Personne n'a oublié Barbarian
- le Guerrier Absolu de Palace Software. Le jeu
fut un hit adapté sur tous les supports de l'époque.
Une suite était inévitable, ne serait-ce qu'au
regard des bénéfices financiers en jeu.
Heureusement, cette suite n'était pas bâclée,
comme le sont trop souvent les suites : au contraire, on se
retrouvait en face d'un jeu d'aventure/action très
bien réalisé, et bien dans la veine du premier
volet. C'est ainsi qu'à partir de 1988, Barbarian
II - Le Donjon de Drax vit le jour sur la plupart
des supports.
L'histoire
est fort simple. À la fin du premier volet, le barbare
a réussi à vaincre les guerriers de Drax, et
ainsi libéré la Princesse Mariana de son terrible
sort. Drax s'est alors enfui dans les donjons creusés
au-dessous de sa sombre demeure, jurant de créer des
ravages dans le Royaume Précieux. Il est alors décidé
qu'il faut mettre un terme aux agissements du sorcier une
bonne fois pour toutes. Et seuls le barbare et Mariana (elle-même
une épéiste accomplie) sont assez habiles pour
survivre aux périlleux voyage jusqu'à l'antre
de Drax.
Note
: je parle ici de la version Amiga, ne connaissant
pas les autres.
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| On
les reconnaît bien ! Ils n'ont toujours pas
l'air commode... Voici deux versions de la jaquette,
Spectrum
et Atari
ST.
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Venez,
ça va re-saigner !
Au lancement
du jeu, un écran de présentation apparaît,
reprenant la jaquette de la boîte. Soudain, une main
squelettique déchire l'image par le milieu, et vous
fait signe de la suivre ; d'ailleurs une voix caverneuse vous
dit : "Suivez-moi !" ("Follow Me !").
C'est impressionnant et inattendu ! Ensuite, cette main disparaît
par où elle est venue, et on a droit à une superbe
musique digitalisée, avec une guitare électrique
très réussie.
Dès que l'écran suivant s'affiche, le barbare
et Mariana arrivent en courant, chacun d'un côté
de l'écran. La même voix s'adresse à vous,
toujours en anglais : "Bienvenue dans le Donjon de Drax
! Choisissez votre guerrier." Incliner la manette à
gauche ou à droite lèvera la grille correspondante.
Une fois que votre choix est fait, il suffit d'appuyer sur
le bouton du joystick pour que le guerrier disparaisse dans
l'ombre.
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| L'écran
d'intro... |
Choix
du combattant. "Choose your Warrior !" |
Le
lecteur de disquettes se remet à tourner... Et soudain,
au bout de quelques instants, la même main squelettique
que tout à l'heure surgit du bas de l'écran,
en tenant une disquette marquée "Disk 2"...
La voix caverneuse annonce en anglais : "Insérez
la disquette 2", et stupeur : le cadrage se fait sur
la tête du squelette, qui éclate d'un rire haut
perché. La première fois qu'on voit ça,
on ne peut s'empêcher de rire à son tour !
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Le
squelette ricanant. Ce que vous voyez ici est un petit
montage sous forme de GIF animé.
En vrai, avec le son, c'est encore mieux !
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Il
ne vous reste plus qu'à obéir, mettre la seconde
disquette dans le lecteur et appuyer sur le bouton du joystick.
Les
mouvements
Dans
Barbarian II, on n'est plus dans un jeu de
combat pur, ce qui fait qu'il y a moins de mouvements disponibles
que dans le premier volet. Pour vous donner une idée,
je trouve que Barbarian II est un mélange
entre le premier Barbarian
de Psygnosis, avec l'exploration du monde et la recherche
du sorcier retranché au fin fond de son domaine, et
le premier Barbarian
de Palace, avec les coups à placer pour gagner
lors d'un combat.
Désormais, on est loin des 16 mouvements disponibles.
Ci-dessous, vous trouverez les différentes combinaisons
possibles avec le bouton de tir relâché ou appuyé,
pour le premier écran de jeu où le guerrier
regarde vers la gauche. Évidemment, quand le joueur
s'est retourné et regarde vers la droite de l'écran,
il faut tenir compte des directions droite/gauche inversées.
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Mouvements
sans appuyer... |
...
et en appuyant sur le bouton de tir. |
Et
c'est là que survient le problème principal
du jeu. Il est parfois TRÈS difficile de gérer
correctement les coups haut et bas, si on n'a pas appuyé
consciencieusement sur le bouton AVANT de faire le mouvement.
