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Wonderboy
Année : 1986
Système : Arcade
Développeur : Sega
Éditeur : Sega
Genre : Plate-forme / Action
Par François Fischer (06 août 2007)

Le petit monde des jeux vidéo tient régulièrement lieu de théâtre à des compétitions acharnées entre les éditeurs le peuplant : celle opposant Nintendo et Sega, de la fin des années 80 au début des années 90, est certainement l'une des plus connues, notamment à travers l'épisode que l'on pourrait appeler « la guerre des mascottes ».

En 1985, Super Mario Bros atteint des records de ventes sur console et remet en cause l'hégémonie de l'arcade ; outre le succès commercial du jeu, Sega est impressionné par la popularité dont jouit le plombier moustachu créé par Shigeru Miyamoto et veut à son tour imposer un personnage emblématique. Deux héros correspondent alors au profil recherché : le premier est Alex Kidd, un pur produit Sega visant avant tout le secteur console ; le second est Tom-Tom, et le jeu narrant ses aventures, Wonder Boy, est en priorité développé pour l'arcade avec la participation accrue du jeune et talentueux développeur Escape.

Dans un univers fantaisiste et coloré, vous incarnez Tom-Tom, jeune sauvageon dont la fiancée Tanya est un jour enlevée par le vilain-méchant-pas-gentil de service, portant le doux nom de King (ou Drancon selon les versions) : à vous de la retrouver et de la libérer des griffes de son kidnappeur. Ce scénario aux enjeux complexes sert de point de départ à l'exploration des 8 mondes – divisés chacun en quatre étapes - composant Wonder Boy, jeu de plateforme/action à scrolling horizontal.

Le maniement de Tom-Tom s'inspire quelque peu de celui inauguré par Super Mario Bros : la combinaison du joystick et des deux boutons « Jump » + «Speed/Attack» a en effet un petit goût de déjà vu, mais on ne saurait s'en plaindre puisqu'elle fonctionne efficacement. Autre emprunt au voisin moustachu, Tom-Tom est affecté d'un léger effet d'inertie lorsqu'il court ou effectue un saut ; il est heureusement possible de corriger à la dernière seconde une trajectoire mal engagée à l'aide du joystick.

D'énormes œufs disséminés dans les niveaux recèlent les items nécessaires à la progression dans l'aventure ; en heurtant ces œufs ou en leur tirant dessus, notre jeune héros accède à leur contenu :

Les œufs et les items qu'ils recèlent sont plus ou moins accessibles selon les niveaux.

Le Tomahawk tout d'abord : Tom-Tom peut en lancer jusqu'à deux simultanément. La négociation de certains passages sans cette arme s'avère des plus périlleuses, quand elle n'est pas tout simplement impossible : c'est pourquoi le Tomahawk réapparaît parfois à proximité du héros alors même que celui-ci vient de perdre une vie.

Il y a ensuite le Skate-board : cet item donne une autre dimension au jeu, beaucoup plus dynamique, puisqu'il permet de foncer à travers les niveaux afin de les boucler en un temps record et d'effectuer des grands sauts avec facilité ; sachant que le Skate-board permet en plus d'encaisser une blessure sans perdre de vie (le héros se retrouve à pied dans ce cas), l'item s'avère des plus précieux ; seul hic, il est impossible pour Tom-Tom de s'arrêter quand il est équipé du Skate, on peut juste ralentir sa course en appuyant de façon répétitive sur « Jump » + direction arrière, ce qui ne facilite pas la tâche quand il faut passer toute une série de plateformes mouvantes...

L'Ange rend Tom-Tom invulnérable un court instant pendant lequel il a tout intérêt à foncer dans les adversaires rencontrés, les points engrangés se multipliant alors au fur et à mesure !

Le Champignon est un bonus sans utilité réelle pour la progression mais sur lequel iront se jeter tous les amateurs de highscore, en raison de ses effets secondaires particulièrement intéressants...

Le Skate permet d'éviter les obstacles, L'Ange vous encourage à foncer dedans.

La Faim justifie les moyens

L'absence de chronomètre à l'écran pourrait laisser croire dans un premier temps que Wonder Boy est un jeu « pépère » dans lequel on peut avancer tranquillement, en calculant bien à l'avance le moindre saut... Mais voilà, c'est tout le contraire : la barre de vitalité apparaissant dans le coin supérieur de l'écran est en fait un timer déguisé ; elle décroît continuellement pour symboliser l'épuisement progressif du héros dans son périlleux parcours ; dès lors que toutes ses graduations se sont éteintes, Tom-Tom « meurt de faim » et vous perdez une vie.

Le seul moyen de stopper l'hémorragie affectant cette jauge est de collecter constamment de la nourriture, celle-ci apparaissant sous diverses formes dans les niveaux : cela va du simple fruit au dessert hypercalorique, chaque aliment redonnant plus ou moins d'énergie et augmentant le score d'un certain nombre de points.
Précision importante : une fois que la nourriture est apparue à l'écran il faut vite s'en emparer sans quoi elle s'évanouit dans les airs au bout de quelques secondes ; plus facile à dire qu'à faire, étant donné les nombreux obstacles attendant Tom-Tom.

Le parcours emprunté par notre héros est en effet semé d'embûches de toutes sortes : les rochers font baisser la barre de vitalité de quelques degrés mais ne sont pas mortels en eux-mêmes ; le feu transforme Tom-Tom en grillade au moindre contact et fait accessoirement perdre une vie ; les plateformes instables auront vite fait d'envoyer le petit sauvageon au fond d'un précipice ; enfin les pierres qui roulent n'amassent pas mousse mais ont le don de faire perdre un paquet de vies, soit parce qu'elles apparaissent aux endroits les plus inattendus, soit parce qu'elles se suivent de près et deviennent alors difficiles à esquiver...

Dans Wonder Boy, mourir le plus bêtement possible relève presque du sacerdoce

Vous vous rappelez des œufs cachant les items ? Certains d'entre eux renferment surtout une mauvaise surprise : lorsque vous tombez sur un œuf maléfique (repérable grâce aux petites tâches parsemant sa coquille), il délivre le terrible Dieu de la mort, collant Tom-Tom jusqu'à la fin du niveau en cours et faisant fondre sa barre de vitalité en un temps record.

On vous avait pourtant prévenu : la curiosité est (parfois) un vilain défaut !
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