2
Mars 1916
Je
suis enfin arrivé à Luxeuil. Je n'aurais pas pu
rêver de meilleurs quartiers. Apparemment, cet endroit
était une station thermale connue par le Roi Louis XVI.
Tout autour de nous, des arbres fruitiers fleurissent sur des
pentes herbeuses couvertes de fleurs bleues et jaunes. Dans
le lointain, je peux apercevoir les Vosges couronnées
de neige, aux flancs couverts par une masse compacte d'immenses
sapins.
Il
est 5 heures du matin et je suis terrifié. Dans moins
d'une heure je vais effectuer ma première patrouille
sur le front. Simplement imaginer à quoi elle est censée
ressembler, ça m'a tenu éveillé toute la
nuit. Maintenant je regrette de ne pas avoir dormi, même
un peu.
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La boîte de la version Amiga. Merci au site Mobygames
! |
4
Mars 1916
Je
me suis réveillé ce matin avant l'aurore et englouti
une tasse tiède de chicorée qui se faisait passer
pour du café. Je vole en tant qu'ailier lors d'une patrouille
vers Verdun en milieu de matinée, alors je devrai prendre
mon petit-déjeuner plus tard. Je ne veux pas décoller
avec un estomac plein. Une des premières choses qu'on
apprend à l'école de pilotage c'est que les gaz
se dilatent à haute altitude. Je ne veux pas rendre la
guerre encore plus sale que nécessaire.
Quelques
rappels
Le
logo de Cinemaware est incontournable pour toute personne ayant
eu un Amiga. Les jeux que proposait cette société,
fondée en 1985 par Robert et Phillis Jacob, étaient
étonnants par leurs graphismes exceptionnels et la narration
de l'histoire proposée. Des exemples devraient vous convaincre
de la qualité de leurs œuvres : Defender
of the Crown, It
Came from the Desert, Rocket Ranger,
the Three Stooges, Lords
of the Rising Sun...
Hélas,
malgré des jeux inoubliables, la société
dépose le bilan en 1991.
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Le
logo Cinemaware, inimitable. |
Mais
l'aventure ne s'arrête pas là : en 2000, Lars Fuhrken-Batista
rachète la société ainsi que tout ce qui
est relatif à sa propriété intellectuelle,
et fonde Cinemaware, Inc. Immédiatement, des conversions
de ses anciens titres sont réalisées pour fonctionner
sur PC Windows, Macintosh, et même pour
certains d'entre eux sur Game Boy Advance ou Playstation.
Si vous voulez en savoir plus, le plus simple est de vous rendre
sur leur site officiel : http://www.cinemaware.com/.
- LA
PREMIÈRE GUERRE MONDIALE
Je
ne vais pas ici la raconter ni la résumer, d'abord parce
que je ne le pourrais pas, et ensuite parce que le site, en
dehors du devoir de mémoire, n'a pas vocation à
se substituer aux livres d'histoire. Des infos innombrables
sont disponibles sur le sujet, déjà tout simplement
dans votre dictionnaire, ou même sur Wikipedia.
 |
L'Ossuaire
vu du ciel (l'image complète est ici),
photo prise il y a bien des années. |
Si
vous voulez voir par vous-mêmes ce qui reste de la Guerre
des Tranchées, visitez l'Ossuaire
de Douaumont près de Verdun, ainsi que tous les monuments
autour ; et n'oubliez pas le Mémorial
de Verdun. Bien sûr, toute la Première Guerre
Mondiale ne s'est pas passée à Verdun, mais c'est
là qu'ont eu lieu les combats parmi les plus meurtriers
(et quelque part les plus inutiles). La région est pleine
de tristes souvenirs, le sol porte encore les traces des obus.
Wings
: le jeu
 |
Pour
resituer les choses par rapport au jeu, voici une carte
de France en 1916, la plus propre que j'aie pu trouver
(je l'ai quand même un peu retravaillée).
Rappelez-vous : à cette époque, la France
n'intègre ni l'Alsace ni la totalité de
la Lorraine... La frontière nord-est est bien différente
de celle actuelle !
Pour
certains d'entre vous (en
tout cas pour moi qui habite Nancy), les noms qui seront
évoqués tout au long de Wings sont particulièrement
concrets : Luxeuil, Nancy, Metz, Lunéville, Nomeny,
Sarrebourg... Ensuite on monte un peu vers le Nord avec
Amiens.
