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Monkey Island - La série

Année : 1990 à 2001
Système : PC / Sega CD / Amiga / PS2
Développeur : LucasArts
Auteur : Ron Gilbert
Editeur : LucasArts
Support : Disquettes, CD-ROM, DVD

 




Par Mickmils (Août 2003)

Je ne sais pas ce que vous pensez des téléphones portables, mais personnellement je les ai en horreur. Je suis moi meme obligé d'en avoir un pour mes études au cas ou il m'arriverait un truc genre kidnapping, mais c'est a peu près la seule utilité que j'en ai.  Ah si, il y a une chose que j'aime bien faire c'est jouer avec le truc qui fait les sonneries. Désormais mon téléphone fait "TAATAAA TI LA LA TAAAHHH... ". Vous aurez tous reconnu la le désormais célèbre thème musical de l'Ile aux Singes.

Les consoles ont leurs Mario, Sonic, Crash Bandicoot et autres, mais nous autres utilisateurs micro aussi avons nos héros cultes : l'un d'entre eux s'appele Guybrush Threepwood, héros de la saga de l'Ile aux Singes. Pourquoi ce dossier ? Tout d'abord, parce que c'est en plein dans l'actualité,  coco ! Walt Disney prépare en ce moment mème une adaptation cinématographique, non pas de Monkey Island, mais de Pirates of the Carribean, une de leurs attractions dans Disneyworld... Quel rapport ? Monkey Island n'est rien d'autre qu'une adaptation plutot libre de cette attraction ! Alors oui d'accord, il y aura Johny Depp (Jo le Taxi, dans l'intimité). Oui, il y aura Orlando "Une ombre grandit dans mon esprit" Legolas-Bloom, mais les véritables stars ce ne seront pas eux. Les véritables stars ce seront les hordes de pirates fantomes et autres squelettes qui pulluleront dans le film tout comme dans la série de jeux. Certaines de ces créatures a moitié mortes seront, clin d'oeil magnifique, dessinées comme le sont celles de Monkey Island (un dessin de travail montre deux squelettes en tout point identiques a Monkey Island)


Les deux squelettes ci dessus apparaitront dans Pirates of the Carribean... Walt Disney les a repris de Monkey Island 3


Autres conceptuals drawings, la scène du bateau ne vous rappelle rien ?

Allez, franchement, si vous avez joué a Monkey Island, ca vous remet pas dans l'ambiance ? Mais il y a d'autres raisons à l'existence de cet article : 1. Il n'y a pas de dossier Monkey Island sur Grospixels, et ca, c'est vraiment une honte (NdL : Mais oui, il y en a un, cherche bien).
2. Il y a même des gens qui ne CONNAISSENT PAS Monkey Island. (vous en connaissez, j'en suis sur)

Et enfin 3eme et plus importante raison, une idée communement répandue parmi ceux qui jouent a Monkey Island et que le dernier épisode de la série est le 4eme, Escape From Monkey Island (ce qui n'est qu'a moitié vrai comme nous le verrons plus tard), et surtout que le fameux secret de l'Ile aux Singes n'a jamais été révélé, et qu'il est un mystére inélucidé (et hop, un mot inventé, un)... d'ailleurs il n'existerait meme pas. Voila qui est faux. Le secret existe. C'est tout simplement le secret le mieux gardé de l'histoire du jeu vidéo... Et il a été à moitié percé par des joueurs fous-furieux. Alors le voila, le but de cet article : Vous montrer COMMENT Lucas Arts a réussi a mettre au point une série fantastique... en grande partie grace a Monkey Island 2, possiblement l'un des meilleurs jeux d'aventure de tout les temps (si ce n'est le meilleur), et grâce a la fin de ce meme jeu, absolument mythique, inoubliable... et aussi la plus énigmatique de l'histoire du jeu vidéo.
Si vous n'avez pas joué Monkey Island  et que vous avez l'intention de le faire, je vous prierai de zapper tout les passages écrits en italique, vu que ca vous gachera la surprise, mais ils sont nécessaires à mon argumentation.

Allez, ca commence maintenant.


The Secret Of Monkey Island (PC / Amiga / SegaCD - 1990)


La pochette et le papa du jeu

1990 : Lucas Arts s'est déja lancé dans le jeu d'aventures. Son système SCUMM fait un tabac et innove par rapport a celui des jeux Sierra qui oblige encore les joueurs a taper leur commande au clavier. Mais les coyotes de Lucas Arts sont des malins : on clique sur le verbe, on clique sur l'objet, zou. Zak Mack Cracken et Maniac Mansion ont déja eu l'honneur de profiter de ce système.



