient le plus de Disks à la fin du temps imparti. Très fun, il est malheureusement très difficile de faire des parties car il faut un autre joueur, une autre console avec un autre jeu, sachant qu'il est plutôt difficile à trouver de nos jours...

Et c'est un vrai problème tant ce Ghost Babel est bon. C'est un jeu d'une solidité et d'une générosité exemplaires, qui ne s'est ni laissé emballer par la renommée de la série, ni obscurcir par l'ombre de son frère omniprésent. Il a su puiser l'inspiration là où il fallait et n'est pas tombé dans les pièges faciles, là où d'autres se seraient plantés en beauté. Parce qu'il n'est pas canonique, sorti sur une console portable ou parce qu'il n'est pas aussi flashy que les autres, il est souvent oublié, et pourtant Ghost Babel mérite son titre d'indispensable de la Game Boy Color, d'épisode réussi de la saga et d'excellent jeu tout court.

Si vous pensiez y couper, vous vous fichez le doigt dans l'œil jusqu'au coude : vous allez devoir démanteler le Metal Gear vous-même !

Pour finir, quelques trivias et anecdotes :

  • En finissant le jeu une première fois, vous débloquez entre autres une nouvelle fréquence radio, la 140.07, sur laquelle est diffusée « IdeaSpy 2.5 ». C'est un feuilleton radio parodique dans lequel l'agent 2.5 est chargé d'infiltrer la compagnie JEA (pour Junker Expensive of America) afin de les empêcher d'abreuver les masses de leurs productions ménagères inutiles. C'est débile à souhait et totalement second degré, parfait pour saupoudrer un second run avec un élément comique !
  • Malgré les thèmes abordés comme le racisme ou la folie suicidaire, et des situations parfois extrêmes, Ghost Babel est un jeu PEGI 7+ (E for Everyone outre-atlantique). Il faut croire qu'une représentation graphique simplifiée a de bons côtés.
  • Suite à un défaut dans mon émulateur, j'ai dû prendre les screens sur le site Let's Play Archive. Il offre des solutions en images avec beaucoup d'humour, je conseille sa lecture.
  • Et en parlant d'émulateur, j'ai refait le jeu avec une version buggée puisque la grenade Chaff, qui sert à brouiller les caméras de sécurité, ne fonctionnait pas. Oui, j'en tire une petite gloriole et non, ça ne sert à rien.
Tama
(30 septembre 2013)
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