
Le petit
monde des jeux vidéo tient régulièrement
lieu de théâtre à des compétitions
acharnées entre les éditeurs le peuplant : celle
opposant Nintendo et Sega, de la fin des années 80
au début des années 90, est certainement l’une
des plus connues, notamment à travers l’épisode
que l’on pourrait appeler « la guerre des mascottes
».
En 1985, Super Mario Bros atteint des records de ventes sur
console et remet en cause l’hégémonie
de l’arcade ; outre le succès commercial du jeu,
Sega est impressionné par la popularité dont
jouit le plombier moustachu créé par Shigeru
Miyamoto et veut à son tour imposer un personnage emblématique.
Deux héros correspondent alors au profil recherché
: le premier est Alex Kidd, un pur produit Sega visant avant
tout le secteur console ; le second est Tom-Tom et le jeu
narrant ses aventures, Wonder Boy, est en priorité
développé pour l’arcade avec la participation
accrue du jeune et talentueux développeur Escape.

Dans un
univers fantaisiste et coloré, vous incarnez Tom-Tom,
jeune sauvageon dont la fiancée Tanya est un jour enlevée
par le vilain-méchant-pas-gentil de service, portant
le doux nom de King (ou Drancon selon les versions) : à
vous de la retrouver et de la libérer des griffes de
son kidnappeur. Ce scénario aux enjeux complexes sert
de point de départ à l’exploration des
8 mondes – divisés chacun en quatre étapes
- composant Wonder Boy, jeu de plate-forme/action à
scrolling horizontal.
Le maniement
de Tom-Tom s’inspire quelque peu de celui inauguré
par Super Mario Bros : la combinaison du joystick et des deux
boutons « Jump » + «Speed/Attack»
a en effet un petit goût de déjà vu, mais
on ne saurait s’en plaindre puisqu’elle fonctionne
efficacement. Autre emprunt au voisin moustachu, Tom-Tom est
affecté d’un léger effet d’inertie
lorsqu’il court ou effectue un saut ; il est heureusement
possible de corriger à la dernière seconde une
trajectoire mal engagée à l’aide du joystick.
D’énormes
œufs disséminés dans les niveaux recèlent
les items nécessaires à la progression dans
l’aventure ; en heurtant ces œufs ou en leur tirant
dessus, notre jeune héros accède à leur
contenu :
Les
œufs et les items qu’ils recèlent sont plus
ou moins accessibles selon les niveaux.
Le Tomahawk
tout d’abord : Tom-Tom peut en lancer jusqu’à
deux simultanément. La négociation de certains
passages sans cette arme s’avère des plus périlleuses,
quand elle n’est pas tout simplement impossible : c’est
pourquoi le Tomahawk réapparaît parfois à
proximité du héros alors même que celui-ci
vient de perdre une vie.
Il y a ensuite le Skate-board : cet item
donne une autre dimension au jeu, beaucoup plus dynamique,
puisqu’il permet de foncer à travers les niveaux
afin de les boucler en un temps record et d’effectuer
des grands sauts avec facilité ; sachant que le Skate-board
permet en plus d’encaisser une blessure sans perdre
de vie (le héros se retrouve à pieds dans ce
cas), l’item s’avère des plus précieux
; seul hic, il est impossible pour Tom-Tom de s’arrêter
quand il est équipé du Skate, on peut juste
ralentir sa course en appuyant de façon répétitive
sur « Jump » + direction arrière, ce qui
ne facilite pas la tâche quand il faut passer toute
une série de plates-formes mouvantes…
L’Ange rend Tom-Tom invulnérable
un court instant pendant lequel il a tout intérêt
à foncer dans les adversaires rencontrés, les
points engrangés se multipliant alors au fur et à
mesure !
Le Champignon est un bonus sans utilité
réelle pour la progression mais sur lequel iront se
jeter tous les amateurs de highscore, en raison de ses effets
secondaires particulièrement intéressants…

Le
Skate permet d’éviter les obstacles, L’Ange
vous encourage à foncer dedans.
La
Faim justifie les moyens
L’absence
de chronomètre à l’écran pourrait
laisser croire dans un premier temps que Wonder Boy est un
jeu « pépère » dans lequel on peut
avancer tranquillement, en calculant bien à l’avance
le moindre saut… Mais voilà, c’est tout
le contraire : la barre de vitalité apparaissant dans
le coin supérieur de l’écran est en fait
un timer déguisé ; elle décroît
continuellement pour symboliser l’épuisement
progressif du héros dans son périlleux parcours
; dès lors que toutes ses graduations se sont éteintes,
Tom-Tom « meurt de faim » et vous perdez une vie.

Le seul
moyen de stopper l’hémorragie affectant cette
jauge est de collecter constamment de la nourriture, celle-ci
apparaissant sous diverses formes dans les niveaux : cela
va du simple fruit au dessert hypercalorique, chaque aliment
redonnant plus ou moins d’énergie et augmentant
le score d’un certain nombre de points.
Précision importante : une fois que la nourriture est
apparue à l’écran il faut vite s’en
emparer sans quoi elle s’évanouit dans les airs
au bout de quelques secondes ; plus facile à dire qu’à
faire, étant donné les nombreux obstacles attendant
Tom-Tom.
Le
parcours emprunté par notre héros est en effet
semé d’embûches de toutes sortes : les
rochers font baisser la barre de vitalité de quelques
degrés mais ne sont pas mortels en eux-mêmes
; le feu transforme Tom-Tom en grillade au moindre contact
et fait accessoirement perdre une vie ; les plates-formes
instables auront vite fait d’envoyer le petit sauvageon
au fond d’un précipice ; enfin les pierres qui
roulent n’amassent pas mousse mais ont le don de faire
perdre un paquet de vies, soit parce qu’elles apparaissent
aux endroits les plus inattendus, soit parce qu’elles
se suivent de près et deviennent alors difficiles à
esquiver…

Dans
Wonder Boy, mourir le plus bêtement possible relève
presque du sacerdoce
Vous
vous rappelez des œufs cachant les items ? Certains d’entre
eux renferment surtout une mauvaise surprise : lorsque vous
tombez sur un œuf maléfique (repérable
grâce aux petites tâches parsemant sa coquille),
il délivre le terrible Dieu de la mort, collant Tom-Tom
jusqu’à la fin du niveau en cours et faisant
fondre sa barre de vitalité en un temps record.
On vous avait pourtant prévenu
: la curiosité est (parfois) un vilain défaut
!
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