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Looping
Année : 1981
Système : Arcade, Colecovision
Développeur : Venture Line
Éditeur : Venture Line
Genre : Shooter / Labyrinthe
Par JPB (14 septembre 2010)
Le flyer. Cliquez sur une image pour une version plus grande.
Merci au site Arcade Flyer Archive !

En ce moment, je suis en pleine période "Je découvre les versions arcade de mes vieux jeux Coleco". Je vous ai déjà abreuvés avec Venture, Turbo, Pepper II, Mouse Trap... Voici venu le moment de vous parler d'un jeu qui, à mon avis, est très peu connu, mais qui faisait partie de la première vague des adaptations d'arcade lors de la sortie de la console ColecoVision.
Ce jeu s'appelle Looping.
Je me demande combien d'entre vous ont connu ce jeu, en version ColecoVision ou en version arcade. Personnellement j'avais acheté la cartouche Coleco, mais je n'ai jamais joué à la version arcade avant de la découvrir sur M.A.M.E.

Le style de ce jeu est difficile à cerner : shoot'em up, labyrinthe, jeu d'adresse... Looping cumule les références. Il est d'autant plus atypique qu'ici, aucune indication n'est donnée par le jeu : à part l'écran titre qui flashe avec ses changements de couleur, pas d'explication sur le but du jeu, pas d'info sur le score, rien. En regardant la petite présentation qui se déroule sous vos yeux pendant l'Attract Mode, on n'obtient des infos que pour la première étape du jeu.
Mais je vais vous expliquer (je suis là pour ça, non ?) Le but du jeu est simple : vous devez décoller et atteindre le panneau "The End", tout au bout d'un long parcours à travers trois zones parsemées d'embûches.

L'avion

Avant d'aller plus loin, je crois utile de préciser dès à présent quelques points sur votre avion. Il est représenté de profil, petit avion bleu avec un cockpit (il ressemble à l'avion de Zaxxon, qu'on regarderait de profil au lieu de vue isométrique).

On le dirige par une manette, qui ne propose que deux directions :
- le haut pour faire un looping dans le sens des aiguilles d'une montre (l'avion pique vers le bas) ;
- le bas pour tourner dans le sens inverse (l'avion fait un "vrai" looping, vers le haut).
En fait comme dans un véritable avion, quand on pousse le manche l'appareil pique du nez, et quand on tire le manche vers soi on monte. Cela signifie que si vous voulez faire demi-tour, vous devrez prévoir suffisamment d'espace pour manœuvrer sans risquer de heurter un quelconque obstacle.
Seul élément qui n'est pas dangereux : le ciel dans la première partie du jeu, sur lequel l'avion rebondit et se retrouve le nez pointé vers le bas.

L'appareil dispose d'une vitesse par défaut, et d'une vitesse plus rapide qu'on active en appuyant sur un des deux boutons ; mais on ne peut jamais ralentir en-dessous de la vitesse de base - que je trouve déjà suffisamment élevée, croyez-moi !

Dernière information sur votre appareil : il peut tirer, ne vous en privez pas en mitraillant le second bouton.

La ville

Le message qui clignote à l'écran au moment où vous décollez confirme ce que vous avez pu voir dans l'Attract Mode : détruire ce terminal est bien la première étape. En fait, si vous ne le faites pas, vous constaterez vite que le passage vers les tuyaux (seconde étape du jeu) est bloqué, et vous serez réduit à voler au-dessus de la ville en évitant ou détruisant les montgolfières ennemies qui surgissent çà et là.

Pour détruire le terminal, le plus simple à mon sens est de monter vers le ciel afin de le toucher pile au-dessus des briques destructibles (regardez la seconde image ci-dessous). Comme je l'ai déjà dit, quand on touche le ciel on rebondit et l'avion se retrouve automatiquement le nez pointé vers le bas. Il vous faut alors tirer comme un fou pour éroder la couche de briques, mais attention : n'oubliez pas qu'il vous faut prévoir à l'avance le mouvement de boucle pour remonter, n'attendez pas trop pour ne pas vous crasher, quitte à vous y reprendre à plusieurs fois pour toucher le terminal.

Tant que vous n'avez pas détruit le terminal, le passage reste fermé.

