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Barbarian II - The Dungeon of Drax
Année : 1988
Système : Amiga, Amstrad CPC, Atari ST, C64, MSX, PC, ZX Spectrum
Développeur : Palace Software
Éditeur : Palace Software
Genre : Action / Beat'em all
[voir détails]
Par JPB (18 novembre 2008)

Personne n'a oublié Barbarian - le Guerrier Absolu de Palace Software. Le jeu ut un hit adapté sur tous les supports de l'époque. Une suite était inévitable, ne serait-ce qu'au regard des bénéfices financiers en jeu.
Heureusement, cette suite n'était pas bâclée, comme le sont trop souvent les suites : au contraire, on se retrouvait en face d'un jeu d'aventure/action très bien réalisé, et bien dans la veine du premier volet. C'est ainsi qu'à partir de 1988, Barbarian II - Le Donjon de Drax vit le jour sur la plupart des supports.

On les reconnaît bien ! Ils n'ont toujours pas l'air commode...
Voici deux versions de la jaquette, Spectrum et Atari ST.

L'histoire est fort simple. À la fin du premier volet, le barbare a réussi à vaincre les guerriers de Drax, et ainsi libéré la Princesse Mariana de son terrible sort. Drax s'est alors enfui dans les donjons creusés au-dessous de sa sombre demeure, jurant de créer des ravages dans le Royaume Précieux. Il est alors décidé qu'il faut mettre un terme aux agissements du sorcier une bonne fois pour toutes. Et seuls le barbare et Mariana (elle-même une épéiste accomplie) sont assez habiles pour survivre aux périlleux voyage jusqu'à l'antre de Drax.

Le poster.

Note : je parle ici de la version Amiga, ne connaissant pas les autres.

Venez, ça va re-saigner !

Au lancement du jeu, un écran de présentation apparaît, reprenant la jaquette de la boîte. Soudain, une main squelettique déchire l'image par le milieu, et vous fait signe de la suivre ; d'ailleurs une voix caverneuse vous dit en anglais : "Suivez-moi !" ("Follow Me !"). C'est impressionnant et inattendu ! Ensuite, cette main disparaît par où elle est venue, et on a droit à une superbe musique digitalisée, avec une guitare électrique très réussie.
Dès que l'écran suivant s'affiche, le Barbare et Mariana arrivent en courant, chacun d'un côté de l'écran. La même voix s'adresse à vous, toujours en anglais : "Bienvenue dans le Donjon de Drax ! Choisissez votre guerrier." Incliner la manette à gauche ou à droite lèvera la grille correspondante. Une fois que votre choix est fait, il suffit d'appuyer sur le bouton du joystick pour que le guerrier disparaisse dans l'ombre.

L'écran d'intro...
Choix du combattant. "Choose your Warrior !"

Le lecteur de disquettes se remet à tourner... Et soudain, au bout de quelques instants, la même main squelettique que tout à l'heure surgit du bas de l'écran, en tenant une disquette marquée "Disk 2"... La voix caverneuse annonce en anglais : "Insérez la disquette 2", et stupeur : le cadrage se fait sur la tête du squelette, qui éclate d'un rire haut perché. La première fois qu'on voit ça, on ne peut s'empêcher de rire à son tour !

Le squelette ricanant. Ce que vous voyez ici est un petit montage sous forme de GIF animé.
En vrai, avec le son, c'est encore mieux !

Il ne vous reste plus qu'à obéir, mettre la seconde disquette dans le lecteur et appuyer sur le bouton du joystick.

Les mouvements

Dans Barbarian II, on n'est plus dans un jeu de combat pur, ce qui fait qu'il y a moins de mouvements disponibles que dans le premier volet. Pour vous donner une idée, je trouve que Barbarian II est un mélange entre le premier Barbarian de Psygnosis, avec l'exploration du monde et la recherche du sorcier retranché au fin fond de son domaine, et le premier Barbarian de Palace, avec les coups à placer pour gagner lors d'un combat.
Désormais, on est loin des 16 mouvements disponibles. Ci-dessous, vous trouverez les différentes combinaisons possibles avec le bouton de tir relâché ou appuyé, pour le premier écran de jeu où le guerrier regarde vers la gauche. Évidemment, quand le joueur s'est retourné et regarde vers la droite de l'écran, il faut tenir compte des directions droite/gauche inversées.

