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Les
flyers de Centuri (cliquez sur l'un d'eux pour une version
plus grande).
Merci
au site Arcade
Flyer Archive !
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Je
connais Gyruss depuis longtemps, ayant fait
de nombreuses parties sur MAME à ce jeu que j'apprécie
beaucoup (notamment pour sa musique). Mais l'autre jour, je
me suis soudain rappelé que, contrairement à
ce que je pensais jusqu'alors, j'avais déjà
joué à ce jeu lorsque j'habitais à Clermont-Ferrand,
dans la salle de jeu près de la place Delille - la
même où se trouvaient pêle-mêle Mad
Planets, Jungle King, Moon
Patrol... Je suis incapable de comprendre pourquoi
je ne m'en suis pas souvenu plus tôt. L'esprit humain,
vous savez ce que c'est... Enfin bref, je me suis dit que
c'était l'occasion de vous parler de ce jeu, exemplaire
à plus d'un titre.
Voyage
dans le système solaire
Dans
Gyruss, vous incarnez le seul espoir, le
dernier espoir, que dis-je, l'espoir ultime de tout
le système solaire. En effet, durant votre périple
qui commence à quelques parsecs de Neptune, vous allez
affronter les vaisseaux de la flotte Ideoclan. Tout ce petit
monde va tenter de vous empêcher de rallier la Terre,
en se regroupant en formations et en vous prenant pour cible.
Reprenons
le cheminement de votre voyage. Au début du jeu, il
vous faudra 2 Warps (et donc deux stages d'ennemis à
combattre) pour atteindre Neptune ; là, un stage bonus
vous attend. Ensuite, vous devrez systématiquement
franchir 3 Warps pour arriver à la planète suivante
où se trouve le stage bonus ; vous visiterez dans l'ordre
: Uranus, Saturne, Jupiter, Mars, et la Terre.
Votre
mission est donc d'arriver sur Terre. Vous en avez pour 23
niveaux, en comptant les stages bonus ! Courage, et bonne
chance, nous sommes de tout cœur avec vous.
Votre
vaisseau
Il
s'appelle Gyruss (étonnant, non ?) et possède
au départ un tir simple - j'y reviendrai un peu plus
loin. Vous le dirigez en utilisant la manette standard à
8 directions, et c'est là qu'est toute l'originalité
du jeu : on n'est pas devant un shoot'em up vertical,
ni horizontal, mais circulaire - imaginez que vous
regardiez dans un cylindre, avec votre appareil juste devant
vous, sur la tranche. Votre vaisseau se trouve ainsi sur un
cercle qui fait tout le tour de l'écran. Ainsi, si
vous mettez la manette en bas, le Gyruss se positionnera comme
sur les images ci-dessous.
Si
à ce moment-là, vous mettez la manette à
gauche, le vaisseau va faire un quart de cercle vers la gauche
et se placera à gauche de l'écran (voir les
deux images suivantes). En fait, le Gyruss se place exactement
là où vous dirigez la manette, sachant qu'avec
les 8 directions les diagonales sont prises en compte ; il
est aussi possible de commencer un mouvement vers un des 8
emplacements, et de l'arrêter en cours de route en lâchant
la manette. La seule chose à ne pas faire consiste
à mettre votre manette à l'opposé de
l'endroit où se trouve le vaisseau : dans ce cas, il
va faire un demi-cercle complet, ce qui est logique, mais
vous ne pouvez pas savoir à l'avance par quel côté
: c'est donc dangereux en plein combat. Mieux vaut se limiter
à de petites trajectoires et des quarts de cercle.
Maintenant
que vous savez comment diriger votre engin, en cercle autour
de l'écran donc, que visez-vous ? Comme vous le savez,
dans un shoot'em up vertical, le vaisseau cible toujours
le haut de l'écran ; eh bien ici, l'horizon n'est pas
une droite, mais un point situé au centre de l'écran.
On se retrouve dans une perspective circulaire, un peu comme
dans Tempest. Du coup, le Gyruss tourne sur
lui-même pour systématiquement pointer ses tirs
vers le milieu de l'écran.
Et
sur quoi allez-vous tirer ? Sur les Ideoclans, pardi, ils
n'avaient qu'à pas la ramener !
