The 7th guest… Mais oui, souvenez-vous. Stauf, et son manoir dans
lequel 6 invités ont perdu la vie dans des circonstances bien étranges, des puzzles à résoudre, des… enfin bref bien sur que
vous vous en rappelez. Et bien figurez-vous que comme tout bon jeu qui se respecte, The 7th guest a eu droit à une suite,
intitulée the 11th hour.


Henry Stauf, le vendeur de jouets, est de retour
L’histoire prend place 70 ans après les dramatiques
événements survenus lors de cette fameuse nuit ou Stauf disparu à tout jamais… A tout jamais ? Pas si sur… vous incarnez
Carl Denning, petit ami et collègue d’une journaliste (Robin Morales) qui semble s’être envolée alors qu’elle enquêtait sur
le sinistre Manoir de Stauf. D’ailleurs des événements étranges se déroulent dans le village voisin et après
toutes ces années, il faut croire que l’esprit du vieux vendeur de jouets hante toujours les lieux. Ayant la ferme intention
de retrouver votre dulcinée, vous voilà un beau soir à forcer la porte du Manoir abandonné de Sir Stauf, armé de votre lampe
de poche, d’un e-book (qui servira d’interface) et de votre cerveau.

On reconnaît les lieux du 1er opus.
La suite de the 7th guest a vraiment des choses
en plus comparée au premier opus. Plus de violence, plus de sexe, plus de cinématiques, des graphismes plus beaux, etc. Oui
mais voilà. La technologie Cd-rom est cette fois bien en place, et l’aspect technique ne peut plus bluffer le joueur. La première
chose que l’on pense alors, c’est « ce n’est qu’une suite ». Malheureusement c’est un peu vrai… Pourtant les idées
ne manquent pas. Toute l’aventure se déroule dans le manoir. Celui-ci est complètement délabré, et c’est assez amusant de
retrouver et reconnaître les lieux du premier épisode, tout en constatant les ravages du temps… Les graphismes ont été nettement
améliorés, plus fins, plus détaillés, il s’agit même d’un des premiers jeux à avoir franchi le cap des 256 couleurs au profit
d’un mode 16-bits De plus, Stauf ayant oublié de payer ses factures durant 70 ans pour cause de séjour en Enfer, il n’y a
pas de lumière et vous vous éclairez avec une lampe électrique, ce qui occasionne une ambiance vraiment sinistre (les concepteurs
de Alone in the Dark 4 s’en seraient-ils inspirés pour leur jeu ?)

1. Chérie ? Je crois que ça va couper… 2.
Une soupe un peu particulière
Le principe est resté le même : vous
résolvez des puzzles pour progresser, et découvrir des cinématiques vous expliquant les événements passés. Les premières cinématiques
feront référence à des situations vieilles de plusieurs jours (l’arrivée de votre copine journaliste sur les lieux) et au
fil du jeu se feront de plus en plus récentes, pour finalement coïncider parfaitement à la fin du jeu avec votre propre présent,
c’est à dire à la 11ème heure… C’est une bonne idée, mais qui a, je trouve, un gros défaut : l’histoire qui
vous est dévoilée au fil du jeu ne se passe pas au manoir, et malgré un scénario assez intéressant, on a plutôt l’impression
d’une ambiance « fais tes devoirs, et tu pourras regarder la télé ». On n’influence jamais l’histoire. Finalement,
c’était déjà le cas dans the 7th guest, mais ici l’ambiance est différente : les cinématiques sont en plein écran, filmé
dans un vrai décor parfois en plein jour, et elles se passent dans un autre endroit, un autre jour, et surtout sans vous !
Comme on peut visionner à nouveau les scènes déjà vues, je me suis même surpris à enchaîner les cinématiques afin d’en
profiter comme d’un petit film. Les détracteurs des « jeux aux cinématiques filmées » ont comme principal argument
un manque d’interactivité. Et bien malheureusement pour une fois c’est un peu le cas…

Dans cette énigme vous affrontez l’ordinateur à une variante d’Ataxx
Mais surtout, le point noir du jeu est que
le moteur 3D utilisé est d’une grande lenteur. Non pas que le jeu soit saccadé, il est simplement lent. Si le premier opus
nous offrait à l’époque du jamais vu, cette suite accuse du coup un certain retard de ce côté là, ce qui nuit au gameplay :
il vous faudra un temps dingue pour résoudre une énigme même si vous en connaissez la solution ! Par exemple pour l’énigme
du Train, vous comprendrez en quelques instants qu’il faut utiliser le jouet petit train pour tirer les lettres afin de former
le mot STAUF. Mais vu la vitesse du train, résoudre l’énigme vous prendra des heures (j’exagère à peine)…


Mais attention, le jeu n’est pas nul pour
autant. C’est simplement qu’il n’est plus aussi avant-gardiste, ce qui fait fatalement ressortir ses défauts. Par contre il
est sorti intégralement en français. Au rayon des nouveautés, on notera aussi que les énigmes doivent cette fois être résolues
dans un ordre strict. La voix de Stauf vous donnera donc régulièrement des indices, par ailleurs complètement tordus,
pour vous indiquer sur quel objet cliquer afin d’avancer dans le jeu. Par exemple « c’est encore l’histoire du réfrigérateur
qu’il s’agit d’avaler » désigne une bouteille de boisson rafraîchissante (je vous avais dit que c’était tordu), qu’il
vous faudra d’ailleurs trouver.
Les musiques sont toujours aussi bonnes, et
contribuent avec la même force à l’atmosphère du jeu. Cette fois, pas de CD audio intégré, mais un menu qui vous propose d’écouter
quelques 8 morceaux de bonne qualité. On notera aussi la présence d’une petite galerie d’image, ainsi que d’autres bonus…
Quand je repense à ces 2 jeux, je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ont été les précurseurs en matière de bonus sur les
actuels DVD…


Il y avait eu un avant et un après The 7th
guest, mais l’exploit ne s’est pas vraiment renouvelé avec son petit frère The 11th hour. Et oui, le temps à passé, et les
choses ont évolué : la course à l’ingéniosité et au game play a petit à petit laissé place à celle de la technologie
la plus avancée. Du coup the 11th hour ne se démarque pas tellement de la concurrence. Visuellement très abouti, mais pas
révolutionnaire non plus, et avec un scénario un peu classique dans le genre, tout ça ne procure pas une absolue envie d’aller
au bout, à l’inverse de son aîné. Un très bon jeu d’aventure/réflexion sans aucun doute, mais pas LE jeu : The Eleventh
Hour ne parviendra pas à être plus que ce qui est écrit sur sa boite : The sequel to the Seventh Guest (ce qui est déjà
pas mal).
Jean-christian Verdez