Mouvements sans appuyer...
... et en appuyant sur le bouton de tir.

Et c'est là que survient le problème principal du jeu. Il est parfois TRÈS difficile de gérer correctement les coups haut et bas, si on n'a pas appuyé consciencieusement sur le bouton AVANT de faire le mouvement. On se retrouve ainsi fréquemment à tourner bêtement sur soi-même alors qu'on voulait frapper l'adversaire... Dans l'urgence d'un combat, il est parfois difficile de réussir à bien séparer les actions, et ça devient rageant de se faire laminer parce qu'on s'est retourné sans le vouloir. Je reviendrai sur la difficulté des combats contre certains monstres un peu plus loin.

Les combats

Au commencement du jeu, le guerrier que vous avez choisi se retrouve contre une paroi rocheuse. Devant lui, un petit ruisseau de lave serpente paresseusement, provenant du volcan actif qui se profile dans le lointain ; plus loin, une caverne permet de rejoindre un autre lieu, tandis que le chemin continue tout droit. Au bout de quelques instants, un monstre apparaît : il se dirige vers le guerrier pour le frapper.

Premier combat, un singe s'approche. Le point de départ et l'agencement des tableaux sont toujours les mêmes.

Si vous le voulez bien, prenons quelques instants pour examiner de plus près l'écran. En haut à gauche, la barre de vie des monstres envoyés par Drax, que vous allez rencontrer au cours de vos pérégrinations. En haut à droite, la barre de vie de votre personnage. Au milieu, les 5 globes représentant vos vies restantes. S'ils passent tous en rouge, la partie est finie.
En dessous de la vue principale, on trouve de gauche à droite : les objets magiques récupérés, la boussole représentée par l'épée, et les infos niveau / points. La boussole est indispensable pour faire des plans et se repérer. Il est indispensable de faire des plans pour passer chacun des niveaux sans se perdre, en récupérant les objets magiques. Je vous en parlerai un peu plus tard.

Le poulet mutant : pas imposant, mais quelle horreur ! Une vraie plaie.
Heureusement, on peut le décapiter (avec de la chance) !

Mais pendant qu'on regardait les éléments de l'écran, le monstre s'est rapproché et commence son attaque. Chaque coup qu'il inflige au guerrier fait baisser la barre verte, sans avoir un capital prédéfini de coups ; certaines attaques sont plus puissantes que d'autres, et font plus mal. Si vous ne faites rien, le monstre vient rapidement à bout du guerrier, et celui-ci s'écroule sur le sol. Un des disques passe en rouge, et quelques instants plus tard le guerrier se relève dans un bruit de tonnerre.
Certains monstres ont une attaque surprise, comme le saurien qui gobe la tête du guerrier, ou le carnivore qui saute à la gorge... vous verrez bien par vous-mêmes.

Crunch, le saurien lance sa frappe imparable.
On trouve quand même de drôles de bestioles...

Comme on l'a vu plus haut, il y a 4 coups possibles. Le plus rapide et le moins efficace, c'est le coup de pied. Le plus impressionnant bien entendu, c'est la décapitation : le guerrier tournoie sur lui-même et hop ! Un grand moulinet avec son épée et, si les deux adversaires se trouvent à bonne distance, la tête du monstre s'envole et retombe sur le sol, un peu plus loin. On ne peut pas décapiter tous les monstres ; mais c'est toujours gratifiant d'y parvenir !
Certaines décapitations se font avec le coup d'épée bas, comme pour le cas du poulet, vu que la "vraie" décapitation lui passe largement au-dessus de la tête !

Mariana vient de décapiter cet Homme de Néanderthal. Bien fait pour lui.

En tout cas, certains monstres sont particulièrement difficiles à tuer. Il faut savoir tout d'abord que frapper sans arrêt ne donne rien de bon : au contraire, il faut faire attention au timing, pour frapper le monstre au bon moment. Ensuite, il faut connaître les coups qui font mouche, et composer avec la résistance de l'adversaire ; et surtout, il faut arriver à placer une attaque.

