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Wonderboy 3 : the dragon's trap Année :1989 Systèmes : Master System, Megadrive, Game Gear, PC Engine (sous le titre Adventure Island) Développeur & Editeur : Sega Support : Cartouche, disquette |
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L'intro (de l'article !)
Avant la sortie du hérisson céleste (ou bleu pour les moins poétiques) sur Megadrive,
le petit chevalier Wonder Boy bataillait sévère avec le prince aux grosses oreilles
Alex Kidd ainsi qu’avec le ninja de Shinobi pour le rôle de mascotte de SEGA,
bien qu’il resta dans l’ombre de ces hits (dixit le test de Wonder boy 5). Aucun
d’entre eux n’y parvint… Cependant, on ne compte plus le nombre de jeux sortis
dans les deux séries : 5 pour Alex Kidd, environ 6 ou 7 pour Wonder boy. Cette
version est cependant assez méconnue, notamment à cause d’une chronologie complexe
de la série, et pourtant, elle se hisse au-dessus d’à peu près tout ce que l’humain
a pu programmer sur une console (je m’emporte un poil !).
 
Cékoiça ?
… demande alors l’internaute ayant troqué son petit Larousse contre un compte
sur Caramail. Wonder boy 3 est jeu de plate forme sorti sur la mésestimée Master
System. L’histoire est simple. A la fin de Wonder Boy 2, vous arrivez enfin à
occire, tuer, anéantir (rayer les mentions inutiles) le dragon Mécha. Mais alors
qu’il agonise, son souffle s’échappe de son corps et se jette sur vous, vous transformant
à votre tour en dragon, d’où le titre : « le mauvais tour du dragon ». Vous vous
échappez tant bien que mal du château tombant en ruine et partez en quête de la
croix de Salamandre détenue par le dragon vampire afin de recouvrir votre apparence
humaine. Ouf, ça fait déjà pas mal de boulot, non ? D’autant qu’avant d’y parvenir,
vous devrez occire, tuer, anéantir (idem qu’au début) 4 dragons au termes de donjons
infernaux et très très stressants (bien sûr, après dix ans, on peut les faire
les yeux fermés, tête à l’envers).
Komentkonjou ?
Le gameplay est grosso modo celui d’un jeu de plate-forme basique : vous contrôlez
votre perso avec la croix directionnelle, il peut sauter, attaquer à l’épée et
se servir d’un pouvoir magique ou d’un objet simultanément, au moyen d’une manipulation
simple. Le contrôle du personnage se fait au doigt et à l’œil, ses mouvements
ne sont pas trop amples, juste ce qu’il faut pour ne pas chuter bêtement (encore
qu’il n’y a pas dans ce jeu de trou sans fond à l’instar d’un Sonic ou d’un Mario).
Dans WB3 (on va abréger), si vous vous loupez, c’est de votre faute, mais sachez
qu’un faux pas ne vous condamnera pas ! ! ! Ceci était d’un point de vue purement
formel. Voyons maintenant sur quoi repose le jeu.
 
Le monde de WB3
Fait novateur dans ce jeu (ou plutôt dans cette série, mais comme les épisodes
précédents n’ont fait l’objet d’aucune chronique, je me permet d’opiner, non mais
sans blague !), vous ne vous contenterez pas d’enchaîner les levels les uns après
les autres avec un boss à la clé à chaque fois jusqu’au boss final. Dans WB3,
vous évoluerez dans un monde d’un seul tenant, à savoir que pour vous rendre dans
un donjon, il faudra traverser d’abord le village, point central du jeu, puis
y revenir, une fois le donjon terminé, puis par exemple aller chercher une clé
à l’autre bout du « monde » pour débloquer un autre donjon que finir vous débloquera
une épée ou une armure ou un cœur dans un autre endroit.
Pour ceux qui ont suivi, vous aurez donc compris que le déroulement de la partie
est non linéaire. Ceci est motivé de manière cohérente par une donnée centrale
dans le jeu : le changement d’apparence. Explications : comme expliqué plus haut,
le jeu débute lorsque vous êtes un chevalier (encore humain), vous combattez le
dragon Mécha, et ce dernier en mourant vous transforme en dragon (sympa le gars) ;
votre but est de retrouver votre forme initiale en retrouvant la croix de Salamandre.
Cependant, la forteresse du dragon la détenant se trouve dans le ciel, et il vous
est donc impossible de l’atteindre. Coincé ? Non, vous devez tout simplement (enfin,
dit comme ça…) tuer un autre dragon afin de prendre son souffle, et par ce procédé
une apparence différente qui vous donnera de nouvelles capacités, et ainsi de
suite jusqu’à enfin pouvoir vous transformer en aigle afin d’aller en découdre
avec le dragon vampire.
Autre spécificité du jeu et non des moindres : à la non linéarité s’ajoute un
côté assez aventure - RPG. En effet, vous pouvez acquérir de nouvelles armes moyennant
de l’argent que vous trouverez en découvrant des coffres secrets ou en tuant (je
zappe les deux autres mentions…) des ennemis au cours du jeu. Comme ils ressuscitent
chaque fois que vous quittez un écran, vous pouvez vous faire si vous êtes patients
un paquet d’argent. Les nouvelles armes, armures et boucliers augmentent 3 variables :
Les Attack Point, les Defense point et les Counter Points. Détail important :
Vous ne pouvez acheter ces armes qu’à des moments précis du jeu. Inutile par là
d’accumuler 10000 balles pour acquérir une épée à 800 si elle n’est pas disponible.
Ceci impose donc un cheminement assez net dans le jeu : il est quasiment impossible
de s’attaquer à certains passages sans l’équipement adéquat : les ennemis seront
increvables, vous infligeront d’énormes dégâts, et vous galèrerez un max. Il en
est de même pour les cœurs composant la barre de vie et dont l’acquisition se
fait au prix de moult efforts.
Les décors composant le mode sont quant à eux variés : on passe d’un village médiéval
à un temple chinois, d’une plage à un désert, puis à une forêt, avant de visiter
un bateau abîmé au fond de la mer, avant d’attaquer un donjon énorme à la fin.
Les capacités techniques de la consoles sont là utilisées à la perfection, les
designers ont su créer une ambiance grâce à quelques plages de couleurs, quelques
détails (comment des palmiers sur la plage, ou des cactus dans le désert) et surtout
des musiques parfaitement orchestrées (mais nous allons y revenir).
Enfin, comme dit plus haut, le monde du WB3 est composé de nombreuses boutiques
en équipement, d’infirmeries (payantes, la SECU n’est pas passée par là ! !) mais
aussi d’une église où vous seront donnés des password pour sauvegarder votre partie
(le symbole est bizarre : allez à l’église, vous ressusciterez !). Sachez aussi
que des dizaines de coffres cachés sont parsemés dans le jeu, vous donnant objets,
équipements, cœurs, argent.
 
