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Les shoots délirants de la PC Engine
Véritable reine des shoot'em'ups, la NEC PC Engine ne fut toutefois pas la console d'un seul type de jeu, et même au sein de ce genre très balisé, elle a connu un grand nombre de titres cherchant à sortir des sentiers battus en mettant le joueur dans la peau de diverses créatures bizarres, ou en lui faisant piloter des engins des plus inattendus.
Par Michael (10 août 2002)

Introduction

La Nec PC Engine (voir notre article sur cette console) est réputée, à juste titre, être la reine des shoot'em'up. Dès ses débuts, elle a pu se vanter de posséder les meilleurs jeux du genre, notamment grâce l'excellent Gunhed, puis, avec la saga des Soldiers (Super Star Soldier, Final Soldier, Soldier Blade), mais aussi avec Aeroblaster, Dead Moon... Avions, vaisseaux spaciaux, hélicos... Il y'en a en tout des dizaines et des dizaines. Cependant, dans certains shoots de l'Engine, on ne dirige aucun engin ! Sans doute pour faire varier les plaisirs et les univers, on a le droit à la place à toute une kyrielle de personnages ou objets, toujours plus insolites au fil des mois et des années.

Aussi, dans cet article pourtant consacré aux dégommages en tout genre, point de cockpit, mais beaucoup de fun en Hu-Card...

C'est parti, nom de code "les délires shootesque de la NEC PC Engine".

1988, la qualité

Les 1ers shoots où l'on ne dirige ni avions, ni vaisseaux spaciaux, ne mettent pas longtemps à sortir. Ces 2 exemples sont même assez précoces pour des jeux PC Engine.

Space Harrier
Un jeu pas comme les autres

Space Harrier est à l'origine une borne d'acade Système 16 de Sega (voir cet article). L'adaptation PC Engine est très réussie, même si elle est, cela ne surprendra personne, très en dessous de l'original. Ce jeu est assez particulier : il s'agit d'un shoot en "vraie-fausse" 3D, où l'on dirige un homme en pleine course, capable de voler de voler et tirant sans cesse de petites dragées nacrées. Et puis c'est tout. Mine de rien, nous venons de terminer l'inventaire de ses capacités... cela peut sembler court, voir simpliste, pour ne pas dire ennuyeux, mais ça se révèle finalement extrêmement fun.

Il faut dire que Space Harrier fait partie des jeux justifiant complètement la création de shoots avec autres choses que des vaisseaux, l'angle choisi dans ce dossier, car l'ambiance est très réussie. On pourrait la qualifier de... "Archéo-Techno-Futuriste" ;) . En fait, c'est le genre d'atmosphère qui permet à des mammouths-cyclopes de côtoyer des robots géants entre deux tours métalliques rappelant un peu des colonnes grecques. Y'a rien de plus chouette. C'est un peu le même esprit que l'on retrouve dans le mythique F-Zero (quelques années plus tard sur SuperNES), dans les couleurs, dans les textures sur le sol, et surtout dans la vitesse, car là aussi ça trace ! Citons par exemple certains niveaux bonus qui vous permettent de chevaucher un serpent à poil long, très sympathique, et d'autres passages où un plafond très bas rajoute encore à l'impression de vitesse, c'est complètement démentiel.

Seulement, ce jeu de Sega ne fait pas l'unanimité : trop répétitif, pour certains, monstre sacré du plaisir vidéoludique pour d'autres, les avis sont partagés. Il fut également adapté sur les premières consoles Sega qui sortirent peu après, et on notera même l'arrivée d'un très déroutant Space Fantasy Zone sur CD-ROM, véritable mélange de ce Space Harrier avec Fantasy Zone, autre shoot de Sega, mais celui ci avec des vaisseaux, dans un univers acidulé. Au final, un étonnant cocktail.

