
Voici
un soft unique et précieux. Voici un RPG de la vieille école. Voici
un jeu qui a fonctionné sur une console distribuée confidentiellement
en France. Voici un jeu désormais introuvable dans le commerce. Voici un
jeu NEC. Et un jeu Hudson Soft qui plus est ! Pour mémoire,
cet éditeur a été le pourvoyeur en chef de merveilles vidéoludiques
sur la PC-Engine et lun des principaux artisans du mythe quest devenue
cette petite machine
Et comme un convoi exceptionnel en cache souvent un autre, ce jeu réalisé
par Hudson est un remake CD pour la console NEC du sixième opus dune
série créée par Falcom, autre grand nom du jeu vidéo
nippon
Dragon Slayer fait partie de la famille des Legend Of Xanadu, des
RPG qui ma foi ont une sacrée réputation au pays de Mishima. Pour
la petite histoire, cest le premier jeu à être sorti sur le
Super CD-ROM² et le seul de la série à avoir eu la chance dêtre
traduit. Cest en effet en 1992 qu'il sera entièrement porté
du japonais à la langue de Shakespeare : les textes et les voix dacteurs
seront ainsi retranscrites pour le plus grand bonheur des joueurs américains,
mais aussi accessoirement pour le nôtre puisque cest bien connu, lEurope
profite toujours des miettes
Quil est dailleurs dommage que
si peu de jeux pour Turbo-Grafx 16 aient été développés
pour le marché américain, les plus fameux étant Ys
1 et 2, Dragon Slayer donc, Dungeon Master Therons Quest, Loom, (et quelques
autres moins connus comme Shockman ou Cosmic Fantasy 2). Les joueurs comprenant
le japonais peuvent comme dhabitude se délecter de la plupart des
grands hits restant... Ce qui me fait penser quil doit bien exister quelque
part des japonisants ne maîtrisant pas, mais alors pas du tout la langue
anglaise
arf, laissez moi au moins cette illusion


Une fois de plus sur NEC, la beauté des dessins animés
est à lhonneur.
En guise dintroduction
On
peut dire que lhistoire de Dragon Slayer Legend Of Heroes (DSLOH) commence
de façon très classique : votre petit royaume coulait des jours
on ne peut plus heureux faits de quiétude tranquille et de nonchalance
sans borne lorsquarrivèrent des hordes de démons qui fondirent
sur les grands pâturages et les villages jusquici ensoleillés
par linnocence
Bref, autant le dire tout de suite, le royaume de Farlayne
est mal barré et vous, Logan, le fils du roi, navez que 5 ans. Cependant,
tout ceci nest que le prologue - narré de très belle manière
par le biais dun dessin animé à la musique fantastique et
à la voix monocorde lancinante - à la grande aventure qui va débuter
Le dessin animé en question est dailleurs, une fois de plus sur NEC,
somptueux. La musique est une réussite totale, à latmosphère
contemplative et totalement apaisée. Le second dessin animé, qui
est celui que lon peut voir quand on commence une aventure est quant à
lui un peu moins statique dans les images, et rythmé par une musique totalement
différente et très contemporaine. Dommage que le jeu ne compte en
tout que trois séquences animées puisque le suivant nest autre
que celui qui va clore le périple des héros
Revenons à lenfance de Logan
Linvasion des monstres a
été repoussée mais les humains en ont payé le prix :
le pays est dévasté, le roi est mort, les victimes sont nombreuses.
Arrivant à limproviste, votre oncle, nommé Drax, est chargé
doccuper la régence jusquà ce que vous soyez en âge
de gouverner. Dix ans plus tard, et après avoir passé le plus clair
de votre temps à être formé au dur métier de souverain
sur lîle dExile, vous vous sentez prêts à reprendre
les rênes du pouvoir. Et pourtant


1.Lattaque des monstres
2.Drax
Lhistoire, lunivers
Lhistoire
débute donc sur Exile où le personnage que vous incarnez prioritairement
(dautres viendront se greffer au groupe) est à la veille de son couronnement.
Logan est un jeune homme insouciant et débrouillard, entouré et
cajolé par des domestiques royaux qui lui sont entièrement dévoués.
Les jours calmes sur la petite île vont bientôt prendre fin et une
dernière escapade à linsu de tous dans les champs environnant
où vous rencontrez des Slimes ne sera pas pour plaire à votre précepteur
Cest après un retour mouvementé quune servante vous
souhaite une bonne nuit, au son dune musique légère et réconfortante.
La seconde daprès commence pour notre jeune héros le début
dune longue aventure, un immense parcours initiatique.


