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Une
intro très Mannix (la série télé, pas les... hem). |
James
Bond, à côté, c'est une lopette ! |
Bon,
sur ce coup-là, je ne vais pas y aller par quatre chemins, Eternam
est un jeu stu-pide. Farpaitement. De mémoire de joueur, j'ai rarement
croisé un soft ludique poussant le concept de l'absurdité aussi
loin.
Mais
qu'est-ce donc que cela ? Eternam est un jeu d'aventure de chez Infogrames, des
gens pourtant si sobres d'habitude. Vous y incarnez Don Jonz, une espèce
de shérif intersidéral qui a gagné des vacances bien méritées
sur Eternam, une planète qui a pour seule vocation de servir de parc d'attractions.
Mais derrière ce repos se trame un complot ourdi par l'ennemi juré
Mikhail Nuke, un bandit notoire qui a pris le contrôle d'Eternam et qui
met tout en oeuvre pour se débarrasser de notre sympathique héros.
Avec l'aide de Tracy, une technicienne du parc qui s'est digitalisée dans
le système informatique de la planète pour échapper au tyran,
Don Jonz doit affronter un univers hostile et totalement déjanté.
Et
vous trouvez que le scénario est déjà bien barré ?
Ce n'est rien comparé au reste de l'aventure.
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Des
vannes de premier choix... |
Le
docteur a un léger accent guttural. |
L'univers
d'Eternam est composé de cinq îles, qui s'essaient plus ou moins
dans la reconstruction historique : notre ami se retrouve propulsé sur
l'île des barbares, une terre développée à un âge
médiéval et administrée par un baron qui n'a pour seule passion
que de vous faire passer ses épreuves mortelles, au sein de son château
où l'on croise pêle-mêle un squelette bavard, des statues accros
à la télé, un médecin allemand fou, et un clébard
vraiment hargneux. Et ça continue de plus belle au fur et à mesure
que l'aventure se déroule, avec un passage sur l'île de la Révolution,
car chez Infogrames, on n'hésite pas à affirmer son chauvinisme
(on rencontrait bien Benjamin Franklin dans Day of the Tentacle).
Don Jonz y affronte un tribunal très expéditif et se frotte aux
insoumis qui complotent contre le pouvoir. Sans vouloir trop en dévoiler
sur le jeu, le héros sera amené à se dépêtrer
de quelques problèmes avec la haute technologie, à explorer des
tombeaux et même à se frotter aux membres de l'équipée
de Drakkhen !
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Un
peu d'Histoire les enfants ! |
La
justice est très expéditive |
Comment
on y joue ? Eternam, c'est comme du Point'n Click comme on dit chez nous, sauf
que comme les contrôles s'effectuent au clavier, il n'y a ni Point, ni Click.
Toutes les actions récurrentes du jeu d'aventure sont néanmoins
présentes (parler, prendre, voir, utiliser...). Le jeu propose deux phases
: en extérieur, nous avons droit à des déplacements en vue
subjective dans un environnement troidé hérité de Drakkhen
(moteur créé par Frédérick Raynal), et qui a été
légèrement amélioré, avec l'ajout de relief. Les mauvaises
rencontres y sont possibles, et il est nécessaire de se défendre
contre la faune volante étrange qui n'aura de cesse de faire diminuer la
barre de vie du héros. Attention aussi aux marais, en règle générale,
il est déconseillé de s'éloigner des routes.
En
intérieur, on retrouve des plans deudé classiques avec la présence
de notre héros. Il n'y a plus de phases d'action, seulement de l'exploration,
du dialogue et de l'interaction avec les différents éléments
du décor. Pour faciliter la progression, tout objet est repérable
grâce à un trait pointillé entre celui-ci et le personnage.
Attention, beaucoup sont inutiles, le jeu ayant une lourde tendance à abuser
du principe pour attirer l'attention sur n'importe quoi (je pense entre autres
à la déjection canine, ils n'ont pas reculé devant ce genre
de choses).
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Un
aperçu de la navigation extérieure. |
Faut-il
vraiment la ramasser ? |
La
grande force d'Eternam, outre le fait de verser dans l'art subtil de l'humour
bien naze à souhait, est de proposer, à quasiment chaque rencontre,
et pour les évènements importants, des animations de toute beauté.
Tout est réalisé à la main, dans un style dessin animé
certes un peu cheap, mais efficace. La séquence d'introduction où
le héros se fait boxer par le clébard est mythique ! On n'a de cesse
de découvrir de nouveaux passages animés qui ajoutent à l'ambiance
bien branque du jeu. Toute la technologie d'animation ainsi que le système
de navigation intérieure, seront réutilisés pour Shadow
of the Comet, l'autre grande aventure d'Infogrames. Le tout est très
coloré, VGA 256 couleurs oblige, avec du mélange entre des éléments
dessinés, et des digitalisations (ahhh, la belle Tracy...).
Question
son, c'est pas le super pied, puisque seule un driver Adlib est présent
pour nous jouer des mélodies midi certes entraînantes, mais un peu
obsolètes d'un point de vue technique. Les bruitages sont du même
acabit.
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Un
grand moment d'animation ! |
Dès
le début du jeu, le ton est donné. |
Un
autre reproche qui pourrait être fait à Eternam est de proposer un
challenge avec une difficulté mal dosée, composée d'énigmes
vraiment tordues, souvent sanctionnées, façon Sierra, par la mort
du héros, un concept que Lucasarts avait très rapidement abandonné.
De même, des pièges stupides sont régulièrement tendus
pour 'assassiner' littéralement le héros : il suffit par exemple
de pénétrer dans une maison inconnue sur la deuxième île
pour se faire éclater par l'occupant. La scène est toujours agréable
à voir, mais le procédé employé pour rallonger la
durée de vie (pourtant honorable) est abusif et ne conduit qu'à
la frustration du joueur. Bref, il est nécessaire de sauvegarder régulièrement.
Malgré
ses défauts, Eternam est un monument, un jeu que les férus d'aventure
se doivent de connaître, sous peine de passer à côté
d'un grand moment de franche déconnade.
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Le
voisin de chambre a eu un peu moins de chance... |
Ahhh
! Tracy... *soupir* |
Tonton
Ben, qui
cherche le numéro de téléphone de Tracy.