

Quelques différences subsistent entre les versions
Snes et Genesis, la plus évidente restant l'écran titre. Par ailleurs
notez que malgré les apparences la version Nintendo dispose elle aussi
d'un mode deux joueurs.
Les wargames futuristes
ne sont pas légion sur nos petites tables, à nous les rôlistes
ou tablistes. A une époque on avait le choix entre Warhammer 40k et Battletech,
avant qu'un petit éditeur suédois propose toute une gamme de jeux
situés dans un univers "techno-fantastique", savant mélange
alliant une ambiance sombre faite de villes sinistres, démesurées
et à l'architecture gothique torturée, à d'une technologie
mi-rétro mi-futuriste... En clair, c'est un tiers cyberpunk, un tiers néo-obscurantiste
et un tiers horrifique. Cet univers se nomme Mutant Chronicles et se décline
sous quatre formes : un jeu de rôle ("Warzone", assez moyen),
un jeu de plateau (intitulé "Blood Berets" et assez réussi,
car reprenant le principe de Space Hulk, ou encore de Hero Quest, pour les connaisseurs),
un jeu de carte très moyen (appelé "Doom Troopers" et
assez peu connu, mais qui a toujours ses adeptes) et un jeu d’escarmouche
(pour les non-initiés, un jeu d'escarmouche est un jeu de plateau ou l'on
gère des combats entre bandes où chaque individu développe
ses propres capacités au fil des parties, à contrario des Wargames,
où on dirige des escouades entières sans dissocier les unités),
le tout très inspiré, bien entendu, du Warhammer 40k de Games Workshop.
Mutant Chronicles connaîtra également une adaptation vidéo-ludique
sur 16-bit, intitulée Doom Troopers (le même nom que le jeu de cartes).
Avant de passer au test proprement dit, un petit point sur les factions présentes
dans l'univers s'impose...


L'histoire de
l'univers de Mutant Chronicles est la suivante : Dans un lointain futur, l'humanité
s'est élancée vers l'espace et a conquis le système solaire.
Malheureusement, elle a au passage éveillé une sinistre puissance
qui aurait dû rester endormie : la Symétrie Obscure. Quittant le
cloaque qu'était devenu la Terre, l'homme - sous l'égide des Corporations
- a conquis la Lune, Mars, Mercure et Venus, jusqu'à la ceinture d'astéroïdes.
Entre luttes intestines, corruption et guerre à outrance contre les Légions
Obscures, l'avenir n'est pas brillant.
Il existe cinq
corporations ayant chacune une culture et une identité propre, n'étant
pas sans rappeler des états du monde réel : Capitol (évoquant
les Etats-Unis contemporains), Bauhaus (évoquant l'Europe franco-allemande),
Mishima (à forte identité Nippone), Imperial (évoquant la
Grande Bretagne) et Cybertronic (un empire récent mais hautement technologique).
Celles-ci sont réunies au sein du tout puissant Cartel, sorte d'ONU du
monde de Mutant Chronicles, dont les Casques Bleus sont ici nommés "Commandos
de la Mort" et ont vocation de lutter contre les Légions Obscures.
Luttant contre l'influence ténébreuse de la Symétrie Obscure,
la Confrérie - organisation mystico-religieuse toute puissante - est omniprésente
et peut même arriver à faire plier les Corporations. Les membres
de la confrérie maîtrisent plusieurs familles de sorts: mystères
de la cinétique, de la prémonition et de la domination. Dans chaque
branche, on peut trouver différents sorts.
Du côté
des adversaires, les Légions Obscures sont dirigées par 5 apôtres
: Demnogonis qui répand les maladies, Muawijhe qui répand la folie,
Algeroth le maître de la guerre et de la destruction, Semaï, le maître
du mensonge et de la corruption et Ilian, la dame du vide et première apôtre.
Leurs légions sont composées de monstruosités : nécromutants
issus d'une autre dimension, légionnaires morts-vivants, centurions constituant
les forces spéciales, Razides incroyablement puissants et Népharites
(noms qui rappelleront quelque chose aux amateurs de Kult) démoniaques.
Des dons particuliers sont réservés à ceux qui suivent les
voies de la Symétrie Obscure, avec des spécificités selon
les apôtres.


