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Dark Forces & Jedi Knight - La série
Année : 1995
Système : PC, Playstation
Développeur : LucasArts
Éditeur : LucasArts
Genre : FPS
Par Tonton Ben & IsKor (05 septembre 2005)

STAR WARS - DARK FORCES

Dans la plus grande tradition des jeux LucasArts, Dark Forces s'embellit de superbes cinématiques mêlant dessins pastels et modélisations troidées... Sublime !

Rien que de l'évoquer, celui-là, j'en ai des frissons. Alors qu'en ce début d'année 1995, on ne pensait qu'à la sortie récente de Doom II, encore sous le choc de l'expérience interdite renouvelée par ID Software, voilà que débarque quatre mois plus tard, sans prévenir, l'outsider, le champion de chez Lucasarts : Dark Forces. Adeptes de Star Wars, réjouissez-vous : une tuerie dans le domaine des FPS vient faire sa loi !

Tandis que Jan s'envole, Kyle part pour une mission infiltration.
Mais les forces de l'Empire ne sont jamais très loin !

Tout le monde, même les moins pratiquants de la religion Star Wars, connaissent les évènements qui se sont déroulés dans l'épisode IV (Un Nouvel Espoir), où la Rébellion annihile de justesse une arme dévastatrice qui a failli donner l'avantage final à l'Empire : l'Étoile Noire. En revanche, peu de personnes savent de quelle façon les rebelles en ont récupéré les plans. Et c'est ce que nous propose de revivre la première mission de Dark Forces, en assumant le rôle de l'espion mercenaire Kyle Katarn, qui part jouer les barbouzes au sein d'une base impériale lourdement gardée. Au prix de quelques acrobaties, celui-ci va parvenir à subtiliser les précieux renseignements, ce qui lui donnera l'occasion d'avoir un entretien privé avec le leader charismatique des insoumis, Mon Mothma. Cette dernière va lui proposer de rejoindre les rangs de la Rébellion, afin de prouver sa valeur en partant retrouver la trace d'un espion disparu, qui détient des informations sur un infâme projet impérial visant à créer une armée de Dark Troopers, des super soldats.

Briefing spécial de la part de Mon Mothma en personne.
Vous ne trouvez pas qu'il a des faux airsd'Harrisson Ford ?

Kyle Katarn doit donc, au long de quinze longues missions, déjouer la menace qui pèse sur ses alliés, en s'infiltrant au sein de diverses places fortes, et en remplissant de nombreux objectifs variés, tels que poser une bombe, retrouver un objet, délivrer le fameux informateur Crix Madine... Les niveaux ne se cantonnent plus à l'activation du sacro-saint interrupteur final, mais demandent au joueur de s'impliquer dans une logique scénaristique ; la sortie n'est donc plus forcément la direction à prendre. Kyle débarque la plupart du temps aux abords des enceintes gardées, déposé par Jan, équipière de choc et pilote hors-pair, qui part l'attendre au point de repli. Le maître mot de Dark Forces est donc l'immersion du joueur dans une fantastique aventure, où tous les détails qui construisent l'ambiance comptent.

Les probe droids, à blaster de loin de préférence.
Vivent les égouts d'Anoat, la planète poubelle.

Le menu des réjouissances est copieux : depuis les bases impériales de Danuta et de Orinackra, en passant par les systèmes de traitement des eaux usées d'Anoat, les falaises de Fest, la chaleur des mines de Gromas, les glaces de Anteevy, les bas-fonds de Nar Shaddaa, un passage dans la gueule du loup sur Coruscant, et même sur le Super Star Destroyer Executor, pour finir sur le vaisseau impérial Arc Hammer, Kyle ne va pas s'ennuyer. Surtout lorsque l'on découvre, à chaque fois, que la taille imposante des infrastructures à visiter nécessite une consultation régulière du plan qui s'affiche en surimpression (très pratique). Les bases sont gigantesques, elles doivent bien faire chacune deux fois la taille d'un niveau de Doom ! Se repérer n'est pas chose facile, et trouver aussi bien le passage principal que les caches secrètes, extrêmement bien planquées, devient très souvent un défi pour le joueur. Les plus petits corridors ou promontoires côtoient des salles aux proportions démesurées ; le level design est à la fête, le travail est soigné.

Une arme loufoque mais inutile.
Gaffe aux hauteurs !

Et n'allez pas croire que Dark Forces officie dans la visite de musée, car ici, le petit personnel a une façon bien à elle d'accueillir les nouveaux venus, à coups de salves laser si possible. Quelques fameux représentants des forces belliqueuses de l'univers Star Wars s'emploient à abattre notre sympathique héros : stormtroopers, gardes et gradés impériaux, droides sondes et droides de torture, sphères d'entraînement, gardes gamorréens, Grans, Trandoshans, Dianogas, Kell Dragons... sans compter nos fameux Dark Troopers, plus un invité surprise particulièrement pénible. Les fans seront ravis, le casting est très représentatif de l'univers Star Wars. Tout ce petit monde débarque bien souvent en masse, dans des endroits où la riposte n'est pas toujours aisée. L'environnement se veut lui aussi hostile, à coups de vase toxique, de tourelles de défense, mines à détection de mouvement, crevasses en tout genre, tapis roulants couplés à des masses d'écrasement... Il est nécessaire de faire extrêmement attention aux dangers du terrain, omniprésents.