1.Logan, dix ans avant le début de lhistoire
2.
La vie à Exile.
Au nombre imposant de scénarios médiocres que nous assènent
les jeux vidéo, ny rangeons pas celui de DSLOH. Pour bon nombre de
gamers connaissant le produit, il ne sagit là que dun titre
sans grande originalité. Peu original ? Certes, mais le jeu nen
est pas fade pour autant, car lhistoire, sans être novatrice est efficace,
ne souffre daucun temps morts, et relève du pur divertissement. Certes,
il ny a pas dans le background déléments malaisés
à assimiler, dintrigue torturée et tortueuse, ou de mythologie
complexe, mais le scénario va nous amener à traverser les royaumes
de Farlayne, Norland, Sordi, Wyngard et Mortavia (dixit la voix de présentation)
à travers une course, une chasse à lhomme sans relâche
et âpre, occasion à la fois pour Logan dassouvir une vengeance
légitime mais aussi afin de délivrer la princesse Mica.

Un monde vaste
(carte tirée de Dragon Slayer
2, version Jap)
Ce
qua de remarquable le scénario de ce jeu sorti en 1991, aux graphismes
maintenant désuets, cest sa capacité à tranquillement
faire la synthèse de grands récits dHeroïc Fantasy. Si
je devais légèrement engoncer ma plume dans lencre des superlatifs
et de la fioriture esthétisante, je dirais quici les créateurs
dun jeu vidéo ont fignolé un patchwork élégant
et efficace, un habile tissage de ficelles narratives (trop ?) connues qui
pourtant nous collent à laction comme une mouchette à une
toile daraignée. DSLOH repose sur un cheminement progressif fait de
coups de théâtre multiples, de batailles, de quêtes diverses,
et tout senchaîne avec le plus grand naturel dans un rythme rapide
et une difficulté presque homéopathique. Pour celui qui veut se
familiariser à un RPG, cest le rêve. Pour le vieux baroudeur,
cest un voyage dagrément tant le programme simule plus limpression
de difficulté que la difficulté elle-même
De ce point
de vue, il rentre dans une catégorie de RPG conçus pour plaire au
plus grand nombre, un pur produit de divertissement débarrassé de
la complexité que lon réserve dhabitude aux gros joueurs,
un peu à la manière dun Final Fantasy.
Mais si Final Fantasy est Disney Land, alors DSLOH est une cure thermale...


1.Il faut un début à tout
2.
Cause toujours
Preuve
dune maîtrise impressionnante de lélaboration dun
RPG, Falcom na scénaristiquement rien oublié. Ainsi, au niveau
des personnages, aucun caractère ne semble manquer : il y a en scène
le jeune héros sigfriedien, le traître qui sommeille au sein de léquipe,
la magicienne sexy et un peu garçon-manqué, le gentilhomme dans
la fleur de lâge qui a repris les armes, la jeune princesse éplorée,
lermite qui seul connaît le sort qui permettra darrêter
une malédiction, le pêcheur qui trouve un curieux trésor au
fond de ses filets, le vieil archéologue sénile mais casse-cou,
linventeur fou qui rêve de voler, des princes cupides et lâches,
le pirate fantasque ne craignant personne sauf sa terrible môman, le prêtre
dur à cuire et buveur invétéré, etc.
Pour ce qui est du bestiaire, point de complexité mais une revue classique
et référentielle de monstres et de créatures quon retrouve
toujours avec plaisir dans un jeu daventure : il y a le jeune dragon
dont luf viendra à éclore en présence des héros,
les bons vieux slimes qui ouvrent le bal, les orques, les loups géants,
les beholders au fin fond de leur grotte, et enfin la bête mythique qui
se tapi au cur de ce monde que lon explore sans jamais sennuyer
pour peu que lon fasse un minimum de leveling


