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Star Ocean
Année : 1996
Système : SNES
Développeur : Tri-Ace
Éditeur : Enix
Genre : RPG
Par Gaetan (19 septembre 2003)

Bien que Enix a principalement construit sa réputation autour de Dragon Quest, une autre série de la boîte a su charmer les fans de RPG : Star Ocean. C'était il y a maintenant sept ans, et sur la 16-bits du très aigri Yamauchi... Que le temps passe vite !

Tri-ace : un studio de génie au service du RPG

Tout d'abord, intéressons-nous au développeur de ce Star Ocean : Tri-Ace. Tri-Ace donc, est un studio de développement fondé le 16 mars 1995, au Japon. L'entreprise, qui emploie environ 90 personnes, est totalement indépendante, bien qu'elle soit très proche d'Enix dans les faits. Il faut d'abord savoir que l'équipe de Tri-Ace provient en bonne partie de la Wolf Team, qui travaillait pour Namco et qui a notamment créé le génial Tales of Phantasia. Dirigé par Yoshiharu Gotanda, Tri-Ace dispose d'un capital de 10 millions de Yen. À noter que ses locaux se situent dans le quartier de Sibuya-ku à Tokyo. L'histoire de Tri-Ace commence véritablement le 30 juillet 1996, date de sortie sur SNES du premier RPG signé Tri-Ace Limited et édité par Enix : Star Ocean. Outre le remarquable travail d'ensemble, précisons que Star Ocean fait partie des softs utilisant la plus grosse cartouche SuperNes avec 48MB, tout comme Tales of Phantasia. En août 1996, Tri-Ace Limited est réorganisé et devient Tri-Ace Inc. 2 ans plus tard, Tri-Ace met un point final à la suite de Star Ocean, The Second Story. Édité par Enix sur PlayStation en jullet 1998, Star Ocean: The Second Story prend place 20 ans après les événements du premier opus. Ce RPG s'offrira même une sortie US en juin 1999 et une européenne quelques mois plus tard, avec une traduction française à la clé, sous l'égide de Sony Computer Entertainment.

C'est en décembre 1999 que LE chef-d'œuvre incontesté de Tri-Ace sur PlayStation sortira au Japon. Son nom, Valkyrie Profile ! Un scénario original et passionant, des musiques somptueuses signées Motoi Sakuraba et surtout des personnages hallucinants de charisme (ahhh, Arngrim et Valkyrie !), telles sont les grandes qualités de ce grand RPG toujours édité par Enix. Avec sa sortie US le 29 août 2000, l'équipe de Tri-Ace sera récompensée du prix du meilleur scénario par la Computer Entertainment Software Association et d'un Playstation Award par Sony. Ensuite, Tri-Ace délaisse un temps les consoles de salon et envahit les poches des fans de RPG avec Star Ocean: Blue Sphere sur GBC - en juin 2001. Se déroulant 2 ans après le second opus, Blue Sphere met en scène les mêmes persos que dans Second Story... à quelques éléments près.

En 2003, Tri-Ace est revenu sur le devant de la scènes avec Star Ocean: Till the End of Time, troisième épisode de la saga et meilleur RPG de la PS2, à n'en pas douter ! Les orchestrations de Sakuraba sont transcendantes, les persos attachants et les combats vraiment poilants pour celui qui les comprend. Un monstre RPGiesque qui n'a malheureusement pas connu le succès escompté au Japon mais qui pourrait bien se ratrapper avec une sortie US prévue en septembre 2003...

Nous ne sommes pas seuls dans l'univers...

