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Vous
en avez assez de gérer une ville pleine d'ingrats qui
rechignent à payer leurs impôts, qui font cramer
leur maison et qui ne vous rééliront probablement
pas ? Assez de la grisaille, de la gestion des réseaux
d'eau potable et de la pollution ? Bullfrog a pensé à
vous et vous propose avec Theme Park de gérer un parc
d'attraction. Et attention, ce n'est pas aussi facile que ça
en a l'air. Vous pensez que vous avez la trempe d'un gestionnaire
de parc, que vous en avez assez pour rendre Disneyland Paris
rentable ? Alors montrez ce que vous savez faire !
Une
fois que vous avez entré votre nom et votre pseudo, votre
âge, votre sexe, le nom de votre parc, il faut choisir
le degré de complexité de la simulation, la difficulté
du jeu (qui conditionne la somme d'argent dont vous disposez
au départ), le nombre et la férocité de
vos adversaires, et l'humeur des autochtones.
Mettez le jeu en facile, en simulation basique, sans concurrent
et avec des visiteurs de bonne composition, et obtenir un parc
rentable sera une formalité. Choisissez d'avoir 10 concurrents,
des habitants mal embouchés et une somme de départ
ridicule, et ce sera une autre histoire.
Bon, admettons qu'on commence l'aventure en mode Bac à
sable, à savoir le mode de gestion le plus basique. On
se retrouve à choisir un terrain à acquérir,
mais au vu de nos finances, on n'a pas tellement le choix :
il faut aller en Angleterre. Ça tombe bien, les habitants
sont plutôt nombreux et riches, même s'il pleut
souvent.
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Le choix du terrain influe sur la richesse des habitants,
le montant des taux d’intérêt et
la météo, entre autres. |
Il
faut choisir ses attractions avec soin selon la clientèle
visée. |
Au
départ, c'est un peu la panique devant le nombre de menus
et sous-menus disponibles, heureusement si on a coché
l'option, le jeu commence par un tutorial plutôt bien
fichu, avec un conseiller qui vous dit quoi faire. On commence
alors par tracer des routes, on achète des attractions,
on choisit leur implantation et celle de leurs entrées
et sorties.
Premier
dilemme : la file d'attente, plutôt droite ou courbe ?
Longue ou courte ? Vu la capacité des premières
attractions disponibles, une courte fera l'affaire. Les manèges,
c'est bien, mais ça ne rapporte rien. Il faut donc ajouter
des commerces, qui sont de trois types : la restauration, les
jeux et les souvenirs. Ce qu'il faut savoir dans Theme Park,
c'est que les clients sont des goinfres qui ont sans arrêt
faim et soif. Alors hop, on met un marchand de glace et un café.
De toute façon au début du jeu, il n'y a que ça
de disponible.
C'est bon, il ne manque rien ? Et si, du personnel. Il faut
engager un balayeur pour ramasser les saletés des visiteurs,
un mécano pour réparer les attractions, sous peine
de les voir fumer, éjecter les visiteurs voire exploser,
et pourquoi pas un pauvre étudiant déguisé
en requin pour amuser la galerie. Allez zou, on peut ouvrir.
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| Un
parc un peu avancé. La grande roue est en train
d’être réparée. |
Le
jeu gère les conditions météorologiques
: là il fait de l’orage, et on n’y
voit goutte. |
Les
portes s'ouvrent, et le conseiller s'affole : il faut augmenter
le prix des billets ! Un tour dans le menu Brouzoufs : on peut
y voir différentes courbes (dépenses, recettes,
valeurs des actions, etc. …), effectuer un emprunt et
modifier le prix des billets. Hum, ça paraît un
peu cher pour deux malheureuses attractions, mais si les gens
paient... Un petit tour sur les relevés de compte permet
d'avoir le détail des dépenses en temps réel.
Mon conseiller me félicite : le prix des billets est
parfait. Par contre, il veut que j'augmente le prix des glaces.
Tiens, pendant que j'y suis, je vais augmenter les quantités
de sucre, ça donne soif. Et j'augmente aussi la caféine
dans le café, les gens vont être plus speed, c'est
bon pour les affaires.