Une fois celui-ci détruit, le décor change de couleurs et un message vous indique que la sortie est ouverte. Vous n'avez plus qu'à vous diriger vers la droite de l'écran pour atteindre le petit passage vers la seconde zone, celle des tuyaux. Prenez garde aux montgolfières, c'est le temps passé à l'écran qui fait apparaître les plus dangereuses.

Un petit mot au sujet des montgolfières : elles ne sont présentes qu'au-dessus de la ville. Les premières qui apparaissent, bleues, volent en diagonale, du bas jusqu'en haut de l'écran ; elles sont lentes et ne changent de direction que lorsqu'elles touchent le sol ou le ciel. Les secondes, ce sont les blanches : celles-ci peuvent décider de se diriger vers votre avion, mais toujours en diagonale. Enfin, les rouges sont très rapides et peuvent voler à l'horizontale ; leurs mouvements sont parfois erratiques, ce qui les rend très dangereuses.
Toutes les montgolfières explosent en un tir de votre appareil. Encore faut-il les toucher...

Une fois le terminal détruit, on peut rejoindre la seconde zone en évitant ou détruisant les montgolfières.
La fusée que vous voyez à la deuxième image, c'est l'élément à détruire au second parcours... Bonne chance !

On peut tenter de rester le plus longtemps possible dans cette zone pour augmenter le score en éliminant les ennemis, mais ça devient vite ingérable quand de nombreuses montgolfières rouges sont présentes. La fuite est alors la seule option viable.

Les tuyaux

Cette seconde partie est plus difficile à gérer que la première : ici il n'y a pas d'ennemis, mais c'est le décor qu'il faut éviter et ce n'est pas une mince affaire.

Tout d'abord, l'écran change à nouveau de couleurs et passe cette fois au bleu. L'avion se retrouve devant un enchevêtrement de tuyaux, entre lesquels il peut toutefois passer, et même choisir parmi plusieurs chemins. Le gros intérêt de cette zone vient du fait que toute progression est comptabilisée : vous gagnez des points rien qu'en volant entre les tubes en vitesse normale, et vous en gagnez encore plus si vous êtes en vitesse rapide.

Il faut rester concentré, le rayon de braquage oblige des fois à utiliser la bonne trajectoire au millimètre près.

Mais ça, c'est la théorie... En pratique, votre appareil est tout juste manœuvrable dans les tournants, et bien souvent la plus petite erreur de pilotage se paye par la perte d'un appareil. Le labyrinthe en lui-même n'est pas compliqué et il n'y a pas de cul-de-sac - encore heureux !

Il n'y a pas grand chose de plus à dire sur cette seconde partie du jeu. Vous devez la traverser de la manière qui vous plaît, pour vous retrouver en bas de l'écran dans la zone suivante.

Les monstres

La troisième zone est composée de trois parties.
Dans la première, une fois que vous êtes tout en bas de l'écran, vous arrivez à une grande salle en haut de laquelle se trouvent deux tuyaux. Une goutte se forme régulièrement à l'embouchure de l'un d'eux, et elle finit par tomber. Vous ne serez sûrement pas étonnés si je vous dis qu'il faut l'éviter ou la détruire ? Non ? Je m'en doutais.

La goutte, les monstres, et le pire de tout : les ballons.
Arriver à franchir ces trois étapes relève du miracle !

Juste après, il faut passer par une autre salle un peu plus petite, dans laquelle trois bestioles (qui ressemblent à des atomes ?) volent dans tous les sens à toute vitesse. Là, pas de discussion : il faut impérativement les détruire avant de traverser leur zone, où vous en percuterez fatalement une.

Et enfin, la dernière épreuve vous attend : vous entrez dans une salle où se trouve une "cage" avec trois ouvertures. Le but du jeu, le panneau "The End" qu'il faut simplement toucher, se trouve dedans. Le problème, c'est que trois ballons bloquent les passages, et surtout qu'il y en a un quatrième qui rebondit de façon désordonnée dans la cage ; lorsqu'il touche un des trois autres ballons, celui-ci est projeté vers l'extérieur, puis ricoche contre la paroi opposée avant de reprendre sa place. Quel que soit le passage que vous avez décidé de prendre, il vous faut au minimum éliminer le ballon qui l'obstrue ainsi que le ballon fou au centre de la cage.
Cette dernière étape est TRÈS difficile du fait de la vitesse de l'avion, et de la faible marge de manœuvre disponible autour de la cage. Heureusement, le fait de toucher un des bords de cette zone fait rebondir l'avion, mais ça peut être considéré comme un malus vu le peu d'espace que vous avez pour diriger l'avion sans toucher la cage.