Crix Madine, une guest-star du Retour du Jedi, qu'il faudra délivrer.
Des faux airs de la planète Hoth ? Ce stormtrooper garde nerveusement la clé bleue.

Mais Kyle est un spécialiste des missions suicides, et ses compétences de close combat mêlées à ses aptitudes aux tirs en font un guerrier d'exception. Pas moins de neuf armes sont disponibles tout au long du jeu, depuis le Modified Bryar Blaster Pistol, le Stormtrooper Laser Rifle, les grenades thermiques, mais aussi des objets plus originaux comme le Jeron Fusion Cutter et ses quatre canons, les mines, ou encore le très efficace Concussion Canon, le Mortar Gun (oui, du mortier) et l'Assault Cannon, qui cache quasiment la moitié du champ de vision. Et là où se démarque une fois de plus Dark Forces de ses prédécesseurs, c'est dans la présence d'un tir secondaire pour chacun d'entre eux ! Ainsi, par exemple, le Jeron Fusion Cutter tire en temps normal ses projectiles un à un ; en tir secondaire, les quatre canons sont mis à contribution simultanément. Je vous laisse découvrir les autres possibilités de cette option, qui modifie en général la cadence et la précision des armes. À la manière d'un Sam Fisher, Katarn dispose de quelques accessoires, comme la lampe de poche, la vision de nuit, ou les bottes à crampon pour les terrains glissants. Pour la protection physique, rien de tel que le bouclier d'énergie, qui absorbe tous les tirs.

Sale temps pour les espions rebelles...
Ce garde gamoréen ne m'a pas vu, c'est ma chance.

Kyle est également un athlète accompli, puisque contrairement à son compère à la combinaison verte trop lourde qui l'empêchait de décoller les pieds du sol, ou de plier les genoux (ou bien était-ce à cause de la gravité trop forte de Phobos et Deimos ?), notre héros est à même de pratiquer le saut en longueur, indispensable pour certains passages à flanc de falaise, ou de se baisser pour se glisser dans des conduits bien étroits. Mais il n'est pas invincible pour autant, puisqu'une chute trop importante inflige parfois des blessures, mais conduit bien souvent à la mort immédiate. Pas grave, me direz-vous, il suffit de relancer une sauvegarde ? Que nenni, Lucasarts, dans un grand élan de sadisme, a décidé de ne pas proposer cette option, et d'obliger le joueur à mener chaque mission d'une traite. On fait moins les malins, n'est-ce pas ? Ici, le moindre faux pas ou les assauts trop hardis conduisent à la perte d'une vie, option trop rare à dénicher pour les gaspiller. Néanmoins, en cas de mort, le joueur réapparaît à un point assez proche de là où il s'était arrêté. D'autre part, il est possible de choisir le niveau de difficulté de chaque mission. Comme quoi tout s'arrange : en l'occurrence, l'idée de risquer réellement la vie du personnage à chaque saut périlleux donne l'assurance d'un enjeu toujours élevé, et balaye du revers de la souris les adeptes de la « Quick Save » à outrance.

Il ne manquait plus que Jabba the Hutt.
Il vous jettera volontiers en pâture à ses dragons Krell.

Même si, graphiquement, il n'y a pas d'évolution flagrante de la part de Dark Forces, avec une pixellisation marquée des sprites et des textures, assez ternes et monochromes malgré quelques effets lumineux de bon aloi, on notera la présence d'objets troidé animés qui impressionnent, tels que le vaisseau de Jan qui s'envole en début de mission, les TIE Fighters qui décollent de l'Arc Hammer, ou encore des plates-formes mouvantes aussi bien sur le plan horizontal que vertical. À la manière d'un Ultima Underworld, Dark Forces propose au joueur de baisser ou de remonter le champ de vision. On est encore loin de la liberté de mouvement d'un FPS moderne en troidé, mais l'option peut de révéler salvatrice. L'autre innovation technique, c'est la présence de superposition verticale des certains niveaux, capacité technique impossible pour le moteur d'ID Software, mais qui était également présente dans le jeu de rôle dynamique d'Origin.

J'adore les gros lance-grenades !
Quoique les canons à concussion...c'est pas mal non plus.

Et comment pourrait-on oublier les mélodies Midi de Dark Forces, avec des thèmes musicaux qui ne sont pas tirés des flims, qui collent vraiment à l'action, et qui, comme toutes les bonnes musiques de jeu, se sifflent encore des années plus tard ! Les scènes cinématiques sont accompagnées de voix digitalisées, ainsi qu'au cours de l'action, aussi bien de la part des ennemis qui somment Kyle de se rendre, ou bien de Jan qui donne ses instructions. Encore une fois, c'est l'ambiance qui y gagne énormément. Le jeu a été adapté sur Mac, de façon très fidèle, et sur PSX ; cette dernière conversion n'a rien d'exceptionnel, puisqu'elle ne bénéficie pas d'améliorations particulières, et ne tirent absolument pas partie du support. Il y a un certain ratage technique, les contrôles au pad n'arrangeant rien à l'affaire.

Une arme redoutable, mais qui laisse un énorme angle mort.
Les angles de vues sont orientables en hauteur, un must !

Dark Forces est, pour tout ça, une réussite totale, un incontournable aussi bien dans le domaine des jeux Star Wars que dans les Doom-like, qui a apporté sa contribution technique à l'évolution du genre, mais qui, surtout, procure des sensations inoubliables. In-con-tour-nable, vous dis-je !

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