
Un soir dans une salle d'arcade de Nice, je vois
un jeu, ça scintille (attention pour nos amis épileptiques),
il y a des combos de folie, et surtout des furies IMPRESSIONNANTES
! Quoi ? Comment ? Les maîtres du Kempo sont de retour ? Les
faux jumeaux les plus connus de l'histoire du jeu vidéo reviennent
et il ne sont pas contents, j'ai nommé Billy et Jimmy Lee (un
blond en bleu et un châtain en rouge) de Double
Dragon.
Résumons un peu leur histoire :
Double Dragon (DD) fut la référence du
beat'hem all avant d'être détrôné par un
certain Final Fight et
enterré par la série Streets
of Rage. Un come-back sera tenté avec
DD 2, plutôt mitigé, et ne parlons pas du 3
et 4 qui sont complètement nuls. Je passerai rapidement sur
un petit crossover (ou spin off pour certains) intitulé Battle
Toads. Puis les deux dragons se sont dit : Si on tentait
de mettre la pâtée à Street
Fighter ? Ce ne sera pas le cas, DD 5 (tiré
du dessin animé) étant plus que raté. SNK leur
propose alors un petit retour en salles d'arcade,
mi-figue mi-raisin, bien mais pas top, surtout que le jeu est librement
inspiré du film (avec le magnifique Mark Dacascos et Robert
'T1000' Patrick dans le rôle du méchant)... Pas concluant
tout ça ! On en arrive à Rage of the Dragons.


Je pense qu'il n'est pas nécessaire de s'attarder sur le scénario
qui tiendrait sur un ticket de métro, et puis qui a besoin
d'une raison ou d'excuses bidon s pour se battre ? En gros, les dragons
sont de retour pour détruire la menace que représente
le dragon noir, un guerrier surpuissant.


Il est des jeux qui pompent leurs idées sur d'autres et s'en
sortent très bien sans que l'on puisse hurler au plagiat. Récupérant
l'idée du Tag Team façon Marvel vs Capcom 2,
avec intervention et attaque du coéquipier, le jeu tout entier
s'articule autour d'un binôme complémentaire ou opposé.
Pour ce qui est de la maniabilité, on est en terrain connu : Quart
de cercle avant poing, shoryuken (TM) avant poing, et j'en passe,
les commandes répondent au quart de tour. On a droit aux fameuses
esquives de KOF, avec une petite
touche originale : Une espèce d'oricon permettant de projeter
l'adversaire et de pouvoir le reprendre de volée. Donc, pas
de soucis pour nos amis gamers de tout poil. Seul petit regret, pourquoi
en fonction de la team constituée, n'y a-t-il pas de fury collective,
comme dans Rival School ou bien Marvel Vs
Capcom 2 ? C'eut été un petit plus dans ce délire pyrotechnique,
non ? Et La difficulté ? ÉNORME ! Surtout que l'ordinateur
est loin d'être stupide. On ne peut parler de vraie stratégie
de groupe, mais on sent que ce dernier est particulièrement vicieux
dans ses tags. Il est surtout prêt à jouer l'anti-jeu, aussi
les gamers du dimanche et les débutants risquent-ils d'être
mis à mal. Ceci dit rassurez-vous, une fois trouvé le point
faible de votre ennemi, il finira par mordre la poussière, donc soyez
perséverant.


Les graphismes sont beaux mais un peu fouillis, trop flashy (mais
pas autant que Waku Waku 7), et je ne sais pas
si ça vient de ma borne Niçoise, mais ça pixellise
beaucoup. Mais ne vous méprenez pas, je ne dis pas que le jeu
est laid, bien au contraire, il ne s'agit que d'un petit défaut.
À propos des graphismes, on peut parler du look hype des combattants.
Est-ce l'air du temps ou tout simplement Playmore qui impose cela
(remember Kula, K' et Angel au look si... hype !), mais l'effet est
là, et les persos sont charismatiques. L'intro en jette à
mort, avec certaines séquences dignes d'un dessin animé.
Autre emprunt : la page d'accueil, ressemble à s'y méprendre
à celle de Path Of Warrior - Art Of Fighting 3. Si si si, comparez,
vous serez surpris.


Les persos font vraiment impression (au risque de me répéter),
mais puisqu'on parle de plagiat, on pourrait évoquer le cas
d'Alice Carroll, complètement folle. Hommage ou copie de l'héroïne
du jeu American Mcgee's Alice sur PC ? La question
reste posée. On retrouve aussi une sorte de clone de Jim Kelly,
l'acteur afro-américain qui joua dans Enter The Dragon
(Operation Dragon,1973), avec Bruce Lee. À noter que
ce dernier porte une combinaison, tout comme Bruce dans Le jeu
de la mort. On peut aussi noter la présence d'un « padre »
tout en soutane et muscles, le père Ellias, ainsi que Oni et
Cassandra et leur look... si étrange. Tous ont une apparence
et une personnalité originales (sauf pour Alice, quoique je
fais mon rabat-joie, là). Le son est bon mais crachouille un
peu, comme lorsqu'on lit un fichier wave enregistré en basse
qualité. Lorsqu'on entend une bonne musique, entraînante,
et que la qualité de son est médiocre, cela surprend
mais quand on entend que les voix digitalisées sont du même
accabit... On s'y fait en quelques minutes, donc rien de grave, mais
rien de bien transcendant non plus. On a vu mieux mais sur des cartes
plus récentes (notez que la MVS
a encore de beaux restes face à la concurrence).


Au final, on a un très bon jeu, mais pas aussi passionnant
qu'un KOF, un Garou
Mark of the Wolves ou encore un Street Fighter 3
Third Strike. Il ne manquait pas grand-chose : des sons mieux
digitalisés et des graphismes un peu moins pixellisés.
Il est vrai que j'ai dit que ce jeu pique des idées à
droite et à gauche, mais comment être original alors
que TOUT a été fait et exploité. Dans certains
cas, il vaut mieux appliquer les recettes qui marchent pour en faire
de bonnes choses plutôt que copier bêtement, donc résumons
nous : 1/3 de Marvel Vs Capcom 2 (pour le tag), 1/3
de KOF (pour le principe d"équipe logique)
et 1/3 d'une licence laissée en jachère depuis près
de 7 ans, vous servez à la sauce Playmore et vous obtenez un
jeu à longue durée de vie qui mérite sa place
parmi les 5 meilleurs jeux de baston sur MVS. Si ça
continue comme ça, Billy et Jimmy resteront dans la légende
des jeux comme Ryu, Kyo ou Terry Gogard.