À
l'époque où j'ai découvert ce jeu,
en 1991, j'étais tout le temps fourré chez
un copain qui avait un Amiga lui aussi ; il habitait
justement Nomeny... Je lui ai montré Wings,
on l'a fini chacun de notre côté. |
En
quoi consiste exactement Wings ? C'est une
série de missions entrecoupées d'une histoire,
celle d'un jeune pilote tout fraîchement sorti de l'École
de Pilotage, qui se retrouve - du moins au début - à
Luxeuil. Appelé à tenir le Journal de l'escadron
(le 56ème), il va noter tout ce qui se passe autour de
lui.
 |
 |
Nouvelle
affectation, nouvelle tâche : tenir le journal de
vol de l'escadron. |
La
première date, vous l'avez lue plus haut : c'est le 2
mars 1916. Les petites notes journalières font très
"authentiques", déjà par le style employé
(ça fait vraiment "journal de bord") et le
fait que le pilote nous confie ses craintes, ses espoirs, sans
se contenter de dire ce qu'il a fait la veille ou va faire le
lendemain. Les créateurs du jeu ont bien réussi
cette implication : c'est l'histoire du pilote et ce qu'il va
vivre tout au long de la guerre qui tient le joueur en haleine.
Alors évidemment, sans aller jusqu'à s'identifier
à lui, on va au moins se donner du mal pour qu'il réussisse
ses missions - en tout cas pour qu'il ne se fasse pas descendre
bêtement lors d'un combat aérien.
 |
 |
Le
journal de l'escadron raconte les évènements
marquants. Il est parfois émaillé d'articles
ou de photos. |
Un
autre aspect qui renforce l'immersion du joueur, c'est le fait
que les petites notes du héros sont parsemées
d'éléments provenant directement de l'Histoire.
Bien sûr, ce n'est pas systématique ; en tout cas,
les évènements qui ont marqué la Guerre
sont retranscrits dans le journal de l'escadron. Par exemple,
la mort d'Immelman le 18 juin 1916, le départ de Luxeuil
pour aller à Amiens (Bataille de la Somme)...
Dernier
élément qui donne envie de s'accrocher : le palmarès
et l'évolution du joueur proprement dit. En effet, au
début du jeu, vous devez répartir 40 points parmi
quatre compétences : pilotage, tir, réparation
et endurance. Ces éléments vont évoluer
au fur et à mesure du jeu, mais on ne pourra pas les
consulter par la suite. C'est surtout dès le départ
qu'il est important de définir l'orientation de votre
avatar : sait-il bien voler mais sans être très
résistant ? Est-il capable de toucher un ennemi de loin
? Est-il doué pour réparer les mitrailleuses si
elles s'enrayent ?
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Au début : le choix des compétences. |
Au cours du jeu : l'évolution du pilote. |
De
plus, vous commencez en tant que Premier Lieutenant, et vous
prendrez rapidement du galon (en plus des récompenses
comme la Military Cross. Et pour finir, un classement mensuel
donnera le top 10 des pilotes, avec leur tableau de chasse.
On y trouvera des noms fantaisistes, mais aussi certains noms
réels (Immelman, Boelcke...)
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Une
remise de médaille. |
Le
Top Ten. |
Encore
une fois, je trouve que tous ces éléments composent
une réelle alchimie qui pousse le joueur à continuer
à jouer sur la durée, et pas seulement sur une
ou deux missions.
Les
missions
Jusqu'ici
je vous ai parlé du jeu en général. Accrochez-vous
: il y a 230 missions ! Chacune d'elles est précédée
d'un petit texte dans le journal de l'escadron, qui explique
la raison de la mission : parfois, elles servent de support
à une action historique. Mais en fait, il n'existe que
trois types de missions, qui sont répétés
tout au long du jeu. Bien sûr, on constate quelques changements
visuels, et leur difficulté va en augmentant ; mais fondamentalement
on en revient toujours aux mêmes éléments.
On
vous envoie parfois mitrailler des objectifs variés :
l'infanterie, un convoi de camions de carburant, un train, des
dépôts de munitions... Au début de chaque
mission, on vous donne l'objectif principal à atteindre,
et le ou les objectifs secondaires. Dans tous les cas, il est
interdit de tirer sur les camions ou tentes de la Croix Rouge
!
 |
 |
Le
convoi à détruire. |
Éliminer
l'infanterie dans les tranchées ennemies. |
Cette
partie du jeu est un shoot'em up en vue isométrique,
qui rappelle le vénérable Zaxxon.
