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Phoenix

Année : 1980
Système : arcade
Développeur : Amstar
Adaptation: Atari 2600

 

Au début des années 80, Amstar (basé à Phœnix, Arizona) conçut un petit chef-d'œuvre en matière de jeux d'arcade nommé... Phœnix (ironique non ?). Ce petit bijou consiste en un shoot-em up (ou shmup : jeu de tir) sur fond de guerre spatiale pour prémunir la Terre d'une invasion extraterrestre. Il peut se jouer seul ou à deux, mais dans une optique de compétition et non de coopération.


Comment mettre l'eau à la bouche des gérants…

Phoenix se présente sous la forme classique d'une borne verticale ou d'une "Cocktail Table", pour mieux pénétrer le marché des halls de pizzeria ou de cinéma (si, si).


La version assise. N'oubliez pas votre boisson !

Phœnix ou l'innovation : la preuve par 5.

La quintessence du Phœnix étant son incroyable capacité à renaître de ses cendres, rendons un humble hommage à ce pionnier des jeux d'arcade. Au-delà de ses aspects frustres qui pourraient laisser croire à un ersatz de Space Invader ou de Galaxian, Phœnix est un grand classique innovant. En effet :
1/ Phœnix fut l'un des tout premiers, sinon le premier, "shmup" à introduire la notion de boss en fin de jeu.
2/ Il fut par ailleurs le premier "shmup" de thème guerre inter-sidérale incluant plusieurs niveaux bien distincts. Le décor de fond, qui défile de façon continue de haut en bas, présente une kyrielle de galaxies bien dessinées pour l'époque.


Espace, frontière infinie...

3/ Phœnix comprend 5 niveaux distincts présentant chacun un challenge particulier. Ceux-ci se décomposent en 2 vagues de 2 niveaux, et se terminent par une confrontation finale avec l'empereur maudit ! Les différentes vagues mettent en scène des adversaires assez coriaces aux impressionnantes capacités de vol et de virages serrés.


Notons le passage en hyperespace entre les niveaux…

4/ Pour la première fois un bouclier de protection est donné au joueur. Attention cependant : son utilisation présente certains inconvénients. Premièrement, il existe un temps de latence d'une dizaine de secondes entre deux utilisations. Deuxièmement, l'activation de votre bouclier protecteur vous interdit tout mouvement (le tir reste possible cependant)… Prudence donc à la reprise des combats.


À utiliser à bon escient…

5/ Enfin, les adversaires présentent des caractéristiques novatrices pour l'époque. Les phœnix des niveaux 3 et 4 ont le malencontreux talent de pouvoir faire repousser les ailes que vous auriez abattues. Ils entament par ailleurs un cycle de maturation œuf -> adulte -> œuf assez déroutant et seul un tir sur la partie centrale, ou sur les œufs lorsqu'ils ne sont pas encore toutes ailes déployées, peut les anéantir… À bon entendeur, salut !

Du charme du rétro…

Pourquoi se replonger dans Phœnix à l'aube du 21ème siècle? Tout simplement pour retrouver un jeu simple, agréable et addictif. Les adversaires sont relativement imprévisibles, la musique d'introduction, "Lettre à Elise", reste un bon précurseur à la montée en stress qui s'ensuit, et la confrontation finale ne sert de prétexte qu'à une montée en difficulté progressive qui maintiendra en haleine petits et grands.
Et puis, Phœnix ne faillit pas à la tradition des astuces cachées. La seule en l'occurrence consiste en un bonus de 20.000 points que l'on peut obtenir à condition de réussir un véritable exploit en terme d'agilité et de coordination. Pour ce faire, il vous faudra anéantir dans un délai ultra-court 3 ennemis en pleine phase ascendante après une attaque en piqué digne des Messerschmitts accompagnée d'une sirène hurlante pour tétaniser le joueur de peur… Les niveaux 2 et 4 permettent, grâce à leurs tirs rapides, d'espérer décrocher ce pactole caché. À ne tenter qu'une fois cependant, toute récidive vous décrédite les 20.000 points


C'est que cela grandit vite ces pioupious!

Enfin recueillons-nous un instant pour admirer le travail porté sur le boss du 5ème niveau, l'empereur alien en personne. Celui-ci est confortablement installé à l'intérieur d'un vaisseau porteur protégé par plusieurs lignes de défenses : une escorte personnelle, des plaques de protection et un bouclier circulaire. Pour corser la difficulté, il se rapproche inexorablement de vous : ajustez bien votre tir pour créer une percée permettant de mettre un terme aux aspirations colonialistes de l'empereur!


L'empereur alien et sa garde rapprochée.

[note personnelle] : c'est fou ce que le design du vaisseau de cet empereur avec son bouclier et sa cible à cœur me rappelle Return of the Jedi sous Atari 2600 (la scène finale de l'attaque de la Death Star)… Une inspiration divine ou une tentative de plagiat ? (Return of the Jedi étant sorti en 1983, je pencherais pour le plagiat éhonté - NdD)


Recyclage de l'inspiration ou simple coïncidence ?

Du piratage et du portage…

Le piratage ou "bootleg" était une coutume répandue dans l'univers des salles d'arcades enfumées. Phœnix n'échappa pas à cette tendance, puisque de nombreuses versions "hackées" virent le jour. Certaines d'entre elles consistant par exemple en une adaptation linguistique, la France hérita d'une borne "Vautour", tandis que d'autres allaient jusqu'à changer certains sprites pour relooker le jeu, comme ce fut le cas pour une adaptation renommée "Batman Part 2".


Batman Part 2 : avec un boss tout à fait différent !


Vautour ne sera qu'une simple VF, mais portant un copyright "JEUTEL FRANCE".

L'autre tendance classique consiste en un portage du jeu sur d'autres supports. Atari, devancé par l'illustre Demon Attack d'Imagic sur VCS, profita de se licence chèrement aquise pour sortir sur sa console Atari 2600 un portage de bonne facture.


La cartouche et son contenu : une adaptation fidèle mais plus frustre
.

Les heureux possesseurs de Commodore 64 eurent eux aussi la chance de se mesurer face aux différents niveaux de Phœnix mais sous une autre appellation : "Eagle Empire", un très bon clône.


La version C64 au titre moins incandescent…

… et quelques suites vidéoludiques…

Amstar ne rééditera pas l'exploit de Phœnix, mais celui-ci aura quelques descendants, en la personne de "Pleiads" sorti en 1981 et de "Son of Phœnix" sorti en 1985.
Pleiads rajoute quelques innovations: début des combats sur terre, quelques passes d'armes dans l'espace, puis retour à la base avec tentative d'atterrissage, le tout sans bouclier protecteur… mais on en reparlera un autre jour!


Pleiads, la suite "officielle".

Son of Phœnix, quant à lui, est un délicieux mix des deux précédents. Le texte d'introduction se paye même le luxe de faire référence à la société Centuri qui distribua Phoenix sur le continent américain. Voyez plutôt...
"In 1980 the Phoenix Empire was defeated and returned to their native Centuri Solar System. [...] The Son Of Phoenix will [...] destroy earth and avenge the death of his father. You must stand alone to protect everything we believe in, Yuppies, Hamburgers and Mom. Good luck..."


Son of Phœnix, la suite "officieuse" la plus réussie.

Bernard