1. Aaah, ce bon vieux Slime
dans mes bras !
2. Un Beholder.
Les séquences qui senchaînent font elles aussi preuve dune
clarté et dune simplicité qui ne peuvent quenthousiasmer
le joueur : la révolution de palais au tout début nest que
le prologue de laventure car il faut ensuite passer par tout un tas de batailles
dont lenjeu est à chaque fois décisif : aider les vaillants
soldats défendant le port assiégé, débusquer des monstres
qui ont pris lapparence des habitants dune ville, aller au secours
du monarque dun royaume du sud victime dune fête trop enivrante,
soutirer les trésors de pirates peu crédibles, etc.
Comme je lai dit plus haut, le rythme avec lequel ces divers événements
se déroulent est rapide et remarquablement dosé. Loin dêtre
un résidu infâme de lieux communs et de déjà-vu, laventure
de DSLOH savère être une collection brillante de poncifs certes, mais
de poncifs rondement menés.

Il y a quelque chose de pourri dans le royaume de Farlayne
Le territoire à parcourir est quant à lui modérément
vaste mais assez complet dans sa diversité : déserts, forêts,
archipels, montagnes et plaines, sont le paysage pixellien lambda du jeu de Hudson.
Il faut savoir quune rencontre de monstres dans ces différents territoires
ninflue en rien sur les données du combat. Il est à noter
quà un monde assez petit, DSLOH oppose une densité plutôt
conséquente de monstres, faisant des trajets de ville en ville un parcours
dangereux où les combats sont très fréquents (en moyenne,
un toute les cinq secondes). Les autres lieux sont eux dans un nombre tout aussi
réduits : il y a tout simplement soit des villes, soit des hameaux
en ce qui concerne les « espaces amis » et quant aux lieux dangereux,
ce sont soit des grottes, soit des tours, et un labyrinthe final clôt une
partie qui peut être assez rapidement menée à bien, pour peu
que lon fasse preuve dun chouïa de persévérance.
Un dernier petit mot sur un élément du jeu qui reprend une recette
simple des RPG : au cheminement linéaire et pédestre des trois
premiers quarts du jeu se substituera, au dernier chapitre, un moyen de locomotion
qui permettra de se rendre directement et sans attendre à tous les points
de la carte. Si ça cest pas du classique de chez classique
Les personnages
Tout au long du
jeu, ce sont cinq personnages quil va vous falloir diriger : Logan,
qui est le personnage sur lequel se concentre véritablement lhistoire.
Il a perdu son père dix ans plus tôt est cest en se rendant
la veille de son couronnement à Sylvan, la capitale de Farlayne, quil
va découvrir quil a été dépossédé
du trône par son oncle, que les soldats du palais lont trahi, et
que sa mère y est retenue prisonnière. Après avoir été
jeté dans un cachot, des loyalistes le délivrent. Au cours des combats
le joueur découvrira que Logan, malgré son jeune âge, possède
une force et un nombre de HP assez conséquent. En fait, cest le « bourrin »
du jeu.
Giles est un mineur devenu guerrier par nécessité. Rencontré
à The Pits la ville minière de Farlayne, on découvre que
cest un gaillard débrouillard à la franchise et la loyauté
démesurées. Après Logan, cest le deuxième personnage
le plus doué au combat.


1. Le leader du groupe
2. Le plus fun de la bande
Sonia,
magicienne belle et indépendante est lune des meneuse des rebelles
loyalistes. Elle ne suit pas tout de suite léquipe mais viendra plus
tard pour remplacer Markus, blessé par Drax. Personnage de constitution
faible, elle est plus classiquement spécialisée dans les pouvoirs
magiques et simpose comme étant le personnage possédant le
plus de MP. Ethan est lun des leaders de la rebellions. Lord énigmatique,
il est le premier personnage que rencontre Logan puisque cest lui qui vient
le délivrer dans les gêoles de Sylvan. Cest un allié
puissant, qui cache habilement ses origines. Dun point de vue combat, cest
le personnage dappoint, moyennement fort mais rapide et utilisant modérément
la magie.


