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Dune 2
Année : 1992
Système : Amiga, Megadrive, PC (DOS)
Développeur : Westwood Studios
Éditeur : Virgin Interactive
Genre : Stratégie Temps Réel
Par IsKor (07 octobre 2013)

Dune 2. La plupart d'entre vous connaît très bien ce jeu, présenté comme le soft ayant démocratisé le genre stratégie temps réel (RTS). Ce n'était pas le premier jeu, puisque Command HQ (Ozark Softscape, 1991), The Ancient Art of War (Broderbund, 1984) et Herzog Zwei (Technosoft, 1990) sont souvent posés en précurseurs. Personnellement, j'ai plus tendance à ranger Command HQ dans la catégories des Civ-Like, The Ancient Art of War dans la catégorie des jeux tactiques (à la manière d'un Heroes of Might & Magic), et à considérer Herzog Zwei comme le vrai précurseur du genre.

Ce jeu a une histoire peu commune : Virgin avait commandé un jeu sur l'univers Dune à Cryo, puis l'a annulé, préférant un jeu de stratégie après avoir vu Herzog Zwei tourner. Les gars de Westwood Studios se sont vus demander un jeu fondé sur les romans de Franck Herbert, dont l'enjeu serait la bataille pour l'Épice, cette substance qui ne se trouve que sur la planète Arrakis.
Il s'avère qu'en fait le jeu de Cryo n'avait pas été annulé, et Virgin s'est retrouvé avec 2 jeux estampillés Dune sur les bras. Pour notre bonheur, ils ont décidé de sortir les 2, le chef d'œuvre de Cryo sera un grand succès, et le Dune de Westwood (alors renommé Dune 2) rencontrera un succès phénoménal.

Quelques captures de la superbe intro.

Pour la plupart des joueurs d'alors, Dune 2 est une suite du Dune de Cryo, alors que c'est un jeu complètement différent. Pire : Westwood s'est juste inspiré de l'univers de Dune, et Franck Herbert n'est cité nulle part. La déception est vite oubliée, tant le soft de Westwood est réussi : il a marqué durablement les esprits grâce à des choix de gameplay très efficaces.
Westwood a posé les bases du RTS moderne, à tel point que bien des mécanismes de Dune 2 sont encore utilisés aujourd'hui : la création de base, la récolte, les décisions stratégiques prises sur le vif, la gestion de l'énergie de la base, les ordres aux unités...
À noter que le jeu possède deux sous-titres : Dune 2: Building of a Dynasty aux USA, Dune 2: The Battle for Arrakis pour le reste du monde.

Choisissez votre maison.
Dès la troisième mission Ordos, les combats sont déjà fournis.

Nous sommes en l'an 10191. Le voyage à travers l'espace est rendu possible grâce à l'Épice, substance qui ne peut être trouvée que sur une minuscule planète : Arrakis, aussi connue sous le nom de « Dune ». L'empereur lance alors un défi aux 3 maisons dominantes : celle qui produira le plus d'Épice contrôlera Dune, et par là contrôlera l'Univers.
Les Atréides, les Harkonnen et les Ordos s'empressent donc d'aterrir (d'arrakissir ?) sur la planète pour tenter de damer le pion aux autres.
Si les Atréides et les Harkonnen sont connus des habitués de l'histoire de Dune, les Ordos sont une nouveauté implémentée par Westwood afin d'apporter une troisième force pour panacher les styles de jeu.

Le jeu frappe fort dès le lancement avec un intro animée de toute beauté, entièrement parlée en anglais (sur PC).
Il faudra ensuite choisir un camp : les nobles Atréides, les perfides Ordos, ou les diaboliques Harkonnen. Westwood n'a pas poussé la différenciation des armées très loin, la vaste majorité des unités étant commune. Néanmoins, chaque maison dispose de quelques unités exclusives. Seules les super-armes (une invention de Dune 2 qui perdurera dans tous les épisodes de Command & Conquer entre autres) sont très différentes, et collent tout à fait au style de jeu du camp choisi.