Les
ennemis
Définition
des Ideoclans dans le Guide du Routard Galaxique
: race extraterrestre un peu pète-sec, dont les membres
ont des problèmes gastriques chroniques, et qui tentent
régulièrement d'annexer sauvagement d'autres
systèmes à leur empire, en espérant y
trouver un remède à leur maladie - qui ne leur
arrange pas le caractère. Ils possèdent des
vaisseaux d'attaque dénommés Exarsions, Petarions,
Terarions, Gigarions, et des vaisseaux de reconnaissance non
armés portant le nom de Zigmas et Dogmas. À
approcher avec précaution.
Voilà
donc les méchants de l'histoire. Comment se présentent-ils
? Comment le saurais-je ? Je ne les ai jamais vus, je ne pourrais
pas vous les décrire, mais ce que je sais, c'est qu'ils
savent piloter en cercle ! Au début de chaque stage,
plusieurs escadrilles vont arriver d'un point précis
au bord de l'écran (qu'on finit par mémoriser)
pour virevolter autour du Gyruss, et finalement rejoindre
leur place au centre de l'écran - petits pixels colorés
qui bougent doucement. Rien ne vous empêche de les détruire
pendant qu'ils vous en mettent plein la vue avec leurs acrobaties
- c'est même franchement conseillé : ça
sera toujours ça de moins à combattre par la
suite.
Attention
: si au premier niveau, et ensuite tous les dix stages, les
Ideoclans ne tirent pas lors de leur apparition, aux autres
niveaux ils ne se gênent pas...
Une
fois que les quatre formations sont passées (ou
cinq si vous avez fait un joli carton auparavant), que
les Ideoclans survivants sont arrivés au centre
de l'écran et placés en cercle comme à
la parade, ils se mettent à plonger vers vous
en tirant. On les voit alors qui commencent à
se rapprocher de vous en tournant, et donc qui grossissent
jusqu'à être au même niveau que le
Gyruss. À vous de les éradiquer tous,
en évitant leurs tirs. Attention à ne
pas percuter un vaisseau ennemi ; des fois, leur trajectoire
peut conduire à la faute.
N'oubliez
pas que vous avez droit à trois salves de tir,
et qu'il faut attendre qu'une d'elles ait disparu ou
touché un adversaire pour pouvoir tirer à
nouveau... Ceci peut être source de collision,
si vous espériez éliminer un Ideoclan
au dernier moment, mais que vous n'avez pas de tir disponible
à cet instant précis.
Petite
remarque : s'il reste un seul Ideoclan à l'écran,
et que vous n'arrivez pas à le toucher, il s'en
va de lui-même au bout d'un moment, pour que vous
puissiez accéder au stage suivant. Alors, vous
voyez le Gyruss accélérer, pour finalement
disparaître à l'horizon lors de son Warp.
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Les
Ideoclans en formation d'attaque,
n'ayant subi aucune perte. |
Les
autres menaces
En
plus des Exarsions, Petarions, Terarions, Gigarions (à
vos souhaits !), il existe trois éléments qui
constituent un danger lors de vos affrontements.
Le
premier apparaît une fois lors de chaque stage, et consiste
en un groupe de trois appareils qui surgissent devant le Gyruss.
Aux deux extrémités, deux soucoupes bleues en
forme de trèfle ; au centre, une sphère incandescente.
Maintenant que j'y pense, les soucoupes me font penser à
celles qu'on trouve dans Moon
Patrol : celles qui créent des cratères
dans le sol, grâce à leurs missiles explosifs...
Bref : en détruisant la sphère, deux étincelles
font le tour de l'écran - une par chaque côté
- et quand elles se rejoignent sur le Gyruss, vous obtenez
un double tir ! Je ne peux que vous conseiller, à vous
qui êtes le dernier espoir etc, de vous précipiter
sur ce double tir au plus vite. Et le plus beau c'est qu'il
n'y a pas de contrepartie : pas de vaisseau dont la taille
augmente comme dans Galaga,
pas d'ennemis plus difficiles à vaincre, pas de rythme
de tir ralenti (Gradius),
bref : c'est un vrai plus.
En revanche, vous ne pourrez pas augmenter davantage votre armement.
Une fois que vous avez récupéré le double tir,
tant que vous ne vous faites pas toucher, ces vaisseaux apparaîtront
par groupe de trois vaisseaux bleus identiques - plus de sphère
incandescente !
Dans
tous les cas, il faut les détruire rapidement, car
au bout d'un moment ils quittent l'écran, et tant pis
pour les bonus.