On se retrouve ainsi fréquemment à tourner bêtement
sur soi-même alors qu'on voulait frapper l'adversaire...
Dans l'urgence d'un combat, il est parfois difficile de réussir
à bien séparer les actions, et ça devient
rageant de se faire laminer parce qu'on s'est retourné
sans le vouloir. Je reviendrai sur la difficulté des
combats contre certains monstres un peu plus loin.
Les
combats
Au commencement
du jeu, le guerrier que vous avez choisi se retrouve contre
une paroi rocheuse. Devant lui, un petit ruisseau de lave
serpente paresseusement, provenant du volcan actif qui se
profile dans le lointain ; plus loin, une caverne permet de
rejoindre un autre lieu, tandis que le chemin continue tout
droit. Au bout de quelques instants, un monstre apparaît
: il se dirige vers le guerrier pour le frapper.
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| Premier
combat, un singe s'approche. Le point de départ
et l'agencement des tableaux sont toujours les mêmes.
|
Si vous
le voulez bien, prenons quelques instants pour examiner de
plus près l'écran. En haut à gauche,
la barre de vie des monstres envoyés par Drax, que
vous allez rencontrer au cours de vos pérégrinations.
En haut à droite, la barre de vie de votre personnage.
Au milieu, les 5 globes représentant vos vies restantes.
S'ils passent tous en rouge, la partie est finie.
En dessous de la vue principale, on trouve de gauche à
droite : les objets magiques récupérés,
la boussole représentée par l'épée,
et les infos niveau / points. La boussole est indispensable
pour faire des plans et se repérer. Il est indispensable
de faire des plans pour passer chacun des niveaux sans se
perdre, en récupérant les objets magiques. Je
vous en parlerai un peu plus tard.
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 |
| Le
poulet mutant : pas imposant, mais quelle horreur
! Une vraie plaie. Heureusement, on peut le décapiter
(avec de la chance) ! |
Mais
pendant qu'on regardait les éléments de l'écran,
le monstre s'est rapproché et commence son attaque.
Chaque coup qu'il inflige au guerrier fait baisser la barre
verte, sans avoir un capital prédéfini de coups
; certaines attaques sont plus puissantes que d'autres, et
font plus mal. Si vous ne faites rien, le monstre vient rapidement
à bout du guerrier, et celui-ci s'écroule sur
le sol. Un des disques passe en rouge, et quelques instants
plus tard le guerrier se relève dans un bruit de tonnerre.
Certains monstres ont une attaque surprise, comme le saurien
qui gobe la tête du guerrier, ou le carnivore qui saute
à la gorge... vous verrez bien par vous-mêmes.
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| Crunch,
le saurien lance sa frappe imparable.
|
On
trouve quand même de drôles de bestioles... |
Comme
on l'a vu plus haut, il y a 4 coups possibles. Le plus rapide
et le moins efficace, c'est le coup de pied. Le plus impressionnant
bien entendu, c'est la décapitation : le guerrier tournoie
sur lui-même et hop ! un grand moulinet son épée
et, si les deux adversaires se trouvent à bonne distance,
la tête du monstre s'envole et retombe sur le sol, un
peu plus loin. On ne peut pas décapiter tous les monstres
; mais c'est toujours gratifiant d'y parvenir !
Certaines décapitations se font avec le coup d'épée
bas, comme pour le cas du poulet, vu que la "vraie"
décapitation leur passe largement au-dessus de la tête
!
 |
| Mariana
vient de décapiter cet Homme de Néanderthal.
Bien fait pour lui.
|
En tout
cas, certains monstres sont particulièrement difficiles
à tuer. Il faut savoir tout d'abord que frapper sans
arrêt ne donne rien de bon : au contraire, il faut faire
attention au timing, pour frapper le monstre au bon moment.
Ensuite, il faut connaître les coups qui font mouche,
et composer avec la résistance de l'adversaire ; et
surtout, il faut arriver à placer une attaque.
Le poulet mutant est horrible, car il arrive à repousser
le joueur parfois sur plus d'un écran, sans qu'il soit
possible de le toucher une seule fois. Non seulement il fait
mal, mais en plus très souvent, le guerrier se retrouve
poussé dans un trou... sans espoir de faire quoi que
ce soit pour éviter ça.