Les Ordos et leur Mentat, Ammon.
Les Harkonnen et leur Mentat, Radnor.
Les Atréides et leur Mentat, Cyril.

Chaque armée possède sa propre couleur. Westwood a préféré ne pas se référer aux couleurs d'origine : les Atréides sont rouges dans Dune, et leur symbole est un aigle rouge, de même que les Harkonnen sons symbolisés par un griffon bleu et sont bleus dans Dune. Dans Dune 2, les Atréides, dépeints comme les gentils, sont bleus, les Harkonnen, brutaux, sont rouges, et les Ordos, fourbes, sont verts. L'interface du jeu change également (la couleur s'accorde avec la maison jouée), ce qui deviendra une habitude chez Westwood et dans beaucoup de RTS subséquents.

Une fois son camp choisi, en route pour les 9 missions de la campagne, pas très diversifiées, puisqu'il s'agira à chaque fois d'anihiler la base de l'ennemi, exception faite des 2 premières missions, conçues pour se familiariser avec le jeu. À chaque victoire, le joueur aura la possibilité de choisir le théâtre du prochain affrontement en cliquant sur un des territoires disponibles sur une carte d'Arrakis.
La difficulté va crescendo jusqu'au grand final, où les deux maisons s'allient à un invité surprise afin d'empêcher le joueur de contrôler la planète.

Il faudra upgrader l'usine légère afin de pouvoir construire les Quads.
Ce petit Trike atréides va exploser, mais il a réussi sa mission de reconnaissance.

Le déroulement d'une mission est très simple : on récolte de l'Épice qui rapporte des crédits qui seront nécessaires pour construire toutes les structures requises pour la formation d'une armée qu'on enverra rouler sur l'ennemi. Simpliste, mais pourtant toutes les bases des RTS modernes sont là, les jeux sortis par la suite ajouteront des améliorations à ce système, comme la sélection de multiples unités en un glisser-déplacer de souris, les camps bien plus différenciés, d'autres systèmes de ressources, les queues de production, la création de groupes d'unités, création de waypoints pour faire des patrouilles, un curseur qui s'adapte à la situation etc.

L'écran de jeu est divisé en trois parties: En haut, les options, les crédits et un prompteur qui distille des informations sur diverses choses (indice de remplissage d'une moissonneuse, infos sur la production en cours...), à droite des informations détaillées sur l'unité ou le bâtiment sélectionné ainsi que la carte de la mission qui se dévoile au fur et à mesure de l'avancées des unités alliées (Blizzard appelera ça le « brouillard de guerre » dans la série Warcraft), et bien évidemment l'écran de jeu occupe la place centrale. C'est là que le joueur fera la majeure partie de ses clics.

Ce palais harkonnen va bientôt tomber, fini les Mains de la Mort!
Ce petit contingent d'unités sera suffisant pour raser les trois bases ennemies de la dernière mission.

L'univers des romans de Herbert est propice à une particularité du soft : il n'est possible de construire que sur le sol rocailleux, en posant d'abord des dalles de béton, sous peine de voir les bâtiments se déteriorer plus rapidement. À noter que les unités à chenilles vont bien plus vite sur ce type de sol. Sur le sable, en revanche, c'est l'inverse : les véhicules à roues sont plus rapides, mais il faudra faire attention car les vibrations peuvent attirer le terrifiant Ver des Sables, capable d'engloutir n'importe quelle unité d'un coup.
Sur certaines cartes, on trouvera des formations rocheuses inconstructibles que seules les troupes pédestres peuvent traverser.

L'Épice étant le nerf de la guerre, on en trouvera sur toutes les cartes du jeu, mais il existe des petites variations : les champs standards sont représentés par un terrain légèrement teinté de marron, alors que les champs plus concentrés virent au marron foncé. Dans certaines missions, il sera aussi possible de tomber sur des bulles d'Épice : il suffit de tirer sur ces formations pour obtenir instantanément un champ d'Épice tout neuf ! Attention cependant, si un véhicule roule sur une bulle, il sera détruit mais la bulle donnera tout de même un champ d'Épice.