Mon parc tourne, je gagne de l'argent. J’ai rajouté
un jeu de tir au canard (j'ai réglé la valeur
des cadeaux, le ratio de victoires et le prix de la partie)
et j'ai ajouté des toilettes. Ce ne sont que des vespasiennes
qui sont vite sales et si le balayeur ne passe pas régulièrement
les nettoyer, les gens vomissent en passant devant. Mais c'est
mieux que rien.
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| L’écran
de gestion du parc. On y voit la proportion de visiteurs
heureux (bleu clair), indécis (orange) et mécontents
(violet), ainsi que leurs doléances principales
(manger) et leur nombre. Cet écran donne aussi
accès à la recherche et aux stocks. |
L’écran
des finances. On y règle le prix des billets,
consulte les relevés de compte, et gère
les actions. |
En
mode Bac à Sable, chaque année on gagne de nouvelles
attractions et boutiques. Mon parc grandit, je rajoute un train
fantôme (pas cher, bonne capacité, plutôt
amusant), un spectacle de cow-boys (24 personnes à la
fois et en plus je peux faire une thématique western
avec le Steak House et le Saloon), une rivière avec des
bouées : un peu cher, mais très fiable, les gens
en sortent ravis et sont prêts à acheter n'importe
quel souvenir une fortune.
Je rajoute des frites, que je sale beaucoup pour donner soif,
du coca en mettant un max de glace, des hamburgers avec plus
de graisse que de viande, mais pas trop sinon les gens n'achètent
pas. Je règle les prix à l'euro près, pour
faire un max de profits. Mon parc est rentable, il est grand,
je suis grand !!!! En plus, il y a de quoi s’y croire
pour de bon : les attractions s’animent et possèdent
chacune leur propre musique, on entend le brouhaha de la foule
et son mécontentement (y compris les vomissements), le
parc est vraiment vivant.
Mais il me manque quelque chose. Mes attractions tombent en
rade tous les quatre matins, je n'ai quasiment rien pour décorer
mon parc, le bus qui amène les visiteurs est minuscule,
mon personnel est peu compétent. J'ai de plus en plus
de mal à gérer le nettoyage de mon parc, même
en assignant des zones précises aux balayeurs, les gens
vomissent partout, ils sont mécontents, c'est la chienlit.
Des blousons noirs ont même investi le parc, pillent mes
magasins, dégradent mes attractions. C’en est trop,
il faut passer au stade supérieur !
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| L’écran
de gestion des stocks, à surveiller comme le
lait sur le feu. Heureusement les denrées ne
sont pas périssables. |
Les
négociations salariales sont limitées
dans le temps : si aucun accord n’est trouvé
avant que tous les petits gâteaux ne soient mangés,
c’est la grève. |
Je
passe en mode Sim et ça rigole déjà moins.
Je dois maintenant gérer la Recherche : si je veux des
améliorations, je dois investir. 1000 brouzoufs par mois
dans l'amélioration des attractions, 500 pour la formation
des employés, 500 pour la déco, 1000 pour les
bus. Ca me coûte, mais je m'y retrouve : les bus grandissent,
mes balayeurs sprintent, mes manèges tombent moins souvent
en panne et j'ai accès à plus d'arbres, de barrières,
à des toilettes plus sophistiquées.
Mais je dois aussi gérer les négociations au niveau
de salaires et de la nourriture : régulièrement,
je suis sollicitée par les syndicats et les fournisseurs.
Si la négociation échoue, je risque la grève
et la rupture de stocks.
Je suis à l'aise, je passe au mode supérieur ;
dans le mode Complet, je dois en plus surveiller l'état
des stocks de nourriture et de boisson et passer commande régulièrement.
Je peux également acheter des actions des parcs voisins
et en retirer des dividendes. Mais ils peuvent vous rendre la
pareille...
