 |
 |
Les
flyers (cliquez sur l'un d'eux pour une version plus
grande).
Merci
au site Arcade
Flyer Archive !
|
Dans
mon article sur Pepper II,
je vous ai déjà parlé de mon regret de ne pas
avoir vu Pac-Man,
l'officiel, adapté sur la Coleco. Mais les gens de CBS,
n'ayant pas pu (ou voulu ?) en obtenir la licence, n'ont pas baissé
les bras. Des jeux de labyrinthe, il y en avait légion à
cette époque, non seulement des clones de Pac-Man
mais surtout des évolutions. Comme je vous l'ai déjà
montré dans Crush
Roller, les idées ne manquaient pas pour renouveler
le genre. Alors, ces messieurs ont réussi à obtenir
les droits d'adaptation de Lady Bug, Mouse Trap, et
Pepper II - entre
autres.
Pour
cette fois, je vais vous montrer ce qui fait le charme de Mouse
Trap. Qui dit labyrinthe dit personnage à contrôler,
parcours à effectuer, éléments à
ramasser. On va détailler tout ça.
Squiiik
?
Dans
Mouse Trap, vous dirigez une souris (d'où
le nom du jeu, merci à ceux qui suivent). Elle est représentée
par sa tête souriante, bleue bien entendu, qui nous adresse
continuellement un petit clin d'œil ; du coup on la trouve
immédiatement sympathique. Moi, je l'aurais dessinée
en vert, après tout, on en a bien fait une chanson...
mais bon.
 |
 |
L'écran
d'accueil et celui de présentation des personnages.
|
Tout
comme Pac-Man doit ramasser ses pastilles, les éléments
que la souris doit ramasser sont des bouts de fromage. Le labyrinthe
en est rempli, il y en a 88, et bien évidemment pour passer
d'un niveau au suivant, il faut tous les gober. Toujours pour comparer
avec Pac-Man, ici
les quatre super-pastilles sont des os, rouges de préférence,
qui se trouvent dans les coins du labyrinthe. Grande nouveauté
: quand la souris ramasse un os, un petit bruitage l'indique, mais
rien ne se passe. L'os est stocké pour pouvoir être utilisé
plus tard, pour éviter de perdre une vie. On peut ainsi en
mettre 4 ou 5 en réserve, c'est une excellente idée.
Miaou
!
Venons-en
maintenant aux monstres. Rôdant dans le labyrinthe se
trouvent six affreux chats de gouttière, jaunes bien
entendu. Ils tournent en rond dans leur cage jusqu'à
ce qu'ils puissent en sortir, et là ils se mettent en
chasse de votre souris. Chaque chat a une vitesse qui lui est
propre, et leurs déplacements sont plus ou moins aléatoires.
Dans certains cas, on pourra prévoir la trajectoire de
l'un d'eux, mais prudence, ils peuvent être imprévisibles.
 |
 |
Départ
du jeu, la souris commence
toujours à cet endroit. |
Aïe,
je me suis fait attraper ! |
Les
chats ne sont pas les seuls à avoir des vues sur la souris.
Un faucon fait son apparition régulièrement, en
poussant un cri de singe bien entendu, et il se dirige aussitôt
en zigzags vers le rongeur. Le volatile est bien plus imprévisible
que les chats ; mais ce qui est surtout difficile, c'est d'arriver
à gérer tout ce petit monde en même temps.
Autre problème lié au faucon : il est invulnérable,
le seul moyen de s'en débarrasser est de le "rendre
bête" dixit le jeu, mais j'y reviendrai un peu plus
loin...
Ouah
ouah !
Maintenant
qu'on a vu comment jouer, et quels ennemis affronter, voici
le grand moment : quand le joueur décide de manger un
des os qu'il a mis en réserve, ce qui peut être
fait absolument n'importe quand. Pour cela, il suffit d'appuyer
sur le bouton "chien" ; aussitôt, un aboiement
se fait entendre, et la souris se transforme en chien, représenté
par sa tête rouge bien entendu. Les chats s'enfuient,
normal, ils ne sont pas fous : le chien peut désormais
les attaquer.
 |
 |
Je
suis devenu un chien,
et les chats s'enfuient devant moi. |
Mais
même le chien ne peut rien
contre le faucon. |
Mais
attention, l'effet ne dure pas bien longtemps : le chien clignote
et tout à coup, c'est de nouveau la souris qui se trouve
dans le labyrinthe. Attention à ne pas vous faire avoir
en espérant avoir encore le temps de croquer un matou.
Et
vous vous en doutez, si vous n'avez plus d'os en réserve,
impossible de vous transformer.
(Euh...
C'est quoi déjà le cri d'un labyrinthe ?)