Dans son bureau, un gros bonhomme qui s'appele Ron Gilbert (qui finira par travailler sur des jeux d'aventure pour enfant) écrit un petit synopsis. Une histoire d'un type qui veut devenir pirate. Il la montre a ses bosses. "T'es sympa Ron, mais c'est pas terrible". Ils ne lui ont pas dit ca, mais ca revient a peu près au même. Alors Ron réecrit son histoire, il y met un méchant et une fille a sauver. "T'es lourd, Ron" lui répond-on. Au bout de 4 ou 5 tentatives, Ron revient a la charge, bien décidé. Cette fois, son histoire s'inspire de Pirates of the Caribbean, une attraction qu'il adorait étant gosse... et il y a mis des pirates fantomes ! "Woohoo ! C'est cool !" lui font ses bosses... et l'équipe de travailler sur un jeu qui s'appelera Monkey Island.


Tatan... !

Quelques semaines plus tard un type sur le projet sauve une animation sur Deluxe Paint, un brush comme on dit dans le métier. Un type qui marche. Il ne sait pas comment appeler le type. Finalement il l'appele "guy" (mec), et sauve le fichier sous le nom "GuyBrush". Le graphiste est content. Il vient de donner naissance a une légende du jeu d'aventure. Notre équipe travaille d'arrache-pied, et en ressort un jeu d'aventures bourré d'humour. Histoire : Guybrush Threepwood (âge indeterminé, c'est important, on y reviendra après) débarque sur l'Ile de Mélée. Son trip a lui, c'est de devenir pirate. Il va voir les pirates du coin et apprend qu'il lui faudra pour cela remplir trois épreuves a la noix. Guybrush le fait, et tombe en chemin amoureux d'Elaine Marley, gouverneur de l'Ile de Mélée. Manque de chance, son petit lapin est capturé par un pirate fantôme, Lechuck, très très vilain. Lechuck est le seul a connaitre un terrible secret, celui de l'Ile aux Singes, dont tout le monde ignore l'emplacement. Il emmene la belle sur L'ile aux singes... et laisse a Guybrush le soin de trouver un moyen de la délivrer ! Le goujat !

Comment décrire cette première aventure ? En fait, mis a part sa dose d'humour, c'est un jeu qui, a nos yeux blasés, est carrément classique, meme si les graphismes (de magnifques dessins qui furent scannées et retravaillés) ne sont pas mauvais du tout, si la musique est magnifique - Michael Z. Land a encore fait un remarquable boulot avec des musiques Reggae parfaitement adaptées a l'ambiance du jeu, qui fut d'ailleurs réedité sur CD-Rom (Monkey Island 1 est mon premier jeu CD, mais vous vous en moquez), avec le gain a l'audio qu'on lui connait-, il n'y a malgré tout qu'un scénario rudimentaire (et relativement classique)... mais tout ça, c'est avec nos yeux de 2003 qui en ont déja vu des point'n click, pfoula oui ... En fait, a l'époque de sa sortie, Monkey Island place la barre très haut, surtout pour ses concurrents. Il représente aussi le point de départ d'une longue série de jeux d'aventures humoristiques (et là, j'ai l'image en tête de ces cannibales qui surveillent leur régime et leur choléstérol).

Les énigmes sont très très bien trouvées, les dialogues très droles (sans être a mourir de rire non plus)... En repensant a Monkey Island, on le verra donc tout simplement comme un jeu novateur et sans défaut, le véritable (même si il y en avait eu d'autre avant) départ de cette longue série de jeux qui nous ont tant fait rire.

Résumons l'histoire, et ne vous avisez pas de lire ca si vous avez l'intention de découvrir la série en y jouant !

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NE LISEZ PAS, vous dis-je.

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Bon.

