



Une introduction à mi-chemin entre l'économiseur d'écran Windows et le générique
Star Wars, qui ouvre sur une interface en troidé fil de fer : on nage en plein dans l'esprit des démos
Amiga, mais sur Pécé !
Une folle envie de casse-briques ? Tous les bons spécialistes conseilleront de l'Arkanoïd
en sirop, de l'Arkanoïd II – Revenge of Doh en gélules, du Goindol en suppositoires, voir
même du Break Out en inhalations ; de nombreux génériques sont
également disponibles sur le marché. Mais pour les plus accros, un seul remède : Breakline,
des laboratoires Kalisto.


Au début, ça commence simple comme un bon vieux casse-briques.
Puis on rajoute les formes, les courbes, les résistances et les dénivelés.
Tout comme son grand frère Arkanoid, Breakline se fonde sur une intrigue que l'on aurait jamais soupçonné :
en des temps inconnus, des aventuriers sont partis à la conquête des galaxies, et sont devenus de puissants seigneurs
spatiaux. Dans une lutte sans merci, seul l'un d'entre eux, le Marchand, est sorti vainqueur des guerres intergalactiques.
En tant que jeune loup engagé dans l'organisation du Marchand, vous rêvez de pouvoir, et partez à
l'assaut de la forteresse du Marchand pour prendre sa place… par la violence. Rassurez-vous, le scénario
n'est bien évidemment qu'un vague prétexte à orchestrer un casse-briques géant, puisqu'en
1994, il est inconcevable, même pour un jeu de ce type, de ne pas l'enrober d'une histoire, aussi inutile
soit-elle (ceci dit, les quatre pages du manuel qui la racontent sont fort bien écrites). L'univers de Breakline
se divise donc en huit mondes, composés chacun de 10 tableaux, où l'objectif est bien évidemment
d'exploser toutes les briques. Etonnant, non ?

Le Marchand et ses sept lieutenants !
Un niveau bonus simple : le pad décrit un cercle autour du centre du terrain.
Parlons un peu des briques : de part la variété de leurs formes, la bille va connaître des trajectoires
de rebond parfois surprenantes qu'il vaut mieux savoir anticiper ; de plus, les briques étant composées
de matériaux différents, leur résistance peut varier. Par exemple, une cible composée de simple
bois ne supportera pas plus d'un impact ; les bicolores et les noires résistent à deux coups ;
les jaunes nécessiteront trois impacts. Pour les briques super costaudes, en acier, une bille en fusion sera nécessaire.


Avec les téléporteurs, les ventilos, les barrières et les couloirs rikikis, bonne chance !
Il faut détruire les modules autour de ce lieutenant pour détruire sa barrière et le toucher.
Des bonus peuvent modifier l'aspect et le comportement de la bille : les signes + ou -, qui entraînent une
évolution ou une régression de la puissance de la bille. Par défaut, celle-ci est bleue, le cas standard,
mais elle peut évoluer vers l'acier, qui détruit tout en un seul impact, sauf les briques acier ;
voire jusqu'à l'état de fusion évoqué plus haut, où plus rien ne lui résiste,
la bille passe littéralement à travers toutes les briques sans même rebondir. Mais elle peut également
régresser jusqu'au stade minimum, la bille de plasma, de couleur rose, et qui ne peut rien détruire.


Encore un niveau bonus, le pad tourne sur lui-même et peut être déplacé sur la surface centrale.
Rien de tel que quelques billes en fusion pour faire le ménage.
Attention, celle-ci restera soumise aux effets de la gravité et aux dénivelés du terrain, qui n'est
jamais tout plat. Chaque plateau présente non seulement un panel différent de briques à exploser, mais
connaît une topographie qui lui est propre, et qu'il vaut mieux maîtriser. En effet, une série de
briques coincées derrière une montée sera très difficile à atteindre si la bille ne dispose
pas de la vélocité nécessaire. De même, l'étendue du terrain n'est pas strictement
délimité à l'équerre, et des courbes délicates, constituant des formes délicates
et oniriques, peuvent devenir un véritable casse-tête pour trouver le bon angle d'attaque, ou pour anticiper
les trajectoires dangereuses de bille au retour. En plus de la configuration générale du terrain, divers éléments
perturbateurs doivent être pris en compte par le joueur : répulseurs, attracteurs, disrupteurs de trajectoire,
téléporteurs et barrières vont vite compliquer la tâche.
Mais n'allez pas croire que notre vaillant
vaisseau n'a que sa toute petite zone de rebond pour se défendre ! Quatre types d'armes secondaires
sont à la disposition du joueur : multibille en grenaille, multibille à retardement, tir direct rapide
ou tir direct lent. Avant chaque commencement d'une nouvelle forteresse, deux de ces quatre possibilités seront
imposées pour les dix stages à venir ; le type de bille propulsé par ces armes évolueront
également au fur et à mesure de la partie, et le joueur sera sollicité financièrement pour les
recharger. Il s'avère donc très important de gagner un maximum de crédits en balançant toute
bille de plasma dans les cases numérotées afin de les échanger contre la somme correspondante à
ces fameuses cases dans les niveaux qui en contiennent.