L'écran de construction apparaît lorsqu'on clique sur le chantier. La taille du bâtiment en dalles se situe en bas à droite.
La mission est un succès, voici le détail des performances.

Rapidement, l'ennemi enverra des véhicules titiller vos défenses, il faudra donc rapidement savoir manœuvrer les troupes.
Pour déplacer les unités, ce qui semble très lourd aujourd'hui est alors une révolution : un clic sur une unité, un clic sur un ordre (attaquer/moissonner, mouvement, retraite, garder), un clic sur la destination. La sélection groupée n'étant pas de la partie, il faudra répéter cette opération pour chacune des unités lors d'une attaque.

Dune 2 n'est pas un RTS moderne, il existe une limitation sur le nombre de bâtiment et d'unités simultanés que le joueur pourra construire. Le référentiel n'étant pas le même, il faut garder à l'esprit q'un contingent d'une vingtaine d'unités avancées est à même de détruire plusieurs bases ennemies.
Au fur et à mesure des missions, de nouveaux bâtiments et unités sont débloqués, étoffant ainsi l'arsenal à disposition. Dune 2 est le premier jeu à disposer d'un arbre technologique, même rudimentaire : certains bâtiments doivent être construits pour donner accès à d'autres constructions plus avancées. Une usine lourde ne peut être construite que si une usine légère à d'abord été édifiée, par exemple.

Le starport est souvent très cher, mais de temps en temps on tombe sur de très bonnes affaires. Ici, un MCV à moitié prix!
À la fin de la campagne Atréides, ça chauffe pour l'Empereur.

Le jeu est l'un des premiers à proposer une bande-son dans le nouveau format General Midi. Dans les premières versions du jeu, ce mode ne permettait pas de disposer d'une musique plus agréable et de sons et voix digitalisés ; mais cela a été corrigé par la suite avec un programme de configuration plus souple permettant d'envoyer la musique et les sons/voix sur deux périphériques différents.
Franck Klepacki signe là une bande son magistrale et inoubliable. Chaque thème est épique, et colle parfaitement à l'action, d'autant plus que les thèmes changent en fonction de l'action. Je ne dirai jamais assez de bien de ce monsieur, qui est sans conteste mon compositeur favori.

La version PC dispose de magnifiques voix digitalisées qui rythment la partie, dès qu'un évènement est notable : la base est attaquée, des ennemis approchent, un unité ennemie est détruite... Le tout avec une voix différente selon le camp choisi, s'il-vous-plaît !
En plus d'une version anglaise, le jeu propose des versions française et allemande intégrales. Je ne parle pas la langue de Goethe, mais les voix de la version française sont catastrophiques, même si l'effort est louable. L'acteur prononce ses phrases avec un ton monocorde et fait de mémorables fautes de français, en témoignent les « La base est sous attaque », ou encore » Unité énemie est approche ».

Ci-dessous, un bref descriptif des bâtiments et unités du jeu.