Dragon Spirit
Cracheur de feu

Egalement adapté d'une borne d'arcade, ce shoot vertical de Namco permet de remplacer les habituels vaisseaux suréquipés par un valeureux dragon tentant tant bien que mal de sauver la planète. Vous connaissez sans doute les shoots-zaim-eup classiques et leur système de power up, vous savez, les petites capsules présentes dans la plupart de ces jeux et qui permettent de changer son tir à la fois en nature et en intensité. Hé bien, ce système est adapté à l'animal et en récoltant trois items "feu", votre tir sera enfin augmenté. Citons aussi la capsule rouge ajoutant un "double tir" sortant de la "double tête" de celui qui est devenu, vous l'aurez compris: un "double dragon", évidemment ;). Les développeurs ont visiblement mis l'accent sur l'interaction avec les paysages que l'on survole. Les boules feux sont crachées par exemple par des nessy sortant des lacs environnants, quand ces munitions destructrices ne sortent pas carrément des peupliers ! (?!?? ne me demandez pas pourquoi)
Dans le même esprit d'interactions entres les plans dessus/dessous, on voit arriver des méchants décollant du sol. Cependant, ne pensez pas ces combats déloyaux, avec des opposants lâchement inaccessibles. Non, ils ne sont pas protégés pour autant car la bestiole à flammes dispose d'une autre arme : les bombes qu'il faudra savoir lâcher au bon moment pour justement atomiser ces êtres hostiles avant qu'ils aient eu le temps de balancer leurs munitions plus haut.
Dragon Spirit est un jeu très connu et très plaisant.

Deux jeux dans cette partie, alors qu'il y'en aura beaucoup plus dans la période suivante 89/90. Les parties auraient pu être plus équilibrés mais nous avons préféré mettre ces deux 1ers jeux à part, les suivants étant plus moyens.

1989/90, la quantité

Si 1988 a vu l'arrivée de deux grands jeux répondant aux critères de cet article, durant les deux prochaines années le rythmes va s'accélérer. Cependant, si l'originalité est parfois au rendez vous (et encore la plupart de ces Hu-Card ne s'éloignent pas encore totalement de l'univers des shoots classiques), la qualité fait souvent défaut, d'où le choix de laisser ensemble 89 et 90. Voici donc 7 titres :

Deep Blue
Un amusement abyssal

Avec Deep Blue, NEC et Pack-in-video déclinent à leur tour le genre shootesque. Ne vous fiez pas à son atmosphère calme et reposante, ce jeu demande des réflexes. Il est même très difficile. Peut être trop, ou bien, peut être est-ce la maniabilité un peu déroutante qui laisse cette désagréable impression, surtout qu'il y'a de la concurrence. Alors à moins d'être un aquariophile acharné, mieux vaut éviter les gros poissons. On ne s'amuse pour ainsi dire pas. Le plus gros avantage de ce jeu réside sans doute dans l'originalité de son univers. Mais vous allez voir, il y'a bien pire tout en étant mieux. Alors, sortons de l'eau.

Hany in the Sky
Mauvais coup

Cette fois ci, vous dirigez une fusée cylindrique, longiligne et toute ronde au bout... Je pense que tout le monde pense à ce que je pense. En fait il s'agit d'une sorte de ... doré et géant. Avec de la persévérance (et beaucoup de mérite), vous pourrez même améliorer les performance de votre engin, mais même avec ça c'est vraiment trop difficile, et en plus il n'y a pas d'autres fantaisies. Bref, le jeu n'est vraiment pas terrible, mais voilà, pour être original, c'est original.

Note pour les puristes: le long personnage revient l'année suivante dans un jeu de plate-forme, Hany in the Road et peut être dans un jeu de Mah-jong.

Ordyne
Gentil petit jeu

On parle d'Ordyne ou on en parle pas? Bah, tant qu'on y'est ! Prenez place, donc, dans une sorte de... heu... moitié auto tamponneuse à hélice, moitié avion (d'où la possibilité de le considérer comme un shoot classique), c'est Namcot qui invite, façon de parler ;) pour cette grande fête foraine aérienne. Alors oui, il y'a plus beau, il y'a plus marrant aussi et même plus déjanté mais c'est sympa quand même, ambiance ballon de baudruche dans les airs, nuages dans le ciel. Ordyne, quoi !

Partez pas, dans quelques lignes ça devient le top.

