
Un beau packaging japonais.
D'où qu'il sort ce jeu ?
Voici le menu du jour : aux cuisines nous avons
Manfred Trenz, le génial créateur des Turrican et d'autres merveilles vidéoludiques. L'établissement,
très reconnu dans le milieu, répond au doux nom de Super Famicom. Le plat, d'une finesse exquise, s'intitule
Randering Ranger (R2). De quoi se faire un bon gueuleton pixellisé.

Voici un jeu qui exploite la 16-bits de Nintendo
à fond les manettes, rarement un titre fut si impressionnant dans sa réalisation sur cette console. Seul Squaresoft
(Final Fantasy 6, Seiken Densetsu 2, 3) ou Tri-Ace (Star Ocean) et quelques autres peuvent en dire
autant. D'après mes sources, ce jeu n'a vu le jour qu'au Japon. Mais pourquoi ?!! Un titre si riche et éblouissant sortant
dans un quasi-anonymat, voila de quoi râler un bon coup, ou brûler une cabine téléphonique, au choix. Peut-être est-ce sa
sortie tardive (1995) qui lui porta préjudice ? L'ombre de Sony et de sa Playstation ? Seul Manfred le sait mais je
pense que les machine 32-bits (récentes à l'époque) en sont clairement la cause. Passons sur le scénario, volontairement niais,
et entrons dans ce que certains s'autorisent à nommer « le vif du sujet ».
Mon pote Manfred.

Un ami qui vous veut du bien.
Un petit rappel tout de même en ce
qui concerne cet homme qui fut (et sera encore j'espère) un acteur important de l'histoire du jeu vidéo. Manfred Trenz
est un touche à tout : programme, graphisme, design, concept, etc. Nous lui devons Great Giana Sister,
Enforcer, Katakis, les Turrican, entre autres. Sur Randering Ranger (R2),
cet artisan de grand talent a assuré la programmation et les graphismes. Un des gros regrets, c'est l'absence du grand Chris
Huelsbeck pour la musique. Ce dernier ayant souvent collaboré avec Manfred (le studio Time Warp et Factor 5), imaginez R2 avec des ziques de mister Chris ! Quel dommage et quelle perte pour le jeu qui aurait gagné énormément en ambiance. Sniff...
Mode d'emploi.

Il vous est possible de choisir la couleur
de votre combinaison, sympa.
R2 alterne des phases de plates-formes
et de shoot'em up, notre héros sait tout faire. Pour les phases de plates-formes, vous êtes muni d'un canon pouvant supporter
plusieurs type de shoot simultanément (passez d'un laser à l'autre via un bouton du pad). Ensuite, à vous de collecter le
plus d'options possible pour gagner de nouvelles armes et les faire monter de niveau. Des attaques spéciales sont mises à
votre disposition mais en nombre limité. Elles sont différentes selon le type d'arme utilisé lors de leur lancement. Toutes
ces particularités confèrent à R2 une certaine variété dans son gameplay.
Pour les phases de shoot, les caractéristiques restent les mêmes à un détail près : le bouton habituellement utilisé pour
le saut fait pivoter le vaisseau dans le sens inverse, excellente idée qui donne un peu de piment à ces phases déjà bien riche
en action. Je vous propose une petite description des 9 stages, l'idéal pour vous faire une idée de la grande diversité du
jeu ainsi que de son incroyable beauté.
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Stage
1
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Stage 2
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Stage 3
Sacré Manfred ! Tout
comme les premiers Turrican, le troisième niveau est un shoot'em up. Un tradition, dirons-nous. Ce genre de stage est assez
présent dans R2 (cinq niveaux sur neuf !), pour le plus grand bonheur des fans du genre. D'autant plus que ces phases pourraient
être un jeu à part entière tant c'est grandiose. |
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Stage
4
Un autre niveau shoot'em up tout aussi bluffant, une maîtrise du genre qui force le respect. Bravo Manfred. |
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Stage
5
Un passage assez bien
fait dans sa conception, trois gros boss à abattre (dont un assez impressionnant faisant penser au jeu Walker de Psygnosis,
comme le prouve le screen ci-contre) qui ouvrent une nouvelle parcelle du niveau après leur mort. Action intense donc, et
musique très sympa. |
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Stage
6
Allez zou, encore une
ballade en vaisseau spatial ! Une succession de forteresses volantes vous attendent (genre R-Type, d'Irem)
avec un boss de fin magnifiquement glauque. |
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Stage
7
Quel pied, le scrolling
se tape des pointes de rapidité vraiment exubérantes et les ennemis vous assaillent à toute berzingue. La mégalopole est superbe
et vous donne le premier rôle d'un passage de shoot délirant. |
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Stage 8
Encore une phase shoot'em up où le blastage est roi mais qui s'en plaindrait ? Un stage faisant un mix des niveaux
shoot de Turrican 1 et 2 (les connaisseurs apprécieront) et une fin en fanfare attendent le joueur. |
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Stage 9
Les Turrican ont leurs traditionnels derniers niveaux looké Alien et R2 se voit rattraper par ce rite. Un niveau somptueux
vous réservant bien des surprises. |
Génial ton jeu Playstation ! Hein ? Super Nintendo ?
Visuellement, R2 est un choc ! Croyez-moi, et pourtant je suis nourri aux productions Squaresoft de la Super Famicom. Les décors sont tous plus impressionnants
les uns que les autres et remplis d'animations en tous genres. Les phases de shoot'em up sont parmi les plus belles
qu'il m'ai été donné de voir sur une machine 16-bits. L'expérience Katakis n'a pas été inutile. Les sprites sont énormes
et certains paraissent être de l'image de synthèse. On se demande comment la console peut supporter une telle débauche graphique.
Vraiment, le joueur en prend plein la vue et ne sait plus ou regarder. Le design fait très « jeux Amiga » et
ce n'est pas votre serviteur qui va s'en plaindre, bien au contraire ! Les musiques sont trop inégales, certaines sont vraiment
sympas et d'autres carrément inexistantes. Dommage.

La sainte émulation, dernier recours des opprimés.
R2 est un grand jeu, pas de
doute là dessus. Sa réalisation, sa diversité d'action et le soin apporté à sa création en font un grand titre. Mais pourtant
il est loin d'être le meilleur jeu de Manfred Trenz, nous sommes bien loin des fabuleux Turrican (surtout les deux premiers,
de purs chefs d'œuvre) et l'absence de Chris Huelsbeck pour les musiques est, je le répète, une erreur fatale. Les deux
hommes étaient-ils fâchés ?
Malgré tout, R2 est un titre que vous
devez découvrir même si j'aurais préféré un Turrican 2-like avec une telle réalisation. Il ressemble à un bilan de ce que
Manfred Trenz a créé de mieux depuis le début de sa carrière, de la plates-formes/arcade et du shoot'em up. Le sauce prend assez
bien, il faut l'avouer. Surtout, la difficulté n'est pas insurmontable grâce à un système de codes bien pensé. La cartouche
est presque introuvable mais l'émulation permet de donner une seconde vie à ce jeu qui le mérite vraiment. Militons pour
le faire connaître du plus grand nombre. Je vous fais confiance, hein ? D'après mes derniers tests, R2 ne fonctionne qu'avec
Snes9x. Vous connaissez votre prochaine destination vidéoludique maintenant.
Bruno, le ranger
pixellisé.