Testé à partir de la version Game Cube (PAL)

Ci-dessus, la jaquette Japonaise du jeu, toujours aussi travaillée
avec soin
Voir
aussi :
- Le dossier Sonic
- Le test de Sonic Adventure
Les faits
Voilà maintenant 3 ans que Sega, géniteur du
hérisson bleu, n’a pas fait parler sa mascotte dans de nouvelles
et palpitantes aventures vidéoludiques, mis à part quelques rééditions
de ses anciens succès et autres adaptations sur GBA.
C'est au début de l'année 2004 que l'une des plus importantes sociétés
de développement de jeu vidéo fait revoir le jour à un héros
de jeu vidéo un peu oublié du grand public, mais toujours présent
dans les esprits des joueurs de la première heure. Annoncé comme
plus qu'une "simple" suite, ce nouvel opus sera multi plate-forme et connaîtra
une distribution internationale. La plupart des joueurs se montrent impatients
mais restent cependant prudents quand à cette annonce. Car ces derniers
temps, à quelques exceptions près, Sega brille plus par une certaine
incapacité à se renouveler via l'adaptation de ses anciens hits
que par une réelle et concrète nouvelle vague de créativité
qui l'aurait emporté.

L'image ci-dessus ne représente qu'une infime partie
du premier niveau
Encore
aujourd'hui, alors que ce personnage et son univers ont atteint une certaine maturité
dans le temps, nombre de joueurs restent fermement admiratifs et passionnés
par ce qui a été, plusieurs années durant, une sorte de gage
de qualité, que ce soit dans le gameplay, la réalisation ou plus
généralement le plaisir de jeu. Accompagnant avec force promotion
l'arrivée de chaque nouvelle console Sega, Sonic a connu plusieurs adaptations,
conçues comme autant de modèles pour l'ensemble de la production
ultérieure en matière de jeux d'action.
Ainsi,
la société Nippone est parvenue à conquérir un large
public, mêlant plusieurs générations de joueurs. Mais elle
est également parvenue à faire de Sonic l'égal d'un Mario,
son rival de toujours. Cependant, après de nombreux échecs commerciaux,
notamment via l'arrêt total et définitif de la Dreamcast,
accompagné d'un changement de politique visant a axer l'essentiel de sa
production sur la réédition de titres qui ont fait sa gloire passée,
cette société en est venue a délaisser un temps sa mascotte,
aujourd'hui aussi célèbre si ce n'est plus que certains des personnages
cartoonesques les plus populaires, notamment ceux issus des univers Disney. C'est
donc sur un pari risqué mais néanmoins jouable que Sega débute
le développement de ce qui, de prime abord, semble être le troisième
épisode de Sonic Adventure, débuté sur Dreamcast quelques
années auparavant.
D'ores
et déjà intitulé Sonic Heroes, ce nouvel opus fait évidemment
la part belle au hérisson bleu le plus rapide de l'histoire des jeux vidéo,
sans omettre d'y inclure certains de ses compagnons de la première heure,
à savoir l'incontournable Tails, le maléfique docteur Eggmann ou
encore l'éternel rival qu'est Knuckles. A ceux-là il est également
nécessaire d'ajouter d'autres personnages, tels qu'Espio ou (noms des personnages)
issus de l'épisode de Sonic exclusif au 32X, mais
également le robot (nom du robot), Amy et Dark, provenant des premiers
opus de Sonic Adventure sur Dreamcast. Au final, ce ne sont pas moins de (nombre
de persos) personnages qui sont présents et jouables, offrant ainsi des
perspectives de jeu plus qu'alléchantes.
Rapidement, Sega dévoile qu'une interaction entre les différents
protagonistes sera l'une des nouvelles bases d'un gameplay promis comme un sensible
renouvellement, tout en précisant que les bases du genre seront conservées.
L'attente est de plus en plus intense et en devient quasiment palpable ;
ça y est Sonic Heroes est arrivé !

