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World Heroes
Année : 1992
Système : Arcade, Neo Geo ...
Développeur : Alpha Denshi
Éditeur : Alpha Denshi
Genre : Jeu de Combat (VS fighting)

World Heroes est un jeu de baston classique qui vous place aux commandes de 8 héros « historiques ». La Terre est sur le point d'être envahie par Geesus, et comme il n'y a personne pour empêcher ça, le meilleur scientifique du monde décidé de téléporter 8 des plus grands héros de l'histoire à notre époque. Un tournoi est alors organisé pour determiner celui qui aura l'insigne honneur de défier le grand méchant. Au menu des personnages célèbres donc :

- Le scientifique américain Dr Brown, qui est un clin d'œil à Emmet de Retour vers le Futur :

Vite Marty dans la Delorean !

- Les ninjas japonais Hanzo (Hanzo Hattori), et Fuuma (Kotaro Fuma)

Hanzo en bleu, Fuuma en rouge

- Ce sont les Ryu et Ken de la série, car tout comme eux ils sont des clones l'un de l'autre. Ils reprennent d'ailleurs la plupart des coups de leurs « parents » : boule de feu (ici un shuriken), hurricane kick et dragon punch. Ils possèdent en plus un double saut assez utile en combat.

- Ces personnages sont très complets et sont en général les premiers à être joués. À noter que la fin de Hanzo est un « hommage » plus qu'appuyé à la fin de Ryu.



Kim Dragon (Bruce lee) : Chinois dans cet épisode, Coréen par la suite. Personnage le plus rapide de cet épisode, il ponctue tous ses coups par des petits cris à la Bruce Lee. Il ne possède que 2 coups spéciaux : les mille mains et un dragon kick, dans le sens littéral et surtout visuel du terme.
Son dragon est un peu délicat à sortir car il faut le charger, par ailleurs ses coups simples sont plutot faibles, mais il enchaîne très bien.
Janne (Jeanne d'Arc) : française. Elle dispose d'une épée ce qui lui permet d'avoir une allonge assez phénoménale. Elle est vêtue aussi d'une armure ce qui lui permet de plutôt bien résister aux dégâts. Au plan de la rapidité, elle se situe dans la norme, en revanche elle cause pas mal de dégâts.
J. Carn (Genghis Khan) : Mongol. Le gros du casting. Mais malgré son handicap de poids, il s'en sort plutôt bien. Le J est l'initiale de Julius.
Broken, un androïde, sorte de fusion entre Bison et Dhalsim. Il est excessivement lent, mais compense avec une énorme allonge et beaucoup de coups spéciaux. Il a d'ailleurs plusieurs sortes de projectiles qui lui permettent d'attendre ses adversaires. Il semblerait que le personnage soit inspiré de Rudolph von Stroheim de la série JoJo's Bizarre Adventure, mais je crois plutôt que c'est un gros clin d'œil à Brockenman de la série Muscleman.
Muscle Power (Hulk Hogan) : catcheur américain. Bon j'espère que tout le monde connaît Terry Bollea, entre ses films, séries, faits divers, téléréalité, et forcément ses matchs de catch (il catche quasi toujours à l'heure actuelle)... Impossible de passer à côté du Hulkamaniac bro. Ce personnage est donc une version fantasmée de Hulk Hogan vu qu'il possède plus de coups que son modèle. C'est le choppeur par excellence et il est vraiment puissant.
Rasputin (RA RA RASPUTIN, Russia's greatest love machine, It was a shame how he carried oooooooooooooon ♫). Tout comme Hulk Hogan, je pense qu'on ne présente plus ce philosophe, gourou, j'en passe et des meilleures. C'est LE personnage totalement décalé de cet épisode. Sous ses airs légèrement tendancieux, c'est une machine à tuer. Il possède un grand nombre de coups spéciaux dont une boule en l'air qui vous sauvera souvent la mise. Le côté « folle » sera d'ailleurs poussé de plus en plus au fur et à mesure des épisodes.
Geesus, le boss final, est un cyborg créé par une organisation secrète (DAMD) qui peut se métamorphoser en n'importe quel personnage. Ce personnage n'est pas jouable. Son design rappelle beaucoup le T-1000, surtout la façon dont il morphe. À noter que son nom semble être un clin d'œil au Geese de Fatal Fury.

Parlons maintenant du jeu en lui-même. Ne vous arrêtez pas aux ressemblances avec son illustre ancêtre, World Heroes se démarque totalement de Street Fighter 2 par son côté humoristique, on peut d'ailleurs le voir comme une parodie des jeux de baston déjà sortis.
Tout le jeu est d'ailleurs articulé autour de cet aspect, et si vous n'en êtes pas convaincu, il vous suffit de voir Rasputin en action. Même les bonus stages sont matière à rigolade. Alors que chez Capcom, on démolit des voitures comme le 1er hooligan venu, dans World Heroes on préfère la sculpture sur pierre.

Viens faire un câlin à papa!
Et un petit clone de schwarzy au passage.