Mais l'aspect gestion, c'est peanuts. Avoir un parc rentable,
c'est de la rigolade, même en mode Complet. On augmente
un peu le prix des billets et des boutiques, on tire le nombre
d'employés au minimum, on diminue les coûts des
fournitures en vendant de la daube, on place des magasins de
souvenirs hors de prix à la sortie des montagnes russes
et on regarde rentrer les pépettes, en profitant des
jolies musiques et en admirant l'ergonomie du jeu : en deux
clics on entre dans n'importe quel menu, on suit n'importe quel
employé, on est Dieu. Franchement, pour faire faillite,
il faut presque le faire exprès.
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| Grâce
à mes recherches, j’ai agrandi la taille
des bus. |
Tous
les menus d’achat disposent de raccourcis. Mais
on n’a plus accès aux caractéristiques
des attractions. |
Ce
qui est difficile, c'est de rendre les clients heureux. Parce
qu'ils ont toujours quelque chose qui cloche. Ils ont faim (ou
trop mangé), soif (ou trop bu), trouvent que le parc
est sale (alors qu'ils jettent leurs papiers partout et mangent
dans les attractions), trouvent les manèges trop rapides
(ou trop lents), trouvent tout trop cher mais se plaignent quand
les lots à gagner sont trop mesquins... Alors on fait
des efforts : on ajuste la durée des tours pour que les
files d'attente ne soient pas trop longues, on modifie la vitesse
des attractions pour éviter qu'ils vomissent, on met
tout un tas de stands de nourriture pour qu'ils ne fassent jamais
plus de 10 mètres sans ravitaillement, on s'arrange pour
qu'ils puissent enchaîner les attractions sans trop marcher,
on engage tout un tas de comédiens pour qu'ils puissent
passer le temps, et pour éviter qu'ils ne se perdent,
on installe des panneaux et des sens uniques partout.
Et vous savez quoi ? Ça ne marche pas. On a beau faire,
ça ne va jamais. Les vieux trouvent les attractions trop
rapides, les jeunes les trouvent trop lentes, les grosses dames
en rouge trouvent les frites trop chères, les petits
garçons cherchent les toilettes, et la plupart des visiteurs
réussissent à passer trois jours dans le parc
sans avoir fait une seule attraction. Je le sais, j'en ai suivi
un de son entrée dans le parc jusqu'à la sortie.
La solution ? Anticiper à mort, quitte à construire
3 ou 4 fois la même attraction pour qu'ils ne s'ennuient
pas. Et encore, ça ne marche pas à tous les coups.
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| Mon
coin western est prêt : un spectacle de cow-boys,
un saloon, un steak house, un stand de tir, et des montagnes
russes en rondins avec un grand slash. Notez le magasin
de souvenirs placé à la sortie de l’attraction. |
J’ai
le grand huit le plus haut, le plus sophistiqué
et le plus dangereux du monde !!! |
Alors
on baisse les bras. On laisse le parc en autogestion, en envoyant
les mécanos réparer ce qui fume, et tant pis pour
les montagnes russes qui éjectent un visiteur à
chaque tour, même à vitesse réduite et avec
les améliorations maximales. On laisse les gens vomir
devant les toilettes soi-disant auto-nettoyantes mais en fait
non. On se console à chaque fin d'année devant
le bilan comptable et les récompenses obtenues (j'ai
le grand huit le plus haut du monde, yeah !!!), et puis finalement,
un peu las, on vend son parc aux enchères. Pour acheter
un terrain ailleurs, et en créer un autre, en espérant
qu'au moins, là-bas, la météo sera meilleure
et les clients un peu moins pénibles.
Evidemment il y a d'autres choses un peu agaçantes :
la manie des mécanos à rester coincés à
l'intérieur des circuits, ce qui oblige à les
fermer, les casser, et les reconstruire. Les balayeurs qui déraillent
et se mettent à faire du surplace ou se dirigent invariablement
vers le nord. Les bugs qui empêchent les clients d'accéder
aux boutiques, qu'il faut détruire et reconstruire. Et
plein d'autres petites choses. Mais ce n'est pas si important,
parce que malgré ses limites et sa répétitivité,
on s'amuse toujours à relever le défi, à
créer un autre parc, un mieux, un qui rapportera et rendra
les gens heureux. Après tout, chacun a le droit à
la recherche du bonheur...
Shenron