Se battre
Car sans ennemis nombreux, la quête serait pour le moins pépère, les programmeurs,
pour créer des ennemis qui respectent les limitations du support (de minuscules
cartouches sur une 8 bits) ont employé une technique chère au programmeurs de
beat’em all : les déclinaisons d’un même ennemi en plusieurs couleurs selon sa
difficulté. Ainsi, le samouraï rouge (niveau basique) se contentera d’avancer
et de reculer, le vert, plus résistant, vous évitera et vous enverra une boule
de feu, le bleu très résistant, vous enverra 3 boules simultanément.
Ceci a permis de libérer une place conséquente sur la cartouche, et du coup, de
créer un panel d’ennemis assez étendu : environ une vingtaine, tous très variés :
allant du nuage pleuvant du feu (!), au petit ninja (tout mignon, mais chiant
à un point) en passant par le crabe et le poisson. Cette diversité rompt avec
la monotonie de la plupart des softs en circulation à l’époque, en vous confrontant
à des situations bien plus nombreuses qu’à l’accoutumée, chaque ennemi ayant un
comportement différent. On est définitivement bien loin des sempiternels « je
saute sur l’adversaire » de Mario ou de Sonic, et on pourrait dire sans crainte
que c’est dans les jeux d’action que Wonder Boy va chercher son inspiration.
Les boss quant à eux sont assez grands, au design eux aussi très variés (même
si l’on reste comme dans le bon enfant). Ils sont pour la plupart faciles une
fois qu’on a le truc, hormis le boss final, plus dur. Vous les rencontrez au terme
du passage dans une région du monde (forêt, désert, océan, souterrains) suivi
d’un donjon, aux architectures originales. En venir à bout vous transformera en
un autre animal, qui aura des capacités différentes comme dit plus haut. Vous
commencez le jeu en tant que chevalier (le début est la fin simplifiée de WB2).
En venant à bout du dragon Mécha, vous vous transformez en dragon, n’ayant ni
épée ni bouclier, mais pouvant se mouvoir dans la lave et disposant d’une plus
longue allonge (il crache du feu au lieu de donner des coups d’épée). Vous vous
transformerez par la suite en souris, petite (mais costaude) mais pouvant s’accrocher
à des blocs composant certains murs (et donc marcher sur les murs et les plafonds),
puis en piranha, vous pourrez ainsi nager, puis en lion, vous pourrez donner des
coups d’épée plus amples (verticaux et horizontaux) et enfin en aigle (vous pourrez
voler mais craindrez l’eau !). A tout moment, en débloquant des salles secrètes
vous pourrez permuter entre ces apparences, cela étant vital dans le dernier donjon.
De plus, à votre épée s’ajoutent d’autres items de combats, utilisables à l’aide
de la manip bas + 2. Vous avez au choix des boules de feu, des flèches à lancer
verticalement (vers le ciel), des tornades que vous faites rouler par terre, un
éclair qui frappe tous les ennemis de l’écran. Bien que ces items soient quasi
inutiles, leur présence est bien agréable dans certaines situations. Les programmeurs
ont aussi songé à inclure un véritable adjuvant à l’épée : le boomerang. C’est
le seul item inusable, c’est à dire que vous pouvez vous en servir tout le long
du jeu, tant que vous le rattrapez après l’avoir lancé, sinon vous devrez en retrouver
un en tuant des ennemis, et autant vous dire que vous allez chercher longtemps :
c’est le plus rare dans tout le jeu et en avoir trois est un exploit (et s’en
servir de trois à la fois en est un plus grand !).
 
