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Super Punch Out!!
Année : 1994
Système : Arcade, SNES
Développeur : Nintendo
Éditeur : Nintendo
Genre : Sport / Action
Par Thomas V. (30 mai 2003)

Vous êtes convié au tournoi de boxe le plus déjanté de tous les temps où tous les coups sont permis pour vos adversaire (mais pas pour vous). On a l'impression de lire un tract publicitaire (ce jeu est phénoménal, achetez-le, sinon on n'aura pas d'argent pour rembourser la licence)... durant trois secondes, le temps qu'il faut au joueur qui a usé les manettes de sa NES pour se rappeler du mythique Punch out!, un jeu au fun instantané, réalisé de main de maître par la firme centenaire (devinez qui c'est : a)Cryo b)Nintendo. Il y a un piège !), où vous rencontriez des personnages aussi loufoques qu'un bûcheron ou un p'tit boxeur français (cocorico, mais c'est aussi le personnage le plus nul du jeu) dans des matchs arbitrés par Mario.

Comme la mode n'est déjà à l'époque de la Super Nintendo plus à l'innovation mais au recyclage, quoi de plus étonnant que de retrouver toute la fine ( ça doit aller de 60 à 130 kilos quand même !) équipe de joyeux (y'en a des moins tendres que d'autres) pratiquants du noble art (certains vous cracheront quand même au visage pour vous aveugler) dans des combats très fair play (certains vous mettront des coups de pieds, de boule, de bâton, ce sont des p'tits farceurs) sur la console star du début des années 90 (et peut-être même de tous les temps) ? (oui, c'est une phrase interrogative pour ceux perdus dans les parenthèses !)

On pouvait craindre que ce jeu soit une vaste supercherie visant à alléger les honnêtes joueurs (qui achetaient à l'époque leurs jeux au lieu de les graver) de 500 balles. Mais sincèrement, est-ce que Nintendo est du genre à sortir de mauvais jeux ? La réputation qu'ils ont à préserver les en empêche, cela dit, il ne faut pas crier victoire trop tôt (le champion peut s'effondrer, voir Rocky 3), analysons ce jeu avant de tirer des conclusions...

Round d'observation

Le système de jeu est en fait une amélioration de celui ayant fait ses preuves sur NES, avec quelques rajouts bien sentis dans ta gueule (si tu m'crois pas t'ar ta gueule à la récré). Mais comme je ne suis pas flemmard, je ne vous renverrai à l'excellent test de Punch Out sur ce site que pour que vous appréciez le redoutable jeu de jambe digital (il frappe sur un clavier vachement bien !) de Jika, et je vais tout vous réexpliquer en détails (pour ceux qui ne suivent pas au fond). Sachez juste, et c'est la base du jeu que vous ne disposez que d'un seul personnage jouable, et que ce dernier est vu de dos en transparence (sauf quand il se mange un direct, à ce moment là, il n'est plus transparent).

Ici, la jouabilité est extrêmement simple. En effet, vous disposez de trois boutons de frappe, plus votre croix directionnelle pour tous les mouvements, plus le bouton start pour naviguer dans les menus (bien sûr il y a aussi select, mais bon, on va pas continuer dans cette voie car on s'éloigne du sujet et je vous mets au défi de me dire de quoi parlait cette phrase avant les parenthèses !)
C'est très simple, de plus qu'aucune combinaison de bouton difficile n'est requise pour sortir les coups. Ainsi, Y et B sont respectivement les boutons de coups bas gauche et droite. Il suffit d'appuyer sur haut plus un de ces boutons pour faire un coup haut. Tout au long du combat, une jauge située en bas de l'écran se remplit, c'est votre jauge d'uppercut. Une fois pleine, appuyez sur A rapidement pour décocher une série de coups de poings, ou laissez longuement appuyé A pour un gros coup. Vous pouvez décider de sa hauteur de la même manière que pour les coups normaux.
Pour ce qui est des mouvement défensifs, gauche et droites servent à esquiver latéralement, la touche bas vous sert à vous baisser, le bouton haut vous sert à faire une garde haute, n'appuyer sur rien sert à faire une garde basse. Voici en somme toute l'essence de Punch out, peu de boutons pour une prise en main instantanée, et un fun ressenti dès la première partie.