Atomic Robo Kid Special
Toto le petit robot

Un autre exemple de jeu assez précocement adapté de l'arcade, même si cette fois on ne s'éloigne pas trop des shoots classiques, puisqu'avec Atomic Robo Kid Special de UPL on dirige quand même de la ferraille. Vous voici donc dans la peau d'un robot hyper habile et performant. Grâce à ses multiples propulseurs il est capable de voler, de stationner en l'air, shooter (ça vaut mieux pour lui), mais aussi de se déplacer sur le sol au moyen de deux espèces de petites pattes mécaniques. Le sol est à la fois praticable et omniprésent, voilà un vrai point commun avec les jeux de plates-formes ! Et ce n'est pas le seul puisque, à l'instar de la plupart des jeux de ce genre, le scrolling ne vous force pas à avancer. Cependant, et malgré ces quelques "rapprochements", il s'agit sans l'ombre d'un doute d'un shoot, avec des ennemis à dézinguer, de nouvelles armes à récolter, à changer... Ne vous fiez à la grossière verdure des premiers instants, les nombreux niveaux se révèlent finalement assez détaillés et variés. Les méchants sont nombreux, on aura la joie de faire la connaissance d'un mini-boss à la fin de chaque niveau, et pour discuter plus longuement, certains stages sont entièrement dédiés à un boss géant, et vous ne vous ennuierez pas une seconde en sa compagnie tant il a du répondant. La maniabilté ne pose pas de problème particulier. Un bon petit jeu très agréable que cette "radioactive boite de conserve de jeune âge". (Note : Ce jeu fit l'objet d'une piètre conversion sur Amiga, à l'animation saccadée, à laquelle on préfèrera de loin la version PC Engine)

Cyber Core
Baygon vert

Ce shoot vertical d'IGS permet de diriger un cyber-insecte, qui se transforme et évolue au cours de la partie. Il reprend en grande partie le système de combat de Dragon Spirit, un bouton pour les tirs droits, un autre pour viser les ennemis en bas. Les graphismes sont tout juste corrects, un peu trop vide sans doute. Un jeu moyen de plus, et moins coloré qu'Insector X, un autre shoot mais cette fois en arcade où l'on dirige une abeille (Taïto 89).

Rabio Lepus Special
Lapin de l'espace

Captain Kirk ? Vous m'entendez? Alerte ! Alerte ! Un lapin ! Oui, un lapin rouge et blanc. Non pas dans le vaisseau, à l'extérieur, dans l'espace ! C'est ça, juste devant nous, depuis d't'à l'heure, je le vois de profil ! Hein ? Ce que j'ai b... Mais rien du tout capitaine, enfin, comme d'habitude, un verre de rouge à midi en même temps que le fromage, mais c'est pas le problème, je vous assure qu'un lap... Ce qu'il fait ? Il lance des attaques multicolores et défonce des ribambelles de sattelites, des cortèges de soucoupes, de vrais serpentins de scuds...

Rabio Lepus de Video System sort en octobre 90 au japon, cette fois encore, si vous ne dirigez aucun vaisseau, l'univers est le même que celui des shoots classiques. En scrolling horizontal, ce jeu est très sympathique, coloré, maniable mais assez classique finalement, malgré un engin moins sujet à la rouille qu'à la mixomatose :) .

Toy Shop Boys
pas un cadeau

Juste avant les fêtes de fin d'année, arrive ce jeu de Victor. Vous dirigez horizontalement trois jeunes garçons. Chacun a son arme de prédilection, cependant un seul à la fois peut shooter. Les ennemis sont des jouets, mais la plupart sont des engin de guerre plutôt réalistes, ce qui fait que la particularité du jeu n'en est plus une, et c'est finalement assez classique. Et même si les décors sont convenables et la maniabilité correcte, l'intérêt est limité.

A une, voir deux exception(s) près, il faut bien avouer que face aux shoots plus classiques, les titres de ces deux années paraissent bien pauvres, la majorité ne dépassant pas le stade de simples curiosités. Allez, la première période est close et le meilleur reste à venir.

1991, bonne année

Quand on y regarde bien, les "shoots-avec-n'importe-quoi-like " les plus convaincants arrivent plutôt à partir de 1991 . Trêve de long discours, regardez plutôt les 1ers exemples.