On dirige l'avion qui peut se placer dans la partie droite de
l'écran, et il tire des salves devant lui. Le décor
défile régulièrement vers le bas à
droite, ainsi on a l'impression que l'avion suit la route (ou
le train, ou tout ce qui s'offre à lui).
La
difficulté de cette épreuve, c'est que l'avion
a besoin de plusieurs coups au but pour faire exploser un objet
(même les fantassins). Ainsi, comme on ne peut pas modifier
la vitesse du scrolling, il faut au contraire faire ralentir
l'avion en le faisant "reculer" vers le coin de l'écran.
Mais du coup, on a moins de marge de manœuvre pour les
objectifs suivants : il faut se précipiter à leur
rencontre, et tirer continuellement dessus en reculant pour
garder la même cible. Ensuite on recommence jusqu'à
la fin du parcours.
 |
Mon
avion a pris des coups, mais il vole encore vaillamment. |
L'avion,
par ailleurs, n'est pas indestructible. Les fantassins, les
canons sur le côté de la route ou sur les convois,
et surtout les énormes canons anti-aériens (surnommés
"Archie") font tout ce qu'ils peuvent pour vous abattre.
Il est donc conseillé de ne pas rester sur une même
trajectoire, ce qui est contraire à la manœuvre
nécessaire à la réussite de la mission.
Alors, il faut choisir ce qui est mieux à chaque instant
: cribler de balles un camion, ou tenter d'esquiver un obus
anti-aérien ? Se concentrer sur les éléments
d'un convoi, ou alterner et détruire les perturbateurs
autour d'eux ?
Je
regrette qu'il soit si difficile d'éliminer l'infanterie...
Non seulement ils se cachent, mais quand on les voit, il est
des fois difficile d'arriver à les toucher avant qu'ils
soient hors de portée des canons.
Ce
genre de missions ne commence qu'à partir de juin 1916,
car jusque là les obus sont rationnés, il en manque,
et donc toutes les missions se font au mitraillage ! Le héros
est heureux le jour où on leur fournit enfin des obus...
Ici,
c'est encore une fois une version simplifiée d'un shoot'em
up. On se retrouve avec une vue du dessus, l'avion au premier
plan et le décor qui défile vers le bas en-dessous
(on volera parfois au milieu de petits nuages, l'effet est très
réussi). Au début de la mission, une photo montre
le ou les objectifs à détruire à tout prix
: hangars, ponts, train ; il peut également y avoir des
objectifs secondaires. Là encore, défense de bombarder
des écoles ou des équipements de la Croix Rouge.
 |
 |
La
photo de reconnaissance. |
L'objectif
en vrai ! |
En
face de vous (en-dessous pour être exact), l'ennemi dispose
de canons anti-aériens, disposés un peu partout.
Il arrive que vous ayez en plus à affronter des avions
ennemis. Pour vous défendre, vos armes sont la mitrailleuse,
qui élimine ce qui se trouve devant vous, et pour les
objectifs au sol, vous emportez une cargaison de bombes visibles
sous vos ailes. Attention : d'une mission à l'autre,
vous n'en transportez pas autant, ne vous amusez pas sur les
objectifs secondaires si vous n'avez pas assez de bombes pour
être sûr de détruire votre cible !
 |
Le
pont à détruire est entouré d'une
ribambelle de canons anti-aériens. |
Il
est difficile de viser correctement : d'une part les bombes
situées à l'extrémité des ailes
ne tombent pas pile sous votre avion, et d'autre part il faut
tenir compte de l'inertie lors de la chute pour les larguer
au bon moment. Il vous faudra quelques essais avant de pouvoir
pleinement apprécier le bombardement aérien.
Et
surtout, évitez à tout prix les obus : deux coups
bien placés peuvent vous envoyer au tapis.
Elles
constituent le gros morceau du jeu. Je dirais à vue de
nez qu'il y en a environ 150, ce qui laisserait 50 missions
de mitraillage et 30 de bombardement. Je vous avoue que je n'ai
pas re-fini le jeu cette fois-ci, mais je ne dois pas me tromper
de beaucoup.