Round d'attaque

Une fois une partie démarrée, on se dit tout d'abord « Que c'est beau !! » (y'a aussi des variantes, mais je ne vous les fais pas :p). En effet, les graphismes, colorés, ont fait l'objet d'une attention toute particulière, et le style délirant qui caractérisait le premier épisode a été gardé. On a donc affaire pêle-mêle à un clown, un bûcheron, un rastaman, ou encore un danseur japonais, un spécialiste du kung-fu, en plus de boxeurs plus traditionnels. L'animation quant à elle est détaillée et fluide, et ne souffre d'aucun ralentissement (faut dire aussi qu'il n'y a pas grand-chose à l'écran !). Le jeu est dénué, Nintendo oblige, de toute violence visuelle : l'adversaire ne saigne pas, n'a pas le visage tuméfié, il n'y a pas de sang. Cela dit, ça n'aurait servi à rien, au contraire, sinon à ajouter du sérieux dans un univers comique.

Les bruitages eux sont assez marrants, les impacts des coups bien réalisés, les cris des boxeurs ainsi que les petites phrases qu'ils prononcent renforcent l'ambiance très dessin animé. Comme dit plus haut, même si on ne connaît rien à la boxe, le temps d'adaptation est très court, et dès la première partie on enchaîne les coups, on crée de petites combinaisons avec beaucoup d'aisance.

Droite, gauche, crochet !

Le jeu est constitué en fait de 4 tournois, avec 4 boxeurs chacun. On débloque les tournois les uns après les autres : d'abord la ligue mineure, puis la ligue majeure, puis la ligue mondiale, et enfin la ligue spéciale (ardue !). La difficulté est progressive : Si vous passez la première ligue sans encombre, dès la deuxième les choses se corseront. Il est cependant bizarre de trouver des boxeurs de la ligue mondiale bien plus durs que ceux de la ligue spéciale.

L'intelligence artificielle est sommaire. L'adversaire a une palette de coups restreinte, et sort de temps en temps quelques coups spéciaux (dont certains vous mettent KO d'un coup). Certains d'entre-eux ne vous offriront que peu d'ouverture de prime abord, ce qui est stressant lorsque l'on sait que le chrono est limité à trois minutes et qu'au-delà de cette durée c'est la fin des haricots (vous perdez, même si votre adversaire est au bord du KO :p). Cependant, on trouve un certain plaisir à refaire les ennemis des dizaines de fois. On décèle souvent des failles qui les mettent au tapis en un seul coup (il faut les frapper à un moment précis), et on se prend, comme dans les jeux de course, à chasser le chrono. C'est ce système, à l'instar des Time trials de Mario Kart, qui confère à ce soft une durée de vie éléphantesque. A l'époque de feu Nintendo/Ultra Player, certains joueurs réalisaient des chronos dingues : 6 secondes pour battre le boss final ! (s'ils sont d'ailleurs sur le forum, qu'ils se manifestent, c'étaient toujours les mêmes pour tous les jeux de SNIN !)

La ceinture des poids lourds

Nintendo n'a pas dérogé à la règle, sur sa console 16-bits, il développe des jeux démentiels, funs, simples à prendre en main. La firme constitue un label de perfection ludique, et cela se confirme dans ce jeu défouloir, suite très réussie du premier. Super Punch Out!! n'a qu'un défaut : ne pas inclure le deux joueur-isme, mais on l'en excuse, cette option aurait été difficile à gérer avec la vue de dos. Qu'importe, on s'amuse même après de longues parties, c'est l'essentiel. En bref, voilà un jeu dont vous ne regretterez pas le téléchargement avec votre 56 K (les possesseurs de haut débit sont obligés de posséder tous les jeux chroniqués sur Grospixels ! les autres aussi !), ou l'acquisition, si vous le trouvez (le livret est superbe !).

Thomas V.
(30 mai 2003)
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