Le poulet mutant est horrible, car il arrive à repousser le joueur parfois sur plus d'un écran, sans qu'il soit possible de le toucher une seule fois. Non seulement il fait mal, mais en plus très souvent, le guerrier se retrouve poussé dans un trou... sans espoir de faire quoi que ce soit pour éviter ça.
Et que dire de la chose des fosses, par-dessus laquelle il faut sauter... mais avec un saut parfait en courant, sachant que tout petit décalage du point de départ du saut fait tomber le guerrier dans le trou... et que toute erreur de timing fait que le guerrier se fait attraper par la langue de la créature, ce qui l'entraîne aussitôt dans l'estomac du monstre ?
Non, vraiment, parfois, les adversaires sont très (trop ?) coriaces. Ça énerve.

Crunch, le saurien lance sa frappe imparable.
Ce monstre empêche Mariana de sauter au-dessus du puits.

Il y a 6 monstres différents par niveau : ils peuvent apparaître à n'importe quel endroit. Chacun a ses propres techniques de combat, et vous apprendrez contre lesquels il vaut mieux jouer la prudence (voire la fuite).

Les niveaux

Chaque niveau est constitué de 28 écrans, disposés comme un labyrinthe. Dans chacun d'eux, il y a quelques crânes disséminés ici et là (qui redonnent une vie au joueur), mais surtout deux objets magiques à dénicher, sachant que leur emplacement varie d'une partie à une autre. Ces objets sont indispensables pour espérer triompher à la fin.
Ainsi, dans le premier niveau (les Terres Désolées), on trouve le bouclier et la perle, qui vous permettent respectivement de ne pas mourir instantanément lorsque vous affrontez le Démon du feu, et de vous protéger contre la magie de Drax. Dans le second niveau (les Cavernes), on trouve la potion qui augmente votre résistance, et la gemme qui met l'Idole Vivante hors de combat quand vous l'approchez. Et dans le troisième (le Donjon de Drax), ce seront la clé qui ouvre les herses (nécessaire pour pouvoir explorer cette zone !) et la hache qui augmente la force du guerrier.

Un carnivore vient de sauter à la gorge de Mariana, et là il la termine tranquillement.

Mais ce n'est pas le tout de savoir ce qu'il faut chercher : il faut encore le trouver. Et là, seule la persévérance (et surtout un plan bien établi à l'avance) vous permettront de ne pas tourner en rond pendant des heures. Inutile de dire que vous allez en baver pour arriver à trouver votre chemin... Car encore une fois, comme les objets magiques sont disposés aléatoirement, même si vous connaissez le chemin pour changer de niveau, il faut quand même tout explorer pour les ramasser !

Les éléments qui permettent de se repérer dans un labyrinthe sont toujours les mêmes, disposés différemment selon les écrans : par exemple, dans les Terres Désolées, il s'agit du volcan, de la crevasse, et du ruisseau de lave qui serpente devant le joueur. Dans les Cavernes et dans le Donjon, la lave est remplacée par l'acide, et partout il y a les squelettes qui traînent ici et là...
Dans tous les niveaux, la boussole (représentée par l'épée sous l'écran principal) indique toujours la même direction : il est ainsi possible de savoir dans quelle direction on avance, enfin plus précisément de savoir quelle est l'orientation de l'écran dans lequel se trouve le guerrier. Vous verrez, des fois le labyrinthe conçu par les développeurs est particulièrement retors : sans la boussole, se repérer serait absolument infaisable. De plus, pour des raisons de cohérence entre les écrans, il arrive qu'on sorte d'un écran par la droite (le personnage regarde à droite), et qu'on entre dans le suivant par la droite (le personnage regarde à gauche !)... C'est franchement déroutant, mais quand on fait un plan, on constate que c'est obligatoire.

Notez qu'à l'écran précédant le changement de niveau, le chiffre indiqué à côté de "Level" en bas à droite se met à clignoter : c'est le seul moyen de savoir que vous vous rapprochez du niveau suivant, il n'y a aucune autre indication visuelle.

Mariana n'a pas sauté au bon moment au-dessus de la chose des fosses, qui agitait sa langue au-dessus du puits.
La bête se régale et manifeste bruyamment son plaisir devant ce menu touristique.