La "Sonic Team" dans toute sa superbe
Que nous réserve donc ce nouvel opus ?
De
prime abord, ce nouveau Sonic à la sauce troidé semble visuellement
très proche des deux Sonic Adventure, tant sur le plan technique qu'au
niveau du design général, mais à y regarder de plus près,
on peut rapidement s'apercevoir qu'il y a, finalement, peu de liens entre ces
trois titres nouvelle génération. En effet, si Sonic Heroes reprend
les grandes lignes de ce qui a fait le succès mérité de cette
série, à savoir une maniabilité instinctive et un gameplay
misant avant tout sur le vitesse d'exécution des commandes et du jeu, l'architecture
des niveaux s'est enrichie de nombre d'éléments novateurs. Tous
font appel à ce nouveau système de jeu, avant tout basé sur
le système d'équipe et donc de collaboration entre les différents
protagonistes. Sega a donc misé sur un système simple, que l'on
pourrait apparenter, sur le fond, à The Lost Vikings,
et qui a maintes fois fait ses preuves, mais dont l'approche s'est révélée
désastreuse pour certains titres moins inspirés. Ce n'est heureusement
pas le cas de Sonic Heroes, qui exploite à la perfection ce système
d'équipe et en tire une multitude de possibilités que le joueur
pourra exploiter ou non via un panel assez impressionnant d'approche des niveaux.
En
effet, chaque équipe est construite sur une base similaire, à savoir
trois personnages, chacun possédant des caractéristiques qui lui
sont propres. A titre d'exemple, la Sonic Team propose au joueur Sonic, Tails
et Knuckles. Sonic est le personnage le plus rapide de son équipe, capable
d'aller bien plus vite que ses deux compagnons, leur offrant ainsi la possibilité
d'accéder à certaines zones impraticables pour eux. Tails, lui,
peut voler durant une courte durée, transportant alors Sonic et Knuckles,
tandis que ce dernier peut détruire certains obstacles insurmontables pour
ses petits camarades. C'est donc sur un système similaire que son calquées
toutes les autres équipes, à savoir un personnage rapide, un personnage
volant et un personnage puissant. Notez que, selon les zones traversées
dans chaque niveau, des icônes correspondant à un type de personnage
vous indiquent quel membre de votre équipe est le plus à même
de parvenir à surmonter tel ou tel obstacle, telle ou telle situation.
Ces indications se font via un simple système de couleurs accordées
selon la catégorie à laquelle appartient chaque personnage (bleu
pour le rapide, rouge pour le puissant et jaune pour le volant).
Cependant,
il est important de noter que ce principe ne se limite pas à ces quelques
démonstrations, bien au contraire.

Attaque tornade de Sonic en pleine action ! Notez la
petite jauge de vie des adversaires qui se vide au fur et à mesure des
assauts.
Chaque
personnage, en plus de posséder les capacités ci-dessus citées,
est en mesure d'exécuter des mouvements indépendamment des fonctions
qui lui sont attribuées. Par exemple, Sonic, en plus d'être très
rapide, pourra s'il le désire mettre en oeuvre sa fameuse "homing attack",
qui consiste à rebondir d'un ennemi à l'autre, parfois au-dessus
d'un précipice, mais aussi, et là c'est un nouvel élément
de gameplay qui vient s'ajouter à la liste, rebondir de paroi en paroi,
en s'y agrippant quelques instants, pouvant de cette façon surmonter certains
obstacles voire traverser des zones dangereuses sans prendre de risques inutiles.
Mieux encore, lors de combats particulièrement acharnés, par exemple
face à des robots protégés par un bouclier, Sonic pourra,
en tournoyant simplement dans les alentours de ses ennemis, créer une tornade
qui emportera tout sur son passage ou pourra même, le cas échéant,
l'aider à se propulser sur des barres asymétriques et autres poteaux.
Toujours
à titre d'exemple, Tails sera le seul personnage en mesure d'affronter
les adversaires volants, en propulsant ses compagnons directement sur les machines
du docteur Robotnik tout en conservant sa position sur la hauteur. Quand à
Chaotix, de l'équipe du même nom, il a la possibilité de se
rendre invisible et de pouvoir ainsi traverser toute une zone sans être
remarqué, ce qui est utile si l'on souhaite éviter les affrontements.

En plein ride, vous devrez éviter les assauts des deux
trains se situant sur les autres rails, le tout à une vitesse hallucinante !
Enfin, chaque équipe de Sonic Heroes dispose d'une attaque spéciale,
exécutable conjointement, et qui permet de se débarrasser d'un grand
nombre d'adversaires ou bien d'affaiblir de façon conséquente un
boss de fin de niveau. La particularité de ces attaques est que celles-ci
ne sont disponibles qu'en fonction du remplissage d'une barre d'énergie.
Pour ce faire, il vous suffira d'abattre le plus d'ennemis possibles mais aussi
de réussir certaines actions particulièrement ardues. Enfin, un
système à la fois simple et accessible permet d’augmenter
les différentes capacités spéciales de chacun des protagonistes
en présence via la collecte de gemmes de couleurs, chaque couleur correspondant
à l’un des trois types de personnage. Ainsi, vous pourrez multiplier
jusqu’à trois la vitesse de déplacement de Sonic ou bien encore
faire grimper au maximum la puissance de frappe de Knuckles. Cependant, toutes
ces nouveautés de gameplay ne seraient rien sans leur mise en oeuvre, c'est-à-dire
l'exploitation de ces dernières au sein des différents niveaux que
traverseront nos différentes équipes.
Comme
nous l'avons vu précédemment, Sonic Heroes reprend les bases de
l'univers de Sonic et y ajoute un nombre conséquent de nouveautés
sans pour autant le dénaturer. Les thématiques sont par conséquent
très proches de Sonic premier du nom, paru sur Megadrive.
Le joueur ayant fait ses premières armes à l'époque de cette
dernière ne sera donc pas dépaysé, loin s'en faut, et retrouvera
avec plaisir le design de ses premiers émois vidéoludiques, sans
pour autant tomber dans la nostalgie.

