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Final Fantasy
Après
trois épisodes de Final Fantasy sur la Famicom
de Nintendo, l'équipe de Square,
alors modeste par rapport à ce qu'elle est devenue quelques années
plus tard, décide de mettre en chantier deux nouveaux épisodes de
la série : un sur Famicom et un autre sur Super
Famicom. Pour des raisons d'argent et de temps, seulement un des deux a finalement
vu le jour : le Final Fantasy IV que nous connaissons sur Super
Famicom.
Une quête vers la rédemption
Ce
quatrième épisode se rapproche de Final Fantasy II dans
la construction de son scénario. Il s'agit d'un groupe rebelle ligué
contre un empire presque invincible : Baron. Les développeurs vous
placent dans la peau de Cecil, Dark Knight de profession, au service du Roi de
Baron, puisqu'il est le commandant de la plus puissante flotte aérienne
mondiale : les Red Wings. Sa mission ? Récupérer un à
un les cristaux qui se trouvent ici et là dans le monde, en employant la
force s'il le faut. Alors qu'il accomplit sa tâche avec brio, il se rend
compte de la cruauté de certains actes qu'il effectue, notamment au retour
de Mysidia où il s'en est pris à des mages blancs sans défense.
Cecil
et son groupe des Red Wings s'interrogent et se demandent pourquoi le Roi ordonne
de tels massacres pour les cristaux. Quand Cecil lui pose la question, le monarque
entre dans une colère folle, une rage incompréhensible, au point
de rétrograder le rang du Capitaine des Red Wings, ainsi que celui de son
meilleur ami, Cain le Dragon Knight, pour avoir essayé de prendre sa défense.
C'est tiraillé entre la loyauté à son Roi et la justice telle
qu'il l'imagine que Cecil effectue une dernière mission des plus mystérieuses
consistant à porter un étrange paquet jusqu'à un village
voisin…

L'introduction de Final
Fantasy IV : après avoir massacré les sages de Mysidia, Cecil
se demande si les ordres de son Roi sont justes. Ce dernier le rétrograde
pour avoir douté de lui !
Casting étoffé
Final
Fantasy IV propose un véritable travail sur les personnages par rapport
aux épisodes I et III. Encore une fois, il fait beaucoup penser à
Final Fantasy II par plusieurs aspects ne serait-ce que le fait
que l'on ne garde pas la même équipe du début à la
fin : cela dépend du scénario uniquement. À ce propos, il n'est
plus du tout question de « customiser » les capacités de chacun
d'entre eux, puisque leurs rôles et techniques sont aussi liés au
scénario. Nous y reviendrons.
Pour
vous faire une idée des personnages qui peuplent Final Fantasy IV,
je vous propose les illustrations de chacun d'entre eux sous forme de petites
fiches d'identité (admirez le travail de Yoshitaka Amano). Je ne préfère
pas écrire de descriptions pour ceux-ci afin de ne pas en dévoiler
plus qu'il n'en faut sur le scénario du jeu qui, bien qu'il soit un peu
maigre, est riche en évènements improbables.






La naissance de l'ATB
C'est
dans cet épisode qu'apparaît pour la première fois dans la
série le système de l'ATB (Active Time Battle) bien qu'il soit encore
possible de jouer au tour pour tour. Pour ceux qui n'auraient jamais joué
à un Final Fantasy post-FFIV, il s'agit d'un temps d'attente
entre les actions (matérialisé graphiquement par une jauge dans
les autres épisodes utilisant ce système) qui s'applique aux différents
membres de l'équipe comme aux ennemis. Ainsi, si vous naviguez trop longtemps
dans le menu (choix d'objet par exemple ou de magie), les ennemis auront assez
attendu pour attaquer. Concrètement, ce système dynamise les combats
d'un RPG traditionnel puisque tous les tours sont mélangés et il
faut être rapide dans le choix de ses actions.


Comme
dit plus haut, le regret que l'on pourrait avoir en jouant à Final
Fantasy IV est de ne pas avoir le contrôle total de l'évolution
de ses personnages. Pour la première fois dans la série, tout est
prévu d'avance par les programmeurs, on ne peut que choisir les équipements
des personnages. Chaque personnage a une spécialité, leurs jobs
sont variés (différents knights, voleurs, mages de plusieurs types
- invocations, noir, blanc, équilibré -, mécaniciens) tout
comme leurs techniques. Évidemment, cela bride en quelque sorte la difficulté,
puisqu'il ne s'agit pas de bien faire évoluer ses personnages mais de bêtement
passer les niveaux et de laisser la machine s'occuper de tout. En clair, si vous
coincez contre un boss, il n'y a qu'à aller rosser quelques gobelins et
de revenir avec cinq niveaux en plus. Quel dommage quand on sait la variété
de Final Fantasy II et III !