Et que dire de la chose des fosses, par-dessus laquelle il
faut sauter... mais avec un saut parfait en courant, sachant
que tout petit décalage du point de départ du
saut fait tomber le guerrier dans le trou... et que toute
erreur de timing fait que le guerrier se fait attraper par
la langue de la créature, ce qui l'entraîne aussitôt
dans l'estomac du monstre ?
Non, vraiment, parfois, les adversaires sont très (trop
?) coriaces. Ça énerve.
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 |
| Les
cavernes aux ruisseaux d'acide. Un stinger approche.
|
Ce
monstre empêche Mariana de sauter au-dessus
du puits.
|
Il y a
6 monstres différents par niveau : ils peuvent apparaître
à n'importe quel endroit. Chacun a ses propres techniques
de combat, et vous apprendrez contre lesquels il vaut mieux
jouer la prudence (voire la fuite).
Les
niveaux
Chaque
niveau est constitué de 28 écrans, disposés
comme un labyrinthe. Dans chacun d'eux, il y a quelques crânes
disséminés ici et là (qui redonnent une
vie au joueur), mais surtout deux objets magiques à
dénicher, sachant que leur emplacement varie d'une
partie à une autre. Ces objets sont indispensables
pour espérer triompher à la fin.
Ainsi, dans le premier niveau (les Terres Désolées),
on trouve le bouclier et la perle, qui vous permettent respectivement
de ne pas mourir instantanément lorsque vous affrontez
le Démon du feu, et de vous protéger contre
la magie de Drax. Dans le second niveau (les Cavernes), on
trouve la potion qui augmente votre résistance, et
la gemme qui met l'Idole Vivante hors de combat quand vous
l'approchez. Et dans le troisième (le Donjon de Drax),
ce seront la clé qui ouvre les herses (nécessaire
pour pouvoir explorer cette zone !) et la hache qui augmente
la force du guerrier.
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| Un
carnivore vient de sauter à la gorge de Mariana,
et là il la termine tranquillement. |
Mais
ce n'est pas le tout de savoir ce qu'il faut chercher : il
faut encore le trouver. Et là, seule la persévérance
(et surtout un plan bien établi à l'avance)
vous permettront de ne pas tourner en rond pendant des heures.
Inutile de dire que vous allez en baver pour arriver à
trouver votre chemin... Car encore une fois, comme les objets
magiques sont disposés aléatoirement, même
si vous connaissez le chemin pour changer de niveau, il faut
quand même tout explorer pour les ramasser !
Les
éléments qui permettent de se repérer
dans un labyrinthe sont toujours les mêmes, disposés
différemment selon les écrans : par exemple,
dans les Terres Désolées, il s'agit du volcan,
de la crevasse, et du ruisseau de lave qui serpente devant
le joueur. Dans les Cavernes et dans le Donjon, la lave est
remplacée par l'acide, et partout il y a les squelettes
qui traînent ici et là...
Dans tous les niveaux, la boussole (représentée
par l'épée sous l'écran principal) indique
toujours la même direction : il est ainsi possible de
savoir dans quelle direction on avance, enfin plus précisément
de savoir quelle est l'orientation de l'écran dans
lequel se trouve le guerrier. Vous verrez, parfois le labyrinthe
conçu par les développeurs est particulièrement
retors : sans la boussole, se repérer serait absolument
infaisable. De plus, pour des raisons de cohérence
entre les écrans, il arrive qu'on sorte d'un écran
par la gauche, et qu'on entre dans le suivant par la droite...
C'est franchement déroutant, mais quand on fait un
plan, on constate que c'est obligatoire.
Notez
qu'à l'écran précédant le changement
de niveau, le chiffre indiqué à côté
de "Level" en bas à droite se met à
clignoter.
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| Mariana
n'a pas sauté au bon moment au-dessus de la
chose des fosses, qui agitait sa langue au-dessus
du puits.
La bête se régale et manifeste bruyamment
son plaisir devant ce menu touristique.
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En
tout cas, il est parfois pénible de ne pas pouvoir
avancer dans une direction, parce qu'il y a un crevasse au
milieu de l'écran dans lequel on vient tout juste d'arriver...
et qu'un monstre apparaît au même moment en se
précipitant tout contre l'autre côté de
la crevasse ! Impossible de sauter par-dessus le trou puisque
la créature repousse aussitôt le guerrier dedans...