1. Aaaaarhhh
Sonia
! 2. Ethan, le vétéran.
Enfin
Markus, aspirant magicien. Au début de laventure, il est le seul
type dans tout Farlayne à savoir maîtriser le sort « FLAME3 »,
ce qui est très impressionnant quand on commence à jouer. Particularité
du personnage : il est connu comme étant un bon à rien. Particularité
dans les combats : attributs équilibrés entre magie et
maniement darme blanche.


1. Oui, il est puissant. 2.Un combat avec
Drax
Au
point de vue de léquipe, le jeu nacceptera que des combinaisons
de quatre guerriers qui seront formées au gré des aventures personnelles :
ainsi Sonia ne viendra quune fois la paix ramenée dans Farlayne tandis
que Giles ne veut vraiment pas dans un premier temps faire équipe avec
Markus
Ah, communauté fraternelle, quand tu nous tiens !
Le rythme de la partie
Il
y a des variables dans le Role Playing Game qui néchapperont à
personne et vers lesquelles la critique spécialisée devrait se pencher
parfois un peu plus. Parmi ces variables on retrouve la façon avec laquelle
le soft gère le leveling.
On nomme le temps passé en leveling ce moment durant lequel le joueur
de RPG na quun seul but : tendre vers lamélioration
des compétences de ses personnages via le nombre de combats victorieux
quil pourra mener. De ce point de vue, DSLOH est selon moi un modèle
du genre puisque le nombre de combats est certes important, mais le rythme avec
lequel ils senchaînent nentrave jamais le plaisir de la partie.
Ils savèrent être nombreux mais rapides, napparaissent
pas du tout comme une corvée et sont agrémentés dune
musique pêchue (cette dernière change avec les « boss » et
devient alors un peu plus grandiloquente)
Gagner des points dexpérience
relève alors dun vrai plaisir lié à la sensation que
lon ne perd pas du tout son temps. Cela na lair de rien comme
ça, mais on a souvent fait des reproches à certains RPG tout simplement
parce quils narrivent pas à intéresser le joueur aux
combats : ces derniers sont ainsi parfois jugés soit trop ennuyeux
(Lunar version PS1), soit trop lents (Skies
of Arcadia). Dailleurs, lastuce du jeu est de pouvoir les éviter
autant que faire se peu puisque lutilisation dobjets comme les TELE-LENS
permettent de matérialiser la position des groupes de monstres sur la carte.
Ainsi, si vous jugez votre level suffisant, inutile de se salir les mains
Qui a dit « RPG de bourgeois » ?


1. Lexploration dune tour. 2. Le monde de DSLOH
Une autre question
que lon est en droit de se poser légitimement quand est confronté
à un RPG, cest si le jeu en question nous embarque sur des rails
ou bien sil nous offre au moins la possibilité de quelques libertés
et entorses faites aux prévisions et aux paramètres des créateurs.
Cest connu : les jeux daventure sont les seuls jeux donnant au
joueur loccasion de tester leurs failles et leurs limites.
Ce quon ne pourra pas reprocher à ce titre de Falcom, cest
dêtre étouffant ou dirigiste tant la liberté de jouer
et de déplacer son équipe tout au long de la partie est parfaitement
simulée. Dragon Slayer Legend of Heroes est un soft qui réussit
à vous donner lillusion que vous possédez un certain libre-arbitre,
que vous êtes livré à vous-même et cest à
cette impression que lon jauge la qualité dun RPG car même
si tout est là pour vous faire croire le contraire, les paramètres
sont réglés comme sur du papier à musique (impossible par
exemple, de pouvoir accéder à de nouveaux territoires si lon
ne sest pas acquitté dune mission spécifique, ou tant
quon aura pas fini un chapitre parmi les six qui composent le jeu). Le RPG
sapparenterait-il parfois à une prison dont les barreaux seraient
faits dor ? ;)