Super Long Nose Gobblins (a.k.a Aka hanata dakata)
GrosPif

Oublié le fameux Roman traditionnel, y'a des goupils vraiment pas rusés ! Lors du l'introduction du jeu, voilà un renard qui ne manquera pas de libérer un démon sans le faire exprès, et à chaque partie en plus ! Obligé d'aller voir le vénérable Tengu, divinité à l'appendice nasal plus que développé, pour qu'il nous répare tout ça. Vous dirigez donc cette... chose, on dirait une poulette de compétition. On ressent bien le poids des traditions dans ce jeu made in Taito. C'est encore plus surprenant car cela s'associe ici, à un univers complètement délirant, voir même loufoque. Ainsi, dès le départ y'a des blagues un peu idiotes dissimulées un peu partout, on pourrait même dire, si on osait, des "pièges à cons" (mais ne comptez pas sur GP pour dire des choses pareilles ;) ). Par exemple, un alléchant bonus malicieusement placé sous un dôme en équilibre qui nous tombe dessus si on s'approche pour le récolter. On peut aussi citer le filet à papillons qui essaye de nous capturer. Et le pire, c'est que juste après, notre ennemi tire la langue comme pour nous narguer. C'est très marrant, tout comme la trogne des vilains, souvent poilante. Graphiquement c'est dans le peloton de tête de ce qui de fait de mieux sur HuCard. Parfois il y'a certains petits passages avec plusieurs itinéraires possibles, en haut, en bas c'est à vous de choisir.

Comme dans les PC Kid, un item permet de grandir, cependant ici, cela n'a pas le même effet que dans le jeu de plate forme de Hudson, car plus le dieu est grand, plus il a de "droits à l'erreur". C'est en fait un "one more" qui se rapproche de l'effet du champignon des Mario Bros. Original, beau, marrant, sympa, pas insurmontable mais pas trop simple non plus. Long Nose Goblin est quand même assez ardu et ne se terminera pas sans avoir épongeéquelques gouttelettes de sueur sacrée.

Magical Chase,
Le fantastique balai aérien

Pensez à faire passer votre balai au contrôle technique, révisez votre chapeau pointu et faites vérifier votre baguette magique. Avec l'excellent Magical Chase de Palsoft, vous aurez besoin de tout ça pour être au top. Ce jeu est l'exemple parfait d'un shoot "non mécanique" réussi, il est assurément un des meilleurs titres du genre, toutes consoles confondues.

Les graphismes sont un des points forts du jeu. Les ennemis sont tous superbes, originaux, aussi mobiles que possibles: ils sont modélisés avec un effet 3D, ils tournent sur eux même, pivotent... C'est génial, leurs disparitions précèdent l'arrivée de véritables traînées d'items, indispensables pour acheter des armes toujours plus puissantes, des guérisons (dont le prix augmentera au cours de la partie, encore plus vite que la côte des jeux PC Engine ces dernier temps). Les boss sont assez dure à maîtriser, il faudra observer avant d'agir. Alors un conseil : équipez vous, allez au magasin de monsieur citrouille dès que possible et ne regardez pas à la dépense : prenez ce qui se fait de mieux ! Votre sorcière libérera alors une cohorte de pouvoir permettant d'occuper l'écran pour récolter encore plus de petits rectangle bleus, verts, ou dans le meilleurs des cas rouges pour acheter toujours de nouvelles choses, vous perfectionner encore, amasser plus de monnaies et ainsi de suite. Armes éclaboussantes, guérison automatique, vitesse maximum, ayez un balai "toutes Options", les deux petites étoiles de série qui vous servent de bouclier ne suffisent vraiment pas dans ce ciel aussi peuplé qu'hostile. Et soignez vous bien, c'est qu'il y'en a des méchants, tous plus rigolos les uns que les autres : des bestioles en deltaplanes, en montgolfière, ou encore en skate board de l'espace (!). Malgré leur dégaine irrésistible, ils ne manqueront pas de vous cramer le manche à la première occasion. Certains, assez durs à vaincre, vous offrirons en contrepartie une précieuse sucette réconfortante. Les quatre mondes que comptent le mode facile (à l'écran de sélection, les trois mots japonais correspondent au trois niveaux de difficultés dans l'ordre croissant ;) ) ne devraient pas vous poser trop de problèmes, pour les deux autres, c'est autre chose.
Seul défaut (actuel) de ce jeu : son prix!