L'entrée du temple du niveau 1-2 : sublime.
Et top du top, cette séquence est totalement jouable !
Le
premier niveau, directement inspiré de son homonyme de Sonic 1, est en
quelque sorte un petit hommage à l'épisode 16-bits qui a vu naître
celui qui deviendra très rapidement l'emblème de tout un mode de
pensée du jeu vidéo. C'est avec un plaisir certain que l'on retrouve
loopings et autre passages acrobatiques, palmiers et rochers sur fond marin coloré
et chatoyant. Car des premières aventures de Sonic, Sonic Heroes hérite
également de la palette de couleur, légèrement acidulée,
gaie et parfaitement adaptée à la l'univers cartoonesque de ce personnages
flamboyant.
Néanmoins,
l'architecture des niveaux dénote ici d'un travail remarquable, offrant
ainsi au joueur la possibilité d'aborder la plupart des situations sous
un angle différent. Car en effet, si les épisodes précédents
limitaient le joueur aux actions possibles de Sonic et de quelques-uns de ses
compagnons qui le rejoignèrent par la suite, Sonic Heroes offre un double
défi : terminer les niveaux selon la démarche proposée
par les développeurs ou bien les explorer à votre propre manière,
selon votre humeur et vos envies.

Des niveaux bonus très psychédéliques.
Exit donc les quelques probables frustrations surgissant d'un palmier que l'on
ne pouvait franchir, exit les rochers incontournables ou les falaises trop profondes,
car dans Sonic Heroes, tout est matière à être exploré,
étudié, dans le moindre détail, et jamais aucun élément
ne viendra perturber votre liberté de mouvement dans un jeu à priori
considéré comme particulièrement dirigiste. Tout au contraire,
Sonic Heroes est pratiquement l'équivalent d'un GTA pour le jeu de plate-forme.
Dès le premier niveau, il est aisé de remarquer à quel point
la liberté d'action est étendue. Après quelques cabrioles
bien senties, on se retrouve au coeur d'un looping à triple boucles, chacune
amenant le joueur vers une direction différentes mais ayant tout de même
un objectif similaire. Trois possibilités s'offre alors à vous,
mais dans un temps imparti extrêmement court, laissant alors peu de place
à la réflexion. Le niveau achevé, on se demande si l'on a
pris la bonne décision, si l'on aurait pas mieux fait de prendre à
droite plutôt qu'à gauche ou au milieu, et au final, c'est avec un
plaisir à chaque fois renouvelé que l'on refait les niveaux déjà
achevés.