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Détruire
la sphère incandescente au
plus vite pour obtenir le double tir ! |
J'évite
un météore qui file
en bas à droite de l'écran. |
Le
champ d'énergie (on ne le voit
hélas pas bien sur l'image). |
Deuxième
menace : le météore, qui traverse l'écran
en ligne droite depuis l'horizon, directement vers l'endroit
où se trouvait votre vaisseau quand il est apparu.
On ne peut le détruire, il faut donc l'éviter.
La fréquence d'apparition du météore
est variable : pas avant que vous n'ayez dépassé
Neptune, mais toujours un à l'écran à
la fois. Il représente un danger parce que 1/ il arrive
vite, et 2/ pendant que vous êtes occupé à
gérer des déplacements d'aliens qui volent dans
tous les sens, lui fonce en ligne droite, ce qui est des plus
déstabilisants. Il faut avoir la tête à
ce qui se passe en jeu.
Enfin,
de temps en temps, vous verrez surgir deux étranges
petits appareils, éloignés l'un de l'autre,
mais avec un champ d'énergie qui passe à toute
vitesse entre eux : une vraie barrière de gigawatts
! Comme le météore, ils se dirigent depuis l'horizon
en ligne droite vers l'emplacement où se trouvait le
Gyruss au moment de leur apparition. Le problème, c'est
qu'ils couvrent facilement 1/8ème de cercle avec leur
foutu champ de force, et que vous risquez d'exploser si vous
le touchez - du coup, cela limite sérieusement vos
déplacements. Pour vous tirer d'affaire, il faut toucher
un des deux appareils, ce qui annule le champ de force (et
attention à ne pas percuter l'autre).
Je
suis sûr que c'est un coup des Gigarions, après
tout avec un nom pareil... Gigarions, gigawatts... Hum.
Les
stages bonus
Chaque
fois que vous arrivez en orbite autour d'une planète,
le jeu vous offre une phase bonus. Normal, vous devez avoir
les articulations en ébullition à force d'annihilation
des Exarsions, Petarions, Terarions, Gigarions ; une petite
gesticulation pour permettre la décrispation de vos
tendons, mais pas d'inattention, c'est vite reparti pour l'action
!
Vous
allez pouvoir détruire sans risque les vaisseaux Zigmas
et Dogmas, qui ne peuvent répliquer ; le but est d'arriver
à faire un carton complet sur les quarante appareils,
qui virevoltent en formation devant vous par groupe de dix.
À
la fin du stage, vous obtenez un score correspondant au nombre
d'appareils détruits x 100. Mais si vous avez éliminé
les quarante, pas de calcul : vous obtenez un score total
de 10 000 points ! Ça vaut le coup de s'appliquer,
et pour cela, seul moyen : mémoriser les emplacements
d'apparition des escadrilles pour pouvoir les éliminer
au plus vite.
Ce
stage bonus, avec points supplémentaires si vous détruisez
tous les ennemis, me fait furieusement penser à Galaga...
Réalisation
Tout
d'abord, je voudrais dire un mot sur Yoshiki Okamoto, le designer
de Gyruss. Après avoir travaillé sur Time
Pilot (qui a eu pas mal de succès), il créa
Gyruss, qui fut lui aussi acclamé - mais à
mon sens pas autant qu'il le méritait. Une fois le jeu sorti,
Okamoto demanda à être augmenté, en menaçant
de démissionner de Konami s'il ne l'était pas ; il
se fit licencier le lendemain en revenant travailler !
Okamoto rejoignit alors Capcom en 1984, et fut designer sur
des projets aux noms prestigieux, tels que 1942,
1943, Side Arms, Street
Fighter ou Forgotten Worlds.
Graphiquement,
le jeu est simple mais joli. Rien d'exceptionnel, je vous
rassure, mais l'aspect des planètes est très
bien rendu, le Gyruss a de la gueule avec son propulseur allumé
; quant aux autres vaisseaux, ils sont plus ou moins réussis,
la plupart ressemblant à des évolutions de chasseurs
genre F-14... Enfin, on n'a pas trop le temps de les regarder
pendant qu'on joue. Le fond étoilé est des plus
succincts, au moins il ne surcharge pas l'écran.
Bizarrement,
c'est pour moi l'écran titre, avec le nom "GYRUSS"
inscrit au-dessus de la Terre, qui me paraît être
l'image la plus représentative de ce jeu.
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Ayant
déjà le double tir, la sphère
incandescente n'apparaît pas. |
J'arrive
sur Uranus.