L'œuvre de Nobuo Uematsu
Pas
la peine de s'attarder longtemps sur l'aspect graphique de Final Fantasy IV, qui accuse un certain vieillissement comparé aux épisodes ultérieurs
sur Super Famicom. Il y a tout de même une véritable aura dégagée
par les architectures des maisons (typées Moyen-Orient, toutes cubiques)
et le design des personnages est très réussi pour qui aime le style
de Yoshitaka Amano. Tout cela reste cependant très rudimentaire, les joueurs
s'accordaient à le dire dès 1991.
Du
point de vue de la réalisation, la grosse réussite est le travail
d'un seul homme : Nobuo Uematsu et ses compositions musicales. À lui seul,
il parvient à créer une ambiance pleine de mélancolie, de
tristesse et de malaise par l'écriture de thèmes qui, dit-on, utilisent
100% des capacités de la Super Famicom et ce dès les premières
secondes : on se souvient tous bien sûr de la scène d'ouverture
avec en fond musical le thème des Red Wings, à couper le souffle.
Un travail réalisé avec passion, pour ne pas dire avec amour, qui
pèse beaucoup dans la balance « nostalgie » des fans…
Final Fantasy II et Final Fantasy IV Easy-Type
Nos
amis Américains ont plus de chance que nous autres Européens puisqu'ils
ont eu droit à une version localisée de Final Fantasy IV.
Ses qualités ont parfois été discutées à cause
de la censure inutile de certains dialogues et de la réduction de la difficulté.
Le titre du jeu a également été retouché : comme
les épisodes II et III ne sont jamais sortis aux USA,
il fait office de Final Fantasy II.
Quelques temps après, Final Fantasy IV Easy-Type est sorti au Japon :
il s'agit en fait de la version japonaise sans censure mais avec les ajustements
américains sur la difficulté. On peut dire, en extrapolant, qu'il
s'agit de la première version International de la série.
Un grand classique
Comme
tous les titres de légende qui se respectent, Final Fantasy IV
a connu divers portages et remakes. Tout d'abord la version PlayStation qui est
un portage pur et dur de la version Super Famicom. Pas la peine d'en dire plus
si ce n'est qu'on lui a greffé une jolie scène cinématique
d'ouverture et quelque temps de chargement. Cette version est sorti aux USA (en
2001, distribuée par Electronic Arts) dans une compilation avec Chrono
Trigger répondant au nom de Final Fantasy Chronicles (ne
pas confondre avec Final Fantasy Crystal Chronicles, sur Game Cube, sorti
en 2004) : une bonne occasion pour les gamers américains de (re)découvrir
le titre sans censure et avec sa difficulté originale. Il a également
franchi les portes de l'Europe en 1999 dans une compilation appelée Final
Fantasy Anthology qui le mettait aux côtés de Final Fantasy
V.
Puis, en 2002, la version Wonderswan Color est sortie. Contrairement aux épisodes
I et II sur cette console, les retouches sont assez minimes…
Seule la partie graphique a été revue à la hausse. Pas la
peine de s'étendre dessus durant des pages et des pages.


Enfin,
en 2005 est sorti un remake sur Game Boy Advance avec de nombreuses améliorations
graphiques et une quête supplémentaire. Malheureusement, le système
de jeu est moins fluide malgré l'ajout d'une jauge pour l'ATB puisque celui-ci
est entaché de nombreux temps de latence.

Albums Final Fantasy IV
Comme
je l'ai écrit plus haut, la musique a une très grosse importance
dans Final Fantasy IV et Square s'en est vite rendu
compte puisque trois albums musicaux sont apparus après le jeu. Tout
d'abord est sorti en toute logique Final Fantasy IV Original Soundtrack,
qui comme son nom l'indique est la bande originale complète du jeu, sans
altération ni piste bonus, sur un seul CD.
Le
deuxième album est Final Fantasy IV Celtic Moon qui porte bien
son nom puisqu'il est un album d'arrangements des pistes du jeu. Les mélodies
sont transcendées par une instrumentation typiquement celtique et il s'en
dégage les mêmes couleurs musicales que dans le jeu, à savoir
de la mélancolie, de la tristesse et tout ce qui caractérise la
bande originale si réussie de Final Fantasy IV.
Enfin,
dernier album : Final Fantasy IV Piano Collections. Les amateurs
de Final Fantasy connaissant bien cette série d'albums qui comprend
les épisodes IV à X composée et jouée
uniquement au piano par Nobuo Uematsu lui-même.

Un épisode charnière
Ce
quatrième épisode de Final Fantasy est devenu, vous
l'aurez compris, un grand classique du jeu vidéo. Pour être franc,
il me semble qu'il a une place dans le jeu vidéo au moins aussi importante
que les Misérables, par exemple, dans la littérature :
il fait partie du patrimoine, de la culture. Revenir sur ses qualités serait
difficile et inutile aujourd'hui. On peut au moins affirmer sans problème
qu'il a affecté avec autant d'ampleur qu'un Dragon Quest l'essor
du RPG japonais dans son pays d'origine et partout dans le monde. C'est un déclic
pour les joueurs import de l'époque. Il pose en plus les bases de la construction
de la narration des épisodes suivants et implémente déjà
l'ATB. À quoi ressemblerait le RPG d'aujourd'hui sans FFIV ? Difficile
à dire.
Tout simplement un classique indispensable que tout joueur, à défaut
de posséder dans sa ludothèque, doit finir.
Julenstein