1er niveau en version Japonaise (gauche) et Américaine (droite)

C'est bien plus tardivement, en 1993, qu'arrive la version américaine, qui n'est, cette fois, plus de Palsoft, mais de Quest. Première surprise le logotype du jeu a changé, ainsi que les graphismes du premier monde, ceux du magasin et quelques ennemis aussi, mais en aucun cas la trame des décors à été modifiée. Les nouveaux graphismes américains remplacent avec un univers correspondant plus à la sorcellerie classique des décors ou des éléments qui étaient plus colorées et rond en japonais, mais je préfére les "anciens". Enfin, c'est un détail, le régal reste le même.

Il est d'ailleurs amusant de constater qu'en 2000 lorsque Quest et Microcabin sortent une récente version GameBoy Color ils reviennent aux graphismes initiaux. Graphismes initiaux... façon de parler car capacités techniques obligent, les dessins sont nettement moins attrayants. Ne le comparons pas à la version de la console NEC, mais plutôt à ce qui ce fait habituellement sur la portable 8-bits de nintendo, et là, la déception laisse place à l'enchantement, la fantaisie du jeu est conservée, la rotation des ennemis aussi (même si elle a été réduite au maximum, un petit reflet par ci, une petite boule qui tourne par là, mais ça fait toujours plaisir :D ).

Pour conclure et revenir à la PC Engine, Magical Chase est encore plus qu'un immense classique, un véritable émerveillement qui n'a pas pris une ride.

Coryoon
Un peu confus

Indépendamment de la série des "dragon" de Namco, on peut diriger sur l'Engine un autre de ces animaux fabuleux. Nettement plus "cartoonesque", il s'agit de Coryoon de Naxat. La princesse a besoin d'aide, et vous, dragon de votre état (on dirait plutôt un perroquet), vous êtes tout décidé à la sauver. Ce qui frappe au premier abord, c'est la musique, particulièrement péchue. Puis les graphismes tout à fait réjouissant. Tout va très vite, tire, explose, libère des fruits, c'est très dynamique. Et ce n'est pas un hasard si les niveaux portent le nom d'une couleur, car tout est très chatoyant. Par contre, il y'a un peu un problème de lisibilité de l'action à l'écran, nos tirs, les ennemis, leurs boules feux meurtrières, les fruits et les bonus sont tous de couleurs vives et dessinés dans le même style, et tout cela s'emmêle un peu. La plupart du temps, les choses positives et les choses négatives doivent posséder une caractéristique immédiatement identifiable par le joueur, ce n'est ici pas le cas. Voici donc un jeu très agréable et distrayant bien qu'un peu trop confus.

Dragon Saber
T'as du feu?

Deux ans se sont écoulé depuis le 1er opus (décrit tout en haut de cette page) . Et pas d'interventions chirurgicales majeure depuis, vous êtes donc toujours un dragon et comme il se doit, vous crachez toujours des boules de feu. Et quand je dis cracher, c'est crachouiller, presque au compte goutte. Je me souviens quand j'étais gosse, les dragons de mes contes de fée préférés, permettez moi de vous dire que c'était autre chose, de vrais chalumeaux et sympa avec ça, de véritables lances flammes toujours prêts à rendre services. Là, on a le droit à une flammèche toutes les secondes, c'est affligeant, un zipo lui ferait de la concurrence, peut être même un bic jetable en fin de carrière. C'était déjà un peu le cas dans le premier, seulement là, c'est le deuxième et le renouvellement n'est pas flagrant. Enfin, on fait avec ce qu'on a, il faut tuer des pterodactyles, tuons ces sales bêtes, ça tombe bien j'ai jamais pu les blairer et essayons par là même d'aller plus loin. Alors on avance et on voit bien l'idée des développeurs, une plus grande animation des décors que l'on survole, en d'autres termes: une interaction accentuée entre les deux plans. Des plaques de terres se déplaçant sur un lac, un volcan se réveillant juste en dessous notre passage, c'est chouette.