Contrairement
aux autres types de missions, dans les patrouilles on peut mourir.
Lors d'un bombardement ou d'un mitraillage raté, même
si on est abattu, on peut rentrer à la base pour se faire
enguirlander ; mais au moins on est en vie. Dans une mission
de patrouille, on peut rater une mission ou être abattu
et arriver à se poser - et donc dans les deux cas rentrer
se prendre un savon ; mais on peut aussi être abattu
et mourir - soit en se crashant, soit en étant tué
sur le coup. Attention donc à être très
vigilant pour ne pas perdre votre pilote !
 |
 |
Vol
en formation au début d'une mission. |
Hé
oui, des fois on vole dans le noir ! |
Quelles
sont les missions qu'on vous donne dans ces cas ? Des patrouilles
au-dessus de lignes ennemies ou des vols de protection autour
de votre base ; dans les deux cas, on se retrouve en plein
dogfight (combat aérien) soit à lutter contre
des avions ennemis, soit à détruire des ballons
d'observation protégés par des avions ennemis.
Comme
on pilote des coucous de la Première Guerre Mondiale,
pas d'instruments, on vole "avec ses fesses". Si
vous commencez à voir des buissons au sol, c'est que
vous volez trop bas ; si vous montez trop vite, vous allez
caler et vous risquez de vous crasher. Les performances de
votre avion sont toutes relatives, ce qui vous sauve c'est
que l'ennemi n'a guère mieux à proposer à
ses pilotes... Et pour savoir où se trouve la menace
la plus proche, c'est facile : votre avatar tourne la tête
pour la regarder.
 |
Je
vais t'avoir, je vais t'avoir ! |
Comment
dirige-t'on l'appareil ? Facilement. Pas de décollage,
pas d'atterrissage, on ne sait pas où est le Nord, mais
dans Wings ça n'a pas d'importance puisqu'on
vous place sur le terrain à l'endroit où les affrontements
commencent et se terminent. Pas de manette de gaz, on se contente
de gérer le roulis au joystick, sachant que le déplacement
latéral est géré automatiquement par l'inclinaison
de l'appareil avec l'horizon. Plus on veut tourner vite, plus
on donne de roulis à l'avion. On peut se permettre des
figures acrobatiques, telles que le tonneau ou le looping, mais
ça ne sert pas à grand chose et c'est plutôt
dangereux.
Le
but des combats est simplissime : détruire tous les avions
et/ou ballons ennemis.
Dans
le cas des ballons, ils sont faciles à viser et à
détruire puisqu'ils sont immobiles ; mais ils sont toujours
couverts par une batterie anti-aérienne, qu'il vaut mieux
détruire au plus vite (leurs tirs, s'ils vous touchent,
font très mal). Parfois, les ballons sont escortés
par des avions.
 |
 |
Mes
mitrailleuses s'enrayent : je suis mal et je ne me prive
pas de le dire !
"Je fais une cible facile ici !" |
Et
on en revient aux affrontements. Vos adversaires sont toujours
rouges, votre avion et celui de vos équipiers sont jaunes.
Vous tirez avec vos mitrailleuses sur les ennemis, qu'il faut
garder en joue suffisamment longtemps : un simple tir ne fait
pas grand chose. Au bout d'un bon moment et de quelques centaines
de balles tirées, votre adversaire explose, son avion
crache une fumée continue et il pique vers le sol. Un
de moins. Mais ne relâchez pas votre attention et regardez
régulièrement autour de vous : combien de fois
ai-je exulté en pensant avoir fini la mission, pour me
faire descendre par une dernière petite rafale ennemie...
Au
cours du temps qui passe, vous affronterez des appareils différents
: monoplans (Fokker E.III), biplans (Fokker D.VI), puis triplans
(Fokker Dr.I comme celui du Baron Rouge). Vos appareils également
se moderniseront, et seront plus performants pour rester dans
la course à l'armement et à la maniabilité.
Les missions restent ainsi relativement identiques, c'est leur
contexte qui change un peu la donne. Ah si : parfois, vous volerez
à l'aube ou au crépuscule, je vous souhaite bonne
chance pour arriver à distinguer un avion ennemi d'un
ami quand il fait nuit !
 |
 |
J'ai
percuté l'avion ennemi : je suis mort sur le coup
(lui aussi d'ailleurs).
