C'était
il y a des années, quand j'étais jeune et que
ma passion des jeux vidéo ne faisait que commencer. Je
n'étais que novice en ce domaine et certains d'entre
eux me rebutaient par leur difficulté trop importante.
Par exemple, je m'emmêlais les doigts quand je tentais
- vainement - de faire un score à Defender.
Je n'arrivais pas à maîtriser les trajectoires
de Nibbler, ce serpent qui grossit au fur et
à mesure qu'il mange (pourtant, ce jeu n'est pas difficile,
juste heu, pénible. Enfin, ce n'est que mon point de
vue !). Et dans Hyper Olympics, tout ce que
j'arrivais à faire c'était lancer le javelot à
la verticale et embrocher un pauvre pigeon qui n'avait rien
demandé.
Un
autre jeu me stupéfiait par sa difficulté : je
n'arrivais jamais à gagner. Pourtant, le principe me
paraissait enfantin : tirer sur des figurines qui défilaient
lentement à l'écran. Oui, vous avez bien lu :
lentement ! Encore plus facile qu'un shoot'em up, de la gnognote
quoi !! Malgré tout, pas moyen de passer le premier tableau
: je finissais toujours par perdre, submergé par les
canards qui me piquaient mes munitions. Il me fallut attendre
quelques années pour enfin comprendre le but de ce jeu
: Carnival.
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| Regarder
la démo du jeu vous indiquera tout ce qu'il y
a à savoir. |
Bon,
tout le monde ici connaît ce jeu, j'en suis persuadé.
Même si ce n'est pas le cas, soit la petite musique, soit
les captures écran auront bien laissé une trace
dans votre mémoire.
Non
?
Ah,
ben alors je vais vous faire un petit résumé du
jeu. Vous allez voir, il n'est vraiment pas compliqué.
Approchez,
approchez !
Vous
dirigez un pistolet, au bas de l'écran, pointé
vers le haut, à la manière d'un Space
Invaders. En dessous de vous, toutes les munitions
dont vous disposez. Le but est de tirer sur toutes les cibles
qui passent devant vous sur trois rangées. Le tir met
un certain temps pour parvenir à l'objet visé,
il faut donc légèrement anticiper. Chaque tir
décrémente les munitions, mais vous pouvez garder
un œil sur celles qu'il vous reste.
Les
cibles sont de quatre sortes :
-
les figurines (chouettes rouges, lapins blancs et canards jaunes)
qui sont grosses et faciles à viser. Ces animaux placides
n'essaient pas de s'enfuir quand on leur tire dessus : ils disparaissent
tout simplement. Enfin, les canards c'est un peu particulier,
j'y reviendrai. Ces figurines rapportent 10, 30 ou 50 points
en fonction de leur distance par rapport à vous (ces
valeurs augmentent avec les niveaux) ;
-
les bonus de munitions, de petits carrés avec un nombre
inscrit (5 ou 10) qui, lorsque vous les touchez, vous rajoutent
le nombre de munitions indiqué. Ces bonus ne défilent
que sur les deux rangées du haut (ils ne passent jamais
sur la rangée la plus proche de vous) ;
-
les lettres composant le mot BONUS qui, si vous arrivez à
les détruire dans le bon ordre, vous ajoutent un score
bonus, visible en haut à droite de l'écran ;
-
les pipes, qui tournent autour de la roue en haut au milieu
de l'écran. Toutes les détruire donne les points
de bonus inscrits dessous, mais cette valeur diminue petit à
petit : il faut donc les toucher au plus vite... ce qui est
difficile en début de jeu à cause de la quantité
de cibles qui passent devant vous. Pour gagner des points de
bonus, il faut les détruire par paire colorée.
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Un canard en formation... Et la sanction pour ne pas
l'avoir touché. |
Voilà
pour les bases - et les cibles à éliminer.
Ici
on (ne) gagne (pas) à tous les coups !
Plusieurs
facteurs vont vous poser des problèmes (heureusement
parce que sinon, on s'ennuierait un peu).
-
tout d'abord, le plus important : vos munitions s'épuisent.
Tirer à tort et à travers est le plus sûr
moyen pour perdre en quelques minutes. De plus, un panneau bonus/malus,
présent en haut à gauche de l'écran, peut
vous faire gagner - ou perdre - quelques munitions supplémentaires,
prudence donc.
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ensuite, les canards ne sont pas des animaux comme les autres
: ils volent. Mais si, les canards ça vole, j'en ai encore
vu un le faire l'autre jour, et si vous ne me croyez pas vous
le constaterez vite par vous-même. Lorsqu'une figurine
en forme de canard arrive sur la rangée du bas, la plus
proche de vous, il peut décider au moment où ça
l'arrange de s'envoler en zigzag et en caquetant jusqu'en bas
de l'écran. Si vous n'arrivez pas à lui mettre
du plomb dans l'aile, il va gober 10 munitions, et déjà
qu'elles sont comptées c'est vraiment pas l'idéal
!