Alors, je progresse et m'aperçois que le système de power up a quand même un peu évolué. Il faut toujours récupérer des items "feu" pour faire augmenter la puissance et la fréquence de nos tirs, mais contrairement au 1er épisode, un seul suffit. On peut aussi avoir les deux têtes. Tout de suite, ça va mieux. Les décors sont assez variés et le jeu reste amusant. Graphiquement et ludiquement presque identique, le retour du dragon était il indispensable?

1992, et bonne santé.

1992 est une année charnière pour la PC Engine, peu à peu les cartouches se raréfient et le support de prédilection devient clairement le CD rom. Il n'empêche que, cette année là, les développeurs nous ont offert quelques unes des plus belles HuCards. Et le genre maladroitement exprimés mais bien réels des "shootes avec c' que t'as" n'est pas épargné aussi bien en quantité qu'en qualité! Regardez cette sélection ;) .

Parodius
Ménagerie intersidérale

Parodius de Konami, tient une place très importante dans le coeur des joueurs. D'abord borne d'arcade, aussi adapté sur NES, MSX et SuperNES, ce jeu est un peu la célébration de la firme toute entière. Tous les personnages de leurs jeux les plus célèbres sont réunis pour l'occasion. Quelques uns sont dirigeables, d'autres font juste un petit clin d'oeil à un moment ou à un autre.

Autant vous dire que ce shoot a vraiment sa place dans cet article tant il ne se prend pas au sérieux. Votre vaisseau est, tantôt un pingouin, tantôt une pieuvre, tantôt Twin Bye, une bête mécanique bizarrement faite (nous en reparlons juste après). Vous affrontez un chat-navire, un poulet américain, il faudra vous faufiler sous les pas d'une danseuse de cabaret, sans oublier les cochons Cupidons. Les décors sont vraiment magnifiques et évoluent en temps réel. Une salle de château devient (pendant le jeu !) l'espace, lui même devenant une île au teinte pastel... C'est vraiment impressionnant. Que ce se soit au niveau des personnages, des items, des bonus, des environnements, c'est un des jeux les plus variés qui soit. Un gameplay admirable, des graphismes fins et détaillés, une fantaisie sans cesse renouvelée, toute une époque...

Daitena Twinbee!
la fée clochette

Nous en parlions juste avant dans Parodius, Twinbee est un étrange petit personnage, héros culte de Konami, ayant déjà participé à divers shoots..

En 1992, sur PC Engine, (à la suite d'une borne d'arcade du même nom) le bonhomme shoote à tout va. Survolant, verticalement cette fois, des villages très finement réalisés, notre ami Twinbee a pour principales alliées les cloches qui suivent la disparition des ennemis. A chaque couleur, un bonus particulier, lorsque l'on tire sur une cloche, il arrive que celle ci change de couleurs. Reste alors à l'attraper pour en profiter.

Les graphismes sont très jolis, les décors sont variés, même s'il y'a beaucoup d'autres jeu sur la bécane japonaise, Daitena Twinbee! arrive à tirer son épingle du jeu grâce à une réalisation impeccable.

Toilets Kids
Jeu de m...

Toilets Kids, 1992, édité par Media Ring, un shoot scatologique. Voilà.

Alors, autant vous le dire tout de suite, je l'aurais bien fait comme ça, sobre, efficace, une date, 9 mots. Mais non, parlons en. Le scénario est à la fois simple, bien rodé et riche en symboles. Ecoutez plutôt: un petit garçon se libère dans les toilettes, situation aussi normale que quotidienne permettant immédiatement l'identification, quand tout à coup, coup de théâtre, le grand autel d'émail l'attire, oui, à l'intérieur ! Changement de taille, il rentre dans ce trou si mystérieux où personne n'a jamais osé aller, rebondissement, point de non retour, le fameux grain de sable qui fait que toute la mécanique déraille. C'est fort, très fort. Il se retrouve à détruire, appréhender, esquiver les excréments qu'on lui envoie, bref, la foire du trône... Toilets Kids, 1992, édité par Media Ring, un shoot scatologique. Voilà.

