<<Page
précédente
Il faut
également faire face au terrifiant bestiaire peuplant
Wonderland : escargots, araignées, chauve-souris et
autres pieuvres ne posent pas trop de problèmes tant
que vous êtes armé du tomahawk ; les cobras peuvent
par contre vous surprendre en surgissant du sol, de même
que les essaims de guêpes, qui auront vite fait de submerger
Tom-Tom par leur nombre.
Quelques ennemis sont particulièrement redoutables
: les grenouilles vous feront perdre nombre de vies en raison
de leur vivacité et de leur résistance au Tomahawk
; il faut en effet les toucher plusieurs fois pour en venir
à bout, chaque blessure infligée entraînant
un changement de couleur ET de mode d’attaque des batraciens.
Lorsque vous apercevez une fleur dans le décor, ce
n’est pas le moment de rêvasser à des paysages
bucoliques mais plutôt de rester sur vos gardes, car
ce détail indique qu’une embuscade de coyotes
est imminente ! Ces ennemis sournois frappent par derrière
et lancent généralement leur attaque alors même
que vous êtes en train de procéder à la
collecte de nourriture ou négociez un passage de plate-forme
délicat…
Grenouilles
et Coyotes mènent la vie dure à notre héros
A
la fin de chaque monde, Tom-Tom devra faire face à
l’une des incarnations de King : quelque soit son apparence,
le Boss lance des boules de feu selon des cadences variables,
se déplace plus ou moins rapidement et il faut le toucher
plusieurs fois à la tête pour lui faire perdre
celle-ci ; King revêt alors un nouveau visage avant
de s’envoler vers le niveau suivant, en laissant derrière
lui un item appartenant à Tanya, sans aucune utilité
pour la suite : pendentif, parfum, chaussure et autres accessoires
viendront juste enrichir une barre d’inventaire purement
décorative.

Le
pauvre King a beau changer de visage, il reste toujours aussi
moche…
Oh
oh oh, jolies poupées ! (hommage subtil à Bernard
Menez)
Il
y a deux façons de terminer Wonder Boy : la première
consiste à traverser tant bien que mal les sept premiers
niveaux et battre les incarnations successives de King avant
de libérer Tanya ; la seconde est réservée
aux joueurs les plus endurcis : chaque stage du jeu recèle
une poupée à l’effigie de votre dulcinée
; il faut absolument en récupérer 28 pour ouvrir
la porte du huitième et dernier monde de Wonderland,
là où les maniaques du joystick auront l’occasion
de soumettre leurs réflexes à dure épreuve
!
Quelques aperçus du huitième
monde : une vraie promenade de santé…
Placées
de façon visible et accessibles sans trop de peine
dans les premiers niveaux, les jolies poupées sont
par la suite plus difficiles à atteindre et peuvent
être camouflées dans des rochers ou - plus vicieux
- dans des ennemis : leur récupération oblige
alors Tom-Tom à accomplir des acrobaties périlleuses,
quand il ne doit pas adopter un comportement a priori suicidaire,
comme foncer volontairement dans un ennemi…
Outre leur importance pour terminer le jeu, ces poupées
sont également déterminantes dans la course
au highscore, puisqu’elles doublent le montant des points
obtenus à la fin de chaque stage !

On
peut difficilement louper la première poupée
du jeu : par ici le Doll Bonus !
A
côté de la quête secondaire des poupées,
chacun des 32 stages du titre recèle une des lettres
du mot SEGA : invisibles à l’œil nu et ne
pouvant être débusquées que par un saut
ou un tir chanceux de Tomahawk, ces lettres accordent une
vie en plus à chaque fois que le nom de l’éditeur
a pu être recomposé.
Un
jeu « Wonder »
Graphiquement,
Wonder Boy est une réussite incontestable : Tom-Tom
possède de nombreuses mimiques à son actif,
notamment lorsqu’il est sur son Skate ou pique une pointe
de vitesse, et la plupart des « morts » donnent
lieu à des animations rigolotes ; nonobstant le côté
« kawaii » du héros ainsi que des monstres,
les différents lieux traversés (forêt,
plaine, caverne, océan, donjon…) ont fait l’objet
d’un grand soin dans leur rendu, contribuant à
faire de Wonder Boy l’un des plus beaux jeux d’arcade
sorti en son temps, réussissant même l’exploit
de plaire à la gente féminine !
Pour ce qui est de la bande-son, bien que le thème
principal soit entraînant et guilleret (vous pouvez
d’ailleurs en avoir un aperçu avec le gromix
consacré à cet air), il s’avère
rapidement répétitif ; les bruitages renforçent
de leur côté l’ambiance mignonne et (faussement)
décontractée du titre.
Les
excellentes conversions Master System et Game Gear (cette
dernière est intitulée Revenge of Drancon aux
USA), sont toutes 2 caractérisées par des allègements
esthétiques mineurs de la version arcade ; elles gagnent
en contrepartie des niveaux supplémentaires ainsi qu’un
bonus round inédit !

Versions
Master System et Game Gear (avec un aperçu du bonus
round inédit)
Wonder
Boy a également fait l’objet d’adaptations
sur micro-ordinateurs :

Versions
CPC et C64
Versions
ZX Spectrum et SG-1000
L’échappée
belle d’Escape : Adventure Island
Sega
ne détenant sur Wonder Boy que la propriété
intellectuelle de certains éléments (dont le
sprite du héros), Escape se livre bientôt à
un véritable crime de lèse-majesté, par
l’intermédiaire d’Hudson soft : une adaptation
à peine dissimulée du jeu sur Famicom ! La copie
a pour nom Adventure Island et les exploits du héros
de substitution, Master Higgins, bénéficient
rapidement d’un succès supérieur à
celui rencontré par Tom-Tom, stoppant net la carrière
d’apprenti mascotte de ce dernier.

Adventure
Island sur NES et MSX
Faut-il
le préciser, Sega aura du mal à digérer
l’affront subi et sans aller jusqu’au divorce
avec Escape (devenu entre-temps Westone), assurera un contrôle
plus étroit des productions futures, probablement à
l’origine du formidable bouleversement apporté
dans la suite Wonder Boy in Monsterland.
Mais ceci est une autre histoire…
Merci
aux participants du défi HIGHSCORE consacré
à Wonder Boy : leurs commentaires m’ont été
très utiles pour la rédaction de cet article
!
Sodom