Ce parti-pris permet de se différencier de Street Fighter 2 et de la multitude de clones qui ont suivi mais aussi de donner une identité propre au jeu. Car même s'il est assez fun à voir et à jouer, le gameplay est beaucoup plus solide qu'il n'y paraît.
Il reprend plus ou moins celui de Fatal Fury, sur 3 boutons : pied, poing et projection. Sauf qu'à la différence de ce dernier, on peut varier la puissance des coups : une pression courte pour les coups faibles, plus longue pour les coups forts.
La projection a son bouton dédié ce qui la rend forcément prioritaire, c'est-à-dire que si vous bloquez et sortez la projection, vous projetterez à coup sûr. Le revers de la médaille est que si vous projetez dans le vent, vous serez vulnérable un petit laps de temps, ce qui peut s'avérer dangereux vu que les combos sont légions dans World Heroes. Contre l'ordinateur d'ailleurs, vous serez victime de ce genre d'abus : contre ou projection à tout va.

Pour le reste on est dans les traces de Street Fighter 2 : les personnages légers sont rapides, les lourds sont lents mais en contrepartie très puissants. Dans le mode histoire on enchaîne les combats avec au milieu quelques stages bonus jusqu'à arriver au boss de fin.

Ce qui a vraiment fait le succès de ce jeu, mis à part le charisme de ses personnages, c'est surtout le mode deathmatch. Bien avant les Mortal Kombat, Dead or Alive et consorts, le jeu vous place dans une arène piégée, qui peut aussi bien vous aider à battre votre adversaire que vous tuer, car, vous vous en doutez, qui dit piège dit perte de vie. Au menu : mines, pics, huile glissante, électricité... et parfois tout ça mélangé. Je ne vous cache pas que c'est mon mode de jeu préféré.

Les 2 modes de jeu.
Le double effet Kiss Cool !

Seuls petits bémols pour ce mode :

- La musique reste la même à chaque combat, alors que le mode normal propose des décors et musiques personnalisés pour chaque personnage.
- Le nombre d'arènes est assez resteint ce qui fait que vous allez forcément combattre 2 fois dans la même arène avant de recontrer le boss. Et parmis ces arènes, vous allez souvent vous retrouver sur un ring, seul les dangers changent.

Il faut néanmoins noter que ces mêmes rings proposent de rebondir sur les cordes, et ceci pour tous les personnages.

Les 3 rings possibles.

Le combat contre Geesus en revanche est un combat dans un décor normal, et ce quel que soit le mode que vous ayez choisi. Gagner contre le boss de fin est assez ardu, comme de coutume sur Neogeo.

Côté graphique, ça fleure bon les années 80-90, gros muscles, costumes fluos et personnages caricaturaux. Mais malgré ce côté retro, les personnages et décors sont très beaux. Les effets spéciaux sont assez nombreux, notamment les projectiles qui sont tous différents, contrairement à Street Fighter 2. De plus, certains effets comme le dragon qui s'enroule autour de Fuuma et Hanzou lors de leur dragon punch, ou le dragon kick de Kim (Dragon) nous en mettent plein la vue.

Le fameux Dragon Kick
qui en a impressionné plus d'un à l'époque !
Un décor bien flashy et animé.

Le jeu a été réédité dans une compilation, World Heroes anthology sur PS2. Comme toutes les compilations/émulation sorties sur PS2, c'est 100% fidèle à l'original. Une interface de navigation permet de choisir entre les différents jeux, activer l'autosave (il faut sortir du jeu sinon ça ne sauve pas), choisir entre musique originale ou arrangée (privilégiez les AST [Arranged SoundTrack]), mapper les touches, et enfin, une option inutile à mes yeux de retro-fan, les graphismes : original ou retouché (blurré). Il y a aussi un mode training qui n'était pas présent dans l'original qui vous permettra d'apprendre à maîtriser chaque personnage.

En conclusion, je dirais que ce jeu est une valeur sûre de la baston. Totalement original et rafraîchissant dans son approche, il cache en son sein un gameplay fignolé aux petits oignons. D'ailleurs, si vous avez aimé ce jeu, je ne peux que vous conseiller d'essayer les autres épisodes de la saga, notamment World Heroes 2 Jet. Même si le mode deathmatch a disparu en cours de route, les nouveaux venus sont vraiment très agréables à jouer et totalement originaux (Mudman, Captain Kidd !).

Captain Kidd a deux types de boule de feu. Un navire...
...et un requin.

Pour les anecdotes, sachez que World Heroes a été le premier jeu à introduire :

- Un clone de Bruce Lee.
- Un personnage qui reprend les coups/apparences de tous les personnages du jeu (Geegus).
- La possibilité de renvoyer les projectiles (parade au dernier moment).
- Des combos prédéfinis « automatiques », si vous vous acharnez sur le bouton pied ou poing.
- Un personnage armé jouable dans un jeu de tape à main nue. Dans Yie Ar Kung Fu on ne jouait qu'Oolong.

RainMakeR
(11 février 2013)
Sources, remerciements, liens supplémentaires :
Merci aux sites Arcade-Museum.com, Jap-Sai.com, Arcadehits.net, NeogeoSpirit.fr, SNK.wikia.com, Mobygames.com, Arcade-History.com, NeoGeoForLife.com, NeoFlash.com, FightersGeneration.com, Neo-Arcadia.com

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