BÂTIMENTS

Concrete Slab: Il faudra absolument construire ceci avant de poser les bâtiments du jeu. Après upgrade du chantier de construction, il sera heureusement possible de construire des dalles de 2x2.
Light Factory : Usine qui produit les véhicules légers, comme les Trike et les Quads.
Defensive Wall: Sert à... défendre la base, simplement.
Heavy Factory : C'est de là que sortiront tous les chars et les moissonneuses. Un upgrade sera requis pour la construction des tanks avancés.
Wind Trap : Les pièges à vent sont les centrales électriques du jeu. Chacun d'entre eux produit 75 unités d'énergie.
High Tech Factory : Ce bâtiment débloquera la production des Caryalls et des Ornithoptères si applicable.
Spice Refinery : La Raffinerie d'Épice est l'unique moyen de convertir l'Épice en crédits. En construire deux voire trois dans les dernières missions ne sera pas un luxe. Peut contenir 1000 unités d'Épice (1000 crédits)
Repair Facility : Grâce à ce bâtiment, vos unités endommagées seront remises à neuf. Une technique éprouvée consiste à enfermer le centre de réparations entre des murs ou des bâtiments afin de forcer les Caryalls à s'occuper des véhicules endommagés automatiquement.
Spice Silo : La raffinerie ne pouvant stocker qu'une quantité limitée d'Épice, il faudra rapidement construire des silos pour stocker un éventuel excédent. Peut stocker jusqu'à 1000 unités d'Épice.
IX : Bâtiment de haute technologie, l'IX permettra de débloquer les technologies les plus avancées, comme les super armes.
Outpost : C'est le bâtiment qui permettra d'afficher une carte miniature sur l'interface. Attention à veiller à ce que la production d'électricité soit suffisante faute de quoi le radar s'éteindra.
Starport : Bâtiment qui permet d'ouvrir l'échange avec la guilde des marchands.
Tous les véhicules du jeu peuvent être achetés en grand nombre par le Starport, mais les prix fluctuent énormément d'une minute à l'autre. C'est un bon moyen de renforcer les effectifs à moindre coût si le moment est propice.
Construction Yard : Le cœur de la base. C'est grâce à ce bâtiment que tous les autres peuvent être construits. Le perdre signifie souvent fin de partie.
Palace : Le Palais donnera accès à la capacité spéciale de chaque maison une fois construit.
Plusieurs palais peuvent être édifiés.
Barracks : Lieu d'entraînement des troupes légères. Ordos et Atréides uniquement.
Turret : Moyen de défense basique, la tourelle tirera automatiquement sur tout ennemi à portée. Relativement peu efficace contre des unités très blindées.
WOR : Bâtiment servant à l'entraînement des troupes d'élite, armées d'un lance-roquette.
Les Harkonnen n'ont que ce bâtiment, ils ne s'embêtent pas avec les troupes légères.
Rocket Turret : La tourelle lance-roquette est le moyen de défense ultime. Elle combine deux batteries de roquettes longue portée pour affaiblir les ennemis, le canon se chargeant de finir le travail à courte portée.

UNITÉS

Harvester : La moissonneuse sépare l'Épice du sable, puis va décharger sa cargaison à la raffinerie. Une moissonneuse est offerte pour chaque raffinerie construite. Des moissonneuses supplémentaires peuvent être construites à l'usine lourde.
Rocket Launcher : Ce blindé est un formidable outil de destruction. Les 2 roquettes qu'il embarque font d'énormes dégâts. Il n'a que 2 inconvénients: les roquettes sont assez imprécises, et il est très peu blindé.
MCV : Le véhicule de construction mobile n'est ni plus ni moins qu'un chantier sur roues. Idéal pour construire une nouvelle base lorsque l'espace se fait rare dans la base.
Deviator : Uniquement disponible pour les Ordos, cette version du Lance Roquette tire des missiles chargés de gaz neurotoxique qui n'occasionne aucun dommage, mais range temporairement l'unité touchée du côté des Ordos.
Light Infantry : L'infanterie de base, armée de petites mitrailleuses. Ne sera utilisée que lors des toutes premières missions. Les Harkonnen ne peuvent pas en produire.
Siege Tank : Blindage épais, 2 énormes canons qui lui confèrent plus de 2 fois la puissance de feu d'un tank de combat.. C'est une machine de guerre. Seul inconvénient, il est assez lent.
Heavy Troopers : Les troupes lourdes sont capables d'infliger de gros dommages à tout se qui se présente avec leurs canons rotatifs et leurs lance roquette.
Sonic Tank : Invention des Atréides (et donc disponible uniquement pour eux), ce tank tire des vagues soniques qui occasionnent d'énormes dégâts à tout ce qui se trouve sur leur passage. Avantage, la vague peut traverser plusieurs bâtiments ou véhicules. Inconvénient, elle ne fait pas la différence entre alliés et ennemis.
Trike : Principalement utilisé pour la reconnaissance, le Trike sera d'une grande aide lors des premières missions où il pourra aider à la défense de la base. Mais bien vite, on lui préfèrera les chars, plus à même de détruire des structures.
Atréides uniquement.
Devastator : Développé par les Harkonnen (et donc disponible uniquement pour eux), ce monstre de métal porte bien son nom. Il dispose d'un blindage qui le protège de n'importe quelle autre unité une puissance de feu faramineuse qui fait d'énormes dégâts. Propulsé par énergie nucléaire, il se révèlera instable si il est détruit, il faudra les espacer un minimum pour ne pas provoquer de réactions en chaîne. Son seul inconvénient est d'être extrêmement lent.
Raider Trike : Cette version du trike n'est disponible que pour les Ordos, qui ont voulu renforcer l'aspect reconnaissance du véhicule, sacrifiant un peu d'armure pour une vitesse de déplacement accrue.
Caryall : Très peu blindé et non armé, cet aéronef est principalement utilisé pour transporter les moissonneuses des champs d'Épice aux raffineries. Si l'usine de réparation est complètement entourée, ils peuvent aussi emporter les véhicules endommagés pendant la bataille et les ramener une fois réparés.
Quad : Évolution du Trike, le quad est moins rapide, mais il est mieux armé et dispose d'une armure plus conséquente.
Ornithoptère : Petit aéroplane au blindage léger, il fournira un support aux unités au sol. Dans la pratique il fait peu de dégâts et est peu utilisé. Atréides et Ordos uniquement.
Combat Tank : Ce blindé constituera le gros dees forces armées: il est assez rapide, bien blindé, et occasionne des dégâts honorables.