Utilisez l'une des nombreuses formations possibles en équipe
pour franchir des obstacles insurmontables en solo : ici, la Sonic Team se
tient par la main pour planer au-dessus d'un
ventilateur géant, lui permettant ainsi d'atteindre le bonus tout proche.
Pourtant, le génie du gameplay de Sonic Heroes ne se limite pas à
cela, mais s'étend sur les dizaines de trouvailles, discrètes mais
efficaces, qui font que ce titre est une oeuvre d'exception et non une simple
suite. Toujours dans le registre des exemples, lors de votre visite dans le stage
du casino, thème récurrent s'il en est de cette série, on
retrouvera avec plaisir les différents éléments de gameplay
qui ont fait son succès, à savoir quelques tableaux de flipper géants,
deux ou trois roulettes, mais aussi, et c'est ici une chose nouvelle, un bingo
(ou loto) géant. La particularité de celui-ci est que, durant toute
votre traversée, vous devrez réunir les différents numéros
présents sur votre plaquette de loto avant la fin du dit niveau, sans quoi
vous serez tout simplement sanctionné par l'impossibilité d'accéder
à la zone suivante, le tout, bien évidemment, à la dernière
minute, ce qui ne manquera pas de surprendre le joueur et, accessoirement, de
l'énerver.
Sonic
Heroes, comme le démontre l'exemple ci-dessus, se démarque également
de ses prédécesseurs par une dose relative de réflexion à
fournir pour venir à bout de certains passages particulièrement
ardus, en plus de la dextérité et des réflexes requis tout
au long de l'aventure, le tout sur des laps de temps particulièrement courts,
ce qui ne fait qu'accentuer le (bon) stress ressenti par le joueur. La construction
du jeu est en elle même est similaire à tout les autres Sonic, c'est-à-dire
que chaque niveau possède un thème particulier et se voit découpé
en deux zones bien distinctes qui se terminent généralement par
l'affrontement fatidique contre le docteur Robotnik. A la différence que,
selon l'équipe jouée et le niveau achevé, Robotnik laissera
la main à d'autres de ses sbires, voire à une équipe jouable,
dirigée par l'ordinateur, et qui n'aura pour autre but que de vous faire
échouer dans vos missions.
A
l'occasion, on pourra donc se retrouver dans les cas de figure de la Team Rose
contre la Team Sonic, ce qui promet des affrontements mémorables et néanmoins
sympathiques.

Un affrontement magistrale face à l'une des oeuvres
démoniaques du docteur Robotnik.
Car
ce qui fait que Sonic Heroes est également très particulier, ce
sont aussi les corrélations constantes entre tout ces personnages, reliés
les uns aux autres par un historique certes peu crédible mais cependant
existant. Un mélange savoureux de différents caractères se
dégage de cette histoire mais aussi, et surtout, un relationnel plus ou
moins exacerbé durant les parties, notamment certaines phases de jeu, lors
des dialogues entre les membres d'une même équipe, alors que ceux-ci
traversent un rail ou bondissent au-dessus de la mer, le tout à l'échelle
d'un jeu de plates-formes bien sûr.
Difficile
donc de résister longtemps à ce tableau quasi idyllique, surtout
lorsque celui-ci est soutenu par une bande-son particulièrement travaillée
et dans la même veine que l'esprit rock'n roll des précédents
opus, tout du moins des plus méritants. Ce sont sur des accords de guitare
endiablés et des vibrements de basses explosifs que l'on traverses les
différents niveaux à toute berzingue, bondissant d'un lieu à
l'autre, affrontant des boss particulièrement coriaces... En bref l'esprit
Sonic atteint ici une excellence totale en matière d'OST et mérite
largement de faire partie intégrante des ténors du genre, encore
bien plus lorsque l'on sait que l'ensemble des morceaux sont soutenus par des
bruitages de grandes qualités, dont certains sont directement empruntés
aux versions 16-bits, renforçant ainsi l'immersion au coeur de l'univers
Sonic. Enfin, et si l'on tient à suivre les canons rédactionnels
vidéoludiques, impossible de ne pas évoquer en fin de papier la
durée de vie de ce soft qui n'est autre qu'absolument monstrueuse, à
condition que celle-ci ne se limite pas au parcours unique et linéaire
des niveaux proposés.
Imaginez
pour vous en convaincre que pour chaque équipe de Sonic Heroes, quatre
au total, et chacune composée de trois personnages, chaque niveau s'arpente
d'une façon différente et subit des variations plus ou moins conséquentes
selon les équipes sélectionnées, que par ailleurs la difficulté
du jeu est nettement au-dessus des productions antérieures et qu'enfin
le fameux "replay value" est si important qu'il va vous être très
difficile de lâcher la manette.

Les ennemis eux-mêmes ne reviennent pas de la qualité
générale de ce jeu.
Sonic
Heroes réussit donc la pari délicat d'aller plus loin que la simple
adaptation moribonde et propose aux joueurs un véritable nouveau challenge,
tant sur le fond que sur la forme, tout en sachant conserver les éléments
majeurs qui ont fait de Sonic ce qu'il est devenu depuis nombre d'années,
à savoir un personnage incontournable, une figure mythique du jeu vidéo,
une icône de l'art numérique, totalement indissociable de son univers
si particulier, souvent copié, mais jamais égalé.
Quelques images pour finir en beauté :

Robotnik est effectivement en colère...

La team Rose au grand complet.

Kaboum ! Knuckles se lache

Pas le temps de s'arrêter pour siroter un cocktail,
malheureusement...

Heu... comment vous dire ça ?... Courez !

Pour vos petits fonds d'écran chéris (1024x768
: click droit - enregistrer l'image).
Nordine, ninja à temps partiel.