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Panzer Dragoon
Année : 1995
Système : PC, Saturn
Développeur : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Shooter
Par Nordine (29 juin 2003)

Introduction

1995 : une année charnière dans l'histoire, déjà vaste, des jeux vidéo. Sega, fort d'une grande expérience dans le domaine des consoles, a acquis la confiance de nombreux joueurs à travers la planète depuis quelques années déjà et leur propose de vivre une expérience inédite sur un nouveau support : la Saturn. Grâce à cette nouvelle machine, Sega compte dépasser son concurrent de toujours, Nintendo, et par la même occasion, lui assener un coup fatal, pour devenir le leader d'un marché en pleine expansion. La firme au hérisson bleu doit frapper fort et vite, et donc mettre à la disposition des joueurs des titres reflétant aussi bien les capacités techniques de sa nouvelle machine que la créativité toute puissante de ses développeurs. À sa sortie, la Saturn se voit nantie de jeux peu nombreux mais de très grande qualité, tels que Daytona Usa, Virtua Fighter ou encore Clockwork Knight. Cependant, la Team Andromeda (studio interne de Sega) travaille depuis déjà quelque temps un projet à l'ambition beaucoup plus grande que celles de titres « simples » mais efficace. C'est dans un laboratoire secret que nous est concocté ce qui deviendra, en l'espace de quelques semaines, bien plus qu'un hit mais une référence : Panzer Dragoon.

À l'époque des premiers essais de la Saturn, toute l'équipe de développement attelée à cette tâche s'est essayée, plus ou moins adroitement, à la réalisation de démos technique, afin de tester les capacités de la bête. C'est paraît-il d'une de ces démos, qui montre un chevalier chevauchant un dragon vert, qu'est né Panzer Dragoon. Dès les premières heures de développement, la Team Andromeda voit les choses en grand : proposer au joueur une sensation de liberté unique, tout en lui faisant vivre une aventure palpitante. Il est donc rapidement décidé que, pour des raisons techniques évidente, Panzer Dragoon sera un « rail shooter », un shoot'em up dans lequel le parcours du joueur est prédéterminé bien qu'il conserve une liberté de mouvement totale dans la zone délimitée. Ce principe, déjà éprouvé pour des titres tels que Space Harrier, se voit ainsi totalement bouleversé par une adaptation du genre sur un support technique nouvelle génération. Sur la base de cette simple démo, les développeurs imaginent, au fur et à mesure de leurs travaux, tout un univers autour duquel gravitent les personnages principaux du jeu, à savoir le chevalier et son dragon.

Le repos du guerrier.

Rapidement, le choix d'un contexte heroic-fantasy est fait, ce qui laisse libre cours à l'imagination des designers tout en faisant profiter au maximum le joueur des nouvelles capacités technologiques qu'offre la Saturn.

Chapitre Premier

C'est sur les chapeaux de roue que commence votre aventure. Alors que vous êtes tranquillement en train de chasser la tortue locale avec deux de vos compagnons, un vaisseau inconnu, surgi de nulle part, survole les cieux dans un silence glacial. Bien qu'intrigué par l'apparition aussi soudaine que brève de cette étrange machine, vous continuez à pourchasser votre gibier, qui vous entraîne au cœur d'une grotte mystérieuse et sinistre. Au fil d'un interminable couloir, vous admirez, non sans crainte, l'étrangeté de cette endroit qui évoque ce qui devait être, il y a de cela bien longtemps, une civilisation aujourd'hui disparue. Totalement perdu dans vos pensées, vous en oubliez ce pour quoi vous êtes venu jusqu'ici. À peine avez vous le temps de découvrir le cadavre de votre proie qu'un immense animal menaçant fait son apparition ! La créature hybride vous prend en chasse, non sans avoir écrasé au préalable votre monture. Acculé, vous tentez d'utiliser votre arbalète, qui semble bien dérisoire face à la carapace du monstre titanesque. Alors que tout semble perdu, un éboulement se produit et provoque l'éffondrement d'une partie du plafond, qui vient écraser le monstre géant.

Enfin revenu au calme, vous poussez un soupir de soulagement, mais déchantez très vite : un dragon, surmonté d'un chevalier étincelant, pénètre au cœur de la grotte au travers du plafond détruit, suivi de près par un gigantesque dragon noir. Une féroce bataille oppose les deux créatures et, au sein de la grotte, leur combat prend une ampleur considérable. Abasourdi, vous restez pétrifié de peur, évitant de justesse d'être victime de cette lutte acharnée. Ebloui, vous vous remettez de vos émotions sur une corniche, non loin du canyon dans lequel vous chassiez et assistez, impuissant, à la mort de cavalier, tué par le dragon noir qui prend maintenant son envol vers d'autres horizons. Votre sauveur, mortellement blessé, voyant en vous un homme d'honneur et de courage, vous confie une mission de la plus haute importance, avant de s'écrouler, sans vie. Son destrier semble profondément affecté par la perte de son compagnon. Un étrange sentiment vous conduit vers ce dragon. Dorénavant, vous savez que votre destin est directement lié à celui de votre nouveau compagnon. Le cœur rempli à la fois de crainte et de courage, vous chevauchez l'animal, qui vous conduit vers votre destinée.

