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Transarctica
Année : 1987
Système : Amiga, Atari ST, Mac, PC (DOS)
Développeur : Silmarils
Éditeur : Silmarils
Genre : Action / Stratégie
Par Djib (03 juillet 2001)

Silmarils, fondé en 1987 par deux frères, est l'un des rares studios de développement indépendant français à avoir survécu à la mutation économique du secteur. En effet, la société a connu ses heures de gloire dans les années 80 mais continue à être active, comme en témoigne la sortie d'Arabian Nights en 2001. Silmaris a produit des jeux très originaux et variés : de la baston (Time Warriors, 1997, Manhattan Dealers, 1987), de l'action (Mad Show, 1988), des jeux de rôles (la série des Ishar qui a connu un franc succès entre 1992 et 1994), de la gestion (Storm Master, 1992) des puzzles, etc.

Mais l'un de leur meilleur jeux de Silmarils, si ce n'est le meilleur, reste Transarctica : un mélange de tout leur savoir faire en matière de gameplay.

Le logo Silmarils, inoubliable.
L'écran titre qui en jette. Toutes les captures proviennent de la version Amiga 1200.

L'histoire se situe dans un futur apocalyptique : la Terre subissait au début du XXIème siècle un phénomène climatique, appelé à l'époque "effet de serre", qui menaçait d'assécher toute la planète. L'Organisation Mondiale de la Science préconisa une solution ultime pour sauver le monde : provoquer des explosions nucléaires à haute altitude, ce qui créerait une couche opaque autour de la planète, empêchant les rayons du soleil de percer. L'ONU donna son aval et le projet "BLIND" eut lieu le 24 décembre 2022, en plein hiver caniculaire.

Malheureusement, le succès alla bien au-delà des espérances : la Terre fut rapidement recouverte de glace ! Les peuples ne supportèrent pas ce changement brutal et beaucoup d'humains en moururent. Les civilisations modernes disparurent, l'anarchie régna pendant de nombreuses décennies, les Sciences et l'Histoire sombrèrent dans l'oubli.

Une ville où l'on peut commercer.
La locomotive.

Plusieurs siècles plus tard, le monde est organisé par l' "Union Viking", la compagnie des trains, unique moyen de déplacement. Le charbon est devenu la monnaie qui règle toutes les transactions et la principale richesse dans ce monde qui "fonctionne" à la vapeur.

Le joueur tient le rôle d'un idéaliste qui s'inspire des anciens écrits : il pense pouvoir "redonner vie au Soleil".
Il dispose au départ de quelques fidèles et d'un train très puissant : le "Transarctica". L' "Union Viking" fera tout pour l'empêcher de mener à bien sa quête. Le jeu se déroule en temps continu (1 seconde passée = 1 minute de jeu). Aux commandes de son "Transarctica", le joueur dispose alors d'une très grande liberté de jeu : façon Elite, il circule sur le réseau ferroviaire (dans la locomotive on peut procéder au démarrage du train, utiliser les différentes manettes et surveiller les manomètres afin de régler sa vitesse) ou s'occupe de commerce (mammouths, fourrures, alcools etc...) afin de pouvoir équiper son train en wagons spéciaux (lance-missiles, wagon espion, wagon serre...)

Le bureau
La carte stratégique et le conseiller.

Il doit éviter les trains ennemis qui le poursuivent ou les affronter (en lançant des missiles, des draisines piégées sur les voies ou en les abordant purement et simplement, il s'ensuit alors un petit wargame en temps réel entre les deux trains). Le joueur doit être également attentif à le gestion de ses ressources : charbon, eau, équipage.

Tout cela afin de poursuivre sa quête du soleil, véritable aventure très bien ficelée qui passe par de nombreux endroits fabuleux : le cimetière des mammouths, la mer des baleines, la ville consigne, etc... Une foultitude de petits détails rendent le jeu très attachant : évènements aléatoires lors des déplacements du trains (horde de loups, attaque des hommes-taupes, voies secrètes), construction de ponts lorsque le passage est détruit, consultation de la bibliothèque dans son wagon personnel... Même pour quitter le jeu : le joueur doit cliquer sur son pistolet et se suicider ! Transarctica mélange avec bonheur le jeu d'aventure, de gestion et de stratégie au sein d'un univers extraordinairement riche et cohérent. L'ambiance d'une terre recouverte par les glaces est formidablement retranscrite par une réalisation simple mais convaincante : en particulier les couleurs des différents écrans sont très réussies.

L'immense réseau. Le Transarctica est tout en bas à gauche, dans le rectangle blanc.
La phase de wargame.

Quant à la richesse du gameplay, elle contribue à faire de Transarctica une expérience formidable.

C'est donc le chef-d'œuvre de Silmarils...

Djib
(03 juillet 2001)
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