SUPER ARMES

Fremen : La capacité spéciale des Atréides consiste à faire apparaître des troupes de Fremen aléatoirement sur la carte. Pas vraiment pratique, non seulement parce que les Fremen ne disposent pas d'une grande puissance de feu, mais aussi par le caractère aléatoire de leur apparition sur la carte.
Saboteur : Les Ordos peuvent produire un saboteur, unité non armée capable de détruire n'importe quel bâtiment ou unité d'un seul coup. Le saboteur est malheureusement très sensible aux tirs ennemis, et arrive rarement à destination.
Death Hand : Incontestablement la super arme préférée de bien des joueurs de Dune 2, la Main de la Mort est un énorme missile qui se fragmente juste avant le point d'impact, détruisant tout dans un périmètre très important. Son plus gros inconvénient est aussi son meilleur avantage (selon qu'on joue pour ou contre les Harkonnen): la main n'est absolument pas précise.

En 1993, le jeu a été porté sur Amiga et Megadrive. La version Amiga est très similaire à la mouture DOS, si ce n'est que les couleurs sont moins nombreuses. Néanmoins, le rendu final est très proche de la version DOS, un vrai tour de force ! Le jeu tenant sur 5 disquettes, les changements sont fréquents.

Sur Amiga aussi, le jeu limitait le nombre d'unités à 32, ce qui frustra nombre de joueurs. Un patch fut codé par les fans pour passer outre cette limitation.
Concernant les voix, la version Amiga est bien supérieure à la version PC, avec des voix françaises de toute beauté, au prix d'une ambiance musicale presque inexistante, qui se voit réduite à un quelques thèmes, dont une musique d'ambiance oubliable. À noter que le jeu ne comporte aucun bruitage.

Captures de la conversion Amiga.

La conversion Megadrive est bien différente. Tout a été pensé pour la maniabilité au pad, et de ce fait tous les menus disparaissent. Le curseur devient intelligent : si on clique sur une unité puis sur l'écran, elle se déplace. En revanche, si on clique sur une unité ennemie, l'unité attaquera. Ce système de curseur évolutif préfigure le comportement du curseur dans le futur RTS de Westwood, Command & Conquer.
Les graphismes sont eux aussi complètement refaits, et passent en vue de dessus, là où la mouture DOS proposait une petite perpective.
La bande son s'inspire de la version DOS, avec quelques nouveaux thèmes exclusifs. Les sons et les voix digitalisés sont également de la partie, bien que plus réduits : la mouture Megadrive n'a conservé que la voix des Harkonnen. L'ensemble est très cohérent, et toujours très réussi.
La difficulté de cette conversion est bien plus grande que l'original, car il est impossible de sauvegarder en cours de partie, le jeu proposant à la place un système de mots de passe pour accéder directement à une mission.

