
A la grande époque de l'Amiga, certains
demo-makers se sont reconvertis dans le développement de jeux. Beaucoup d'entre eux étaient
allemands, l'Amiga ayant connu un grand succès dans ce pays. Parmi les sociétés ainsi
formées, on trouve Rainbow Arts qui a offert à l'Amiga quelques uns de ses chef-d'œuvres,
et reLINE software. Aussi lorsqu'un jeu de rôle pur sucre pour Amiga crée par reLINE fut
annoncé en 1987, l'attente fut fiévreuse et le résultat, Legend of Fearghail, à
la hauteur des espoirs qu'il avait suscités.
Legend of Faerghail s'inspire de l'incontournable
interface de Dungeon Masters, et vous y dirigez une équipe de 6 personnages
appelée à changer à n'importe quel moment du jeu. Du reste, vous n'êtes pas
obligé de recruter 6 équipiers dès le début de l'aventure, dans la mesure
ou la majeure partie des personnages rencontrés au cours de l'aventure peuvent l'être. Legend of Faerghail ne dispose pas d'un contexte clairement établi
dès que le jeu commence. L'histoire se révèle au fur et à mesure que vous
avancez. Il y a de vastes plaines et des donjons à explorer, dans lesquels vous rencontrez toute
la gamme des créatures habituelles : orques, elfes, trolls, nains etc …
Les combats se déroulent au tour par tour dans la grande tradition
rôlienne, en indiquant l'attitude de chaque personnage et le sort qu'il utilise. La
quantité de paramètres gérés est impressionnante et on est pas loin de la
richesse d'un vrai jeu de rôle. Chaque personnage possède une dizaine de caractéristiques
que vous devrez exploiter au mieux en fonction des situations. Comme dans tout jeu de rôle qui se
respecte, le nombre d'objets rencontrés, de sorts, de personnages et de lieux est énorme.
Le jeu est d'autant plus attrayant que vous trouvez
pratiquement dès le début une sorte de boule de cristal qui trace la carte des donjons pour
vous, vous affranchissant de le faire sur papier comme c'était la mode à l'époque
de Dungeon Master ou Eye of the Beholder.
Faerghail se distingue, comme toutes les productions allemandes pour Amiga et Atari ST, par des graphismes
exemplaires, un semblant d'ambiance sonore (tandis que ses concurrents se dispensaient en général
de tout bruitage), et aussi par quelques bugs. La version officielle du jeu (du moins celle commercialisée
à l'époque où j'ai acheté le jeu) était impossible à finir.
A un moment, un personnage vous posait une question dont la réponse était censée
se trouver dans le manuel (mesure de protection contre le piratage, je suppose), mais la version française
du manuel ne contenait pas cette réponse !


J'avais du me rabattre sur une version crackée pour continuer le jeu,
un comble alors que j'avais acheté l'original. Je ne crois
pas être arrivé au bout de Legend of Farghail, car c'est un jeu énorme (3 disquette
sans la moindre cinématique et avec une grosse majorité de texte), mais j'en garde un excellent
souvenir, ce jeu étant un des rares à m'avoir procuré une réelle évasion.
Je trouve injuste que tout le monde nous ait, à l'époque, rebattu les oreilles avec Eye
of the Boholder (qui était buggé lui aussi et impossible à finir, en tout cas sur
Amiga), alors que Faerghail était plus riche, beau et passionnant. La
piètre qualité de la version PC (en CGA !) y est peut-être pour quelque chose.
Laurent