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Fallout - La série
Année : 1997
Système : PC, Playstation 3, Playstation 4, Xbox 360, Xbox One
Développeur : Interplay
Éditeur : Interplay
Genre : RPG / FPS

Pour illustrer, on vous a concocté, bande de petits veinards, deux vitupérations du Maître en Flash audio. Cliquez une fois sur la zone pour jouer, cliquez à nouveau pour arrêter.

ATTENTION ! Les extraits ci après contiennent quelques spoilers. A vos risques et périls.

Pour les anglophobes, voici ce qui se dit, sachant que chaque personnage composant la voix du Maître est légendée comme suit :

- M pour Maître

- H pour la voix de l'homme agressif.

- F pour la voix féminine.

- O pour la voix de l'ordinateur.

Extrait N° 1 : [M]The [O]Unity [M]will bring about the master race. [F]Master! [H]Master! [M]One able to survive, or even [F]thrive, [M]in the wasteland. As long as there are differences, we will [H]tear ourselves apart [M]fighting each other. We need one race. [F]Race! [H]Race! [M]One goal. [H]Goal! [F]Goal! [M]One people... to move forward to our destiny. [O]Destiny.

L'Unité apportera la race des maîtres. Maîtres ! Maîtres ! Une race capable de survivre, même de prospérer, dans les terres dévastées. Tant que demeureront des différences, nous nous déchirerons en de vains combats. Il faut une seule race. Race ! Race ! Un seul but. But ! But ! Un seul peuple... pour marcher vers notre destinée. Destinée.

Extrait N° 2 : [M]But it cannot be. This would mean that [F]all my work [M]has been for [O]nothing. [M]Everything that I have tried to...[H]a failure! [M]It can't [F]Be. [H]Be. [O]Be. [M]Be.

Mais c'est impossible. Cela voudrait dire que tout mes efforts ont été vains. Tout ce que j'ai tenté de... un échec ! C'est impossible. Impossible. Impossible. Impossible.

Les cuves qui produisent des mutants, avant leur destruction.
On peut même assister à des scènes de la vie quotidienne: ici une distribution d'eau dans l'Abri13, alors que vous n'avez pas encore ramené la Puce d'Eau.

Sachez aussi que la fin régulière est un vrai délice. Pour ceux qui ne sont pas dérangés par les spoilers, elle est décrite ci-dessous. Le texte est en blanc, sélectionnez le à l'aide de la souris pour le lire. Pour les autres, passez votre chemin :

Lorsque vous revenez victorieux de votre combat contre le Maître et ses mutants, le dirigeant vous accueille à bras ouverts, en héros. Mais rapidement il se ravise, et pense que vous avez vu trop de choses à l'extérieur, que tout le monde dans l'Abri voudra vous imiter, et donc sortir... Ce que le Dirigeant de tolèrera pas, en conséquence de quoi il vous exile, purement et simplement. Le jeu revient ensuite à la vue normale, et on voit le dirigeant ouvrir l'Abri, puis vous abandonner devant. A ce moment, inutile de dire que tout joueur sera sévèrement remonté contre le vieil homme... Le tuer ? Interplay à pensé à vous les amis : on voit le personnage sortir un petit pistolet 9mm et tirer sur le dirigeant, lequel meurt d'une façon très gore... Démarre alors une séquence vidéo (qui s'adapte en fonction du sexe de votre personnage) montrant notre héros qui s'éloigne dans le désert, dépité...

La spectaculaire entrée de Dépôtville.
L'un des ennemis les plus redoutables : le Lieutenant mutant.

Parlons technique : le moteur de Fallout tourne en 640x480 (les joueurs PC de 1997 étaient déjà passé au 800x600, voire au 1024x768). La palette de couleurs, plutôt dans les tons gris-marron, sert à merveille le côté post-apocalyptique du jeu. L'interface est plutôt fouillis et réclame d'incessants clicks sur le bouton droit pour changer de type curseur (observation, dialogue, combat), mais après quelques heures de jeu on s'y fait car tout est accessible par des touches de raccourci. L'aire de jeu est en vue isométrique, c'est à dire en trois quarts de dessus comme vous aurez pu le constater sur les captures présentes dans cet article. Les sons et musiques sont tous très réussis et collent parfaitement à l'ambiance du jeu : la détonation tonitruante du pistolet .223 automatique est délicieuse, surtout si l'ennemi visé se voit arracher la moitié de son torse sous la violence du tir... Les personnages importants du jeu ont eu droit à une modélisation de leur visage en 3D, avec synchronisation labiale s'il vous plait ! De plus le jeu est en français pour les textes, mais dispose des voix originales qui sont pour la plupart excellentes. Richard Dean Anderson (Mac Gyver, Stargate SG1...), par exemple, a prêté sa voix au maire de Depôtville, et le narrateur n'est autre que Ron Perlman (Le nom de la rose, Hellboy...).

Combats, Equipement, Compagnons

Même si vous jouez un personnage diplomate, vous aurez tout de même de nombreux combats à livrer. 5 possibilités de descendre un ennemi s'offrent à vous : corps à corps (au poing ou à l'arme blanche, pas trop viable mais assez sympathique tout de même), armes légères (pistolets, fusils légers, fusil de sniper), armes lourdes (tout ce qui est gros et qui fait mal : lance roquettes, lance flammes, Gattling... A noter que ces armes requièrent une stat de force élevée pour être portées), armes à énergie (les plus puissantes du jeu, pistolet ou fusil laser, pistolet ou fusil plasma, Gattling laser...) et armes de jet (couteaux, lances, grenades diverses).