Il faut alors sortir de l'écran par où on est
venu, combattre éventuellement le nouvel adversaire,
puis retourner à l'écran voulu en espérant
que le monstre ne viendra pas trop vite. Parfois c'est très
long pour pouvoir passer, il faut s'y reprendre à plusieurs
fois.
La
réalisation
Je
vais me répéter, car on est exactement dans
le même cas que pour le premier Barbarian.
Le jeu, sorti d'abord sur des machines 8 bits, offre un aspect
graphique assez carré, qui sera amélioré
lors des adaptations 16 bits. Toutes les versions sont en
tout cas de véritables réussites compte tenu
des machines sur lesquelles elles tournent.
La version Amiga étant la seule que je connais,
je vais vous dire ce que j'en pense techniquement.
 |
 |
| Version
Spectrum.
|
Version
C64. |
-
graphiquement, le passage des 8 bits aux 16 bits a été
bien pensé et l'amélioration est importante.
Les personnages sont plus détaillés sur Amiga,
mieux ombrés : l'adaptation est donc de meilleure qualité
que dans le premier volet. Mais si on regarde les autres versions,
je les trouve toutes plus fines que celles de Barbarian.
Il y a visiblement eu un gros travail à ce niveau dès
le départ.
-
au niveau animation, rien à redire, elle est fluide
et rapide. Par contre, on a vu que certaines commandes sont
parfois difficiles à maîtriser, c'est un point
noir qui a rebuté de nombreux joueurs à l'époque
(et qui rebutera de nombreux rétro-gamers de nos jours)
: il faut vraiment s'entraîner pour commencer à
bien réussir à taper au lieu de se retourner ;
mais comme toujours, au bout d'un moment on y arrive et les
combats sont alors bien plus nerveux.
 |
 |
| Version
C64.
|
Version
PC. |
-
le son est très bien pensé. Les différents
cris des monstres sont assez variés et amusants. En
bruits de fond on entend des rires, des grognements, quelques
sons d'ambiance... c'est très réussi. Dans les
Cavernes et le Donjon, le son est doublé pour donner
un effet de résonance. Certains bruitages sont excellents,
notamment la chose des fosses qui éructe "hummm...
miaam !" en recrachant le crâne du guerrier...
Bref, que du bon à ce sujet.
La musique d'intro, comme je le disais plus haut, est de très
bonne qualité elle aussi.
-
pour comparer avec les références dont je parlais
plus haut, le jeu est bien plus varié que le premier
Barbarian de Palace,
mais moins que le Barbarian
de Psygnosis qui offrait plus d'une trentaine d'ennemis
différents. Les coups sont moins nombreux que dans
le premier volet, mais chaque rencontre est un combat de longue
haleine... ce qui fait que la durée de vie est assez
conséquente. Le gameplay est simple, le mélange
entre action et aventure est bien réussi. Comme il
n'y a pas de sauvegarde, quand on meurt, on recommence au
début du niveau (on ne recommence pas à zéro,
heureusement !). Seul regret, ceux qui ont connu le premier
épisode pourront regretter qu'il y ait moins de coups
disponibles lors des combats, et surtout, pas de mode deux
joueurs.
 |
| Le
petit gnome vert du premier Barbarian, qui ramassait
les vaincus (et shootait dans leurs têtes !),
fait partie du bestiaire, avec une hache bien affûtée
et un petit rire narquois !
|
Que
dire pour conclure ? Hé bien, hormis la difficulté
du maniement lors des premières parties, et une difficulté
un peu trop élevée lors de certains combats,
Barbarian II est une suite très réussie,
un excellent jeu d'aventure/action qui a reçu des récompenses
tant chez Tilt que Gen4. De nos jours il
est impensable de s'acharner au point d'arriver au bout de
l'aventure... mais en 1989 on ne voyait pas les choses comme
ça, et je ne suis pas le seul à l'avoir fini
!
Barbarian 2 fut testé (cliquez
sur les liens pour lire les tests) :
- en version C64 dans le Tilt n°59H (Hit, 18/20
: pages 30,
31
et 32)
de novembre 1988 ;
- en version ST dans le Tilt n°64 (Hit, 18/20
: pages 49
et 50)
et le Gen4 n°10
(94%) d'avril 1989.
Barbarian 2 reçut les prix
suivants :
- le Tilt d'Or 1988 du Meilleur logiciel d'aventure/action.
- le 4 d'Argent 1988 du Meilleur Jeu de Combat.
JPB