Je ne suis jamais allé sur Saturne... |
Le
tableau des scores par défaut
(c'est écrit Konami...) |
L'animation
est fluide et rapide, et surtout sans saccades (encore heureux
vu le challenge qui vous attend). Le vaisseau répond
au quart de seconde, sans qu'on ait à pester pour une
erreur de trajectoire ; le seul petit défaut, j'en
parlais plus haut : placer la manette dans la position opposée
à celle du Gyruss lui fera bien rejoindre cet emplacement...
mais en passant par quel côté du cercle ? C'est
au joueur de faire attention...
L'échelle
des sprites est correcte, on n'a pas l'impression qu'ils grossissent
d'un seul coup en arrivant du fond de l'écran, donc
beau travail aussi de ce côté-là.
Mais
l'une des caractéristiques les plus mémorables de
ce jeu est sa bande son, qui se compose d'une excellente interprétation
au synthétiseur et avec percussions, par le groupe anglais
Sky, de la Toccata
et Fugue en ré mineur de Jean-Sébastien Bach.
L'original est extrêmement connu (pensez donc : c'est la musique
qu'on entend au générique du dessin animé Il
était une fois... l'homme !), mais le moins que l'on
puisse dire, c'est que cet arrangement a vraiment du peps ! Entraînant,
rythmé, il accompagne le joueur tout au long de la partie.
Du grand art !
On
se retrouve donc dans un shoot'em up classique, où
il faut tirer/esquiver, sauf encore une fois qu'ici le support est
circulaire. Beaucoup comparent Gyruss à un mélange
de Tempest et de Galaga :
je trouve que c'est tout à fait vrai, les escadrilles ennemies
ont des comportements (formation et attaque) qui sont très
proches de celles de Galaga - même
si leur look est différent. Et comme je le disais plus haut,
le principe d'avoir des combats et une phase bonus est un autre
point commun entre Galaga et Gyruss.
Gyruss fut distribué par Konami -
et Centuri, qui en acquit la licence.
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Galaga
et Tempest, les deux jeux qui ont inspiré Gyruss.
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Pour
finir, sachez que le record officiel est détenu par
Anthony Fodrizio, qui a marqué 41 090 450 points le
22 mars 1984. Quand je dépasse les 100 000, je suis
bien content ! Je suis sûr qu'en jouant plus régulièrement,
je ferais péter le score, mais je préfère
m'amuser tranquillement et profiter de la musique - tiens,
je vais me faire une partie rien que pour en profiter !
Conversions
Gyruss
a été adapté en 1984 sur de nombreuses
machines de l'époque, par Parker Brothers : Atari
2600, Atari 5200, Atari 8-bits, Commodore
64, ColecoVision ; la version NES propose
de nouveaux graphismes et même une image d'introduction.
Il semble que Gyruss ait été
prévu mais annulé sur ZX Spectrum.
Toutes ces conversions sont honorables, mais bizarrement la
version NES, plus travaillée, me paraît
étrange à cause de la taille plus imposante
des sprites (redessinés pour l'occasion) qui donnent
l'impression de se trouver dans une minuscule zone de jeu.
Je
regrette surtout de ne jamais avoir mis la main sur la version
ColecoVision, je l'aurais certainement achetée.
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La
boîte Parker Brothers, ici pour la version ColecoVision,
qui reprend le marquee de Konami
(voir en bas de cette page). Merci au site Mobygames
! |
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Version
Atari 2600. |
Version
Atari 5200 / 8-bits. |
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Version
C64. |
Version
ColecoVision. |
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Version
NES. |
Des
années plus tard, on retrouve Gyruss
dans la compilation 'Konami Arcade Hits' pour Playstation,
et 'Konami Collector Series : Arcade Advanced' compilation
pour Game Boy Advance. Il est ensuite paru sur le
XBLA en 2007, et il est disponible depuis juillet
2010 sur le Microsoft Game Room pour PC et XBox360.
Sans compter les nombreux hommages à ce jeu, comme
dans les petits jeux d'arcade présents dans les cafés
de GTA III San
Andreas...
Conclusion
J'aime
Gyruss. Et j'en suis fier ! :) Son style,
son rythme, sa musique et son originalité face aux
shoot'em up de l'époque lui donnent un cachet unique.
Ne ratez pas l'occasion de le tester, et surtout avec le son
pour profiter de l'ambiance sonore fantastique !
JPB