Star Ocean vous met dans la peau d'un jeune patrouilleur du village de Clatos nommé Ratix. Comme tous les habitants de la planète Roak, il possède une queue à la manière de Djidane, ce qui lui donne un côté attachant. Il partage son temps libre entre aider sa mère dans les tâches quotidiennes, et s'amuser avec ses deux meilleurs amis : Dorn et Milly. Depuis quelque temps, d'incessantes rumeurs circulent dans la région selon lesquelles une étrange maladie se propagerait dans le village de Cool, situé juste au nord de Clatos. Histoire de tirer les choses au clair, Maltos, qui est accessoirement le père de Milly, décide d'aller y faire un tour... Voyant qu'il n'est pas revenu au bout de trois jours, nos trois compagnons s'empressent de rejoindre Cool, espérant ne pas tomber sur une mauvaises surprise. Raté ! En arrivant sur les lieux, vous vous rendez compte que tous les habitants du village se sont transformés en pierre ! Et Maltos s'apprête à en faire autant. Dans la panique, vous apprenez que vous pouvez inverser le processus en trouvant une herbe médicinale nichée au sommet du Mt Metox. Ça tombe bien, la fameuse montagne est toute proche. Mais arrivé à l'endroit providentiel, une mystérieuse rencontre avec deux personnages sortis de nulle part viendra contrecarrer vos plans. Qui sont-ils ? Amis ou ennemis ? D'où viennent-ils ? Autant de questions hautement philosophiques capables comme toujours de bouleverser l'humanité, que je vous laisse le soin de résoudre par vous-mêmes. Je m'en voudrais si je vous racontais ne serait-ce qu'une petite miette de plus. Tout ce que je peux vous dire, c'est que la vérité est ailleurs...

Un gameplay tiraillé entre classicisme et originalité

Dans l'absolu, Star Ocean reste un RPG dans la plus pure tradition nippone : vous incarnez un groupe de personnage qui doit faire face à un scénario catastrophe, le tout dans un univers médiéval/Sci-fi plein à rabords de villages et de vaisseaux (voir plus loin). Malheureusement, on ne peut pas interagir avec les décors, comme dans Golden Sun. Pas question donc de pousser des blocs de pierres, de lancer des sorts pour faire apparaître des passages obstrués par des buissons, etc. Il n'est même pas possible de faire comme Link, à savoir couper les herbes pour se frayer un chemin ou découvrir des objets (ni de soulever les poules par la même occasion d'ailleurs). Vous trouverez des coffres parfois bien cachés, mais ça reste tout de même très limité. Il est dommage que les développeurs n'y ait pas pensé, enfin, c'est fait, on ne va pas chipoter non plus. Par contre, il existe un système très astucieux et vraiment utile : à certains moments du jeu, vous pourrez vous séparer afin de recueillir des informations supplémentaires. Un petit exemple pour illustrer : parfois, il arrivera que les habitants d'un village en disent plus à l'un des personnages qu'à l'autre, donc avec ce système, on ne vous enverra pas promener. Enfin, pas toujours. Cela permet également d'avoir deux points de vues différents sur un même sujet. Bref, les développeurs n'ont pas été chercher bien loin pour cette partie, et la progression est gérée exactement de la même manière que dans un FF (à quelques exceptions près) ce qui n'est pas le cas du système de combat, qui lui est bien plus recherché.

Les combats dans Star Ocean sont en semi-temps réel, c'est à dire un mélange entre du tour par tour et de l'action-RPG à la Zelda. C'est très flou comme explication, alors concrètement, ça donne quoi ? Ce n'est pas bien simple à expliquer, mais je vais essayer d'illustrer mes propos le mieux possible. En fait, tant votre équipe que les ennemis peuvent attaquer lorsqu'il le désirent. C'est comme une confrontation parce que les adversaires n'attendront pas que vous ayez fini de sélectionner une action, ils attaquent et vous êtes obligé de naviguer dans le menu pour effectuer une action. Tout est affaire de rapidité. Le seul moment où vous serez tranquille, c'est lorsque vous alternerez de persos en persos avec B : à ce moment précis, la bataille se « figera » pour ainsi dire. Mais tâchez de faire vraiment attention à ce que vous faites, car une fois que vous aurez sélectionnez un perso de votre équipe, il sera « ciblé », et l'autre personnage ne fera rien du tout, quant à lui. Et les ennemis sont malins : certains vous prendront à deux, et le troisième se chargera du perso « non-ciblé ». Heureusement, vous aurez la possibilité d'établir une tactique qui semblera la mieux à même de déstabiliser le groupe ennemi. Et de ce que j'ai pu voir, il me semble que chaque type d'ennemi a sa propre manière d'aborder le combat. Une simple pression sur X ouvrira un second menu, ressemblant étrangement à celui de Grandia, soit dit en passant. C'est grâce à ce dernier que vous choisirez les fameuses tactiques, accèderez à votre inventaire, utiliserez une attaque spéciale ou fuirez.

