Le
monde du jeu vidéo se divise en deux catégories :
ceux qui ont un flingue, et ceux qui creusent... Ah non, c'est
pas ça, je recommence : il y a ceux qui exploitent
des concepts déjà établis, et ceux qui
cherchent à dépasser ces concepts. Titus, dans
le domaine, a tenté la deuxième option avec Titan.
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Il
est bô, il est fort... |
...il
joue à Titan ! |
Pour
celles et ceux qui se sentaient frustrés par l'aspect
mise en boîte du traditionnel casse-briques, avec ses
murs latéraux fixes, son sempiternel mur du fond tapissé
de ces pitits carrés qu'il faut abattre, et cette pitite
barre mouvante qui surplombe un abysse fatal... Titus les a
entendus, et décide en 1989 de casser les codes du genre
établis depuis 1976 en arcade par Breakout,
de Steve Jobs et Steve Wozniak sous licence Atari (merci à
Wild_Cat de me l'avoir rappelé !). Car Titan
est un casse-briques hors normes, issus de l'imagination de
nos sympathiques frenchies. Alors, chez Titus, on ne s'encombre
pas de tous ces détails ! Dans Titan,
le joueur contrôle, afin de triompher des 80 niveaux d'un
jeu futuriste cruel dans le style "Running Man"', une boule
de métal afin de détruire l'ensemble des briques
qui se trouvent sur son chemin.
Et
là, vous me dites : c'est un casse-briques. En effet.
Soit.
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Le
pitit module carré vert, c'est vous. |
Et
la grosse boule, là, faut l'envoyer sur les briques. |
Mais !
Là où tout bascule, c'est lorsque l'on s'aperçoit
que tous les éléments cités précédemment
n'existent pas dans Titan. En effet, la première
grosse originalité se trouve dans la forme des terrains,
extrêmement libre : chaque niveau se parcourt grâce
à un scrolling multi-directionnel. De fait, l'abysse
si redouté a complètement disparu, et il faudra
détruire des briques situées non seulement sur
les côtés, mais aussi en dessous du module que
le joueur contrôle. Ce module, justement, a subi un lifting
de circonstance, puisqu'il est carré, et se meut également
dans les quatre directions.
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Sur
les briques, j'ai dit, pas sur les murs... |
La
tête de mort, à droite, il ne faut pas la
toucher. |
Comment
fait-on pour perdre, alors ? Très simple :
il suffit d'envoyer la dite bille, ou le module, sur une case
surplombée d'une tête de mort. On en trouve de
plus en plus au fur et à mesure des niveaux parcourus,
et bien évidemment, puisque ces zones fatales sont placées
judicieusement, et sont même parfois capables de bouger...
La maîtrise de la bille se veut plus que jamais décisive.
Histoire de compliquer encore un peu plus la tâche, les
niveaux comportent des murs, qui, agencés entre eux,
finissent par former de véritables petits labyrinthes.
Un travail de repérage est souvent nécessaire
au début de chaque round, car on a vite fait de se perdre.
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À
gauche, on peut apercevoir un mur en formation. |
Le
premier niveau permet de se faire au multi-directionnel. |
Alors,
si l'on ajoute les désormais classiques briques de résistances
différentes, celles qui ne peuvent être détruites
que par le module, des murs qui se construisent à chaque
passage du module et qui finissent par bloquer les chemins,
et les téléporteurs, on se dit que plier le jeu
ne sera pas une mince affaire. Surtout avec seulement neuf vies.
Et comme le jeu tourne plutôt vite, et qu'il y a comme
une légère impression de saccade dans les contrôles...
En fait, Titan cache une astuce : en maintenant
le bouton d'action, il est possible à tout instant et
sans restrictions de ralentir l'action (Matrix n'a
rien inventé...) : comme par magie, la précision
est au rendez-vous, et le module devient beaucoup plus maniable.
Une option intelligente, comme le proposent très souvent
les bons jeux.
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Arf,
un cul-de-sac ! |
Le
"E", en bas à droite, c'est un téléporteur. |
Alors,
force est de constater que Titan possède
toutes les caractéristiques d'un titre fort agréable,
vite prenant pour peu que l'on aime le genre, et que l'on apprécie
l'innovation vidéo-ludique ; du moins sur le concept,
car en ce qui concerne la réalisation, on nage dans le
classique, avec des graphismes simples mais bien faits, qui
présentent des variations de couleur à chaque
niveau, une musique qui se manifeste uniquement à l'écran
titre, et des bruitages minimalistes qui ponctuent l'action.
En un mot comme en cent, Titan se présente
comme un jeu sans prétention, mais qui propose un challenge
intéressant, long et prenant. Et comme Titus aime faire
plaisir à tout le monde, le soft est présent sur
Amiga, PC, ST, CPC et même
C64 pour des conversions de qualité, même
sur les machines les plus faibles.
Tonton
Ben, qui a perdu la boule depuis longtemps.