Le parcours complet de la version arcade. Cliquez sur l'image pour une version plus grande (2372 x 256).

Si vous avez réussi... On recommence et c'est encore plus difficile !

Réalisation et conversion

Graphiquement, c'est dépouillé par endroits, mais les structures sont facilement identifiables. Le fait que les couleurs changent d'une zone à l'autre est assez étrange, mais on s'y fait.

L'animation est fluide - heureusement me direz-vous ! Vous remarquerez que l'appareil reste toujours au même emplacement horizontal de l'écran (vu que c'est le décor qui défile vers la droite ou la gauche), par contre sa position verticale change. L'avion répond vite, et les contrôles sont des plus simples : une manette qu'on peut déplacer vers le haut ou le bas, un bouton pour tirer et un autre pour accélérer. Mais c'est surtout le rayon nécessaire au looping qui vous posera des problèmes : il faut réellement anticiper les mouvements, surtout dans les tuyaux, pour arriver à éviter les obstacles. Vous aurez certainement besoin d'un moment d'adaptation, je n'ai pas revu ce genre de pilotage dans d'autres jeux, il est réellement déroutant au début.

Rhââ, j'ai réussi, J'AI ENFIN RÉUSSI !!
Ça se complique pour la suite....

Les bruitages sont simples (piou-piou et boum). Ce qui est plus impressionnant, c'est la musique qui s'élève dès qu'on entre dans la zone des tuyaux : du Jean-Sébastien Bach, rien que ça ! Et de fort belle facture qui plus est. Encore plus fort : la synthèse vocale qui accompagne le joueur, et ce dès qu'on insère une pièce dans le monnayeur ("Thank you !"). Chaque vol est annoncé ("Flight number one") et c'est aussi la synthèse vocale qui sert à reproduire le bruit de la goutte qui tombe. On la retrouve aussi quand le score permet d'entrer ses initiales... Du très beau travail !

Version CBS ColecoVision, une fois de plus très fidèle à l'original.

Au sujet des conversions, c'est vite raconté : pas de sortie VCS (mais il en existe un prototype) ni Intellivision.
La version Coleco, une fois de plus, est pratiquement identique à l'arcade. Par certains côtés elle est encore plus travaillée : regardez la première capture écran de la zone de la ville pour vous en convaincre. Le gros avantage de cette version est qu'elle est beaucoup plus facile que l'arcade, car l'avion va moins vite et tourne un poil plus court : il est du coup tout à fait possible de prendre son temps pour mitrailler les montgolfières et se faufiler entre les tuyaux, afin d'augmenter le score de façon significative... On y gagne en plaisir de jeu.
C'est cette version que j'ai connue et appréciée. Je dois avouer que je m'y suis repris à une bonne cinquantaine de parties pour arriver à boucler le premier parcours sur M.A.M.E... Une varie crise de nerfs, la troisième étape des monstres m'a découragé par sa difficulté quasi-insurmontable.

Conclusion

Qu'il est dur Looping ! Ou alors je suis devenu un has been dans ce genre de jeu. Pourtant j'ai retesté la version Coleco et là, je suis arrivé au bout du premier coup. Alors je ne peux recommander ce jeu à personne sous peine d'augmenter sa tension, ce qui n'est pas conseillé. J'aurais tendance à dire que, vu sa difficulté, c'est normal qu'il ait eu si peu de succès, mais alors comment a-t-il pu se faire une place parmi les premières adaptations sur Coleco, où on cherchait les jeux les plus impressionnants pour en mettre plein la vue aux futurs acheteurs ?

S'il y a des volontaires pour tester la version arcade sous M.A.M.E. et me confirmer qu'il s'agit d'un jeu à la difficulté trop élevée (ou me convaincre que je suis vraiment nul), j'attends avec impatience vos réactions sur le forum.

JPB
(14 septembre 2010)
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