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Voilà ce qui vous attend si vous négligez
les pipes... |
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pour finir, tant qu'il reste des cibles, des canards vont continuer
à apparaître, jusqu'à un point où
vous en serez à ne tirer que sur eux.
Bon,
vous voyez, c'est pas compliqué hein ? Alors, si c'est
si simple, pourquoi est-ce que je n'arrivais pas à gagner
me demanderez-vous ?
Eh bien voilà : je ne savais pas qu'il fallait détruire
aussi les pipes. Du coup, je détruisais toutes les cibles
mouvantes, et je me retrouvais avec des canards, encore des
canards, toujours des canards... jusqu'à ce que je n'aie
plus de munitions.
Tentez
votre adresse !
Quand
vous terminez un tableau, c'est à dire que vous avez
réussi à détruire toutes les cibles y compris
les fameuses pipes, vous gagnez 50 points par munition restante,
et vous arrivez à l'écran bonus intermédiaire
: l'ours.
L'ours,
sympathique plantigrade velu avec une énorme cible tatouée
sur chacun de ses flancs et sur son ventre, apparaît d'un
côté de l'écran, se dandinant tranquillement
sur ses quatre pattes vers l'autre extrémité.
Contrairement au canard, l'ours ne vole pas. Par contre, lui
non plus n'aime pas quand on lui tire dessus : il se dresse
sur ses pattes arrière, rugit et fait demi-tour, mais
là il se dandine un peu plus vite, peut-être qu'il
a oublié quelque chose sur le feu. Si vous re-tirez sur
lui, il répète le même demi-tour, et repart
encore un peu plus vite.
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L'ours.
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Touché
! L'ours fait demi-tour. |
Le
but est d'arriver de le toucher un maximum de fois. À
chaque tir réussi, vous obtenez 50 points et l'ours fait
demi-tour un peu plus vite que la fois précédente,
jusqu'à aller à une vitesse impressionnante. Sachez
en tout cas que si vous arrivez à trouver le bon timing,
il est possible de le toucher indéfiniment. Mais on finit
toujours par faire une petite erreur, et l'ours en profite pour
s'échapper à toute vitesse.
Le
tableau de fête foraine réapparaît, vous
êtes prêt à recommencer.
Les scores des cibles sont plus élevés, et pour
le stage de l'ours vous en aurez à concurrence de 4 en
même temps, les uns sous les autres.
Revenez
quand vous voulez !
Et
voilà ce qu'est Carnival. Un jeu tout
simple, tant au niveau graphique, sonore qu'au niveau gameplay.
Comme
vous avez pu vous en rendre compte, graphiquement Carnival
ne casse pas trois pattes à un canard (ça tombe
bien) : les sprites sont simples, mais curieusement je trouve
que dans le contexte, ils pourraient être assez réalistes
: j'imagine très bien, dans un vieux stand de fête
foraine, ces silhouettes identiques en métal peint sur
un axe, qui basculent quand on arrive à les toucher au
fusil à plombs... Cette simplicité visuelle (n'oubliez
pas que le jeu date de 1980) est finalement bienvenue pour arriver
à viser avec précision.
L'animation
est sans reproche et sans surprise non plus.
Les
bruitages sont des plus succincts. Ceux du tir (un "bang")
et de l'impact (un "bing" métallique) sont
sympas ; les caquètements des canards et le rugissement
des ours sont moins impressionnants. La musique est archie-connue,
bien dans le ton de la fête foraine, et il est possible
de la couper si elle vous soûle trop en tirant sur la
note de musique à l'extrême droite de l'écran.
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| Deux
ours... |
Le
troisième niveau. |
Carnival
est sorti sur les trois consoles phares de l'époque :
VCS, Intellivision, Coleco.
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| Carnival
sur VCS Atari... |
...
Mattel Intellivision... |
...
et CBS Colecovision. |
Quelques
années après l'avoir côtoyé dans
le Jean Bart (ce bistrot où je jouais à tant de
jeux d'arcade), et après qu'il m'ait vaincu, j'ai pris
ma revanche : je l'ai acheté sa conversion sur la console
ColecoVision, et là j'ai compris comment le
vaincre.
Depuis, je suis devenu bon à l'original : j'ai vérifié
sur Mame. Je reconnais que je n'arrive pas toujours à
réussir les bonus dans l'ordre... mais je me débrouille.
Par contre, forcément, au bout d'un moment, le côté
répétitif fait que je me lasse de tirer même
sur des canards, et je m'arrête généralement
en cours de partie pour passer à autre chose. Je n'ai
en tout cas pas la prétention de battre le record de
Fred Pastore : 386 750 points le 3 Juin 2001.
Un
grand classique à découvrir et à réessayer
pour le plaisir.
JPB