Attention,
exclusivité Grospixels ! Voici pour vous, lecteurs, un
tour complet et en images… d’Ultima Underworld
!!! Comment ça, encore, on en a déjà causé
? Ah non, ne vous y trompez pas : je vous parle de la version
PSX, uniquement sortie en peu d’exemplaires au
Japon, totalement inconnue du grand public, tout au plus mentionnée
par les connaisseurs de la série, et dont aucun site
spécialisé dans la saga n’est à même
d’en proposer un descriptif ou une simple image…
alors qu’elle présente de nombreuses variantes
avec l’original !
Une
fois encore, je vous invite à vous replonger dans l’excellent
dossier de l’ami Phyl sur la très grande saga
Ultima, histoire de bien se remettre dans
le contexte, ainsi qu’à comparer les images présentes
dans cet article avec celles d’Ultima
Underworld, le jeu original sur Pécé.
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| Décors
familiers, personnages connus… |
…aucune
retouche n’a été apportée
au contenu du jeu. |
On
commence avec le packaging, sobre, avec sa jaquette noire et
un gros manuel de 30 pages… en noir et blanc. Surprenant,
lorsque l’on sait que tous les livrets de jeux japonais
sont imprimés en couleur, contrairement aux titres occidentaux
sur consoles ; voilà peut-être l’un
des signes d’un projet mené directement par Origin
pour le marché japonais, trahissant une méconnaissance
de ses spécificités ? Allez zou, trêve de
bavardages, on démarre la bête.
Vous
souvenez-vous de l’introduction originale ? Eh bien, elle
a été complètement refaite. Si la mise
en scène se veut scrupuleusement respectée, les
graphismes sont nouveaux. Le tout est accompagné de voix
japonaises, bien entendu, alors que les sous-titres ont disparu.
Et ce n’est qu’un avant-goût de ce qui attend
le joueur, puisque à part le titre du jeu, rien n’est
écrit en alphabet occidental ! Rien ne nous sera épargné,
pas même les sous-menus de réglages sonores. Si
la barrière de la langue ne gêne pas réellement
le joueur dans la prise en main du personnage, elle se révèlera
par contre bien plus gênante lors de toutes les phases
de dialogue ou de troc. La langue posera également problème
lors de la création du personnage, puisque même
les classes de personnages doivent être déchiffrées.
Ceci dit, étant donné que ce menu n’a pas
changé, il sera toujours possible de se conformer par
symétrie au menu de la version originale Pécé.
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| Un
tout pitit menu qui se sent si seul dans ce grand
écran tout noir. |
Les
cartes de jeu n’ont pas bougé, mais on
ne peut
plus écrire de mots doux dessus. |
Enfin
! On attaque l’aventure. Et c’est le choc, car le
moteur du jeu a été refait ! Vous me direz, vendre
un jeu de 1993 aux nippons, avec une fenêtre de jeu inférieure
à la moitié de l’écran, et des textures
à faire peur à un joueur de PSX…
Il n’empêche, l’effort est louable, et donne
à cette version sa spécificité, d’autant
plus que le rendu visuel du donjon est loin d’être
mauvais. Graphismes en plein écran, déplacements
fluides, textures refaites, tout ceci confère une impression
bizarre, comme si on se retrouvait devant un autre jeu. Au moins,
sur ce point-là, le jeu est une réussite, quel
plaisir de se balader de nouveau dans ce labyrinthe avec des
graphismes d’environnement rehaussés. L’interface
de jeu a donc laissé la place au jeu, et si l’on
perd en esthétisme, surtout sans les zoulis petits dragons
qui ornaient la log des évènements, on y gagne
largement en jouabilité. Seuls les indicateurs de vie,
mana, la boussole désormais en troidé, la jauge
d’attaque, le détecteur d’ennemis et l’indicateur
de vie (les fameux dragons) réunis dans un crâne,
les deux cases d’objets courants (généralement
pour les torches ou la lampe), et les trois runes de sort sont
restés à l’écran. Les évènements
apparaissent maintenant en pop-up.
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| Surprenants,
amusants, la modélisation des protagonistes
de l’abysse donne vraiment l’impression
que l’on est devant un projet amateur. |
Ne
vous y trompez pas, l’aventure est respectée en
tous points, les niveaux, les couloirs, les objets, les personnages
vous seront familiers. À propos de ces deux derniers, si tous
les éléments à ramasser que l’on
trouve sur son chemin sont toujours en bitmap, il n’en
est pas de même pour les ennemis et personnages, qui,
pour l’occasion, sont passés en troidé !
Bon, le résultat n’est par contre vraiment pas
convaincant, pour la bonne raison que les étapes d’animation
originelles ont été conservées, conférant
à la population de l’abysse stygienne un style
très… Playmobil. Quant à la qualité
des modélisations… elle va du "pas trop mal"
au "catastrophique" ! La dégaine des personnages
humains et des gobelins rencontrés prête à
rire, et le vert fluo des diablotins et des vers inspirent plus
la peur que leur attitude belliqueuse. Pour un jeu sorti en
1997, sur des routines de 1993, l’équipe de développement
ne s’est franchement pas foulée, alors qu’il
s’agissait du point d’orgue de ce revival. Partant
de ce constat, on peut aisément imaginer que le titre
n’avait franchement aucune chance de conquérir
le marché nippon. Quant à l’absence de modélisation
des mains des protagonistes rencontrés, doit-on y voir
une réminiscence de Final
Fantasy VII, le gros succès RPG de la PSX de l’année ?
