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Prince of Persia sur Mega CD
Cet article passe en revue les épisodes de Prince of Persia sortis sur consoles 8 et 16-bits, et quelques versions micro alternatives.

Sega Mega CD
Année : 1992
Développeur : Victor
Éditeur : Sega
Support : CD

Admirez-moi cette fantastique introduction ! Aux écrans de la version PC Engine ont été ajoutés des dessins très japanim' du plus bel effet ! Du très beau travail !

Avec ce vent de réussite qui souffle sur les adaptations consoles du Prince de Perse, on était en droit d'attendre beaucoup de la version Mega-CD. Un support CD tout neuf, une console 16-bits, Sega a tout sous la main pour mettre le paquet, aussi bien sur le plan visuel que sur le plan créatif, histoire au passage de concurrencer la version Super Nintendo. On en est malheureusement très loin...

La version Mega-CD présente les mêmes écrans titres que la version PC Engine.

Allez, commençons par le point positif de cette version : les scènes cinématiques. Là, j'avoue, on a été vraiment gâtés ! Si les introductions des précédentes adaptations flattaient déjà l'œil, elles ne peuvent souffrir la comparaison avec celle affichée sur Mega-CD : animation très japonaise, doublages audio, tout y est pour plonger dans l'ambiance ! Certes, la tête de Jaffar surprend un peu, même si elle ressemble à celle de Dracula dans la version PC Engine de Castlevania (le teint bleu et les oreilles en pointe), mais sincèrement, ça en jette. J'adore.

Le truc du premier niveau est toujours d'actualité.
Les graphismes rappellent beaucoup la version PC Engine, mais en moins beaux.

Les plus attentifs auront peut-être remarqué quelques similitudes graphiques, dans la présentation (la boule de cristal est surplombée par Jaffar), dans les dessins de l'introduction et dans les écrans titres, avec la version PC Engine ; c'est tout à fait exact, même si je ne me l'explique pas vraiment. Les boîtes de développement n'étant pas les mêmes, il ne peut y avoir que deux explications : soit Victor ou Bits Laboratory ont racheté le travail effectué par Riverhill Soft sur PC Engine pour l'adapter sur Mega-CD, soit c'est Broderbund qui a supervisé l'ensemble, et qui leur a tout refilé en forme de cahier des charges.

Toi, si je t'attrape !
Même pas peur ! Remarquez le sang sur les pointes...

Sauf que la version PC Engine, du haut de ses 8-bits, s'en sort bien mieux que la version Mega-CD, et ce sur quasiment tous les points. Si le parallèle graphique entre les deux est indéniable, force est de constater que la version Sega ne se porte pas très bien : couleurs baveuses, traits grossiers, on était en droit d'attendre beaucoup mieux. Et l'animation ! Décevante, saccadée, LE détail technique du jeu a été sacrifié sur l'autel de la médiocrité pour notre plus grand malheur. Même la maniabilité se montre un ton en-dessous de son modèle. Elle n'est pas mauvaise, certes, mais la souplesse caractéristique sur la machine de Nec n'a pas été ici reproduite. Et ce ne sont pas les ralentissements qui vont relever l'affaire. Reste l'ambiance sonore, plutôt bonne musicalement, mais médiocre sur les sons.

...et sur les dents mécaniques. On est sur une Sega, ça se voit !
De la déco, un combat, des éboulis, et la bécane rame à mort.

Cette version reste également fidèle sur la conception des niveaux, et seul le dernier niveau sera légèrement modifié comme sur PC Engine, elle-même déjà modifiée depuis l'original sur Apple II. On y retrouvera avec plaisir les options de Time Attack et d'accélération des parcours ou/et des combats, très appréciable.

Juste avant le combat final qui se déroule sur les toits, une scène cinématique vient sauver les meubles.

Cette version est décevante, disons-le tout net. Dommage, car la qualité des scènes cinématiques vaut pourtant le détour, mais le fond du sujet n'est pas maîtrisé. Prince of Persia sur Mega-CD est un peu à l'image du support ; sorti au lancement de l'extension pour la Megadrive, elle n'aura pas contribué à convaincre le public d'investir dans le Mega-CD. À tel point que pour l'année suivante, Sega va commander à Domark une nouvelle version plus à même de répondre à l'attente des fans, mais sur cartouche pour la Megadrive !

Allez, étant donné que le seul intérêt de cette version réside dans les scènes cinématiques, voici quelques écrans de la fin, superbement réalisée. Je ne m'en lasse pas !
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