Captures de la version Megadrive. Notez à quel point le jeu est différent de l'original.

Le succès du jeu est tel que les fans ont ensuite fait leurs propres remakes, dont voici un rapide aperçu.

Super Dune 2

Deux ans après la sortie de Dune 2, les fans ont remplacé les trois maisons d'origine par les Fremen, les Mercenaires et les Sardaukar, sans pour autant gommer les maisons d'origine, qui se montreront de temps à autre. C'est un jeu à réserver aux personnes rompues à Dune 2, car le challenge est très corsé, et ce dès la première mission. Personnellement, je n'ai pas pu aller plus loin que la quatrième mission, et je me suis fait détruire mon chantier dans la première mission des Fremen, où les Mercenaires ont attaqué ma base avec deux Déviateurs à peine une minute après le début de la mission...
Une édition « classic » a plus tard vu le jour, fixant un grand nombre de bugs. C'est la version à privilégier. Tourne très bien sous DOSBox.
Vous le trouverez ici.

La carte de Dune version Super Dune 2. Les Sardaukar sont en mauve, les Mercenaires en beige et les Fremen en marron.
Ceci est une capture de la première mission des Sardaukar. Oui, il s'agit bien d'un Devastator Atreides...

Dune 2 eXtended

Ce jeu est un spin-off de Super Dune 2. Il reprend les mêmes forces (Mercenaires, Fremen et Sardaukar), mais pousse la modification encore plus loin : les mentats ont été modifiés (deux d'entre eux sont même tirés du Dune de Cryo), les dialogues et les briefings de missions sont intégralement modifiés, les missions sont toutes inédites... Et le challenge est de nouveau présent, avec des missions tendues dès le début !
Malgré le fait que le jeu soit encore en développement, il est très abouti, et c'est l'un de mes remakes préférés. Tourne très bien sous DOSBox.
Vous le trouverez ici.

Les 3 factions en présence.
Les Mercenaires commencent sans chantier, mais avec un starport.
Le mentat Sardaukar, directement issu du Dune de Cryo.

Dune IV

Dune IV est un jeu qui a été entièrement écrit par un Ukrainien en 2003-2004. Le jeu reprend les éléments du jeu de base, en magnifiant le tout avec des graphismes en plus haute résolution, un éditeur de cartes, ajoute toutes les avancées qu'ont connu les RTS après la sortie de Dune 2 comme la possibilité de sélectionner plusieurs unités et leur assigner un numéro, un node réseau et un tas d'options avancées. À noter que le rythme du jeu est bien plus rapide. L'auteur du jeu a lui même refait toutes les voix du jeu.
Vous le trouverez ici.

L'écran d'accueil.
En pleine mission. On peut voir que tous les lance missiles sont sélectionnés.

Dune 2 - The Maker

Le but de ce remake est de permettre de jouer à Dune 2 dans de meilleures conditions, notamment grâce à une interface remaniée, une résolution plus grande, et quelques ajouts graphiques. Le projet n'en est encore qu'à ses débuts, mais il est prometteur. La prochaine version permettra d'ajouter des cartes d'escarmouches personnalisées.
Vous le trouverez ici.

Dune II - The Maker tel qu'il est aujourd'hui.

Charge

Une version Java de Dune 2 possédant de nombreuses améliorations par rapport à l'original, notamment un mode escarmouche, et la possibilité de sélectionner tous les bâtiments avec une seule touche. L'interface est en revanche un peu plus dépouillée que les autres remakes.
Vous le trouverez ici.


Charge, clone java épuré de Dune 2.

