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RoadBlasters
Année : 1987
Système : Arcade, Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, Lynx, NES, ZX Spectrum
Développeur : Atari
Éditeur : Atari
Genre : Arcade / Jeu de Course
Par Tonton Ben (05 janvier 2009)

Tu aimes la vitesse, la violence sur route nationale, les paysages futuristes et Mel Gibson dans son premier rôle international, mais tu n'as pas le permis ? Qu'importe ! Atari pense à toi, et te propose de te défouler sur RoadBlasters, un condensé de shoot'em up et d'Out Run bien relevé !

Le flyer. Cliquez sur une image pour une version plus grande.
Merci au site Arcade Flyer Archive !

En cette année 1987, Atari, éditeur très présent en arcade qui rencontre un fort succès avec des hits comme Gauntlet (1985), Gauntlet II (1986), ou encore Indiana Jones and the Temple of Doom (1985), présente RoadBlasters, sa version très personnelle d'Out Run, le best-seller de Sega par Yu Suzuki, sorti l'année précédente.

RoadBlasters vous met au volant d'un bolide rouge pouvant dépasser les 200 km/h, et muni d'un canon pour dégommer tout ce qui vous empêche d'atteindre votre but. D'ailleurs, en quoi consiste-t-il, ce but ? Peu de détails sont fournis, mais d'un point de vue purement technique, il vous faudra passer la ligne d'arrivée sur pas moins de cinquante parcours, et ce en surmontant quelques contraintes.

Le joueur n'est pas obligé de commencer au niveau 1.
RoadBlasters, c'est ça : des virages, des explosions, de la vitesse !

La première concerne le carburant, très limité (crise du pétrole oblige) : votre véhicule consomme énormément, et son réservoir principal s'épuise de façon continue. Il y a bien une réserve, mais elle ne suffira généralement pas à vous faire atteindre l'arrivée. Il va donc falloir en trouver sur la route, sous la forme de pastilles vertes, éparpillées çà et là sur le parcours, mais aussi au moyen de pastilles rouges, lâchées parfois par les voitures jaunes lorsqu'elles explosent.

Car il y a du monde sur chaque parcours, et la moindre collision entraîne l'explosion de votre bolide. Cependant, comme Out Run, ce n'est pas l'accident qui se révèle fatal, mais en l'occurrence la panne sèche dans RoadBlasters ; chaque collision vous fera néanmoins perdre du carburant. Vous allez donc être obligé de faire le ménage devant vous, autant que faire se peut. On croise pêle-mêle dans RoadBlasters : des voitures jaunes, des voitures mauves indestructibles, des voitures vertes qui lâchent des bombes roulantes, des motos en bande, des buggys qui déboulent par les côtés, des tourelles armées sur le bas-côté, des mines (il y a une alarme sur le tableau de bord à ce sujet), et même des flaques d'huile qui font déraper votre véhicule !

La course est finie lorsqu'on atteint cette zone d'arrivée.
Le module volant lâche une option qui vient se greffer sur le toit.

Si les munitions sont infinies, une à deux fois par parcours, un module volant vient vous proposer une option souvent très séduisante : tir supplémentaire à haute cadence, turbos, champ électromagnétique, bombe de destruction massive. Toutes ces options doivent être attrapées au vol lorsque le module se présente, doivent être activées par un bouton, et sont toutes limitées en nombre. À mi-parcours, vous traverserez un passage-piétons (si jamais des fous voulaient traverser...), qui redonne du carburant de façon significative. Il n'y a pas de limite de temps dans RoadBlasters, votre problème, c'est le carburant !

Le passage-piétons (!!) remonte la jauge de carburant.
Certains véhicules lâchent des pastilles rouges à ne pas louper.

Techniquement, RoadBlasters est une vraie réussite. Chaque niveau se fonde sur une palette de couleurs spécifique qui lui donne une véritable esthétique, renforcée par un décor varié sur la ligne d'horizon, dans les tendances futuristes. Votre véhicule est vu de l'arrière, et possède de nombreuses étapes d'animation, lui conférant une fluidité très agréable. Les ennemis, en revanche, n'ont que quelques sprites, mais grâce à la sensation de vitesse, l'illusion est parfaite.

Le Cruise Missile dégomme tout sur la route sur quelques kilomètres. Très pratique !
Les motards sont sympas ? Vous, non !