Ce qui compte le plus finalement, c'est le timing et la stratégie adoptée. Dans Star Ocean, attaquer sans réfléchir ne servira qu'à une seule chose : mourir... Prenez le pouls de la situation avant d'agir. La réflexion est tout bonnement indispensable. Les joueurs habitués à Tales of Phantasia, FF Tactics et Bahamut Lagoon seront par conséquent avantagés, normalement. Comme d'habitude, vous récolterez à la fin des combats des objets, de l'argent, de l'expérience et des points que vous pourrez attribuer à des attaques pour les rendre plus puissantes. Comme les menus sont en japonais, j'avoue ne pas avoir tout compris dans les détails. Je précise également que les combats sont aléatoires, et qu'on ne distingue pas ses ennemis à l'écran. Pas d'esquive possible donc mes amis. Il subsiste bien entendu la technique de la fuite furtive, mais vous ne trouvez pas ça un peu lâche, vous ?

Une réalisation élégante

Star Ocean n'est certainement pas le jeu le plus impressionnant de la Super Nintendo, enfin pas dans le sens technique du terme. Le soft n'a pas besoin d'un chip graphique pour tourner correctement, et le jeu est intégralement en 2D. C'est en réalité sur la diversité de ses décors, de ses couleurs, que Star Ocean étonne. C'est la première fois que je retrouve une telle qualité graphique sur un RPG 16-bits, avec Chrono Trigger et Tales Of Phantasia. On retrouve les « endroits » inhérents à tout jeu d'aventure : bois, collines, villages, ruines, plages, grottes, etc. Et toujours avec des couleurs chaudes et très élégantes, justement Ah, j'allais oublier : l'effet d'ombre pour simuler le passage des nuages colle à lui seul une grosse claque, pour un jeu 16-bits. Sidérant ! Mais comme le titre du jeu l'indique, Star Ocean fait la part belle aux voyages intersidéraux, aux civilisations avancées, bref, à la science-fiction. On a donc droit à des environnements en cohérence graphique avec le thème, avec des textures très « métalliques » et plein de détails tout droit sortis des meilleurs films de sci-fi comme l'inévitable Star Wars. Comme le veut le scénario, vous allez passer d'époques futures à anciennes, et ce mélange crée une ambiance excellente !

Ceux qui, comme moi, apprécient tout particulièrement la science-fiction dans un RPG vont prendre un pied énooorme à avancer dans l'histoire. Cette dernière est, pour sa part, pleine de rebondissements et de tournants scénaristiques de la « muerte ». En plus, l'intrigue est passionnante dès le début ! Les personnages sont tous assez travaillés, tant niveau psychologie que design, pour s'identifier à eux. Tiens, pendant que j'y suis, je vais trahir juste un chouia mes paroles de tout à l'heure : Ratix, Milly et Dorn ne seront pas les seuls persos principaux de cette aventure... Ce n'est pas vraiment un « spoiler » étant donné que la team de départ se « décompose » au bout de 2 heures de jeu. Bref, côté background, Star Ocean est une merveille ! Les musiques sont toutes aussi somptueuses les unes que les autres, Motoi Sakuraba ayant encore fait un sacré boulot ! Les bruitages sont bien supérieurs à la moyenne, et on ne manque pas d'être étonné à l'audition de cris d'oiseaux, de bruits de pas... À contrario, c'est pas vraiment l'orgie de performances concernant ceux des combats. De vulgaires « scrumpf », « critch », « rugghhh » en somme.

Gaetan
(19 septembre 2003)
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