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Halloween
Année
: 1983
Système : Atari VCS
Développeur : VSS Inc.
Editeur : Wizard Video

31
Octobre 1978. La jeune Laurie Strode s’apprête
à passer une soirée d’Halloween on ne
peut plus mortelle : alors que tous ses copains sont partis
s’amuser, elle se retrouve coincée à faire
du baby-sitting dans un pavillon de banlieue ; quelle poisse,
une horde de gosses hurlants et trépignants à
garder toute seule !
23h00.
Les petits monstres se sont enfin endormis et Laurie trompe
son ennui devant le poste de TV. Mais voilà qu’on
sonne à la porte : c’est peut-être Billy,
Jimmy, ou même Bobby qui sont venus prendre de ses nouvelles
; chic, la soirée s’annonce plus animée
que prévue ! Pauvre Laurie : elle ignore que Billy,
Jimmy, et même Bobby sont déjà morts ;
sur le seuil de la maison se tient Michael Myers avec son
grand couteau. Il s’est évadé de l’asile
d’aliénés dans lequel il était
interné et est revenu dans la ville d’Haddonfield
pour célébrer Halloween à sa manière…
Protéger les enfants tout en assurant sa propre survie,
tel est le nouveau programme de Laurie pour la soirée
!

Le
pavillon dans lequel se déroule le jeu comporte deux
étages de huit pièces communiquant par plusieurs
portes : lorsque Laurie reste dans la même salle plus
d’une poignée de secondes, le thème d’Halloween
se fait entendre et le tueur masqué apparaît
par l’un des deux côtés de l’écran,
avant d’aller droit sur l’adolescente pour la
poignarder. Dans un premier temps, Laurie ne peut que prendre
la fuite, soit en courant dans la direction opposée
à celle de Myers, soit en essayant de le contourner
: il lui est en effet possible de se déplacer sur pratiquement
toute la surface d’une pièce. Si notre héroïne
parvient à mettre la main sur un couteau et blesse
Myers (à l’aide du bouton action), elle obtient
un court répit avant que son ennemi ne revienne à
la charge.

Réveillés
par l’intrusion du tueur dans la propriété,
les gamins errent de pièces en pièces, terrifiés
et prêts à se faire découper en rondelles.
Lorsque Laurie parvient à proximité de l'un
d'entre eux, celui-ci la suit dès que le joueur appuie
sur le bouton action et il faut alors le conduire en lieu
sûr. Evidemment, Myers ne tarde pas à faire son
entrée en scène et quand il aperçoit
Laurie accompagnée d’un enfant, toute son attention
se focalise sur ce dernier : prendre le tueur de vitesse en
exploitant la surface des différentes pièces
reste le seul moyen pour survivre, bien que l'exiguïté
des lieux complique singulièrement la tâche...
Une fois parvenus dans l'une des zones sécurisées
du pavillon (les salles situées à chaque extrémité
Est / Ouest du bâtiment), le joueur appuie de nouveau
sur le bouton action de façon à relâcher
l’enfant, désormais considéré comme
sauvé. Quelques passages d’Halloween sont réellement
stressants ; ainsi dans certaines pièces, l’éclairage
ne fonctionne que par intermittence et lorsque la lumière
revient après une brève coupure d’électricité,
il n’est pas rare d’avoir le tueur juste à
côté de soi : effet garanti, même si nous
avons affaire à un système de jeu qui vient
de souffler ses 30 bougies. L’ambiance et le gameplay
de ce titre, développé en 1983 par Robert Barber
et Tim Martin, constituent non seulement un hommage sympathique
au film de Carpenter
(réalisé en 1978), mais préfigurent également
la série des Clock Tower, dont l’apparition
aura lieu en 1995 sur Super Famicom
et PSX.

