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Time Pilot
Année : 1982
Système : Arcade
Développeur : Konami
Éditeur : Konami
Genre : Action
Par David (15 avril 2002)
Les flyers de Centuri. Cliquez sur une image pour une version plus grande.

Attention, gros hit. Que dis-je, énooooorme hit. Pour le coup, je ne vais pas me montrer très objectif, car s'il est bien UN jeu sur lequel je ne peux m'empêcher de revenir très régulièrement, c'est bien Time Pilot. Quintessence du shoot'em up à l'ancienne, cette production de Konami est d'une simplicité désarmante. Ici, pas d'armes destructrices à profusion, pas de power-ups, ni même de décors ; simplement un avion se déplaçant dans le ciel à 360 degrés et devant se défendre contre les attaques incessantes d'ennemis provenant de 5 époques différentes. Ben oui, parce que dans Time Pilot, il y a "Time" - inutile de traduire.

Le premier niveau est là pour vous faire la main. Les biplans de la guerre 14-18 ne sont pas bien véloces, et ce ne sont pas les misérables bombes dont ils sont armés qui feront la différence. Lorsque vous aurez détruit suffisamment de ces engins, le boss - les premiers boss de l'histoire du jeu vidéo!! - fera son apparition. Quelques balles bien placées, et ce dirigeable retournera d'où il vient, vous envoyant en pleine guerre 39-45. Plus rapides, les avions qui vous affronteront seront désormais accompagnés d'avions cargos tirant sur tout ce qui bouge.

De temps à autres, un escadron d'engins volant en rangs serrés fera son apparition. Détruire une de ces formations en entier vous rapportera des points supplémentaires ; de même que sauver les quelques alliés qui, deux à trois fois par niveau, tenteront de rejoindre le sol attachés à un parachute.

Vous l'aurez compris, Time Pilot, c'est du classique, rien que du classique. Mais cette liberté de mouvement (360 degrés, je vous dis !), cette idée géniale du voyage dans le temps (le dernier niveau vous met en prises aux soucoupes volantes !), cette réalisation impeccable - simple au possible, mais tellement efficace - sont un beau pied de nez à nombres d'autres shoot'em ups plus récents, certes tellement plus beaux, mais aussi tellement moins jouables.

Et dire que Time Pilot faillit ne jamais exister... À l'origine, le créateur de ce shoot them up novateur, Yoshikimi Okamoto, devait, à la demande de sa direction, travailler sur un jeu de voiture. Non sans regret, il accepta le projet tout en gardant en tête son propre projet de shoot'em up - fan de Bosconian, un titre réalisé et produit un an plus tôt par la firme concurrente Namco, il rêvait d'un jeu de tir similaire où le joueur voyagerait dans le temps.

Le plus grand culot d'Okamoto fut de faire semblant de réfléchir au jeu de voiture de son patron alors même qu'il travaillait, lui et son équipe, à temps complet sur Time Pilot. Culotté mais pas idiot, il fit en sorte que son équipe ait à disposition quelques éléments de programmation à même de satisfaire son supérieur au cas où ce dernier aurait eu la bonne idée de vérifier l'avancée des travaux. Une fois le jeu finalisé, Okamoto le présenta à son chef qui, évidemment, n'apprécia qu'à moitié les libertés que son employé avait délibérément prises. Fort heureusement, les premiers tests de Time Pilot auprès du grand public s'avérèrent très concluants, et l'éponge fut vite passée.

Curieusement, la licence pour ce jeu à grand succès fut acquise par un nombre très limité de compagnies désireuses de l'adapter sur des machines familiales. Passons sur la version Atari VCS, hideuse et à l'animation saccadée. La version Colecovision était déjà meilleure, proche en tout cas de la version MSX réalisée par Konami lui-même en 1983. Hélas, les premiers jeux MSX péchaient beaucoup dans le domaine de l'animation, le MSX étant réputé pour la très pauvre qualité de ses scrollings notamment. On était encore loin de la fluidité magistrale de la version originale.

Version VCS.
Version ColecoVision.

C'est, de façon étonnante, sur des machines européennes que les meilleures adaptations virent le jour. Sur C64, tout d'abord, avec Space Pilot, version non-officielle du hit de Konami. Seul hic: là où l'animation semblait moins saccadée, elle était surtout très *lente*. En fait, c'est surtout sur Amiga que l'Adaptation avec un grand A faillit sortir. "Faillit", car le jeu final ne sortit jamais. Tout juste la preview d'un jeu qui repompait intégralement le concept de Time Pilot, en y ajoutant des armes supplémentaires. La qualité de l'animation atteignait enfin celle de l'arcade, la bande-son pétait du feu de dieu; oui mais voilà: passé cette preview, on n'entendit plus jamais parler de ce jeu. Dommage !

Version MSX.
Space Pilot (C64).

Deux ans plus tard, Konami conçut une suite à Time Pilot, intelligemment baptisée Time Pilot 84. Cet épisode ne reçut cependant qu'un accueil mitigé. Basé intégralement dans le futur, Time Pilot 84 avait totalement abandonné le concept du voyage dans le temps, ce qui en déçut plus d'un. La réalisation de ce titre n'apportait en outre rien de neuf ; or, en l'espace de deux ans, quelques progrès majeurs avaient été accomplis, et placer la borne de Konami à côté de celle du génial Marble Madness (Atari, 1984) signifiait tout simplement son arrêt de mort.

Time Pilot 84.
Marble Madness.
David
(15 avril 2002)
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