Dune Legacy

Un projet né de la volonté de quelques développeurs qui voulaient recréer le jeu en proposant une résolution plus grande. Le remake se veut aussi près de l'original que possible, et propose l'intégralité des campagnes de Dune 2.
Les petits ajouts çà et là sont les bienvenus, notamment une jauge de production/consommation d'énergie constamment visible, ou l'implémentation d'une zone de patrouille. Dune Legacy dispose aussi de quelques filtres graphiques à l'instar d'OpenDune.
Dune Legacy est disponible sous Windows, pas mal de distributions Linux (Ubuntu, Gentoo, Fedora), MacOS, et même MorphOS (Amiga) !
Vous le trouverez ici.

Dune Legacy dans toute sa splendeur.
L'interface s'adapte à l'unité ou au bâtiment sélectionné : ici elle renseigne sur le temps restant avant de lancer la prochaine Death Hand.

Dune 2 - The Golden Path

Une version très orientée multijoueur de Dune 2. Depuis peu, le jeu propose également une campagne solo, et propose une myriade d'ajouts, principalement autour de la lisibilité du jeu : l'interface permet de voir en un coup d'œil un maximum d'informations.
Vous le trouverez ici.

L'interface de Dune 2 - The Golden Path.
Le jeu s'adapte à une résolution plus faible.

OpenDune

À la manière d'un Open Transport Tycoon Deluxe, OpenDUNE permet de jouer au jeu original dans de meilleures conditions, pour ceux qui sont allergiques à DOSBox. OpenDUNE tourne sur Linux, MacOS et tous les Windows récents et propose de jouer soit dans un mode qui se rapproche de Dune 2, soit d'y jouer en résolution supérieure avec des filtres graphiques, à la manière d' un MAME.
Il est encore en développement, mais tourne déjà très bien.
Vous le trouverez ici.

Le jeu en mode standard.
La même chose en mode « 3x » avec un filtre graphique appliqué.

Il existe même une version jouable sur navigateur, disponible ici.
Cette version permet de jouer l'intégralité des missions de toutes les maisons et elle est très proche de l'expérience de jeu originale. Il n'y a pas de son, mais les musiques sont là, et on peut même sauvegarder sur l'ordinateur pour reprendre plus tard.

On ne peut pas, cependant, parler de remakes de fans sans parler du remake officiel qu'a fait Westwood en 1998 : Dune 2000.

Dune 2000

L'écran titre de Dune 2000.
La carte de sélection des missions ressemble trait pour trait à celle de Dune II.

Westwood a réutilisé le moteur de Alerte Rouge afin d'offrir aux joueurs un Dune II un jeu qui offre tous les raffinements d'un RTS d'alors, à savoir la sélection de multiples unités, l'assignation d'un nombre à un groupe, l'ajout des ingénieurs tout droits sortis de Command & Conquer, l'ajout de vidéos dans la plus pure tradition des RTS de la compagnie, ainsi que bien sûr une vaste refonte graphique.
On notera l'effort de Westwood pour que ce remake soit plus proche de l'univers du film de David Lynch : le mentat Harkonnen ressemble furieusement à sa contrepartie cinématographique, on voit des révérendes mères, les moissonneuses sont exactement identiques à celles du film. Pour autant, la société n'a pas renié l'héritage graphique du jeu original, ce qui est un vrai tour de force. Le résultat est très convaincant, même s'il a été vivement critiqué à cause du peu de nouveautés qu'il introduisait, ainsi que pour un aspect graphique en dessous des standards de l'époque.
Néanmoins, le jeu est une curiosité à essayer si on est intéressé par l'univers de Herbert.

Captures d'écran de Dune 2000. Le mentat Atréides est joué par le célèbre John-Rhys Davies (Sliders, Indiana Jones, Le Seigneur des Anneaux). Notez la ressemblance entre le Mentat Harkonnen et Piter De Vries, son équivalent au cinéma.
- Merci au site indieretronews pour son aide sur les remakes du jeu : Lien. - Le magazine Edge Online a fait un article très intéressant concernant la genèse de Dune II :Lien.
IsKor
(07 octobre 2013)
Sources, remerciements, liens supplémentaires :
- Merci au site indieretronews pour son aide sur les remakes du jeu : Lien.
- Le magazine Edge Online a fait un article très intéressant concernant la genèse de Dune II :Lien.
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