En tout cas, il est parfois pénible de ne pas pouvoir avancer dans une direction, parce qu'il y a un crevasse au milieu de l'écran dans lequel on vient tout juste d'arriver... et qu'un monstre apparaît au même moment en se précipitant tout contre l'autre côté de la crevasse ! Impossible de sauter par-dessus le trou puisque la créature repousse aussitôt le guerrier dedans... Il faut alors sortir de l'écran par où on est venu, combattre éventuellement le nouvel adversaire, puis retourner à l'écran voulu en espérant que le monstre ne viendra pas trop vite. Des fois c'est très long pour pouvoir passer, il faut s'y reprendre à plusieurs fois.

La réalisation

Je vais me répéter, car on est exactement dans le même cas que pour le premier Barbarian. Le jeu, sorti d'abord sur des machines 8-bits, offre un aspect graphique assez carré, qui sera amélioré lors des adaptations 16-bits. Toutes les versions sont en tout cas de véritables réussites compte tenu des machines sur lesquelles elles tournent.
La version Amiga étant la seule que je connais, je vais vous dire ce que j'en pense techniquement.

Version Spectrum.
Version Amstrad CPC.

Graphiquement, le passage des 8-bits aux 16-bits a été bien pensé et l'amélioration est importante. Les personnages sont plus détaillés sur Amiga, mieux ombrés : l'adaptation est donc de meilleure qualité que dans le premier volet. Mais si on regarde les autres versions, je les trouve toutes plus fines que celles de Barbarian. Il y a visiblement eu un gros travail à ce niveau dès le départ.

Au niveau animation, rien à redire, elle est fluide et rapide. Par contre, on a vu que certaines commandes sont parfois difficiles à maîtriser, c'est un point noir qui a rebuté de nombreux joueurs à l'époque (et qui rebutera de nombreux rétro-gamers de nos jours) : il faut vraiment s'entraîner pour commencer à bien réussir à taper au lieu de se retourner ; mais comme toujours, au bout d'un moment on y arrive et les combats sont alors bien plus nerveux.

Version C64.
Version PC.

Le son est très bien pensé. Les différents cris des monstres sont assez variés et amusants. En bruits de fond on entend des rires, des grognements, quelques sons d'ambiance... c'est très réussi. Dans les Cavernes et le Donjon, le son est doublé pour donner un effet de résonance. Certains bruitages sont excellents, notamment la chose des fosses qui éructe "hummm... miaam !" en recrachant le crâne du guerrier... Bref, que du bon à ce sujet.
La musique d'intro, comme je le disais plus haut, est de très bonne qualité elle aussi.

Pour comparer avec les références dont je parlais plus haut, le jeu est bien plus varié que le premier Barbarian de Palace, mais moins que le Barbarian de Psygnosis qui offrait plus d'une trentaine d'ennemis différents. Les coups sont moins nombreux que dans le premier volet, mais chaque rencontre est un combat de longue haleine... ce qui fait que la durée de vie est assez conséquente. Le gameplay est simple, le mélange entre action et aventure est bien réussi. Comme il n'y a pas de sauvegarde, quand on meurt, on recommence au début du niveau (on ne recommence pas à zéro, heureusement !). Seul regret, ceux qui ont connu le premier épisode pourront regretter qu'il y ait moins de coups disponibles lors des combats, et surtout, pas de mode deux joueurs.

Le petit gnome vert du premier Barbarian, qui ramassait les vaincus (et shootait dans leurs têtes !),
fait partie du bestiaire, avec une hache bien affûtée et un petit rire narquois !

Que dire pour conclure ? Hé bien, hormis la difficulté du maniement lors des premières parties, et une difficulté un peu trop élevée lors de certains combats, Barbarian II est une suite très réussie, un excellent jeu d'aventure/action qui a reçu des récompenses tant chez Tilt que Gen4. De nos jours il est impensable de s'acharner au point d'arriver au bout de l'aventure... mais en 1989 on ne voyait pas les choses comme ça, et je ne suis pas le seul à l'avoir fini !

Barbarian 2 fut testé :
- en version C64 dans le Tilt n°59H de Novembre 1988 (Hit, 18/20) ;
- en version ST dans le Tilt n°64 d'avril 1989 (Hit, 18/20) ;
- en version ST toujours dans le Gen4 n°10 d'avril 1989 (94%).

Barbarian 2 reçut les prix suivants :
- le Tilt d'Or 1988 du Meilleur logiciel d'aventure/action ;
- le 4 d'Argent 1988 du Meilleur Jeu de Combat.

JPB
(18 novembre 2008)
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