Guybrush se lance a la poursuite de LeChuck, trouve l'Ile aux singes, trouve un moyen de tuer LeChuck, revient sur L'ile de Mélee, tue LeChuck, et sauve Elaine. Je vous l'avais dit, c'est pas super original. Mais encore une fois, ca ne rend pas compte de la qualité du jeu (vous croyez que c'est devenu mythique pour rien, vous, Monkey Island ?), et cette qualité la, on n'en profite réellement qu'en y jouant. On notera quand même un passage inattendu : celui des combats a l'épée, ou il faut à chaque fois déstabiliser son adversaire par une insulte bien placée. De combat en combat on apprend de nouvelles insultes. C'est sympathique, mais lassant une fois qu'on connait toutes les insultes. Oh, et on ne peut pas mourir dans Monkey Island. Ca aussi c'est nouveau. Enfin si, on peut mourir a UN endroit, mais il faut VRAIMENT VRAIMENT le faire exprès ou être un idiot comme c'est pas permis.

Voila ca c'est pour la petite histoire. Interloqués, les joueurs parvenant a la fin du jeu les joueurs se demandent.. "Fichtre, c'est quoi le secret de l'Ile aux Singes ?"... Ron Gilbert apporte alors un élément de réponse dans une interview. Tout d'abord, beaucoup de choses qui devaient se retrouver dans MI n'y sont pas, par manque de temps de développement et de place (on avait des disquettes a l'époque, mais si, souvenez vous, les trucs qui ressemblent a des biscottes). Les anachronismes, notamment (on trouve un distributeur de soda sur l'Ile de Mélée) passaient pour des blagues... alors qu'ils avaient un lien avec le mystérieux secret... Mais quel est-il ce secret ? Ron nous dit "c'est pour la suite du jeu."

Ok Ron...


Monkey Island 2 : LeChuck's Revenge (PC / Amiga - 1991)

A peine un an après Monkey 1, voici Monkey 2, le retour... les coyotes de chez LucasArts se sont mis au boulot dès la fin du développement du premier épisode, Ron ayant déja une histoire en place, et l'équipe disposait d'élements non utilisés. Le développement se déroule presque sans probleme... seul deux petits pépins : les combats d'insultes ont été zappés par manque de temps, et l'équipe se dispute a un moment sur la fin du jeu. En effet, nos petits gars ne la comprennent pas. Ron Gilbert a eu l'idée GENIALE de ne l'expliquer a personne... Il parvient tout de meme à l'imposer. Pourquoi cette idée est-elle géniale ? Parce que 12 ans après la sortie de MI2, les fans en parlent encore, de cette fin, et se lancent des discussions interminables pour essayer d'en tirer un sens. Aujourd'hui encore , en 2003, seul Ron Gilbert est le seul a la comprendre vraiment, et malgré la pression des fans il ne parle pas. Cependant... nous le verrons, en grattant bien... on trouve pas mal d'éléments de réponses...

Le premier choc quand on joue a Monkey 2, est technique : Les graphismes d'abord, atteignent un nombre de couleurs mirobolant : 256 ! ... Bon sang, 256 !


Deux des dessins, euh, dessinés puis scannés dans le jeu

Ensuite la musique : Si c'est toujours du MIDI, si c'est toujours un Michael Z. Land en super forme avec le meme style musical, le systeme "iMuse" est très astucieux. Par exemple dans la ville de départ, Woodtick, toutes les musiques de tous les batiments et de toutes les scenes sont chargées mais joués "en silence". Lorsque l'on passe d'une zone a l'autre, la musique est remplacée progressivement... Quoiqu'on fasse, donc, la transition d'une musique a l'autre par vos actions ne vous agresse pas les oreilles ! C'est bête, mais il fallait y penser.

Autres changement majeurs :
- Le jeu propose deux niveaux de difficulté : "Mega Monkey" et "Monkey Island 2 Doux :  je n'ai jamais joué a un jeu d'aventure avant, j'ai peur." (sic.). Vous vivrez dans les deux cas la meme histoire, seules les énigmes changent et sont plus simples dans un mode... le jeu n'est, a mon goût, franchement intéressant que dans le deuxieme mode.
- L'humour : Monkey Island 2 est bien plus drole que le premier, de par ses situations burlesques (il vous faudra mettre un rat dans un ragout, scier une jambe de bois d'un type qui dort, vous promener en tutu, tricher a un concours de crachat, prendre au piege un vendeur de cercueil.... oui, vous en ferez des choses dans ce jeu...), et ses dialogues excellents (on dirait du Audiard).