La technique
Alors là autant le dire, si certains avaient des doutes sur le potentiel de la
Master system, ils doivent être dissipés. D’un point de vue technique, ce jeu
dépasse largement ce qui a pu se faire sur la console d’en face. Les programmeurs
ont savamment tenu compte de leurs limites et ont agi en conséquence : les graphismes
sont dépouillés et bon enfant, mais diablement efficaces, les déclinaisons de
couleurs pour les ennemis sont une très bonne trouvaille. Mais là où l’on frise
le sum, c’est lorsque l’on entend les musiques. Les thèmes sont nombreux et diablement
bien orchestrés, ils vous caresseront l’oreille tant ils sont doux à entendre.
On regrette la trop forte présence du rythme, mais sinon, c’est du tout bon (en
même temps, comment le montrer sur du papier ? ), elles justifient à elle seules
l’achat du jeu (enfin, de nos jours, on a l’émulation). Quant aux effets sonores,
ils ne sont aucunement saoulants (pas comme dans WB2) : ils sont soignés et travaillés
avec soin.
 
En bref
On pourrait disserter des heures sur ce jeu (ça fait déjà pas mal pour ma part
!), tant il est riche, foisonnant de petits détails, que je vous laisserai le
plaisir de découvrir. Si vous avez besoin d’un jeu de plate formes long, riche,
de difficulté moyenne (voire corsée), vous n’avez pas à chercher plus loin : ce
jeu est une vrai bombe dans la veine des Sonic 2, Shinobi et Alex kidd in miracle
world. Si bien que l’on en vient à se demander si SEGA ne serait pas (un tout
petit peu) un incompris…
Post scriptum
Et pour les feignasses, ou ceux qui veulent découvrir tranquillement tout l’univers
du jeu avec toutes les transformations réalisables à volonté, voici un ptit password :
WE5T ONE. Une fois entré, vous démarrez le jeu au village. Allez dans la maison
menant à la plage. Avant de plonger dans le puits se trouvant à l’intérieur de
la maison, briser le bloc se trouvant à gauche. Il renferme un « ? ». prenez le,
et utilisez la porte qui apparaît. Vous allez arriver dans une salle où vous pourrez
vous transformer en sautant sur la plate forme centrale en ce que vous voudrez.
Thomas V.
| | Votre avis nous intéresse 07/05/2003 - Minimage Je tiens tout d'abord à dire que j'ai trouvé ce test très bien rédigé, détaillé et intéressant. Mais une petite chose m'a quelque peu contrarié. Il s'agit de la phrase suivante (je cite): "[...] si vous avez besoin d'un jeu de plate-forme long, riche, de difficulté moyenne (voire corsée) vous n'avez pas à chercher plus loin : ce jeu est LA vrai bombe des 8 bits, dans la veine des bombes de master system à savoir Sonic 2, Shinobi et Alex kidd in miracle world, et loin devant les jeux de NES." Loin devant les jeux NES? Vraiment? Cette affirmation est non seulement purement subjective (j'ai pu voir nombre d'avis contraires sur la toile...) et n'a donc pas sa place dans un test où il faut (à mon sens du moins) rester un tant soit peu objectif et ne pas se laisser emporter par son enthousiasme (ou son dégoût...), mais en plus, les jeux de plate-forme sont légion sur NES, et dire que Wonderboy 3 les surpasse tous me paraît bien léger. En bref, je n'ai rien contre la MS et Wonderboy 3, mais il faudrait tout de même voir à ne pas prendre pour une vérité générale ce qui n'est que notre propre opinion... En espérant que vous prendrez ce petit "coup de gueule" en considération... 08/05/2003 - Lyle MS - Golden Axe Warrior, Wonderboy 3 et 5, Spellcaster, Golvellius... NES - Zelda 1 et 2, Rygar, Simon's Quest, Crystalis, Battle of Olympius, Faxanadu, Adventure Island 4, les Goemon, The Goonies 2, Metroid...plus encore plein d'autres jamais sortis en occident. Non, je crois qu'il faut se rendre à l'évidence. Dans le domaine de l'action/aventure, la NES était bien devant, en quantité et en qualité moyenne. Personnellement, j'identifie en grande partie la NES à ce genre là. Un peu comme la Snes avec le RPG. D'une manière générale, la ludothèque NES est quand même plus vaste, riche et atypique que celle de la MS. Et je pense qu'il reste encore pas mal de jeux peu connus mais intéressants à exhumer dessus.
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