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Wonderboy
Année : 1986
Système : Arcade
Développeur : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Plate-forme / Action

Il faut également faire face au terrifiant bestiaire peuplant Wonderland : escargots, araignées, chauve-souris et autres pieuvres ne posent pas trop de problèmes tant que vous êtes armé du tomahawk ; les cobras peuvent en revanche vous surprendre en surgissant du sol, de même que les essaims de guêpes, qui auront vite fait de submerger Tom-Tom par leur nombre.

Quelques ennemis sont particulièrement redoutables : les grenouilles vous feront perdre nombre de vies en raison de leur vivacité et de leur résistance au Tomahawk ; il faut en effet les toucher plusieurs fois pour en venir à bout, chaque blessure infligée entraînant un changement de couleur ET de mode d'attaque des batraciens.
Lorsque vous apercevez une fleur dans le décor, ce n'est pas le moment de rêvasser à des paysages bucoliques mais plutôt de rester sur vos gardes, car ce détail indique qu'une embuscade de coyotes est imminente ! Ces ennemis sournois frappent par derrière et lancent généralement leur attaque alors même que vous êtes en train de procéder à la collecte de nourriture ou négociez un passage de plateforme délicat...

Grenouilles et Coyotes mènent la vie dure à notre héros

À la fin de chaque monde, Tom-Tom devra faire face à l'une des incarnations de King : quelle que soit son apparence, le Boss lance des boules de feu selon des cadences variables, se déplace plus ou moins rapidement et il faut le toucher plusieurs fois à la tête pour lui faire perdre celle-ci ; King revêt alors un nouveau visage avant de s'envoler vers le niveau suivant, en laissant derrière lui un item appartenant à Tanya, sans aucune utilité pour la suite : pendentif, parfum, chaussure et autres accessoires viendront juste enrichir une barre d'inventaire purement décorative.

Le pauvre King a beau changer de visage, il reste toujours aussi moche...

Oh oh oh, jolies poupées ! (hommage subtil à Bernard Menez)

Il y a deux façons de terminer Wonder Boy : la première consiste à traverser tant bien que mal les sept premiers niveaux et battre les incarnations successives de King avant de libérer Tanya ; la seconde est réservée aux joueurs les plus endurcis : chaque stage du jeu recèle une poupée à l'effigie de votre dulcinée ; il faut absolument en récupérer 28 pour ouvrir la porte du huitième et dernier monde de Wonderland, là où les maniaques du joystick auront l'occasion de soumettre leurs réflexes à dure épreuve !

Quelques aperçus du huitième monde : une vraie promenade de santé...

Placées de façon visible et accessibles sans trop de peine dans les premiers niveaux, les jolies poupées sont par la suite plus difficiles à atteindre et peuvent être camouflées dans des rochers ou - plus vicieux - dans des ennemis : leur récupération oblige alors Tom-Tom à accomplir des acrobaties périlleuses, quand il ne doit pas adopter un comportement a priori suicidaire, comme foncer volontairement dans un ennemi...

Outre leur importance pour terminer le jeu, ces poupées sont également déterminantes dans la course au highscore, puisqu'elles doublent le montant des points obtenus à la fin de chaque stage !

On peut difficilement louper la première poupée du jeu : par ici le Doll Bonus !

À côté de la quête secondaire des poupées, chacun des 32 stages du titre recèle une des lettres du mot SEGA : invisibles à l'œil nu et ne pouvant être débusquées que par un saut ou un tir chanceux de Tomahawk, ces lettres accordent une vie en plus à chaque fois que le nom de l'éditeur a pu être recomposé.

Un jeu « Wonder »

Graphiquement, Wonder Boy est une réussite incontestable : Tom-Tom possède de nombreuses mimiques à son actif, notamment lorsqu'il est sur son Skate ou pique une pointe de vitesse, et la plupart des « morts » donnent lieu à des animations rigolotes ; nonobstant le côté « kawaii » du héros ainsi que des monstres, les différents lieux traversés (forêt, plaine, caverne, océan, donjon...) ont fait l'objet d'un grand soin dans leur rendu, contribuant à faire de Wonder Boy l'un des plus beaux jeux d'arcade sorti en son temps, réussissant même l'exploit de plaire à la gente féminine !

Pour ce qui est de la bande-son, bien que le thème principal soit entraînant et guilleret (vous pouvez d'ailleurs en avoir un aperçu avec le gromix consacré à cet air), il s'avère rapidement répétitif ; les bruitages renforçent de leur côté l'ambiance mignonne et (faussement) décontractée du titre.

Les excellentes conversions Master System et Game Gear (cette dernière est intitulée Revenge of Drancon aux USA), sont toutes 2 caractérisées par des allègements esthétiques mineurs de la version arcade ; elles gagnent en contrepartie des niveaux supplémentaires ainsi qu'un bonus round inédit !

Versions Master System et Game Gear (avec un aperçu du bonus round inédit)

Wonder Boy a également fait l'objet d'adaptations sur micro-ordinateurs :

Versions CPC et C64
Versions ZX Spectrum et SG-1000

L'échappée belle d'Escape : Adventure Island

Sega ne détenant sur Wonder Boy que la propriété intellectuelle de certains éléments (dont le sprite du héros), Escape se livre bientôt à un véritable crime de lèse-majesté, par l'intermédiaire d'Hudson soft : une adaptation à peine dissimulée du jeu sur Famicom ! La copie a pour nom Adventure Island et les exploits du héros de substitution, Master Higgins, bénéficient rapidement d'un succès supérieur à celui rencontré par Tom-Tom, stoppant net la carrière d'apprenti mascotte de ce dernier.

Adventure Island sur NES et MSX

Faut-il le préciser, Sega aura du mal à digérer l'affront subi et sans aller jusqu'au divorce avec Escape (devenu entre-temps Westone), assurera un contrôle plus étroit des productions futures, probablement à l'origine du formidable bouleversement apporté dans la suite Wonder Boy in Monsterland. Mais ceci est une autre histoire...

Merci aux participants du défi HIGHSCORE (sur le forum) consacré à Wonder Boy : leurs commentaires m'ont été très utiles pour la rédaction de cet article !

François
(06 août 2007)
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