La pochette du jeu
Le système de jeu
Goûter
le sel de laventure de DSLOH dans sa totalité est, il faut
bien se lavouer, un effort à faire de nos jours tant le jeu a vieilli
Il est sans doute assez amusant de remarquer quen raison de son âge
DSLOH nous donne à voir une représentation se situant juste à
lorée du textuel et du graphique : nous parlions précédemment
des combats. Ces derniers se font humblement et invariablement grâce à
la même interface composée des fenêtres suivantes : la
principale représente les monstres sur un fond noir (on ne comptera jamais
plus de cinq monstres par combats à cause de la place allouée à
leur représentation graphique), la fenêtre du bas permet de lire
la description de laction (« Logan poisonned » par exemple, ou « Markus
cast spell Flame3, The Ennemy loose 210 HP » etc.) et vous indique ce que
font les ennemis quand cest à eux dagir tandis que la fenêtre
de droite est celle qui vous permet de choisir vos actions. Tout ces menus sont
bien évidemment textuels, le jeu ne nous offrant pas la possibilité
demployer des icônes, il sapparente ainsi aux RPG anciens tels
que Dungeon Master, Phantasy Star ou Dragon Quest.


1. La fin dun chapitre. 2. Un combat.
Dautres
choix ont été opérés de la part des Game Designers,
et qui influent de façon très marquée sur le niveau de difficulté
du jeu : blessures ou MP (même lempoisonnement) sont carrément
réinitialisées lors du passage au niveau suivant. Autre facilité :
on peut distribuer les sorts de magie entre les différents protagonistes,
doù une liberté accrue concernant les possibilités
magiques, ce qui est la marque dun parti pris intéressant :
tel ou tel sort nest pas spécifique à tel ou tel personnage
mais appartient à la communauté toute entière. Loutil
« magie » est dans le monde de Dragon Slayer Legend of Heroes un
partage, quelque chose qui sétend à toute une communauté
Lun des points forts du système de ce jeu réside dans la fenêtre
des menus, très simple dutilisation : il ny a quà
appuyer sur le bouton 2 pour faire apparaître les sorts disponibles (spells),
les objets (items), les armes équipées (Equip), ou abandonner un
objet encombrant (Drop), jeter un il aux caractéristiques (Status)
et enfin accéder aux sauvegardes, chargements et autres paramètres
musicaux (Option). Cette simplicité renforce la facilité du jeu :
ainsi on peut sauvegarder sa partie où on veut, et si on meurt durant un
combat, le choix nous est donné de recommencer la bataille ou de repartir
dans une ville.


1. Un petit jeu et une récompense en prime
2.
Lattaque des pirates.
Graphismes et
sons
Pour
ce qui est de la qualité des graphismes, avouons quil ne sagit
pas là dun des plus beaux jeux de la console NEC. Par exemple YS
1 et 2 ou Emerald Dragon sont des jeux tout de même beaucoup plus beaux,
leurs graphismes étant plus fins et moins schématiques. Car ladjectif
qui colle le mieux à Dragon Slayer Legend Of Heroes est le suivant :
schématique. On en veut pour preuve labsence de détails qui
foisonnent dans dautres réalisations vidéoludiques alors
quici une maison est un simple cube avec juste un plancher, une table et
un lit. Par exemple une auberge ne comporte quun seul lit dans lequel se
plonge votre personnage-leader sans se soucier des trois autres membres de léquipe
qui sont censés le suivre (rien à voir avec les couches uniques,
et pudiques, dautres RPG où chacun a droit à sa literie, comme
dans Chrono Trigger par exemple).
Toujours dans le schématique, les déplacements se font grâce
à une visualisation de dessus avec un point de vue que lon nommerait
presque de satellite, et qui me rappelle les premiers Final Fantasy sur Super
Nes, ou encore Actraiser. Le monde y est alors vu dans ses moindres recoins, réduit
à une simple « map » dont on finit par connaître chaque parcelle
tant ce type de vue finit par le rendre familier à nos yeux.