Encore un niveau qui rend fou ! Attention à la lave.
Niveau bonus, le pad suit les courbes du bas, les contacts avec la bille sont risqués.
La grosse originalité de Breakline réside dans la présence de boss de fin de monde, les fameux sept lieutenants
et le Marchand ! Ceux-ci apparaissent une fois les dix niveaux franchis de chaque monde, au cours d'un stage spécial
qui leur est dédié. De la partie de pong jusqu'à l'éclatage de cibles tournoyantes,
en passant par la machine à sous qui crache des dés, chaque boss se distingue par une confrontation inédite
et difficile.
Mis à part les niveaux des boss, d'autres
stages spéciaux font régulièrement leur apparition : les tableaux bonus. On y accède après
le cinquième niveau de chaque monde, mais également lorsque l'on réussit à envoyer la bille dans
le téléporteur doré bardé d'un signe +. Ces tableaux se caractérisent par une configuration
très différente des niveaux classiques, où, comme parfois lors des boss, la forme du pad est modifiée
(rond, carré, carré tournoyant…), mais également son espace de déplacement (zoné,
circulaire), à la manière de Titan (autre casse-briques atypique de chez Titus).


Un boss original, où l'on doit capturer certains dés crachés et éviter les autres.
Celui-ci est une réminiscence de Pong : chaque contact sur le mur agrandit la fosse.
Mais le plus gros choc concerne la difficulté des niveaux bonus : harassante. Tout est fait pour perdre le défi
proposé dans la plus grande frustration, il n'est pas rare d'échouer à quelques briques près.
Car il n'y a pas de notions de vies dans ces tableaux : une perte de bille, et c'est raté. Stress
maximum garanti. Si néanmoins vous parveniez à plier l'affaire, la récompense est à la hauteur
des efforts fournis. Tous les deux niveaux bonus réussis, les marchands unis, séduits par votre prestation,
vous gratifieront d'un bonus fort pratique : la nuée. Si la bille n'est rentrée en contact
ni avec le pad, ni avec aucune brique du tableau, un nuage entoure celle-ci et la fait dévier de sa trajectoire, en
modifiant au passage sa vitesse. La nuée, elle aussi, peut évoluer si les niveaux bonus ont été
réussis. Au stade maximum, la nuée peut jusqu'à provoquer la téléportation de la
bille a un endroit plus adéquat !


Chaque terrain est différent et se montre original !
Attention au canon en haut à droite, qui tire les étoiles jaunes !
Prévu et sorti conjointement sur Pécé et sur Mac, Breakline se targue d'un design en haute résolution,
constitué de textures réalistes, d'effets simples mais efficace, et surtout d'un moteur de calcul
de trajectoires puissant et précis. Un soin tout particulier a été apporté à la musique,
coincée quelque part entre de la New Age et de la Techno, enfin d'influences électroniques aux tendances
expérimentales. Le thème principal est agréable et recherché, bien que vite répétitif.

Mieux que le Pixel Art, les mosaïques colorées de briques !
De mieux en mieux : ici, le pad change de forme toutes les 3 secondes !
Quasiment inconnu des possesseurs de Pécé, un peu plus des p'tits gars du Mac, le titre de Kalisto n'en
demeure pas moins l'une des meilleures expériences de casse-briques qui m'ait été donné
de vivre, tant ce jeu est riche et bien pensé. D'une longévité exceptionnelle (certains diront
même qu'il est trop long à finir), sa difficulté est très progressive. Breakline est malheureusement
impossible à trouver de nos jours en magasin comme sur la toile, et j'ai eu beaucoup de mal à faire revivre
l'unique disquette de mon exemplaire original, qui commence à accuser le poids des années. Seul une version
modifiée de Dosbox, la CVS (de Tae-Woong Yoo), accepte de lancer le jeu correctement à cause de son mode VESA
obligatoire.

La boite originale de Breakline de votre serviteur !
Tonton Ben, fondu de
casse-briques et de Kalisto.