Le scénario
de Mutant Chronicles: Doom Troopers, quand à lui, est très
simple : le Cardinal Dominic envoie au casse-pipe un commando de la méga-corporation
Capitol. Imaginez un Rambo blond avec une armure bleue et une sulfateuse plus
grosse que lui faisant équipe avec le célèbre Mark Steiner,
ranger vénusien de Bauhaus (si si, il est très célèbre,
autant dans le jeu de table qu’un Drizt ou un Elminster chez les adeptes
d'AD&D), ici équipé d'une grosse armure et de deux immenses
MP5. Et voilà nos duettistes lancés comme des chiens de guerre sur
Vénus et sa jungle luxuriante (oui, admettons...) pour nettoyer la racaille
des nécromutants du sournois Demnogonis et des népharites adeptes
de la symétrie obscure... Eh oui, finalement ça se complique ! Et
encore il ne s’agit que du synopsis du jeu. Reportez vous à la grosse
dizaines de livres exposant tout le background de Mutant Chronicles pour en savoir
plus... L'éditeur Playmate Interactive Entertainment a lancé le
jeu sur les deux plates-formes les plus en vue du moment : Genesis et Super Nintendo.
Malgré cette volonté de ratisser large, Doom Troopers n'est sorti
qu’aux USA.


D'un point de
vue graphique, le style adopté est le CG, à savoir des environnements
et personnages en image de synthèse transposés en bitmap 2d, à
la manière de Donkey Kong Country ou
Killer Instinct. Sur la base de ce visuel
travaillé, le développeur Adrenalin Entertainment crée une
mise scène sanglante et morbide pour retranscrire une atmosphère
pourtant propice à la poésie et à la philosophie. Vous l’aurez
bien sur compris : Doom Tropers c’est du brutal, du lourd à ne pas
laisser entre toute les mains.
Les personnages
ressemblent moins à du vrai faux CG qu'à des figurines peintes,
vernies et articulées. Par moment l'effet est presque cheap, mais toujours
efficace grâce à une animation plutôt fluide. Certains ennemis
permettent d'admirer des saynettes sympathiques, comme ce nécromutant pendu
par la tête se déchirant le cou sous son propre poids ou cet autre
déambulant après s’être reçu une bonne rafale
dans le corps, le tout avec un effet bien gore. Miam ! Côté son l'ensemble
est réussi : ça mitraille, ça hurle, et les thèmes
musicaux respectent l’ambiance glauque à souhait, un peu dans l'esprit
de ce que composerait un John Carpenter sous acide.


Mais l’attrait
du jeu ne se limite pas à sa réalisation. On peut notamment pratiquer
le carnage à deux joueurs ! Vous et votre compagnon de boucherie vous offrirez
des crises de fou-rire devant ce spectacle grand-guignolesque et jubilerez lorsque,
à court de munitions, vous achèverez les nécromutants à
grand coups de rangers... Jouissif, quoique pas aussi bon qu’un Contra
ou un Metal Slug, Doom Tropers propose un challenge intéressant
pour peu qu'on y adhère un minimum. Un gameplay plus riche, dans l'esprit
d'un Earthworm Jim par exemple, en aurait même fait une oeuvrette
de bon aloi (comme dirait Maître Capello).
En gros et pour
résumer : tu aimes la violence, la moiteur du Vietnam te manque, tu veux
trucider du zombie, tu te sens investi par les forces du Bien et tu as un copain
qui pense comme toi ? Pas de doute Doom Troopers est la cartouche qu'il te faut
! A contrario : tu aimes la douceur, la poésie, l’écologie
est ton principal souci, 2001 est ton livre de chevet et tu n’as pas d’ami...
Que fais tu as lire cette article ? Tu n’as pas envie de tester tout de
même le jeu ?


Il semblerait
que si les Suédois sont très attachés à l’univers
de Mutant Chronicles il n'en soit pas de même par chez nous. J’apprends
néanmoins, alors que ces lignes sont écrites, que Paradox Entertainment
(spécialiste des wargames connu pour des titres comme Europa Universalis
ou Hearts of Iron) a démarré en 2001 le développement de
deux RTS reprenant cet univers: Mutant Chronicles: Warzone, annoncé
sur PC et visiblement annulé récemment, et Warzone online: Mutant
Chronicles, RTS jouable uniquement en multi-joueur online, prévu sur
X-Box. Sera-t-il plus proche d’un Breed que d’un Everquest
? Il est encore bien tôt pour le dire, d'autant plus qu'on a aucune nouvelle
de ces jeux. Les premiers screenshots étaient pourtant sympathiques...
Wait & see, donc, en attendant qu'un jeu réellement adapté de
Warhammer 40K (grand inspirateur de Mutant Chronicles) apparaisse enfin sur nos
PC ou consoles. Ce sera le RTS Dawn of War, qui a l'air diablement alléchant
au vu des premiers screenshots... Mais c'est une autre histoire !
Dead JFK (remerciements : IsKor)