Mon appareil plonge en piqué vers le sol. |
La
seule chose que je ne supporte pas dans cette partie du jeu,
ce sont les mitrailleuses qui trouvent le moyen de s'enrayer
au beau milieu d'un combat. Et là, il faut attendre qu'elles
se débloquent (ce délai est géré
par la compétence de mécano de votre héros),
parfois le temps paraît interminable... Parce que pendant
ce temps vous ne pouvez absolument rien faire à part
éviter de vous faire toucher. Les mitrailleuses s'enrayent
de temps en temps, pas à chaque mission heureusement...
mais chaque fois c'est LA fois de trop !
La
réalisation
Il
faut déjà distinguer les écrans fixes du
reste. Les remises de décorations, les petites images
montrant Farrah qui vous parle, ou le décollage de votre
avion avant une mission, tous ces écrans sont très
fins, remarquablement travaillés, avec un choix des couleurs
parfaitement maîtrisé. Superbe travail, mais vu
les réalisations Cinemaware on peut considérer
que c'est une habitude chez eux.
Les écrans qui s'intercalent juste avant et juste après
une mission (ou qui s'affichent quand vos mitrailleuses s'enrayent)
sont très dépouillés, mais calqués
sur ceux des films de l'époque du cinéma muet,
et donc on les reconnaît au premier coup d'œil, c'est
marrant ! Justement, il semblerait que visuellement, Wings
s'inspire d'un vieux film muet de 1927, appelé... Wings,
réalisé par William A. Wellman. Un petit lien
est dispo sur
Wikipedia.
Les
musiques qui sont jouées lors de ces écrans ont
un style parfaitement dans l'air de ces films muets, elles renforcent
admirablement cette ambiance 1920 qui transpire tout au long
du jeu. Les sons des instruments sont parfaitement reconnaissables,
là aussi c'est du beau travail.
 |
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17
décembre 1903 : premier vol d'un aéronef
motorisé, construit par les Frères Wright.
Cette petite animation sert d'intro au jeu. |
Les
missions de mitraillage et de bombardement proposent de jolis
sprites colorés. Pas de souci pour reconnaître
les cibles, leur dessin est très pointu, ça fait
d'ailleurs un peu cartoon. L'animation est fluide, on connaît
les capacités de l'Amiga à ce sujet.
Le maniement de l'avion est réactif, quant aux bruitages
ils sont tout à fait corrects : en dehors du vrombissement
du moteur de votre avion, vous entendrez les explosions des
véhicules ou les cris des fantassins touchés,
par contre plus de musique (c'est voulu et tout aussi bien).
Enfin,
les missions de pilotage sont à contre-courant du reste
du jeu. En dehors du dessin de votre avion et de la tête
du pilote, on se retrouve dans un affichage très succinct,
de la 3D pleine assez dépouillée. N'oubliez pas
qu'on parle d'Amiga en 1990, alors le sol est vert,
le ciel est bleu, pas de dégradé à l'horizon,
et l'animation est en dents de scie en fonction du nombre d'éléments
à l'écran. On est ici dans le cadre d'un jeu d'action
avec seulement quelques éléments de simulation
: les commandes sont réduites au minimum, comme j'en
ai déjà parlé plus haut. Les bruitages
sont là aussi très réussis : le vrombissement
du moteur ou son crachotement quand il cale, le bruit des balles
qui sifflent à vos oreilles, l'horrible "clic-clic"
des mitrailleuses enrayées... Je regrette juste que les
explosions n'aient pas plus d'ampleur, elles font un peu "pâlichonnes".
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La
suite de l'introduction : l'évolution des avions
au service de la guerre... |
Wings
est une grande production comme Cinemaware savait si bien les
faire. L'histoire du héros, l'ambiance visuelle et sonore
du jeu donne envie d'aller toujours plus loin, même si
la lassitude de reproduire toujours le même type de missions
devient fatalement présente au bout d'un moment ; dans
ce cas, on passe un peu à autre chose et quelques jours
plus tard, on retrouve avec plaisir ce jeu pour continuer à
découvrir ce qui se passe ensuite.
De
nos jours, il est fort probable que personne ne tiendra les
230 missions et ne verra la fin de Wings...
Quoique, ce n'est peut-être pas impossible : ceux qui
accrocheront à l'histoire pourront peut-être avoir
assez de patience (merci les émulateurs et leur sauvegarde
instantanée !) pour y arriver...