Chapitre second

Après cette longue introduction, devenue une référence en la matière, vous voilà plongé au cœur du jeu. Juché sur votre dragon bleu, et non sans une certaine appréhension, vous êtes tout de suite assailli par l'ennemi et la mission de survie semble impossible, mais c'est compter sans une jouabilité qui frise la perfection. C'est via la simple croix multidirectionnelle de la Saturn que vous pourrez altérer, dans certaines limites, le déplacement de votre monture. Le premier point sur lequel le génie des petits gars de chez Sega se révèle au grand jour est la maniabilité parfaite d'un jeu situé dans un univers en 3 dimensions au moyen d'un pad qui est avant tout conçu pour les jeux en deux dimensions, vocation première de la console. Afin de rajouter à l'immersion et au plaisir de jeu, vous avez également la possibilité de faire varier l'angle de vue de manière « sphérique » (voir article sur Panzer Dragoon Orta). En effet, c'est à l'aide des gâchettes gauche et droite de votre manette que vous pourrez voir et combattre ce qui se trame derrière vous et sur les cotés. Cette particularité confère à ce jeu une dimension unique car elle donne une impression de liberté au sein d'un parcours quasiment immuable.

Des angles de caméra dynamique et toujours jouables.

Enfin, le système d'attaque a lui aussi révolutionné le genre : c'est en déplaçant un curseur que vous pourrez cibler vos ennemis. Vous pourrez donc non seulement les shooter en pressant, assez frénétiquement, la touche de tir mais aussi, et surtout, user de ce qui est devenu une référence en matière de jouabilité : le système de lock. Grâce à celui-ci, en effectuant une longue pression sur cette même touche de tir, vous pourrez verrouiller vos ennemis jusqu'à sept cibles différentes et, en lâchant simplement la touche, envoyer une salve beaucoup plus destructrice que le tir normal (voir articles sur Rez et Panzer Dragoon Orta).

L'attaque par lock à pied d'œuvre avec le radar en haut, à droite.

De plus, un radar translucide vous donnera les positions de vos ennemis et ce, qu'il soient sur les cotés, devant ou derrière vous. À cela vient finalement s'ajouter une barre représentant le potentiel vital de votre dragon, ce qui vous confère une certaine capacité de résistance, fait assez rare à l'époque pour ce type de jeu.

Chapitre trois

Le gameplay n'est pas le seul attrait de Panzer Dragoon, et se voit renforcé par de nombreux éléments. Tout d'abord, la bande sonore : dès l'apparition de la Saturn sur le marché Occidental, c'est à une standardisation du support CD que les joueurs doivent faire face, et les développeurs doivent par conséquent répondre aux exigences de ce nouveau médium. Dans Panzer Dragoon, c'est à une explosion de beauté symphonique à laquelle le joueur est confronté ! La qualité des thèmes est tout bonnement hallucinante. Une musique de type classique, orchestrée de façon saisissante, une chose à laquelle de très nombreux joueurs, à l'époque où le jeu est sorti, n'avaient jamais été confrontés. Encore aujourd'hui, très peu de jeux vidéo, malgré des évolutions technologique de plus en plus pointues, peuvent se targuer d'égaler la bande son de celui-ci.

Ensuite, viens l'un des autres éléments qui a fait le succès de cette série : le design. À l'origine, la majorité des membres du Team Andromeda étaient de grands fans de Moebius (Jean Giraud), un très grand dessinateur et scénariste français, illustrateur entre autre de l'Incal et de Blueberry, dont la renommée s'étend déjà aux États-Unis puisqu'il a travaillé sur les films Alien et Tron. Cette passion commune a semble-t-il poussé le directeur de cette fine équipe a contacter Moebius et lui faire part de son projet. Ce dernier a donc offert son concours au projet de Sega, mais d'une façon qui reste encore très obscure aujourd'hui : certains pensent qu'il n'a fourni que quelques illustrations, d'autres supposent que son implication est beaucoup plus profonde et officieuse. Néanmoins, la patte du maître est bel et bien là, qu'elle viennent directement de lui ou de l'inspiration « moebiusienne » des designers du Team.

Quelques exemples de travaux de Moebius :

Cet univers graphique, d'une richesse étonnante, invite le joueur à voyager dans des contrées extrêmement diverses, comme une ville antique en ruine, dont les fondations sont aujourd'hui noyées par les eaux, ou encore des plaines désertiques, habitées par des vers géants et des vents sahariens.

De l'illustration au jeu, il n'y a qu'un pas.

À chaque chapitre de jeu, c'est une nouvelle dimension qui s'ouvre, un univers constamment renouvelé dans lequel le joueur se sent profondément aspiré. Quant aux différentes créatures rencontrées, elles forment un des meilleurs character-designs de tous les temps. De l'insecte géant, léger et gracile, en passant par le Dragon Noir, toute la faune de Panzer Dragoon révèle, une fois de plus, le génie de ses créateurs. Et pour ce qui est des différents engins mécaniques présents dans le jeu, ils s'intègrent parfaitement dans celui-ci, sans jamais dépareiller leur univers.

Chapitre quatre

Pour conclure, je dirai que Panzer Pragoon est de ces jeux vidéo que l'on peut qualifier de chef-d'œuvre, de titre à côté duquel il ne faut pas passer, car il n'a pas révolutionné un genre mais en a introduit un nouveau, de par sa richesse, son originalité et ce je-ne-sais-quoi qui fait qu'à chaque nouvelle partie, le joueur reste ébahi d'admiration. Sega a frappé fort, en inscrivant une fois de plus son nom en lettre d'or au panthéon des artistes vidéoludiques.

Nordine
(29 juin 2003)
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