Guybrush faisant de son mieux pour envoyer un crachat le plus loin possible devant une foule ébahie

Cet humour vient du fait que Monkey Island 2 est plus centré sur le scénario que le premier. En effet, le premier pose les bases de l'histoire, et le 2 EST l'histoire.

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SPOILER : REVELATIONS SUR LE SECRET DE L'ILE AUX SINGES.... OUAIS !

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Attention, je vais résumer toute l'histoire. Vous verrez c'est important pour comprendre ce que peuvent être le secret et la dimension géniale du jeu : Une période indeterminée après Monkey Island 1, Guybrush est presque célèbre. Presque, parce que personne ne croit a son histoire. Guybrush est surtout très seul, puisque largué par Elaine, comme une loque humaine qu'il est.... Mais Guybrush a grandi, il a même une petite barbe... cette fois-ci, il se lance à la recherche d'un trésor "Big Whoop" (qu'on peut traduire en français par un truc du genre "beaucoup de bruit pour rien", ce qui aura son importance aussi par la suite... c'est également un nom qui semble évoquer une attraction dans un parc). Guybrush commence son aventure sur l'ile de Scabb, très riche. Notons que Monkey Island 2 est peut être le seul jeu d'aventures où l'on commence avec autant d'argent, pfoula, vous etes riche a un point comme c'est pas possible... Vous êtes le Bill Gates des Caraïbes ! Notons, également, que Monkey Island 2 est le premier jeu où l'on perd son argent aussi vite. Dès le premier clic de souris, notre bon vieux Guybrush se fait tabasser par un dénommé Largo LaGrande, qui en profite pour lui piquer tout son argent. Largo terrorise toute l'Ile de Scabb, car c'est l'ancien bras droit de LeChuck, et tout le monde lui lèche les bottes. MAIS CA NE VA PAS SE PASSER COMME CA AVEC GUYBRUSH THREEPWOOD, LE PIRATE QUI PEUT RETENIR SON SOUFFLE PENDANT 10 MINUTES SANS BRONCHER !

Guybrush se retrouve donc coincé sur l'Ile de Scabb tandis que Largo met la pagaille. Retrouvant une de ses amies de Monkey 1, une sorcière, Guybrush l'aide a recueillir les ingrédients d'une poupée vaudou, grace à laquelle il devrait pouvoir forcer son ennemi à quitter l'Ile de Scabb. Mais le Vaudou et Guybrush, ca fait trois, donc il doit se retrouver très près de Largo. Guybrush parvient PRESQUE a chasser Largo de l'Ile de Scabb. Presque, parce que ce dernier part volontairement : Guybrush a eu l'idée géniale de faire son malin devant lui, affirmant qu'il avait tué LeChuck en lui montrant sa barbe comme preuve (la barbe de LeChuck, hein, pas la sienne, prenez des notes). Largo, tout content, lui vole et part avec, lui disant que, youpi, avec ca, on va pouvoir ressusciter le gros Lechuck.

Et Guybrush de se demander s'il n'a pas fait une bétise.

Soulignons que LeChuck sera ici ainsi un Zombie décomposé, et non un spectre. Le fait qu'il soit décomposé n'améliore pas beaucoup son humeur et sa sympathie envers Guybrush. Miss Vaudou révele alors a Guybrush qu'il ne peut espérer s'en tirer contre Lechuck cette fois (le coup de bol de Guybrush dans Monkey 1 lui permettant d'éliminer le pirate fantôme frise l'indécence). Guybrush a donc tout intérêt a fuir. Mais où ? La solution serait Big Whoop. Big Whoop serait bien plus qu'un simple trésor, ce serait une porte vers un autre monde. En trouvant cet autre monde, Guybrush pourrait échapper a jamais a LeChuck. Guybrush n'a pas le choix. Il va falloir le trouver ce trésor. Guybrush apprend très vite qu'il y a un petit moment, 4 pirates ont trouvé Big Whoop. Il apprend également qu'ils ont été impressionés, et que c'était si magnifique (ou si terrible...) qu'ils voulaient s'assurer que PERSONNE d'autre ne trouve l'endroit mystérieux. Ils ont donc pris leur carte du trésor, et l'ont déchiré en quatre morceaux, chacun en emportant un.

Guybrush apprend également que l'un de ces pirates était un certain Gouverneur Marley, le père d'Elaine (voila qui ne présage rien de bon pour un Guybrush dont les talents de séduction ont déja fait leur manque de preuve dans l'épisode précédent).

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