Paru en pleine liquidation de
WVG, Halloween a été édité sous
de deux formats: avec et sans étiquette, le nom du
jeu étant alors simplement écrit au feutre (images
et source http://www.atariage.com).
Lorsque
Laurie a le malheur de se faire attraper par Michael Myers,
son corps décapité titube sur quelques mètres
en répandant des petites gerbes de sang ; les mômes
ont droit à un traitement similaire : sans être
traumatisant (dieu merci, les graphismes VCS
nous protègent de la violence ultra-réaliste),
le spectacle est assez inhabituel ; à ma connaissance,
Halloween est le premier titre dans lequel le joueur
peut se trouver confronté au massacre de gastronomes
en culotte courte. Heureusement que « Familles de France
» est apparu sur terre pour mettre fin à de telles
dérives odieuses…

The
Texas Chainsaw Massacre
Année
: 1983
Système : Atari VCS
Développeur : VSS Inc.
Editeur : Wizard Video

C’est
bien connu, sur VCS, le meilleur a côtoyé
le pire faute d’un minimum de contrôle exercé
auprès des différents éditeurs par la
maison mère Atari. Ainsi, lorsque
Wizard Video tient la grande forme, cela donne de petites
perles comme Halloween. En revanche, quand il se
fait dessus (et sur l’infortuné acheteur par
la même occasion), le résultat a pour nom Texas
Chainsaw Massacre, développé en 1983 par
Ed Salvo.

L’idée
de départ était pourtant on ne peut plus séduisante
: plutôt que d’incarner une victime passant son
temps à esquiver le croque-mitaine de service, le joueur
prend les commandes de ce garnement de Leatherface, à
la recherche de camarades de jeu à tronçonner.
Vous voilà donc largué en pleine cambrousse
texane, quand soudain apparaît à l’horizon
une demoiselle en détresse. Ni une ni deux, notre héros
gentleman dans l’âme s’empresse de lui apporter
son aide. Mais voilà que la fille prend peur –
peut-être en raison du masque de peau humaine dont Leatherface
a revêtu son propre visage, à moins que ce ne
soit la tronçonneuse brandie de façon menaçante
– et s’enfuit : une course poursuite s’engage
aussitôt dont le joueur doit sortir vainqueur, en évitant
de s’empêtrer dans les différents obstacles
jalonnant le terrain (barrières, haies, chaises roulantes…)
et en gérant soigneusement sa réserve de carburant.

Car
chaque fois que Leatherface fait usage de son arme, que ce
soit pour se dégager d’un obstacle ou pour porter
le coup de grâce à sa victime, il use un peu
plus sa jauge d’essence ; lorsque qu’il ne lui
en reste plus une goutte, la proie se rebiffe et lui assène
un magistral coup de pied au cul !

Réveiller
le boucher qui sommeille en chaque joueur tout en le sensibilisant
au problème de la pénurie énergétique,
voilà qui ne manquait pas de panache. Mais encore fallait-il
accompagner ces bonnes idées d’une réalisation
à la hauteur et c’est là que le bât
blesse : Texas Chainsaw Massacre est plutôt
laid – même en s’en tenant aux critères
de beauté sur VCS – répétitif,
et surtout d’une jouabilité douteuse. Lorsque
les victimes potentielles passent leur temps à se téléporter
dans le dos de Leatherface ou que le joueur reste collé
à un obstacle pendant des plombes, le seul massacre
auquel on a envie de procéder est celui de la pauvre
console Atari...


Leatherface n’est pas content
et nous non plus.
Inégaux
dans leur intérêt comme dans leur réalisation,
Texas Chainsaw Massacre et Halloween ont
toutefois partagé le même destin : la présence
de sang à l’écran, le meurtre d’enfants
ou la possibilité d’incarner un tueur, voilà
autant d’éléments qui ont justifié
une levée de boucliers des associations américaines
bien-pensantes (finalement, Familles de France n’a rien
inventé), suivie d’un boycott en règle
par les grandes enseignes. Résultat, les jeux se sont
à peine vendus et n’ont même pas fait l’objet
d’une distribution dans l’hexagone : les quelques
copies qui traînent ici et là sont aujourd’hui
devenues des objets collectors.

Une même pub pour deux jeux boycottés : Wizard
Video ne s'en remettra pas.
Sodom
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