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| Le
japonais seconde langue, une réforme indispensable
de l’Education Nationale. |
Les
ankhs à mantra n’ont pas été
oubliées. |
Vous
rappelez-vous également qu’Ultima
Underworld se maniait sur pécé à
la souris ? Avec le changement de support, tout va maintenant
se contrôler à l’aide du pad de la PSX.
Voici ce que cela donne : déplacements à la croix
directionnelle, saut sur le bouton Croix, course sur le bouton
L1, vue haute, basse et pas chassés à l’aide
du bouton L2. Puisque le menu de gestion du personnage a disparu
de l’écran principal, le bouton Rond sert de bascule
vers une interface dédiée. Pour interagir avec
les éléments du décor ou les objets, le
bouton Carré affiche un curseur à balader avec
la croix. En général, on valide les actions avec
le bouton Rond. Si l’on regrette la souris dans la première
heure de jeu, les combinaisons de touches finissent par rentrer,
avec tout de même de temps en temps quelques égarements.
À ce propos, je n’ai toujours pas réussi
à afficher le menu des caractéristiques du personnages
(Force, Endurance…).
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| Oups
! Une armée de squelettes. |
Goldthirst
est de retour ! S’il s’agit toujours de
son
nom en japonais… |
Le
mode combat s’active avec le bouton Start, et les différentes
attaques portées sont gérées désormais
gérées avec les boutons Croix (attaque piquée),
Carré (attaque horizontale), et Triangle (attaque verticale).
Moins intuitive que sur pécé, la maniabilité
de la version PSX demande un certain temps d’adaptation.
Mais le jeu y gagne en rapidité et en agilité
dans les déplacements et les combats, et les sauts,
dont l’amplitude semble même avoir été
augmentée, ne sont plus synonymes de torture vidéoludique.
Attention, tout de même, le héros a très
vite tendance à se blesser à cause de la hauteur,
les sauts de cabri doivent donc être évités.
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| Cet
hiver, la tendance mode virera au vert malade légèrement
agressif, sans textures, tout en Gouraud. |
Les
habitués d’Ultima
Underworld se remémoreront sûrement
la quête du peuple lézard au troisième sous-sol,
où Murgo le prisonnier apprenait au joueur les rudiments
de la langue. Alors que dans la version Pécé,
l’on devait taper le vocabulaire au clavier, l’absence
de ce périphérique sur PSX a contraint
les développeurs à remanier le système
au profit d’un QCM ; ainsi, Murgo propose ici un choix
de quatre mots à traduire à chaque question. Je
supposais que le même système serait appliqué
pour les mantras : après quelques heures de donjon, j’ai
eu beau me défouler sur les ankhs, pas moyen de déclencher
une prière de chant, je n’ai eu pour seul résultat
qu’un vieux message en japonais. Pour les cartes, exit les notes personnalisées, on ne pourra plus désormais
qu’y apposer des marqueurs.
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| Incroyable
! Un personnage avec des griffes ! |
Une
bien belle rencontre !
Ahhh, le charme des polygones… |
En
ce qui concerne l’environnement sonore, l’on reconnaîtra
rapidement les thèmes de l’original, mais avec
une bonne exploitation du chipset sonore de la PSX,
dépoussiérant les musiques Adlib de la version
Pécé. Les bruitages ont également
bénéficié d’un lifting technique,
même s’ils se montrent toujours aussi discrets
; et comme évoqué plus haut, toutes les scènes
cinématiques profitent de doublages audio en japonais.
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| L’ami
Murgo, toujours derrière les barreaux…
Mais ce coup-ci, il faudra d’abord traduire
ce qu’il raconte, pour ensuite comprendre ses
traductions. Ubuesque, vous dites ? |
Alors,
Ultima Underworld sur PSX, indispensable
? Sûrement pas. Du moins, pas pour le joueur lambda. Résumons
l’affaire. Pour jouer à cette version, il vous
faut : une PSX japonaise ou modifiée ; un exemplaire
du jeu ; soit de sérieuses compétences dans la
langue nippone, soit une profonde maîtrise de l’original
(le genre de connaissance qui vous évite de devoir lire
les textes pour le finir), soit un excellent support texte traduit
; et pour finir, une forte envie de jouer ou de rejouer à
ce chef d’œuvre du jeu de rôle micro. Et encore…
La modélisation des personnages tenant quasiment du scandale,
cette version se voit vraiment réservée aux vieux
de la vieille d’Ultima
Underworld, ceux-là s’amuseront en
s’essayant à cette conversion pour le moins étrange,
mais intrigante.
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| Au
moins, le Beholder du deuxième sous-sol
est très proche de l’original. |
Quel
dommage que l’eau ne soit toujours pas animée. |
Étant
donné sa rareté, il vous faudra de fait avoir
un certain bol de tomber sur un exemplaire en l’état,
et de débourser une somme qui ne correspond généralement
pas à la valeur intrinsèque de l’objet.
Mais je suis sûr que vous connaissez la rengaine, le phénomène
est malheureusement devenu monnaie courante en matière
de rétrogaming. Personnellement, je n’aurai jamais
pu réaliser ce test si je n’avais pas mis la main
sur une occasion de bonne facture, à un prix très
raisonnable. Et puis, Grospixels tenant plus du sacerdoce que
du dévouement, je ne pouvais décemment passer
à côté de vous faire découvrir un
ovni vidéoludique !
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| Pour
finir, une vue d’hélicoptère du
packaging, beaucoup plus sobre que celui de l’original,
mais tout de même soigné. |
(Phyl,
Laurent… pour les notes de frais sur Ebay, ça tient
toujours ?)
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| Je
suis persuadé que tout est très bien
expliqué dans ce manuel… |
Tonton
Ben, dont le compte en banque ressemble de
plus en plus à l’abysse stygienne.