1. Cest le point de vue de Sirius. 2. Un monde où
la magie est très importante
Les
sprites quant à eux sont tous façonnés selon le même
moule graphique : il y a très peu de variations dans laspect
des personnages et des villageois, et quant aux monstres leur présence
est, sur la carte, toujours représentée par une même et unique
icône dun slime bleu à lil unique. Les seuls graphismes
un tant soit peu travaillés appartiennent aux même monstres lors
des combats : on a le droit alors à une vue « de face » nous
permettant den apprécier la diversité.
Le choix des couleurs pendant le jeu est cependant à souligner puisque
la palette employée, très vive, nous met sous les yeux des couleurs
intenses aux nuances fort bien organisées. Ces mêmes couleurs sont
employées de façon assez fouillée pour les monstres et,
à une époque où pour la majorité des jeux daventure
la représentation graphique dun ennemi équivalait forcément
à un agglomérat de couleurs sombres et dégueulasses, nous
avons le loisir davoir ici des adversaires aux aspects un peu plus recherchés,
comme des elfes aux cheveux bleus, des spadassins aux épées jaune
vif, sans pour autant que tout ceci ne tombe dans un mauvais goût carnavalesque

Des pirates peu crédibles.
Les
sons de ce jeu sont, eux, tout bonnement magnifiques et je ne métendrai
pas outre là-dessus, tant cela me semble aller de soi. Un jeu NEC CD plus
Falcom égale musiques magnifiques : les compositions sont en outre
dune originalité très marquée en ce qui concerne les
mélodies, on déplorera sans doute une utilisation trop systématique
du synthétiseur mais allons, cétait il y a dix ans et depuis,
le budget dun jeu vidéo lui permet de faire appel à de vrais
instruments. Lune des particularités du jeu est de pouvoir nous offrir
à lécoute deux versions de la musique : on a le choix
dans loption System entre des musiques générées
par le CPU 8 bits de la Core Graph-X ou les pistes directement lues par le CD.
Par contre, on ne pourra que dresser le carton rouge quant à la qualité
des doublages en anglais par des acteurs : non seulement le son est
assez médiocre, très étouffé comme si la post-synchro avait été faite dans un 10 m2
mais aussi quand je dis « acteurs »,
hé bien disons que
pour tout dire, quand un francophone dont la connaissance
de langlais nest pas extrême peut affirmer rien quà
loreille quun texte est mal joué, ça en dit long sur
les capacités des acteurs en question mais là aussi nallons
pas faire la fine bouche puisque comme je lai dit en introduction, il sagit
ici dun des rares jeux Super CD Rom2 adaptés pour le marché
américain qui a bénéficié dun petit relookage
son nous le rendant intelligible.

Un clin dil à la SF ?
Conclusion
Univers
épars, uniques et passionnants, les RPG sont une constellation de jeux
où brillent de manière lointaine et encore visible, pour peu quon
soit muni dune longue-vue, des réalisations telles que Dragon Slayer.
Mon propos nétait quici de rappeler au bon souvenir des gamers ce qui nest apparemment dans nos latitudes quun obscur RPG, qui pourtant
se classe parmi les meilleurs quait connue la console de chez NEC. Est-il
trop peu complexe ? Peut-être. Est-il maintenant graphiquement trop rébarbatif ?
Sûrement, et on pourra lui trouver aussi pas mal dautres défauts :
par exemple un système de jeu un peu trop classique alors que ses homologues,
comme Legend of Xanadu, de la même série, va se risquer au système
de périodes diurnes et nocturnes...
Mais, à mon sens, ce jeu est une référence réelle
et pour peu que lon puisse à nouveau le redécouvrir (des ISOS
sont trouvables sur le Net pour peu que lon soit prêt à sacrifier
un CD et utiliser des émulateurs comme YAME) on se rendra compte quil
se situe dans la catégorie des grands classiques du genre. Gage de qualité,
ce soft signé Falcom/Hudson est malheureusement très peu visible
dans le panorama historique des jeux vidéo aujourdhui, tout du moins
en Europe, puisque la console NEC na jamais été vraiment distribuée
à grande échelle sur notre territoire. Que cela ne nous empêche
pas de considérer que Dragon Slayer Legend of Heroes est représentatif
de tout un pan de la culture vidéoludique mondiale qui nous est cachée,
partie invisible de liceberg, où foisonnent encore des jeux à
la simplicité touchante et au charme incroyablement intemporel.
Gregoss