Car la vitesse est la force de RoadBlasters, et se permet de rivaliser avec Out Run, ou plutôt Hang On sur les sensations : si la route est toujours plate, et les bas-côtés plutôt vides (quelques rochers ou arbres font parfois obstacle), le jeu est véloce, très véloce. Voire trop véloce. Les parcours sont truffés de virages, et s'ils sont moins sévères que ceux de Sega (la voiture tient très bien la route), il y a beaucoup plus de monde pour vous empêcher de les négocier correctement.

Justement, la difficulté, c'est bien le point noir de RoadBlasters. Passés les dix premiers niveaux, qui sont tout à fait abordables, la suite devient surréaliste : le carburant est trop limité, et l'on ne peut se permettre de laisser passer un seul bonus vert ou rouge. D'ailleurs, à chaque changement de niveau, le plein n'est pas complètement refait. Passé un certain point, il devient impossible de continuer sur le même crédit (utiliser un continue remet le plein et vous fait recommencer la course).

Les buggys sont vicieuses au possible, elles déboulent des côtés en masse.
Passage très chaud : je ne peux pas les détruire, il va falloir passer entre les bagnoles !

Histoire d'enfoncer le clou, les parcours sont littéralement encombrés d'ennemis en tout genre, on se croirait sur le périph' parisien un vendredi soir ! La vélocité du jeu est telle qu'il vous faudra des réflexes de mutant pour espérer survivre, tout ce petit monde apparaissant de fait au dernier moment (spécialement dans les virages serrés). Les derniers niveaux sont mêmes remplis d'un seul type d'ennemi, sans bonus de carburant. Ceux qui ne contiennent que des mines ou des véhicules mauves sont atroces et impossibles à passer dans des conditions d'arcade.

À chaque fin de parcours, le calcul du score. Un 'world bonus' est filé pour chaque série de niveaux.
Régulièrement, il sera possible de choisir les prochains parcours et d'en sauter quelques-uns.

Pourtant, RoadBlasters est un jeu qui s'apprécie justement dans son élément d'origine : une belle borne verticale ou, plus rarement, un superbe cockpit avec volant et pédalier, qui crache un son stéréo rempli de voix digitalisées et de musiques midi fort sympathiques et bien adaptées au thème apocalypto-futuriste du jeu. J'ai eu le plaisir de découvrir et de pratiquer RoadBlasters en salle d'arcade à l'époque, et j'avoue l'avoir toujours gardé en bonne place dans mes favoris d'arcade : une thématique simple, une réalisation excellente, un défi trop relevé mais qui possède un goût de reviens-y, merci Atari !

Si vous pliez le niveau 50, Atari vous offre un t-shirt !
Le code à renvoyer à Atari est donné à la fin du jeu.

RoadBlasters a été adapté sur de nombreux supports : Amiga, ST, CPC, C64, Lynx, NES, et ZX Spectrum. N'ayant pu essayer que certaines versions, je peux vous dire que les adaptations NES, Amiga et Lynx sont de très bonnes factures, et arrivent à donner de bonnes sensations proches de celles que l'on peut connaître en arcade. Ah, non, pas la version Amiga, en fait : animations saccadées, graphismes pas franchement sexy, c'est signé U.S. Gold, évidemment. A contrario, la version Lynx est probablement la plus réussie : malgré la faible résolution de l'écran, l'on y retrouve tous les détails du jeu original, avec une animation follement fluide ! Une véritable réussite, Atari joue à domicile pour le coup et ne pouvait louper l'adaptation de son jeu sur son support propriétaire (contrairement à la version ST qui a été portée par Probe pour U.S. Gold, comme la version Amiga...)

Version C64.
Version Amstrad CPC.
Version ZX Spectrum.
Version NES.
Version Lynx.
Version Atari ST / Amiga.

Les plus attentifs auront peut-être remarqué certaines similitudes avec Fire & Forget, un jeu de Titus Software sorti en 1988, et qui semble très fortement s'inspirer du jeu d'Atari. Je vous invite à lire ou relire l'article, j'y avais évoqué photos à l'appui une info de l'ami JPB sur le Monster, une création de Sbarro de 1987. Comparez-le au véhicule rouge de RoadBlasters, juste pour voir !

Tonton Ben
(05 janvier 2009)
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