Gokurtaku Chuka Taisen (aka Cloud Master)
Mi-anges mi-démons

On récapitule : Une sorcière, un robot, une étrange bestiole qui mange des cloches, une pieuvre et un pingouin mutant, un poisson, un lapin de l'espace, une nacelle de fête foraine, un dragon distrayant, deux autres plus sérieux, un bonhomme de la brigade anti caca, un oiseau divin... On a vraiment la possibilité de shooter avec tout et n'importe quoi sur l'Engine. A non, tient, il manque des anges... Ne vous inquiétez pas, Taïto s'en charge (bon, après vérification, il manque aussi un calamar géant et un grille pain nucléaire mais on va pas chipoter) avec Gokuraku Chuka taisen, allons y.

Il était une fois, sur une petite console, deux petits bonshommes sur un petit nuage, ils avaient plein de petits sprites à défoncer à grand coup de petits tirs, il fallait massacrer les bols de riz, déchirer les colonies les nems, les dragons, les anges... alors on appuyait, appuyait, appuyait sur les petits boutons... C'était un petit peu amusant, au début du moins, jusqu' a que la lassitude nous gagne. Y' a bien des petites idées, mais ce n'est qu'un petit jeu, qui ne mérite qu'un tout petit petit petit... paragraphe.

Détail amusant: le hasard ou un effet de mode (au choix) a voulu que ces quatre derniers titres sortent tous en l'espace d'un mois au Japon ! Consécutivement, et chacun à un semaine d'intervalle du précédent!

Air Zonk (aka PC Denjin)
Jolis tirs & trilogie

Développé par Hudson, firme ô combien présente sur la NEC, Genjin, ou Bonk, est assurément le jeu de plate forme phare de la PC Engine, avec 3 épisodes, toujours excellents, et toujours le même petit personnage carnivore et amateur de fleurs, qui court, saute, nage, grandit, rapetisse, tombe amoureux, se transforme en monstre... Ca doit vous rappeler quelques chose, d'autant qu'il est aussi passé saluer les possesseurs de Super Nintendo. Mais si, vous savez, un gamin à l'allure d'homme de caverne, le coup de boule comme principal moyen de défense.
Après ces trois épisodes, Hudson décide de créer un shoot them up, encore un, à partir de leur personnage fétiche. Pour l'occasion, un relookage plus moderne s'impose. Le "pithecantropus computerus" prend un coup de jeune et devient un cyber robot. Changement de style, il fait un détour par le coiffeur et le lunetier (Pretty woman, walking down the street, Pretty Woman... ;) ) et quelques emplettes plus tard, il revient en portant une mèche en forme de flèche et des lunettes hyper tendance.

Ambiance futuriste garantie avec de la bonne vieille techno des familles. Vous devez même choisir des collaborateurs pour menez à bien vos missions. Les ennemis font preuve d'une grande diversité et de beaucoup d'humour, sur ce point, la créativité des développeurs est vraiment à souligner. Les couleurs sont vives et unies, souvent cernés de noir comme dans une B.D. Le jeu n'est pas très difficile mais certains moments sont coriaces. Même si on arrive à les vaincre, les boss sont impressionnants, il prennent presque la moitié de l'écran, on sait plus où se mettre. Les fans de la série seront surpris sans être totalement dépaysés, l'idée des "smilleys", la viande et le système d'agrandissement-rétrécissement ayant été adaptés.

Un autre épisode a vu le jour mais ce n'est plus sur Hucard, il s'agit de CD Denjin, le support est dans le titre ;), qui ne fait pas la même unanimité.

Conclusion

C'est donc sur ce jeu que l'article s'arrête, mais ce n'est pas vraiment fini pour les consoles NEC car certains autres titres de ce genre si particulier sont sortis plus tard, en CD. Voilà, bizarrement nous venons de parcourir cinq années de shoots sur PC Engine sans voir la queue d'un vaisseau ! S'il y'a un certain nombre de petits bijoux dans ces cartes (Long Nose Goblin, Magical Chase, Parodius...), tous ne sont pas exceptionnels. Cependant une chose est sure: au fil des années, la fantaisie et l'originalité ont été croissantes et ça, c'est déjà énôôôôôrme !

Michael
(10 août 2002)
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