Contrairement
à Pac-Man,
le labyrinthe est un acteur à part entière du jeu. Si
vous regardez bien, en plus des murs classiques dessinés en
vert, vous verrez des portions jaunes, rouges et bleues. Ce sont des
portes, qu'il est possible de faire pivoter à tout moment,
en appuyant sur le bouton de couleur correspondant. Je précise
pour que ce soit clair : vous pouvez décider à n'importe
quel moment du jeu, de bouger en une fois toutes les portes
d'une couleur, par un appui sur un des trois boutons de cette
même couleur. Les chats sont incapables de forcer un passage,
mais attention à ce qu'ils ne vous contournent pas en passant
par une nouvelle ouverture.
 |
 |
Les
deux dispositions, avant et après avoir bougé
toutes les portes. |
Autre
élément du labyrinthe : l'entrée du tunnel
représenté par un "IN" bleu au milieu
de l'écran, et les sorties du tunnel aux quatre coins
de l'aire de jeu. Ce tunnel permet d'échapper au faucon
: quand vous y entrez, vous ressortez instantanément
par l'une des quatre extrémités du labyrinthe,
mais il vous est impossible de savoir laquelle à l'avance.
Le faucon se retrouve désorienté, ayant perdu
votre trace, et il quitte l'écran.
Le
faucon peut sortir de lui-même du labyrinthe au bout d'un
moment, s'il n'a pas réussi à vous toucher ; mais
le passage par le tunnel est plus sûr et plus rapide.
Vous
pouvez aussi vous servir du tunnel pour échapper aux
chats, il n'y a pas de limite d'utilisation.
 |
Le
panneau de contrôle, avec ses fameux boutons pour
le basculement des portes,
et celui de la transformation en chien. Notez qu'ils tombent
parfaitement
sous les doigts de la main gauche, rien à redire
sur l'ergonomie. |
Dernier
élément du labyrinthe : les bonus, d'une part
le fromage qui donne 10 000 points à la fin de chaque
niveau si vous l'avez ramassé, et d'autre part les éléments
divers (trombone, clé, pomme...) qui vous donnent un
bonus dès que vous les ramassez ; ces bonus continuent
d'apparaître tant que vous ne vous faites pas attraper,
et leur valeur augmente à chaque fois.
Réalisation
et conversions
Mouse
Trap a été réalisé en 1981
par Larry W. Hutcherson, qui réalisera un an plus tard
Pepper II (ce qui
explique que de très nombreux bruitages soient communs
à ces deux jeux).
Les
graphismes sont très simples, mais les mimiques des protagonistes
sont réussies. Les couleurs sont suffisamment différentes
pour qu'on ne puisse pas confondre la souris et les chats, ni
le faucon qui plane au-dessus des murs. Au final on a un jeu
aux couleurs vives, au look cartoon, et c'est très réussi.
L'animation
est fluide et sans reproche. Tout ce petit monde va son chemin,
à des vitesses différentes, et rien ne bloque.
Enfin, c'est plutôt côté maniement que ça
coince un peu : il est souvent difficile de jouer de façon
fluide car la souris a tendance à se cogner dans les
murs. Parfois négocier un passage est ardu, et si vous
êtes poursuivi ça risque d'être pénalisant.
Il faut prendre le coup de main pour tourner quand on est pile
en face du chemin désiré. Dommage, si le maniement
avait été plus souple, le jeu aurait certainement
connu un plus grand succès.
 |
 |
Versions
Atari VCS, et Mattel Intellivision. |
Les
bruitages sont très marrants. Lors de l'initialisation
de la borne, on entend toute la ménagerie qui répète...
Inutile de dire que chaque animal est parfaitement reconnaissable...
Sauf le faucon : quand il apparaît à l'écran,
moi j'entends un chimpanzé qui rigole, en tout cas pas
un sifflement d'oiseau. En dehors de ce point (j'attends que
vous me disiez ce que vous en pensez d'ailleurs), je dirai que
les petites musiques d'accompagnement sont très répétitives,
mais que quand on est concentré sur le jeu on n'y fait
plus attention.
 |
 |
Version
CBS ColecoVision, très proche de l'original. |
Je
finirai cet article sur les conversions. La version VCS, la
moins belle, s'en sort très honorablement (bien plus que la
conversion de Pac-Man
ou de Burger Time). C'est surtout
une bonne surprise d'avoir si bien réussi à imiter le
miaulement des chats qui se font manger, quand j'ai entendu le bruitage
j'ai trouvé ça excellent ! La version Intellivision
est un cran au-dessus, quant à la version Coleco, une
fois de plus, elle est pratiquement identique à l'arcade.
Conclusion
Mouse
Trap est une agréable surprise, un jeu qui est
plus prenant qu'il n'en a l'air. Le fait de pouvoir gérer
une partie du labyrinthe (de façon plus subtile que dans
Lady Bug), ainsi que pouvoir se transformer
en chien quand on en a envie, lui donnent tout son cachet. Je
le conseille à ceux qui aiment les jeux de labyrinthe,
mais attention : il faut s'accrocher pour réussir à
être bien synchro avec tous les éléments,
les premières parties ne durent en général
pas longtemps. Que les amateurs de rétrogaming lui laissent
une chance !
JPB