Le jeu se déroule en temps réel jusqu'à ce qu'un combat commence : le soft bascule alors en mode tour par tour. Chaque action effectuée vous coûtera des Points d'Action (PA) : aller dans l'inventaire, marcher, recharger une arme, tirer... Vous aurez la possibilité d'équiper vos deux mains d'une arme (qu'elle soit à une ou deux mains) différente. Passer d'une main à l'autre ne coûtera aucun PA, alors il peut être bon de mettre une arme dans chaque main pour repousser au maximum le besoin de recharger et perdre de précieux PA.

L'entrée de la Cathédrale où se terre le Maître.
L'entrée de la base de production des mutants.

Ces Points d'Action sont directement liés à l'Agilité du personnage, 1 point d'Agilité égalant un PA. Chaque arme demande un certain nombre de PA pour pouvoir tirer, la plupart du temps 5 PA en tir normal. Le minigun en mode rafale (appelé Exploser dans le jeu, un nom très évocateur), demande 6 PA. Il faut aussi savoir qu'on peut viser précisément un point du corps de l'ennemi pour 1PA de plus, ce qui occasionnera des effets supplémentaires (aveuglement, arrachage d'un membre, mort instantanée...), mais la chance de toucher diminue énormément, sauf dans le cas d'un pourcentage élevé dans la compétence concernée. Il est également bon de savoir qu'un trait permet de réduire le nombre de PA pour tirer : Bonus cadence de tir avec lequel l'utilisation d'un pistolet coûte seulement 4 PA. Avec le fusil Turboplasma qui normalement demande seulement 4 PA pour tirer, vous n'aurez besoin que de 3 PA, et si vous avez 9 ou 10 PA, vous pourrez tirer TROIS fois par tour. Croyez-le, ce fusil (l'arme ultime du jeu) fait très mal.

L'arsenal disponible est impressionnant de diversité : on va de la primitive lance à la redoutable Gattling laser, en passant par des pistolets ou fusils conventionnels. Pour bien vous protéger, vous aurez besoin d'armures : là aussi, la quantité est au rendez vous. Ce ne sont pas moins de 8 modèles que vous pourrez revêtir, du blouson de cuir à l'impénétrable Superarmure. Comme dans tout bon RPG qui se respecte, tout tir, esquive ou parade, s'accompagne d'un jet de dés virtuels : c'est ce qui va déterminer la chance de toucher, le nombre de points de vie que vous ôterez à l'ennemi... Il est même possible, lors d'un échec critique, d'estropier votre personnage. Oeil, bras droit ou gauche, jambe droite ou gauche : mais pas de souci, un passage chez un bon docteur rétablit tout cela, moyennant paiement bien entendu.

La salle de l'affrontement avec le Maître. Notez les trucs gluants qui dégoulinent des murs... Toute une ambiance.
Le Maître : à l'origine c'était un homme, mais une chute dans une cuve de liquide chargé en FEV (Virus d'Evolution Forcée) l'a rendu ainsi.

Dans Fallout, le nombre de compagnons possibles s'élève à.... quatre (2 hommes, une femme et un chien). Non, ce n'est pas beaucoup, surtout quand on compare ce chiffre aux 14 de l'épisode suivant, mais 2 d'entre eux se révèleront très utiles lors des combats, Tycho et Ian, qui sont des experts en pistolets et fusils conventionnels. Si ces alliés sont précieux, on déplorera l'absence de gestion de leur comportement : ils font ce qu'ils veulent, tirent en rafale même si votre personnage est en plein combat au corps à corps, et les utiliser comme mules relève de l'impossible car pour leur prendre des objets, on est obligés de les voler ! Même si les compagnons ne feront pas de scandale, c'est très lourd à gérer et souvent on peste contre eux.

Bien entendu, on ne peut pas parler de Fallout sans évoquer les drogues : elles sont présentes en nombre dans le Wasteland et serviront à augmenter temporairement vos statistiques. On trouve par exemple les classiques stimpacks, mais aussi des choses plus exotiques comme le Buffout qui ajoute quelques points de force ou le Psycho qui améliore la résistance aux dégâts. Leur utilisation n'est pas sans danger : ces substances occasionnent une dépendance plus ou moins forte, et en cas de manque vos statistiques et caractéristiques descendront en flèche.

Fallout, le maître ?

Interplay avait peut-être l'intention de créer l'un des meilleurs RPG sur PC, ou peut-être pas. Mais c'est ce qu'est devenu Fallout : un incontournable. Son univers est incroyablement bien rendu, très crédible et inquiétant.

L'ambiance de ce premier épisode est unique, aucun de ses decendants ne lui ressemble fidèlement. Certes c'est un jeu complexe, mais rapidement on se glisse dans la peau de son avatar, tant l'histoire est prenante et les rencontres qu'on y fait marquantes... Puis les parties s'enchaînent, en tentant d'autres types de personnage, et voilà comment on devient un fan...

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